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De A à Z, le 23/09/2003
GAUCHE

Vous avez toujours placé votre combat sous le signe de la lutte contre la gauche. Vous reprochez à l’UMP d’être trop inféodée à la pensée de gauche. Mais les idées de gauche sont depuis longtemps passées dans l’ordre des idées reçues, acceptées, voire considérées comme évidentes. N'avez-vous pas un combat de retard ?

Je ne le pense pas du tout. Je crois au contraire que les idées de gauche qui ont dominé la seconde moitié du XXe siècle sont sur le déclin. Ma conviction est même que la gauche arrive en fin de cycle historique.

La gauche est hégémonique
Dans notre pays, il est vrai, la gauche a joué depuis plusieurs décennies un rôle structurant, dominant, hégémonique. D’abord avec un parti communiste qui a réussi à rassembler plus de 30% des voix aux élections. Ensuite et surtout, avec Mai-68, quand la gauche a investi la société et lui a imposé son idéologie au point de devenir la pensée dominante, celle qu’il faut arborer pour rester à la mode. Puis, avec mai 1981, la gauche a conquis le pouvoir politique et a réussi à y demeurer presque continûment pendant vingt ans.

La gauche a appliqué tout son programme
Après avoir pris en main la société civile, les médias, les syndicats, la culture, elle a investi les institutions et a pu mettre en œuvre son projet en donnant la pleine mesure de ce qu’elle représente : le résultat est, à bien des égards, catastrophique. Quand elle n’a pas été obligée de faire un demi-tour à cent quatre-vingt degrés, par exemple en privatisant les entreprises après les avoir nationalisées, elle a sinistré des pans entiers de notre nation. Que ce soit en matière économique, fiscale, familiale ou sociale, sur le terrain de l’immigration et de l’insécurité ou encore dans le domaine militaire, la gauche a gravement affaibli notre pays.

La gauche s’est fracassée sur la réalité
Mais la preuve éclatante de son échec, on l’observe dans le secteur de l’enseignement, secteur où la gauche a pu, pendant des années, mettre pleinement en œuvre sa doctrine. Elle y contrôlait en effet tous les syndicats et les enseignants constituaient sa principale réserve de militants. Les idées qui y circulaient étaient les siennes. D’ailleurs, les intellectuels se réclamaient presque tous d’elle. Enfin, la priorité de ses gouvernements est allée à l’enseignement et les crédits qui lui étaient consacrés ont sans cesse augmenté. Résultat : c’est l’échec complet.

Les socialistes voulaient ouvrir l’école sur le monde. Il faut maintenant la retrancher derrière des barbelés et des vigiles. Ils voulaient donner le bac à 80% d’une classe d’âge, c’est le taux d’illettrisme qui a augmenté. Ils considéraient l’école comme le lieu privilégié de l’assimilation républicaine, c’est à l’école que les conflits communautaristes sont le plus aigus. Ils voulaient faire des enseignants les copains des élèves, nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, ont peur d’eux.

Un échec historique
En niant les réalités du monde, en refusant des notions essentielles comme celles de la responsabilité individuelle, de l’utilité du travail et de l’effort, de la nécessité de l’autorité et de la hiérarchie ou de l’aspiration à l’identité, la gauche, aveuglée par son idéologie, s’est fracassée sur la réalité du monde. En voulant mettre en œuvre un égalitarisme total, en privilégiant les droits par rapport aux devoirs, en misant exclusivement sur la redistribution des revenus et la multiplication des prestations d’assistance, en pénalisant toujours plus le travail par des impôts et des charges sans cesse plus lourds, en considérant les délinquants comme des victimes, en donnant de facto une priorité aux étrangers sur les Français, en menant un combat obsessionnel contre un racisme qui souvent n’existe pas, la gauche s’est progressivement coupée du peuple français et a perdu toute légitimité.

La débâcle spectaculaire de Jospin à la dernière présidentielle n’a donc rien de conjoncturel. Elle est le reflet électoral de cet échec historique. D’ailleurs, elle s’est accompagnée d’un camouflet sans précédent pour le parti communiste et les autres composantes de la gauche traditionnelle ne s’en sont guère mieux sorties.

Le roi est nu
Pour autant, la gauche n’a pas disparu, loin de là. Et c’est là le paradoxe de la situation. Car, malgré cet échec patent, elle conserve encore toute sa puissance dans les rouages de la société. Y compris, bien sûr, dans les médias et chez les faiseurs d’opinion. Y compris au sein de l’UMP et des politiques prétendument de droite qui continuent d’être subjugués par le politiquement correct. La gauche est morte, mais personne ne le sait et tout continue comme dans un régime totalitaire lorsque l’on a réussi à cacher la mort du tyran.

Certes, tout peut donc continuer comme si de rien n'était. Mais tout cela n'aura qu'un temps et la gauche, après avoir subi un revers idéologique, connaîtra un reflux politique. La vraie droite a donc un grand avenir devant elle car il lui faudra occuper l'espace laissé libre par le socialisme, un espace que la droite gauchisante, type UMP, sera bien incapable d'occuper. Ce sera alors l’occasion d’un grand renouveau à droite.
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