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Le programme de Bruno Mégret pour le développement économique de la Champagne-Ardenne

LE CONSTAT

Malgré les nombreux atouts dont dispose la région Champagne-Ardenne, sa situation économique est préoccupante. Ses bastions que sont les départements de la Marne avec le pôle économique de Reims et celui de l’Aube avec Troyes connaissent des difficultés importantes alors que le département des Ardennes et surtout celui de la Haute-Marne sont confrontés à un processus qui pourrait s’apparenter à une réelle régression économique. Or, il faut bien constater que les principaux acteurs locaux n’ont pas su développer une dynamique propre à valoriser et encore moins à relancer l’activité économique champardennaise.

Certes, l’environnement économique national est particulièrement morose. Même si on peut espérer la reprise annoncée, rien n’a été fait pour contrecarrer le déclin de la France ni de ses régions. La Champagne-Ardenne subit une désindustrialisation particulièrement inquiétante due notamment au mondialisme sauvage que les dirigeants politiques observent passivement comme une fatalité incontournable. Cette situation est encore aggravée par les effets catastrophiques de la politique socialiste qui a systématiquement pénalisé le travail. Une politique que l’UMP n’a pas réellement inversée.

Ainsi la fiscalité continue d’être écrasante pour un nombre de Français actifs de moins en moins important, qui doivent par leurs impôts et les charges qu'ils payent financer un nombre croissant de personnes en état de précarité voire de profiteurs. Quant aux effets néfastes de la loi sur les 35 heures, ils n’ont été que partiellement atténués : cette loi institue à la fois une grande injustice entre les salariés et les travailleurs indépendants et une atmosphère de rejet du travail poussant à la passivité et au laisser-aller. Enfin, la Champagne-Ardenne n’est pas épargnée par l’afflux des immigrés qui continuent d’arriver par milliers sur le territoire national et qui, sans aucune formation, vivent en assistés des largesses du système social français. Or dans le même temps, les étudiants, scientifiques ou ingénieurs quittent la région pour bénéficier d’un environnement plus valorisant dans d’autres régions ou, pire, partent pour l’étranger, aux États-Unis ou en Grande Bretagne.

Bref, l’économie régionale est en panne ! Je propose donc que le Conseil Régional se fixe comme objectif de rallumer les moteurs du développement. La région se targue actuellement d’une bonne gestion mais il est facile pour une collectivité territoriale de bien gérer si elle ne fait rien et que les rentrées sont assurées : ce n’est là qu’une réalité comptable. Il faut maintenant prendre l’offensive pour rendre la région économiquement attractive. Cela nécessite d'incarner une vision économique volontariste, de motiver et mobiliser les entreprises, d'équiper la région en modernisant ses infrastructures, d'assurer une formation d'excellence et de valoriser l'image de la région.

1 – INCARNER UNE VISION ÉCONOMIQUE VOLONTARISTE

Une vision d’avenir pour le développement économique passe d’abord par l’arrêt du saupoudrage des subventions pour les concentrer sur des pôles de développement et sur quelques grands axes prioritaires ayant des effets d’entraînement.

La Champagne-Ardenne peut devenir un pôle d’excellence dans quelques secteurs stratégiques d’avenir qu'il faut valoriser :

· Deuxième région agricole de France, elle peut devenir le fleuron français de l’agro-activité à l’échelle européenne. Outre ses produits connus ou « classiques », d’autres produits et dérivés sont exploitables en mobilisant les techniques de pointes dans une perspective de développement durable (bois, chanvre, éthanol…).

· Sa tradition manufacturière et sa main-d’œuvre de qualité, servies par des zones d’activités ne manquant pas d’espace, doivent conduire à développer une grande politique d’accueil d’implantations nouvelles en s'appuyant sur les secteurs d'excellence existant déjà comme la métallurgie et l'emballage-conditionnement. Les grandes entreprises des secteurs du luxe, tentées de délocaliser à l’étranger, doivent être systématiquement incitées à venir s’installer dans notre région où elles trouveront des prestations de grande qualité à des coûts raisonnables

· Le développement des campagnes, notamment en Haute-Marne, peut être obtenu par des implantations légères s'appuyant sur le télétravail. Pourquoi ne pas proposer des réseaux de collaborateurs travaillant à domicile et pratiquant la saisie informatique de données ou la tenue de comptabilités en ligne évitant ainsi l'expatriation de ce type d'activité en Inde ou ailleurs.

· Pôle stratégique pour la logistique commerciale et industrielle, l’aéroport de Vatry doit être soutenu de manière à en faire une plate-forme économique de première grandeur, capable de recevoir un maximum d’implantations nationales et internationales et d’irriguer tout le tissu régional.

2 – MOTIVER ET MOBILISER LES ENTREPRISES

Tout doit être fait pour mobiliser les entreprises de la région y compris les PME, les artisans et les commerçants. Pour ce faire, il faut réduire leurs charges, limiter leurs contraintes, encourager et récompenser le travail, l’innovation et la création.

Cela exige d’abord un changement du contexte national. La loi sur les 35 heures doit être remplacée par une législation moderne et souple, afin que ceux qui veulent travailler moins puissent le faire en gagnant moins et que ceux qui veulent gagner plus puissent le faire en travaillant plus !

S’agissant de la fiscalité, il faut réduire l’impôt sur le revenu et celui sur la fortune afin de garder et d’attirer chez nous les créateurs et les investisseurs. L’impôt sur les successions en ligne directe doit être supprimé car il entrave notamment la transmission de l’outil de travail. Pour la Champagne-Ardenne :

· La fiscalité doit être orientée à la baisse pour rendre la région attractive. La taxe professionnelle doit être supprimée par le gouvernement et on peut s’en réjouir si la promesse est tenue. Mais il ne faudrait pas qu’elle soit remplacée par d’autres impôts que le Conseil régional n’aurait pas la capacité de réduire et que la région se trouve ainsi totalement dépossédée par l’État de son levier fiscal.

· Il faut par ailleurs mettre un terme aux aides aux entreprises délivrées sur de simples critères administratifs et qui ne constituent qu’un saupoudrage clientéliste. Ces aides sont perverses car elles encouragent la technique artificielle des chasseurs de primes et conduisent à ponctionner l’argent des entreprises saines pour subventionner les entreprises non rentables voire fictives sans pour autant garantir l’emploi !

Il faut concentrer l’ensemble des moyens sur trois axes prioritaires :

· La création d’entreprises pour laquelle la région est particulièrement déficitaire, ainsi que la transmission des nombreuses PME dont les dirigeants approchent de la retraite.

· Toutes les initiatives qui entrent dans le cadre des pôles de développement et des secteurs d’activités stratégiques précités.

· La recherche, en proposant des compléments de rémunération sur objectifs à des chercheurs tentés de s’expatrier.

3 – ÉQUIPER LA RÉGION ET MODERNISER SES INFRASTRUCTURES

La région doit conforter son dispositif de pôles économiques de développement, dont le premier d’entre eux doit être centré sur Vatry, en situation d’irriguer l’ensemble des quatre départements.

Pour accélérer l’équipement de la Champagne-Ardenne, il faut privilégier les infrastructures de transport et le réseau de télécommunications.

· Le réseau des autoroutes et routes express doit être renforcé, à commencer par la mise à 2 x 2 voies de la nationale 4, axe dangereux dans sa configuration actuelle et très fréquenté, permettant notamment l’accès à Vatry ; l'axe Reims, Châlons, Saint-Dizier, Chaumont, Langre; les raccordements aux autre régions dans le cadre du contournement de l’Ile de France (axes Reims – Rouen et Troyes – Auxerre) ; les ouvertures vers l’Europe du Nord et de l’Est par la Haute-Marne et par le prolongement de l’Y ardennais.

Il convient par ailleurs de valoriser l’arrivée du TGV Est en s’assurant de dessertes suffisantes vers les principales villes non traversées et en renforçant les dessertes TER.

· Dans la perspective du télétravail, un réseau de télécommunications performant doit être mis en place dans la région et notamment dans la Haute-Marne, en achevant la couverture de téléphonie mobile et en dotant tous les villages de bornes internet à haut débit.

4 – ASSURER UNE FORMATION D’EXCELLENCE

Autre priorité pour allumer les moteurs du développement : la formation !

· Là aussi, il faut cesser le saupoudrage et concentrer les efforts sur les besoins des entreprises en favorisant particulièrement les secteurs d’excellence dans lesquels la région devrait être en pointe. La loi en préparation suite à l’accord national du 20 Septembre 2003 sur la formation professionnelle doit impérativement offrir la flexibilité nécessaire pour permettre d’adapter les formations aux besoins des branches professionnelles et des territoires, à défaut de quoi on risque de continuer à former de futurs chômeur.

· Pour encourager le travail, l’effort et le mérite, la région doit multiplier les initiatives comme par exemple la création de prix pour récompenser les meilleurs élèves de chaque classe de lycée, ainsi que des tests pré-universitaires pour permettre à chaque élève de s’orienter en fonction de ses capacités.

· Il convient également de soutenir les classes d’enseignement international pour faciliter tant la formation de futurs cadres du Commerce international que l’implantation d’entreprises étrangères sur notre territoire. Dans cet esprit il faut développer des liens universitaires avec d’autres régions françaises et européennes.

· Il faut faire connaître les possibilités de l’apprentissage et de la formation en alternance dans lesquelles les jeunes peuvent trouver leur voie, apprendre un métier qui leur convient et qui offre des débouchés.

· Enfin, il est essentiel de développer les échanges Education Nationale / Entreprises pour développer l’esprit entrepreneurial et faciliter les collaborations entre les laboratoires de l’Université et les entreprises source d’innovation et de développement.

5 – VALORISER L’IMAGE DE LA RÉGION

La Champagne-Ardenne souffre d’un déficit d’image :

· Qui connaît par exemple les nombreux produits de luxe fabriqués dans notre région pour des marques françaises de renommée internationale, dans les secteurs les plus divers (textile, maroquinerie, coutellerie et instruments chirurgicaux, cristallerie, équipements automobiles…) ?

· Qui pense que cette région, située favorablement sur les grands axes du commerce et de l’Europe, possède aussi de nombreux atouts touristiques et offre une qualité de vie et des espaces qui deviennent rares dans les autres pays européens et qui pourraient donc attirer des entreprises ?

Des moyens doivent être mis en œuvre pour valoriser l'image de la région (maisons des produits de Champagne-Ardenne sur l’autoroute, guides des réalisations de Champagne-Ardenne remis dans les trains au départ de Paris et distribués aux péages, liaisons constantes avec les instances économiques européennes, site internet attractif relié à tous les sites portails de référence en matière de formation, économie, tourisme).

6 – LE CONSEIL RÉGIONAL, CATALYSEUR DES ÉNERGIES

Ce programme ambitieux est tout à fait réalisable et compatible avec une gestion sérieuse de l’argent public dès lors que le Conseil régional occupe toute sa place mais seulement sa place. Si les pouvoirs économiques du Conseil Régional sont augmentés en vertu des nouvelles lois de décentralisation, ce n’est pas pour qu’il recrée en son sein une concentration de services. Les entreprises n’ont pas attendu les collectivités locales pour travailler. D’excellentes initiatives et actions de soutien sont conduites par des structures en place et des organismes bien rodés : il convient de les soutenir en les orientant et en les faisant converger vers les objectifs stratégiques.

Le conseil régional ne doit pas être opérateur mais catalyseur des énergies.
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