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En savoir plus, le 20/12/2003
PRIORITÉ À NOTRE CIVILISATION
Notre commune civilisation comme fondement de l'Union européenne


L'Europe doit s'organiser et se fonder autour de la commune identité des peuples européens. Or, celle-ci correspond à la plus éclatante des civilisations que notre terre ait vues s'épanouir.

Déjà, la culture de chacune des nations d'Europe constitue à elle seule un joyau exceptionnel à l'échelle du monde. La France, l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne et l'Angleterre ont chacune en leur temps rayonné sur la planète entière, dominé le monde des arts, de la littérature, de la philosophie et de la science, celui de l'architecture, de la musique et de la peinture. Les grandes nations européennes, mais aussi les plus petites, comme l'Autriche, le Portugal, la Hollande, et bien sûr la Grèce ont, à tour de rôle, subjugué le monde par leur culture que chacun tentait d'égaler. Pendant plus de deux mille cinq cents ans, c'est ici, sur ce petit cap d'Asie, que s'est concentré l'essentiel du génie humain, de l'esprit d'invention, de compréhension et de création. C'est dire si ces cultures nationales prises toutes ensemble constituent bien l'œuvre de civilisation la plus extraordinaire qui soit !

Et il est légitime de considérer ces cultures comme un tout, car il y a bien, par delà leurs différences, une profonde communauté de civilisation entre tous les peuples européens. Dante, Shakespeare, Molière, Goethe, Victor Hugo, mais aussi Beethoven, Verdi, Berlioz ou encore Velázquez, Delacroix, Vermeer, Rubens, tous expriment une sensibilité, une intelligence et un talent qui leur sont propres, liés à leurs attaches et à leur génie créateur. Mais comment ne pas voir que chacune de leurs œuvres, au-delà de leur unicité, révèle une commune appartenance et procède d'une même représentation du monde et de l'homme ?

Et d'ailleurs comment pourrait-il en être autrement ? L'Europe est si petite à l'échelle de la planète. Des rivages tourmentés de l'Atlantique battus par les vagues océanes aux terres majestueuses de la grande plaine du Nord, encore assourdies du fracas des batailles, des paysages somptueux de la Grèce, éblouissant reflet de notre antique héritage, aux vallées embrumées d'Écosse, tout imprégnées de nos anciennes traditions, il règne certes une merveilleuse diversité, mais aussi un extraordinaire bouillonnement de peuples et de cultures.

Et cette terre historique de la vieille Europe conserve partout la même marque, celle des civilisations grecque et romaine, celle de la religion chrétienne ainsi que le souvenir âpre et puissant de nos héros et de nos mythes les plus anciens : Le Cid, Arthur, Morgane, Ulysse et la Lorelei. Qu'elles sont fortes ces réalités d'un autre âge qui hantent encore l'inconscient de nos peuples et tissent ainsi, du Péloponnèse au Jütland, de la Lombardie à la Flandre, de la Catalogne à la Bourgogne, les liens invisibles d'une commune conscience européenne !

L'histoire d'ailleurs nous le montre : dans ses plis parfois ensanglantés, il y a les grands hommes de notre continent. Alexandre, César, Charlemagne, Frédéric II, Louis XIV, Bonaparte et Bismarck, les papes et les rois, les empereurs et les généraux, tous apparemment si différents, mais tous si profondément européens, tous animés de cet esprit si propre à notre civilisation. Cet esprit de liberté qui marque notre conception de l'homme depuis les origines et qui donne toute sa grandeur et toute sa force à celui qui vient d'Europe.

Cet esprit prométhéen, pétri d'insatisfaction et de curiosité, qui a fait de nos ancêtres des inventeurs, des conquérants et des découvreurs, qui les a conduits à toujours se dépasser, à sans cesse repousser leurs limites. Et, sublimant le tout, cet esprit religieux, ce sens du sacré qui de tout temps a transcendé leurs entreprises et laissé sur notre sol les marques du divin. Toujours imitée, jamais égalée, notre commune civilisation européenne, avec sa religion, ses mythes, ses valeurs, son histoire, ses peuples et ses terres, ses sciences et ses arts, continue d'exercer sur le monde son irrésistible magnétisme.

L'Europe à construire n'a donc de sens et de légitimité qu'enracinée dans cet inappréciable trésor qui constitue notre commune richesse. Ainsi, pour exister, doit-elle se nourrir de cet héritage, le faire fructifier et l'exalter auprès des peuples d'Europe, afin qu'ils n'oublient pas que cette civilisation, en quelque sorte, leur appartient. Des lors, ayant recouvré la fierté de leur appartenance, ils retrouveront le goût de protéger ce legs inestimable, et l'Europe deviendra pour eux l'instrument indispensable de la défense et de la promotion de cette identité supérieure qui est la leur.

C'est donc bien la commune civilisation propre à notre vieux continent qui peut fonder la légitimité de la construction européenne. Parce qu'elle est charnelle et enracinée, elle sera en mesure de donner corps à des organisations stables et durables, alors que l'Europe de Bruxelles, mercantile et désincarnée, s'en est montrée incapable. Les peuples ne peuvent en effet témoigner de l'attachement aux institutions publiques que s'ils comprennent qu'elles sont bâties sur des réalités tangibles et immémoriales qu'ils reconnaissent et dont ils font eux-mêmes partie. Étant de cette nature-là, la communauté de civilisation de notre vieux continent peut donc constituer le fondement de la nouvelle Europe et la source de sa légitimité.

Aussi est-il essentiel de défendre et de valoriser cette commune identité européenne et de la faire revivre dans la conscience des vieux peuples du continent. Pour cela, il faut que l'Europe redevienne européenne et sache s'opposer à ceux qui la menacent. La logique folle de l'Europe sans limites et sans territoire précis, telle que la conçoivent les responsables bruxellois, doit donc être rejetée au profit d'une conception simple mais claire, fondée sur le principe d'identité selon lequel ne peuvent appartenir à la nouvelle Europe que les seules nations européennes.

Et que cette notion, qui aurait été chère à M. de La Palice, ne soit pas dévoyée ! Le seul critère territorial, linguistique ou ethnique est insuffisant : ne peut être européen que ce qui procède pleinement de la commune civilisation de notre continent. Et, pour lever toute ambiguïté, il faut que s'établisse une frontière nette entre l'Europe et le reste du monde. C'est à cette seule condition que pourront se développer à la fois une réelle conscience de la commune identité des peuples du continent et une véritable fierté de la grandeur de notre civilisation, susceptible de faire naître, au-delà du patriotisme national, une forme de patriotisme européen.

Ce sentiment doit d'ailleurs être tout naturellement renforcé par la compétition, voire la confrontation de l'Europe avec les autres grandes civilisations. Selon un phénomène récurrent à travers l'histoire de notre continent, c'est en effet en s'affirmant face à l'Orient ou à l'Asie que les pays d'Europe ont pris conscience que ce qui les distinguait les uns des autres était moins important que ce qui les séparait du reste du monde.

Ainsi, à maintes reprises au cours de leur longue histoire, les peuples européens se sont rassemblés pour affronter l'envahisseur extérieur et le refouler au-delà du continent. Aux champs Catalauniques, ils s'unissaient pour écraser Attila et ses hordes barbares. Et c'est ce même élan vital qui, à Marathon, à Poitiers, à Lépante, à Vienne ou à Missolonghi, permettra aux Européens d'assurer, en un sursaut salvateur, la pérennité de leur civilisation, mais aussi de fortifier en eux le sentiment d'appartenir à une même famille de peuples.

Ainsi défendue et fortifiée dans son identité, la civilisation européenne peut reconquérir la place qui est la sienne dans le monde et servir à nouveau de modèle aux peuples et aux nations. Affirmer son identité n'est pas un acte de repli sur soi ni d'isolement. C'est au contraire quand on est privé de sa personnalité que l'on perd également tout attrait aux yeux des autres car, pour rayonner et échanger, il faut pouvoir apporter. C'est donc en affirmant avec vigueur et sans complexe les valeurs et la grandeur de sa civilisation que l'Europe pourra de nouveau peser dans le monde et servir non seulement les peuples qui la composent mais aussi tous les autres. Le retour de la civilisation européenne peut être, pour la planète entière, l'occasion d'un grand renouveau.
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