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De A à Z, le 23/09/2003
SOCIAL

Vous vous présentez comme un homme de droite. Vous êtes partisan d’une réelle libéralisation de l’économie. En même temps, vous prétendez défendre les Français et notamment les plus modestes. Comment conciliez-vous ces deux prétentions ? Que faites-vous de l’impératif social ?

Je crois profondément que la préoccupation sociale n’est pas l’apanage de la gauche. Il est vrai qu’elle n’est pas, par ailleurs, la préoccupation d’une certaine droite économiste et capitaliste mais je considère que la vraie droite, celle que j’incarne, est une droite populaire et sociale qui s’attache d’abord à défendre les intérêts de notre peuple.

La gauche n’est pas sociale
Et, de ce point de vue, il me paraît très important de dénoncer l’imposture de la gauche en matière sociale. Car celle-ci a entraîné les Français dans une impasse. Pour la gauche, le social a toujours consisté à flatter les sentiments les moins nobles et à pousser nos compatriotes dans l’idée qu’ils devaient travailler le moins possible et obtenir le maximum, non pas de leur labeur, mais de leurs droits. Il en est résulté une culture de l’assistanat qui se retourne aujourd’hui contre ceux qu’elle était censée servir.

L’assistanat c'est la régression
L’idée que le travail est une aliénation, qu’il faut donc réduire sans cesse la durée du travail et abaisser toujours plus l’âge du départ à la retraite a gravement pénalisé notre économie en alourdissant ses frais généraux et en creusant ses déficits. Ce qui, in fine, se retourne contre les travailleurs en termes de chômage et de prélèvements obligatoires.

Et, surtout, l’assistanat, qui a été poussé très loin, place les personnes en situation de subordination face à la puissance publique. Celui qui ne se procure pas un bien en le payant de son salaire, mais en le recevant de l’État sous la forme d’une prestation, devient un assujetti. Il ne choisit plus et perd de sa liberté. Son logement lui sera affecté, ses moyens de transport désignés, ses loisirs encadrés, sa santé réglementée.

Pouvoir vivre des fruits de son travail
Je considère donc qu’il ne s’agit pas d’un vrai progrès et qu’il convient de changer radicalement la philosophie même de l’action sociale. L’objectif, à mes yeux, ne doit plus être de multiplier les prestations, mais au contraire de les rendre progressivement inutiles. Chacun doit pouvoir vivre décemment des seuls fruits de son travail, sans avoir à quémander l’assistance de l’État.

Bien sûr, cela ne remet pas en cause les assurances, qu’elles concernent la santé, la vieillesse, le chômage ou les accidents. Pas plus que la solidarité à apporter aux handicapés et aux plus faibles de notre société.

Mais cela conduit à assurer à chacun des revenus suffisants pour vivre sans soutien. Or, cela est parfaitement possible, car je pose la question : ne vaut-il pas mieux que les entreprises versent des salaires plus élevés à leurs employés, plutôt que payer à l’État des charges considérables, destinées à financer les prestations d’assistance que nécessitent des salaires insuffisants ?

La liberté en plus
J’ajoute que ce retour à la dignité va de pair avec une plus grande liberté de choix. Là encore, il faut cesser de collectiviser en demandant à l’État de choisir pour chacun. Plutôt que d’imposer les 35 heures hebdomadaires pour tous, offrons un véritable choix à chacun. En accord avec leur entreprise, que ceux qui veulent travailler moins le fassent : ils gagneront moins. Que ceux qui veulent gagner plus le puissent : ils travailleront plus. Et on peut agir ainsi dans tous les domaines. Par exemple en offrant la liberté de choisir l’âge de son départ à la retraite. Que ceux qui veulent partir tôt le fassent : ils devront avoir cotisé davantage ou accepter une pension réduite et inversement.

Je crois donc qu’il est à la fois possible et nécessaire de casser la logique collectiviste de la gauche et de mener une nouvelle politique sociale fondée sur la dignité des salaires et la liberté de choix. En clair, faisons du social sans faire du socialisme.
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