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De A à Z, le 23/09/2003
MONDIALISATION

On a parfois l’impression que vous refusez de reconnaître l’existence d’un phénomène auquel plus aucun pays ne peut aujourd’hui s’opposer. Pensez-vous vraiment que la France pourrait vivre à l’écart des échanges mondiaux ?

Bien sûr que non ! Je ne le crois pas et je ne l’ai jamais dit.

La mondialisation est un fait
La mondialisation est en soi un phénomène objectif que l’on ne peut que constater. N’oubliez pas que je suis ingénieur, j’ai une formation scientifique et ce n’est pas moi qui vais nier la réalité des progrès réalisés en matière de transports ou de télécommunication. On ne peut être contre Internet, les avions à réaction ou les satellites de télécommunication. Et on ne peut pas nier que ces techniques conduisent à une intensification des échanges mondiaux et donc, en quelque sorte, à un rapetissement de la planète.

Le mondialisme est une idéologie
Ce que je conteste est d’une tout autre nature. C’est l’idée que la mondialisation serait par principe bénéfique et qu’il faudrait donc militer pour toujours plus d’échanges, d’intégration et d’ouverture. Ce que je mets en cause, c’est donc l’espèce d’idéologie à caractère mondialiste selon laquelle la suppression des frontières, la destruction de tout obstacle aux échanges, l’affaiblissement ou la disparition des nations ainsi que l’intensification des courants migratoires et le métissage culturel seraient par nature bénéfiques.

Pour une vision réaliste de la mondialisation
Je crois que cela est faux. Il y a sans doute dans le processus de la mondialisation des phénomènes bénéfiques liés, par exemple, à l’abaissement des coûts de production ou au développement d’un esprit d’ouverture et de tolérance, mais il y a aussi des facteurs négatifs. Je citerai ainsi les délocalisations qui développent le chômage dans nos pays et créent des catastrophes sociales et écologiques dans les pays du tiers monde.

Je mentionnerai aussi les phénomènes migratoires qui menacent nos nations d’éclatement et créent des tensions très fortes entre les communautés. J’estime également que la mondialisation empêche progressivement les peuples de maîtriser leur destin, non pas au bénéfice d’une démocratie supérieure, mais au profit d’une nouvelle oligarchie internationale exclusivement préoccupée de ses intérêts financiers. Et puis, plus globalement, la mise en cause des identités qui ont fait, de tout temps, la richesse de notre monde est, je crois, une grave maladie contemporaine. Un phénomène au demeurant particulièrement absurde, car à quoi servirait-il d’échanger si tout devient pareil partout ?

Pour une régulation du processus
de mondialisation

Sur ce sujet comme sur les autres, je suis donc opposé à tout extrémisme. Je rejette, bien sûr, le repli autarcique qui n’aurait plus aujourd’hui aucun sens et qui serait aussi stupide que l’interdiction des antennes satellites pratiquée par certaines dictatures. Mais je combats également la frénésie mondialisatrice qui ne peut qu’apporter trouble et déracinement.

Pour ma part, je suis favorable à une conception équilibrée : la mondialisation doit être maîtrisée afin d’en conserver les aspects positifs tout en limitant ses effets négatifs. Et mon idée est donc qu’il faut réguler la mondialisation, c'est-à-dire réguler les mouvements de capitaux, les échanges commerciaux et les flux migratoires afin qu’ils ne provoquent pas de désastres, aussi bien d’ailleurs dans les pays d’accueil que dans les États d’origine.

Pour un nouveau concert des nations
J’ajoute que, pour assurer cette régulation, il faut rendre au politique sa prééminence. Et cela ne peut se faire ni par le biais d’organisations internationales abstraites, ni sous la contrainte d’une nation impériale dominant la planète. Le pouvoir de régulation ne peut trouver sa légitimité qu’en s’appuyant sur les peuples du monde, dans le cadre d’un nouveau concert des nations et d’un monde multipolaire.

Reste, bien sûr, à imaginer les modalités d’une telle régulation. Et, à cet égard, je ne prétends pas détenir toutes les solutions. Je dis simplement que, pour assurer l’harmonie de notre monde, il faut accepter les réalités de la mondialisation et refuser les utopies du mondialisme.
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