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De A à Z, le 23/09/2003
NATION

Vous faites fréquemment référence à la nation. Mais, pour beaucoup, la nation est aujourd’hui complètement dépassée et le nationalisme encore plus. Que leur répondez-vous ?

D’abord, je n’utilise pas le terme de nationalisme, car cette formule pourrait sous-entendre que la nation serait en quelque sorte une valeur absolue d’où tout devrait découler et je ne crois pas, bien sûr, que tout puisse procéder de cette seule idée.

Une réalité féconde
En revanche, c’est vrai, je suis très attaché à la nation car elle me paraît plus actuelle et plus féconde qu’on ne le dit. La nation est, en effet, aujourd’hui encore, la forme de communauté la plus forte et la plus accomplie pour s’inscrire dans l’histoire, exister dans le monde et agir politiquement. C’est à travers elle qu’un groupe d’hommes, disons un peuple, peut le mieux maîtriser son destin.

Pour autant, la nation ne constitue plus aujourd’hui la réponse évidente et incontournable qu’elle représentait au XIXe et au début du XXe siècle. Il est vrai qu’elle est une réalité fragile, un être complexe qui ne trouve son équilibre qu’à travers une mystérieuse alchimie issue de notre passé lointain.

Un peuple, une terre, une culture
Pour moi, la nation est en effet formée d’un peuple, d’une terre et d’une culture, le tout sublimé par l’histoire. La France, qui est la plus ancienne nation d’Europe, s'est forgée dans le creuset des siècles et n’est donc pas réductible à un seul de ces éléments.

Notre pays n’est pas qu’un espace territorial soumis à un système juridique comme le prétendent certains ténors du politiquement correct. Il n’est pas non plus une race et je n’ai pas de conception racialiste de la nation. Non plus qu’il n’est réductible à une culture ou à une religion. Pour autant, tous ces éléments ont leur importance et le général De Gaulle avait raison lorsqu’il écrivait que la France est « un peuple de race blanche, de religion chrétienne et de culture gréco-latine».

Un subtil équilibre
La réalité de notre nation est qu’elle constitue un subtil équilibre de toutes ces composantes. Ainsi la France peut-elle comprendre en son sein certains qui ne sont pas européens ou qui pratiquent une autre religion que le christianisme, mais à la condition qu’ils demeurent suffisamment peu nombreux pour ne pas faire éclater notre nation.

Or, aujourd’hui, il est évident que la France se trouve menacée de l’intérieur par une immigration massive qui engendre un communautarisme susceptible de provoquer son éclatement. Elle est également mise en cause de l’extérieur par des échelons supranationaux plus ou moins mondialistes qui amputent sa souveraineté.

Le lieu privilégié du politique
Pourtant, malgré ces causes d’affaiblissement, je continue d’affirmer que la nation demeure encore aujourd’hui le niveau d’organisation le plus pertinent pour l’exercice du politique au sens plein du terme.

Ce n’est pas, par exemple, au niveau régional, dépourvu de toute puissance, que peut s’affirmer une volonté politique capable de s’imposer dans le monde. Ce n’est pas non plus au niveau supranational, déconnecté des peuples, que peuvent être défendus leurs intérêts.

Avec les provinces et l’Europe
Pour autant, je le crois fermement, la nation ne doit pas s’opposer à l’épanouissement des autres communautés. Je pense notamment à la région ou à la province qui représentent une réalité historique d’enracinement et d’identité et qui doivent pouvoir mieux s’affirmer dans notre vie nationale. Je pense surtout à l’Europe qui représente une réalité de civilisation à l’échelle du monde et qui peut rendre à nos nations la puissance collective qu’elles ont perdue chacune à leur niveau. Communauté d’enracinement, communauté d’histoire, communauté de civilisation, la province, la nation et l’Europe se complètent et se renforcent. Tant il est vrai qu’on peut à la fois affirmer sa fierté d’être provençal, français et européen.

Reste à imaginer comment cet équilibre ternaire peut être organisé. Je pense, pour ma part, que l’Europe doit être renforcée dans le respect des nations. C’est pourquoi je suis pour une Europe des nations.
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