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De A à Z, le 23/09/2003
ÉTATS-UNIS

Vous avez pris position contre les États-Unis dans la guerre d’Irak et celle du Golfe. Vous dénoncez régulièrement l’hégémonie américaine. Pourtant, les Américains nous ont délivrés de l’Allemagne nazie et ont toujours été nos alliés, notamment face à l’Union soviétique. Alors, pourquoi cet anti-américanisme primaire ?

Pas d’anti-américanisme primaire
Je ne suis pas un anti-américain primaire. J’ai d’ailleurs passé un an dans une université américaine, à Berkeley, en Californie, et je possède un diplôme américain. J’ai conservé des amis là-bas. C’est un pays que j’apprécie à bien des égards et que j’ai d’ailleurs soutenu sans réserve lors des attentats dont il a été victime le 11 septembre 2001. D’ailleurs, d’une certaine façon, je ne reproche rien aux Américains qui jouent leur jeu avec puissance et détermination. C’est aux Européens que j’adresse mes critiques parce qu'ils restent dépendants et soumis face aux États-Unis.

Pour un monde multipolaire
Sur un plan politique en effet, nous sommes passés d’un monde bipolaire partagé entre l’Est et l’Ouest du temps de la guerre froide à un monde unipolaire qui semble aujourd’hui voué à une domination planétaire des États-Unis et de leur nouvel ordre mondial. Cette perspective me paraît néfaste, et pour l’Europe, et pour le monde, et mon objectif est qu’un monde multipolaire puisse émerger rapidement. Un monde où notre continent puisse de nouveau faire rayonner la force et la richesse de sa civilisation et jouer un rôle majeur pour la paix et l’équilibre entre les nations.

Non au mondialisme américain
L’Amérique est en effet porteuse d’un modèle qui n’est pas vraiment celui de l’Europe. Certes, nous partageons avec les États-Unis le goût de la liberté et l’attachement aux principes de la démocratie. Mais les États-Unis sont l’expression politique d’un modèle qui se veut mondialiste et économiste. Il est donc marqué par le déracinement qui s’accentue d’ailleurs à mesure que les communautés d’origine étrangère se renforcent sur le sol américain. Il est aussi caractérisé par le matérialisme et la primauté brutale de l’économie, y compris sur la culture. Une culture au demeurant conçue comme un produit commercial destiné, à la manière du Coca-Cola, à être vendu dans le monde entier.

Pour faire simple, au risque d’être un peu provocateur, je dirai que l’URSS était hier la patrie du communisme et que les États-Unis sont aujourd’hui la patrie du mondialisme. Et même si je ne mets pas les deux idéologies et encore moins, bien sûr, les deux pays sur le même plan, je crois foncièrement que le projet mondial des Américains, qui ne respecte ni l’identité ni la souveraineté des nations, doit être contrecarré.

Les États-Unis : plus faibles qu’on ne le dit
Cette perspective n’a d’ailleurs rien d’utopique, car les États-Unis sont sans doute moins puissants qu’on ne l’imagine. Leur économie est affaiblie par un déficit commercial colossal qui serait un lourd handicap pour eux si le dollar perdait son statut de monnaie privilégiée. Leur avance technologique est en partie liée à l’importation massive de talents en provenance de l’étranger et notamment d’Europe. Leur armée dissimule sa force réelle derrière la faiblesse des ennemis qu’ils se choisissent. Quant à leur société, elle est rongée par un communautarisme qui pourrait demain les affaiblir gravement de l’intérieur.

L’Europe : plus forte qu’on ne le croit
L’Europe conserve donc toutes ses chances d’égaler les États-Unis. Pour peu qu’elle s’érige en une confédération puissante et fière d’elle-même, elle pourrait demain jouer un rôle majeur et bénéfique. N’oublions pas que l’Union européenne est plus peuplée et tout aussi riche que les USA. Qu’elle s’en donne les moyens et elle peut devenir aussi puissante qu’eux, rétablissant ainsi la pluralité du pouvoir dans le monde. Je ne suis donc pas anti-américain, je suis pro-européen.
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