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En savoir plus, le 23/05/2008
Déclaration de Bruno Mégret à l’occasion de son retrait de la politique

J'ai pris une décision importante. Je me mets en réserve de la politique et je pars à l'étranger exercer des responsabilités au sein d'une grande entreprise française. J’estime en effet être arrivé au bout de la démarche que j'ai entreprise il y a maintenant de longues années lorsque je me suis engagé en politique.

Pendant toute cette période je n'ai jamais eu qu'un seul projet : construire une grande force politique de droite capable de parvenir au pouvoir pour enrayer le déclin de notre nation. Et, à chacune des étapes de mon parcours, c’est ce projet qui m'a guidé dans mes choix et mes décisions.

C'est cette volonté qui m'a fait quitter le RPR lorsque j’ai réalisé qu’il ne serait jamais en mesure d’assumer cette mission et, même s’il s’agit aujourd’hui de l’UMP, les événements de ce point de vue ne m’ont pas détrompé.

C'est cet espoir qui m'a conduit alors à m'engager au FN et à y jouer un rôle déterminant pour le transformer et tenter d’en faire une force de gouvernement avec, vous vous en souvenez, de réels succès.

C’est cette détermination qui m'a fait réaliser qu'avec Le Pen, malgré tous les efforts que je déployais, rien ne serait possible en ce sens et c'est cette fidélité qui m'a alors amené à prendre mes responsabilités et qui m’a contraint à quitter le Front national. Et là encore, lorsqu’on observe ce qu'est devenu ce parti après mon départ, force est de constater que je ne m'étais pas trompé.

C'est cette perspective qui m'a donc conduit à fonder le MNR et à tenter de créer ex nihilo ce qui n'avait pas été possible par d'autres moyens. Et je constate que si nous avions réussi la droite nationale ne serait pas aujourd'hui en crise mais aux portes du pouvoir. Malheureusement, les circonstances n’ont pas permis à ce projet de se concrétiser.

Récemment encore, c'est cet espoir qui m'avait amené à croire à l’union et à estimer que le renouveau pourrait venir d'un grand rassemblement à la droite de l’UMP, mais mes efforts en ce sens n'ont pas rencontré d’échos.

Aujourd'hui, je considère avoir tout tenté. Je n’ai ménagé ni ma peine ni mes intérêts. J'ai tout mis en jeu dans ce combat de plus de deux décennies y compris ma vie familiale, ma vie professionnelle et ma réputation. J’aurais pu mener une carrière très honorable au sein du RPR. J’aurais pu poursuivre une vie politique confortable au sein du FN. J'ai accepté de tout risquer pour le projet que je porte.

Mais les circonstances n’ont pas permis à ce jour de voir mes efforts couronnés de succès. À l'évidence les forces contraires étaient considérables. Refuser le politiquement correct et vouloir dans le même temps conquérir le pouvoir c'est pour le système en place le défi suprême. On peut vouloir le pouvoir à condition d’être politiquement correct, c'est le lot de tous ceux qui défilent sur les estrades depuis des décennies. On peut à la rigueur ne pas être politiquement correct à condition de ne pas viser le pouvoir. C'est le cas de Le Pen qui était toléré, accepté et dont on s'est servi. Mais ne pas être politiquement correct et rechercher le pouvoir, ça c'est l'interdiction totale, c'est le mur absolu que je n'ai pas réussi à franchir.

Oh ! sans doute ai-je commis des erreurs, sans doute n’ai-je pas mobilisé toutes les qualités qui auraient été nécessaires. Mais le fait est là, il y a dans notre pays une chape de plomb qui empêche les idées non conformes pourtant largement partagées par les Français de s’exprimer médiatiquement et d’être représentées politiquement.

Aujourd'hui, alors que je vais quitter la France, je n'ai aucun regret pour le passé.

Pour le reste j'ai vécu intensément comme peu d'hommes politiques ont pu le faire. J'ai connu des moments exaltants, j'ai mené des actions spectaculaires, j’ai lancé des idées qui font leur chemin, j'ai été entouré d’hommes et de femmes extraordinaires pour leur courage et leur dévouement. C'est vrai, j'ai connu des échecs mais aussi de grands succès. Et surtout j’ai agi comme un homme libre qui va au bout de ses idées, sans compromission, sans peur, sans retour. Je n’ai renoncé à rien et personne ne m’a mis à genoux.

Oh ! certes tout n'a pas été facile. Je suis sans doute l'homme politique qui a été le plus attaqué, contre lequel tout a été utilisé, les articles de presse délibérément rabaissants, les actions judiciaires injustes, les traquenards financiers, les embuscades administratives, les coups bas de toutes sortes. Mais de tout cela je ne conserve aucune amertume car toutes ces avanies m’ont prouvé à moi-même que j’avais la force de les surmonter et aujourd'hui j’en tire même un soupçon de fierté.

Il est, c'est vrai, des blessures plus difficiles à soigner. Celles qui vous sont infligées lorsque les médias vous font apparaître tel que vous n'êtes pas. Et là est d'ailleurs l'une des principales tares de la vie intellectuelle et morale de notre pays qui consiste à évaluer les qualités de cœur à l'étiquette politique que vous portez et aux idées que vous professez. C'est ce qui conduit des êtres sans aucune humanité à passer pour des parangons de vertu simplement parce qu'ils parlent des droits de l'homme et à l'inverse ceux qui ne sont pas politiquement corrects à être présentés comme des êtres vils. Mais cela aussi je l’ai surmonté depuis longtemps parce que, même encore aujourd'hui alors que je ne suis plus médiatisé, ils sont innombrables les Français qui tout au long de l'année dans les circonstances les plus diverses viennent me témoigner leur estime et parfois même leur affection.

C'est donc avec l’esprit serein, avec une certaine plénitude que j'ai décidé aujourd'hui de m’investir dans une nouvelle activité professionnelle, de quitter l’administration pour le secteur économique et de partir à l'étranger. Je le fais en ayant le sentiment d'avoir accompli mon devoir jusqu'au bout et d’être resté fidèle à mon idéal.

Je constate simplement que j'ai tenté tout ce qui pouvait l’être et que rien d'autre ne peut être tenté dans un avenir proche. J’en tire dès lors les conséquences. Je souhaite tout le succès possible à mes amis du MNR qui vont assurer la pérennité de notre mouvement et j'ai décidé de servir autrement mon pays en utilisant mon énergie et mes compétences pour un autre engagement, celui des intérêts économiques de la France dans la compétition que se livrent les grandes nations à l'échelle du monde.

Je le fais en quittant provisoirement un pays où la médiocrité du débat d’idées, la crise de la classe politique, la tyrannie du politiquement correct ont pour l'instant tout stérilisé. Mais je le fais aussi en sachant que les idées que je porte sont plus utiles et plus attendues que jamais et qu’elles progressent dans l’esprit de nos compatriotes. Je le fais en sachant que la France est une grande nation qui a toujours trouvé en son sein l’énergie pour rebondir et renaître. Je le fais conscient que les temps peuvent changer et que si vient le moment d’une vraie rupture qui exige des hommes libres, des hommes de conviction, des hommes de caractère, je serai toujours disponible.
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