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En savoir plus, le 21/10/2003
RÉFLEXION SUR LES CENTRALES NUCLÉAIRES
Il faut assurer le renouvellemnt du parc de centrales électronucléaires


La question de l'énergie nucléaire est à nouveau d'actualité car des décisions essentielles sont à prendre par l'État dans un horizon proche. Sur ce sujet qui conditionne notre indépendance, notre puissance et notre qualité de vie, il convient plus que jamais de ne pas céder à la démagogie et à l'obscurantisme et de décider en fonction des données objectives du problème.

LE PROGRAMME ÉLECRONUCLÉAIRE: UN IMPÉRATiF STRATÉGIQUE ET UNE NÉCESSITÉ ÉCOLOGIQUE

Un succès pour l'indépendance
et la puissance de notre pays

Jusqu'à présent, le programme électronucléaire de la France a garanti à notre pays une forte indépendance en matière d'énergie. Le taux d’autonomie énergétique de la France est passé de 24 % en 1973 à 51 % en 2002, alors que la consommation d’énergie primaire augmentait de 50 % sur la même durée. La réduction des coûts de l’électricité dans la même période est due à la part importante, d'environ 82 %, prise dans la production par les centrales nucléaires. Le bilan de l'énergie nucléaire peut donc être considéré comme particulièrement positif, d'autant que, dans le même temps, la sécurité des installations a pu être prouvée dans la durée par l'absence d'incidents majeurs sur toute la période.

Pour l'avenir, le seul argument qui pourrait être avancé pour abandonner le nucléaire est celui de l'environnement. Or, cet argument se retourne complètement. Renoncer au nucléaire provoquerait une aggravation massive de la pollution atmosphérique.

Une nécessité pour lutter contre les pollutions
Loin d'être une menace écologique, le programme électronucléaire permet en effet de réduire l'effet de serre. La France s’est engagée par les accords de Kyoto à ramener l'émission de gaz à effet de serre en 2010 au niveau de 1990. Le recours à des centrales thermiques à la place des réacteurs nucléaires rendrait cet engagement impossible à tenir.

Depuis 1990, seuls les rejets industriels de dioxyde de carbone (CO2) ont substantiellement diminué passant de 140 à 120 millions de tonnes /an en équivalent CO2. Alors que les rejets liés aux transports ont augmenté de 120 à 140, ceux liés à l’agriculture sont restés stagnants à hauteur de 110 ainsi que ceux liés au résidentiel et au tertiaire autour de 95. Le remplacement des centrales nucléaires actuelles par des centrales classiques aurait donc pour conséquence un accroissement des émissions de 40 millions de tonnes d'équivalent CO2.

Par ailleurs, le retour à des centrales thermiques fonctionnant au fuel entraînerait de nouveau une augmentation massive du trafic maritime d'hydrocarbures avec tous les risques de pollution marine qui s'en trouveraient corrélativement accrus. Le maintien du système de production d'électricité nucléaire est donc aussi un moyen de réduire les pollutions liées au transport des hydrocarbures.


Un impératif qui s'impose
en l'absence de solution de remplacement

L’abandon du programme électronucléaire serait d'autant plus catastrophique sur le plan économique et écologique que les solutions dites «douces» sont condamnées à être marginales. Un investissement massif en éoliennes produirait au plus 20% de l’électricité nécessaire alors que cette technique présente elle aussi de graves inconvénients en terme d'environnement.

Elle ne peut en effet produire que du courant basse tension, ce qui contraint à une dissémination des éoliennes sur tout le territoire. Or, elle génère d'importantes pollutions visuelles et auditives qui commencent déjà à être perçues comme telles par les riverains des sites d'implantation qui tous protestent contre le bruit qu'elles engendrent et surtout contre l'enlaidissement des paysages ruraux qui en résulte. Quant aux autres formes d’énergie, elles sont marginales pour des décennies.

LES CONDITIONS DU REMPLACEMENT
DES CENTRALES ACTUELLES

Il est donc essentiel d'assurer le renouvellement du parc électronucléaire français. Encore faut-il le faire dans les meilleures conditions possibles, notamment pour ce qui concerne la sécurité et les déchets.

Il faut prolonger la durée de vie
des centrales actuelles

La France possède cinquante-huit centrales nucléaires datant en moyenne de dix-sept ans avec une pyramide des âges très resserrée puisqu'entre 1980 et 1990, quarante-cinq réacteurs ont été couplés au réseau. Vingt-trois réacteurs ont dépassé l’âge de vingt ans et quatre d'entre eux (Fessenheim et Bugey) ont plus de vingt-cinq ans. Si la durée de vie moyenne retenue était de trente ans, cela provoquerait une diminution massive du nombre de réacteurs en service à partir de 2010. Dans cette hypothèse, et si rien n'était entrepris, il n’y aurait plus en 2020 que dix réacteurs en service, ce qui est totalement impensable.

Il est donc indispensable de prolonger l’activité de nos centrales au-delà de trente ans. Ce qui est parfaitement réalisable en respectant toutes les contraintes de sécurité. Sans doute faut-il le faire au cas par cas, après étude du vieillissement des différents éléments du réacteur. Mais l’objectif d’une durée de vie portée à quarante ou à cinquante ans est parfaitement réaliste et reporterait la réduction du parc à 2020 ou 2030, laissant ainsi suffisamment de temps pour étaler le programme de renouvellement et pour le faire bénéficier des nouveaux types de réacteurs.

Il faut lancer la filière EPR
et préparer les générations futures

Pour le remplacement des réacteurs actuels deux possibilités sont ouvertes. Les réacteurs «évolutionnaires», qui s’appuient largement sur les technologies actuelles, et les réacteurs «révolutionnaires», qui pourront mettre en œuvre des techniques nouvelles avec des performances en termes de rendement et de limitation de la production de déchets largement supérieures à celles des réacteurs actuels. Les seconds n’en sont qu’au stade de la recherche ou du prototype et ne pourront pas être opérationnels avant 2035.

Aussi faudra-t-il s'appuyer d'ici là sur la filière EPR (European Pressurize Water Reactor), c'est-à-dire sur le projet mis en chantier en 1990 par la France et l’Allemagne et dont l’objectif est de faire un saut qualitatif et quantitatif dans les performances de sûreté et d’exploitation. La conception de ce réacteur, qui s’appuie sur l’expérience acquise avec les cinquante-huit tranches d’EDF, permet d’entrevoir des mises en service opérationnelles en 2015-2020.

Pour l'avenir plus lointain, il existe de nombreux projets de réacteurs de quatrième génération permettant de limiter l’émission de déchets, disposant d'une longue durée de vie et conçus pour une haute activité, améliorant les rendements et permettant une utilisation mixte (production d’électricité et d’hydrogène ou dessalement d’eau de mer ou encore retraitement des déchets). Notons que les futurs réacteurs utiliseront un combustible conditionné sous forme de micro-billes compactées en galets dont la surface sera formée d’une couche d’oxyde, les produits actifs se trouvant ainsi prisonniers dans une coque. En cas d’accident grave, il ne peut donc y avoir aucune émission radioactive atmosphérique.

La solution au problème des déchets
viendra du progrès technique

S'agissant des déchets, la France a choisi le cycle fermé, ce qui signifie qu’une partie des produits de fission est retraitée (U appauvri, plutonium) pour être utilisée comme combustible. De nombreux pays ont choisi au contraire le cycle ouvert qui consiste à entreposer en l’état le combustible déchargé des réacteurs. Cette dernière méthode est apparue dans un premier temps comme plus rentable, compte tenu du faible coût de l’uranium. Mais aujourd'hui le stockage direct de combustible irradié laisse entrevoir ses limites car il faudra stocker en 2040 un million de tonnes. Le cycle fermé choisi par la France est donc particulièrement bénéfique et connaît d'ailleurs un regain d’intérêt auprès des organismes de recherche américains.

Dans l’avenir ,la solution au problème des déchets consistera sans doute à transmuter les déchets particulièrement actifs dans des réacteurs à neutrons rapides ou à utiliser des réacteurs hybrides. Comme nous l’avons toujours pensé, la solution au problème des déchets viendra de l’avancée des techniques nucléaires et non d’un arrêt du programme.

LE VRAI DÉBAT

La question n’est donc pas aujourd'hui de savoir si le programme électronucléaire doit être interrompu. Il ne peut que continuer. La question est de savoir comment assurer sa pérennité. Remplace-t-on les centrales actuelles dès 2015-2025 par des centrales de génération semblable ? Prolonge-t-on la durée de vie des centrales actuelles jusqu’en 2035-2040 pour construire des centrales de quatrième génération ?

La solution consiste sans doute en un «lissage» de la courbe de renouvellement du parc. Il faut donc prolonger la durée de vie de nombreuses centrales, en étalant sur vingt ou trente ans leur fin d’activité. Mais il faut dès à présent engager un programme de construction de réacteurs EPR qui pourraient être opérationnels en 2020. Ce renouvellement progressif permettra d'entreprendre la construction de réacteurs de nouvelle génération dés que cela sera possible. On n’a que trop attendu pour prendre des décisions. Il est désormais urgent de lancer un programme de renouvellement du parc électronucléaire français.
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