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En savoir plus, le 20/08/2002
MON DÉPART DU FRONT NATIONAL

Vous avez été au Front national le second de Le Pen pendant des années, vous avez ensuite rompu avec lui. Comment avez-vous pu le soutenir dans le passé et le combattre aujourd’hui ?

J’ai rompu avec le Front national parce que j’ai progressivement compris que Le Pen n’est pas ce qu’il prétend être. Il n’a pas été la victime de ses adversaires, mais leur complice. Il m’a trompé, comme il continue de tromper des millions d’électeurs.

Le Pen discrédite les idées
qu’il prétend défendre

Je crois profondément que, lorsque le rideau tombera pour lui, Le Pen restera comme un personnage essentiellement néfaste pour les idées qu’il prétendait défendre. La situation de notre pays et ses qualités propres lui auront permis de mobiliser un potentiel électoral considérable. Mais, contrairement à ce que j’espérais lorsque je l’ai rejoint, il n’aura jamais réellement cherché à l’utiliser au service de la France. Il s’en sera servi pour lui et sa famille de façon cynique et brutale.

D’abord, et j’en ai beaucoup souffert, il a ponctué son parcours d’outrances, de dérapages et de provocations scandaleuses qui ont facilité, légitimé et exacerbé la diabolisation d'idées dont beaucoup étaient et demeurent, par ailleurs, parfaitement saines et nécessaires à notre pays.

Le FN et Le Pen ne veulent pas
aller au pouvoir

Ensuite, et contrairement à tous mes efforts en ce sens, il n’aura jamais voulu rompre avec l’extrême-droite et transformer son parti en une force politique crédible capable de gouverner et donc de servir la France. En réalité, il aura toujours voulu que le Front national demeure une petite officine extrémiste afin d’en conserver le contrôle plus aisément. En clair, il aura exploité ses électeurs, ses militants et ses cadres pour son bénéfice personnel et celui de sa famille.

Le FN au service de Le Pen et de sa famille
Ce qui veut dire que le Front national n’a jamais été destiné à devenir une véritable force politique, il n’est qu’une raison sociale permettant à Le Pen et à la petite camarilla familiale qui l’entoure d’en tirer des avantages en termes de finances et de notoriété.

Certes, ils sont nombreux, les Français, à ne pas avoir vu cette sordide réalité et je les comprends car j’ai mis moi-même de longues années avant de l’accepter. Pourtant, il en est qui l’ont compris depuis longtemps, ce sont les gens du système, les tenants de la pensée unique qui ont parfaitement saisi tous les avantages qu’ils pouvaient tirer de Le Pen.

Le Pen et le FN alliés objectifs du système
Le président du FN n’est-il pas l’opposant rêvé, celui qui, par son action, ne fait que renforcer le système qu’il prétend combattre ? Pensez donc, c’est l’homme idéal. D’abord, il ne veut pas du pouvoir et il n’a absolument aucune chance d’y parvenir. Ensuite, il diabolise, discrédite et marginalise les idées qu’il défend. Pour ceux qui les combattent, il est donc un allié objectif, efficace et sans risque.

Comment s’étonner dès lors qu’au-delà des apparences, Le Pen soit à ce point protégé par le système ? On le poursuit judiciairement de façon injuste et brutale, mais on s’arrange pour qu’il reste éligible aux européennes de 1999, surtout face à la candidature que je présentais à l’époque. Dans le conflit qui nous a opposés, lui et moi, on s’arrange pour que la justice aille très vite et lui donne raison sur tous les plans. Puis on lui restitue aussitôt la totalité des moyens financiers du Front national.

Lors de la dernière présidentielle, on l’attaque, mais on agit au dernier moment pour qu’il ait ses parrainages et pour qu’il puisse être candidat. Pendant la campagne, les médias, de gauche comme ceux de droite, soutiennent sa candidature, chacun d’ailleurs pensant qu’il servirait son camp. C’est vrai qu’il aurait pu servir Jospin, il a finalement servi Chirac. Et tout cela sans parler des affaires financières qui se trouvent mystérieusement occultées.

Le Pen et le FN, une formidable imposture
Au bout du compte, Le Pen, qui apparaît comme l’ennemi public numéro un du système, n’est en réalité que son ennemi institutionnel comme dans le livre d’Orwell, 1984. Il n’est qu’une composante du système qui le sert et dont on se sert. Et tout cela sur le dos des électeurs, de leurs convictions et de leurs espoirs. La plus grande imposture politique depuis la guerre.
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