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De A à Z, le 23/09/2003
DROITE

Depuis des années maintenant, le clivage droite gauche n’a plus beaucoup de signification. On voit bien que la gauche s’est rapprochée de la droite sur les questions économiques et que la droite s’est alignée sur la gauche sur les questions de société. Alors, comment pouvez-vous encore vous dire de droite ?

Je suis de droite, je persiste et je signe. Mais je m’étonne de votre question car le positionnement “ni droite ni gauche”, c’est bien connu, a toujours été historiquement celui du fascisme ou, à tout le moins, celui de l’extrême-droite. Ce n’est pas le mien, je crois profondément à la permanence de ce clivage essentiel.

UMP et PS : en accord sur la pensée unique
Oh, certes, si l’on considère que la droite est incarnée par l’UMP, alors oui, il n’y a plus grande différence entre la droite et la gauche. Car l'une et l'autre procèdent de la même pensée unique dans pratiquement tous les domaines. L’UMP met un peu plus l’accent sur la sécurité et le PS sur le social mais, pour le reste, c’est grosso modo le même projet mondialiste, social-démocrate et “droit-de-l’hommiste”.

Droite et gauche :
de grandes différences de fond

Pourtant, il y a une réelle différence entre la droite et la gauche dès lors que l’on va au-delà des contingences politiciennes. Si l’on s’attache, en effet, aux réalités de fond, il y a même une vue du monde propre à la droite qui s’oppose à celle de la gauche.

Le monde tel qu’il est
D’abord, la droite est réaliste. Elle prend en compte le monde tel qu’il est et, si elle cherche à l’améliorer, elle ne prétend pas le reconstruire en faisant, comme la gauche, table rase du passé. Elle accepte les lois naturelles et ne se retranche pas dans les utopies.

L’homme : un être unique
La droite a, par ailleurs, une conception très élevée de l’homme. Pour elle, chaque homme est un être unique et donc irremplaçable, doté d’une personnalité propre et innée qui n’est pas que le fruit de son conditionnement social et de son éducation. Il y a donc des inégalités de talent naturelles et incontournables qu’on peut peut-être déplorer, mais qu’on ne peut faire disparaître et dont il faut tenir compte.

Libre et responsable
Pour la droite, l’homme est aussi un être libre et responsable de lui-même et de ses actes. Ce qui veut dire qu’en dehors des cas pathologiques clairement identifiés par la médecine, chacun doit pouvoir répondre de ses actes. Contrairement à ce que prétend la gauche, les hommes ne sont donc pas de simples produits de la société, encore moins ses victimes et, s’ils commettent des méfaits, ils en sont responsables.

L’homme : un être enraciné
Vu de droite, l’homme n’est pas non plus un pion que l’on peut manipuler pour construire une société. Il n’est pas un être sans attache, l’élément d’une foule qui peut être transplanté au gré des besoins sociaux. Il est au contraire, un être enraciné qui n’existe pas sans les autres et qui ne trouve sa plénitude qu’au sein des groupes auxquels il appartient naturellement, que ce soit sa famille, son clan ou sa nation. Pour la droite, l’homme est un être de culture qui s’étiole si on le coupe de ses racines et de son identité.

L’histoire n’est écrite nulle part
Enfin, contrairement à la gauche qui croit au déterminisme historique et donc au progrès indéfini de l’humanité, la droite, elle, ne conçoit pas l’histoire comme une réalité linéaire. Pour elle, l’histoire est avant tout le produit des volontés antagonistes des peuples et des hommes. Il peut donc en sortir le meilleur comme le pire et le renouveau peut suivre le déclin, comme la décadence peut succéder à l’apogée.

Le politiquement correct,
nouvelle pensée de gauche

Bien sûr, ces deux conceptions antagonistes du monde, de l’homme et de son histoire, prennent, selon les époques, des formes variables. La conception de gauche n’est plus incarnée aujourd’hui par le communisme pur et dur comme elle l’a été pendant des décennies. Je dirais qu’elle s’exprime aujourd’hui dans le mondialisme et le politiquement correct qui ne sont peut-être d’ailleurs rien d’autre que des ersatz du marxisme. Il est vrai qu’on ne lutte plus contre les inégalités, mais contre les exclusions. L’objectif n’est plus la société sans classe, mais le monde sans nation, sans race, sans religion. L’ennemi n’est plus le patron, mais le raciste. Et le paradis n’est plus rouge, il a la couleur arc-en-ciel du mélange généralisé.

Le mondialisme et le politiquement correct auxquels adhèrent tous les partis du système, y compris l’UMP, représentent aujourd’hui, à n’en pas douter, la nouvelle expression de la gauche.

J’ai, pour ma part, une autre vision du monde, plus respectueuse de l’homme, des peuples, de leur identité et de leur histoire. En ce sens, je suis de droite.

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