Accueil   Réflexions d'actu   Lu, vu, entendu   Côté Privé   Côté public   Tout savoir   Écrits 
     
A la une
 Qui est Bruno Mégret
 Son parcours politique
 Ses options de A à Z
 Son autobiographie
 Ses ouvrages
 Découvrez le site du MNR

  Contacter Bruno Mégret


Vous aimez l'histoire?
Bruno Mégret : Oui. De plus en plus.

On vous prête une admiration exclusive pour Napoléon : est-ce simplement pour le personnage historique ou y cherchez-vous des armes pour la politique d'aujourd'hui ?
Bruno Mégret : Au départ, il y avait un attrait pour l'une des grandes époques de l'histoire de France et pour l'un des personnages les plus marquants parmi les grands dirigeants de notre pays. Ensuite, c'est en travaillant le sujet que j'en ai tiré des enseignements pour aujourd'hui.

Qu'est-ce qui vous plaît en lui?
Bruno Mégret : D'abord le côté épique et prométhéen d'une entreprise où tout a paru possible. Et puis, c'est l'une des périodes de notre histoire que l'on peut considérer comme celle où la France a atteint son apogée. On a en effet trop tendance à ne retenir du règne de Napoléon que les épopées militaires. Or, c'est aussi un grand moment de fondation. Elles sont innombrables, les institutions qui ont été créées à cette époque et qui ont perduré jusqu'aujourd'hui. Certes, elles ne sont plus, pour beaucoup, adaptées à notre monde. Mais aucun de nos dirigeants n'a été capable de leur substituer quoi que ce soit d'aussi solide et durable. Et puis Napoléon est aussi l'homme d'État qui a su faire sortir la France de la Révolution sans la contraindre à choisir entre le chaos et la réaction. Il a su restaurer beaucoup des valeurs de la monarchie tout en conservant les meilleurs des principes de la république. Et c'est de ce type de synthèse que la France a aujourd'hui besoin. Pour échapper à la mort d'une crispation sur le passé et au chaos d'un mondialisme débridé, il faut inventer une nouvelle synthèse entre l'impératif identitaire et les contraintes de la mondialisation.

Quelles sont vos autres admirations historiques?
Bruno Mégret : César!

Alexandre ?
Bruno Mégret : Non, il est trop oriental pour ma forme d'esprit. En César, il y a le personnage qui incarne la quintessence de l'esprit romain et l'apogée de la civilisation romaine. Il y a aussi le plaisir que je prenais à traduire la Guerre des Gaules en cours de latin. Ces préférences ne m'empêchent pas de m'intéresser à d'autres horizons pour comparer et comprendre. J'ai un peu lu sur Carthage et je me suis plus particulièrement intéressé à Hannibal, Hasdrubal et Hamilcar. Du point de vue de Rome, il s'agissait d'ennemis et ce furent des vaincus. Mais quelle leçon leur vie nous donne ! Cela nous rappelle que ce sont les hommes qui font l'histoire, et non je ne sais quelle mécanique abstraite. Il faudrait remettre Plutarque au programme des collèges.

A propos, quel est votre orateur préféré? Cicéron, Danton, Jaurès ? Qu'est ce qui vous convainc le plus ? La raison pure ou l'émotion?
Bruno Mégret : De ceux que vous avez cités, ce serait plutôt Cicéron. Je suis sensible à la sobriété, à l'élégance du rythme, à la clarté qui permet de rendre les vérités évidentes : ceux qui savent parler ainsi ont un très grand talent. L'émotion compte aussi beaucoup, mais je suis plus ému par les situations que par les mots.

Et comment l'idée de faire de la politique vous est-elle venue ?
Bruno Mégret : Précisément parce que la politique est la plus haute façon de servir la nation. N'oubliez pas que c'est aussi aux politiques de déterminer les grands choix, alors que les fonctionnaires n'ont qu'à les mettre en œuvre. J'ai eu très tôt, je dirais même toujours, la vocation de servir la nation. Restait à déterminer par quelle filière y parvenir. La question était de choisir entre Polytechnique et l'ENA. Le côté militaire de l'X ne m'a pas déplu, ainsi que les sciences exactes, et puis il y a parfois à l'ENA ce côté arrogant que je n'aime pas et qui n'existe pas à Polytechnique.

Vous avez " toujours " voulu faire de la politique : c'est-à-dire quand?
Bruno Mégret : Il m'est difficile de dire quand j'ai pris conscience de cette vocation. Si, pourtant : durant la guerre d'Algérie. J'avais treize ans en 62. J'ai suivi avec passion les événements et j'ai alors mesuré l'importance du politique.

Est-ce que vous aimez le pouvoir? Vous parlez souvent de l'impératif de puissance, est-ce une obsession ?
Bruno Mégret : Je crois avoir une réelle capacité à affronter les périodes difficiles, à maintenir mes convictions et à les mettre en œuvre. Mais le pouvoir n'est pas un objet qu'on s'approprie, c'est un moyen de se mettre efficacement au service de ses compatriotes. Quant à la puissance, c'est la condition sine qua non pour qu'une nation, une civilisation s'accomplisse. En politique, tout est conditionné par les rapports de force. Il n'y a pas de liberté, de prospérité, de culture vivante sans puissance pour leur permettre d'exister. C'est comme ça. Les plus beaux projets ne sont rien sans cela. La puissance est une nécessité.

Vous aimez la politique?
Bruno Mégret : Oui, j'ai l'espérance de laisser quelque chose à mes compatriotes après ma mort. C'est-à-dire de faire quelque chose pour eux, maintenant. Au risque de vous surprendre, je trouve que les Français sont injustes avec la politique, lorsqu'ils la rejettent sans distinction. Je suis persuadé pour ma part que, malgré l'immense cohorte des aigrefins et des profiteurs qui la déshonore, la politique est encore servie en France par de nombreuses personnalités qui sont mues par un idéal, à commencer par ceux qui, autour de moi, poursuivent inlassablement leur action depuis des années sans en retirer aucun profit personnel...

Vous parlez d'idéal de service. Aimez-vous l'armée?
Bruno Mégret : Oui. J'ai fait mon service militaire dans l'Arme Blindée Cavalerie. D'abord au 41e régiment blindé d'infanterie de marine stationné à Offenbourg, on l'appelait le régiment de Johnny parce que Johnny Hallyday y avait fait son service. Et puis, au 6e cuirassier, le régiment du Cardinal, celui des gardes qui se battaient contre les trois mousquetaires. Cela dit, il n'y avait plus de chevaux, mais des chars, et ces deux régiments ont malheureusement été dissous. Depuis des années, maintenant, la classe politique s'emploie en effet à démanteler l'armée française qui se trouve aujourd'hui dans un triste état. C'est pour moi un crève-cœur et, pour notre pays, une véritable catastrophe.

Aimez-vous l'argent?
Bruno Mégret : Vous devriez poser la question à ma femme. Elle me reproche parfois d'être trop désintéressé. Il est vrai que la politique m'a énormément coûté et ne m'a rien rapporté au regard de ce que j'aurais pu gagner en menant une carrière professionnelle de polytechnicien. Il est vrai aussi que je n'aime pas prendre en compte la contrainte de l'argent. Je suis un peu comme un soldat en campagne : ce n'est pas naturellement mon souci premier mais, dans le même temps, c'est aussi le nerf de la guerre. C'est pourquoi, avec toutes les épreuves que j'ai rencontrées, je suis bien obligé d'y apporter une attention toute particulière.

Vous qui êtes passionné d'Égypte ancienne et d'histoire, aimeriez-vous laisser à la postérité des traces pharaoniques, comme Mitterrand, dans Paris?
Bruno Mégret : Je vous étonnerai peut-être, mais c'est l'un des rares côtés de Mitterrand qui me soit sympathique. Même si toutes ses initiatives n'ont pas été heureuses, c'est le président qui a le plus construit et, ce faisant, il était dans son rôle. À sa place, j'en ferais autant, car l'architecture est certainement l'un des arts qui me passionne le plus. C'est d'ailleurs celui qui a le plus de connexion avec le politique, puisqu'il concerne l'organisation de la cité mais aussi l'expression publique du pouvoir et des valeurs qu'il véhicule. Pour moi, Paris est la plus belle ville du monde parce que des époques et des styles différents y concourent à l'harmonie grâce à l'unité des matériaux et à un ordonnancement classique. Et, à cet égard, je suis contre deux extrémismes : celui qui refuse à nos compatriotes le droit de bâtir dans un style contemporain pour mettre sous verre notre héritage et celui qui rase le passé et construit sans souci d'harmonie. Là aussi, il faut savoir réaliser la synthèse et, de ce point de vue, le Grand Louvre de l'architecte Peï est sans doute l'une des plus belles réussites contemporaines.

Aimez -vous la sieste?
Bruno Mégret : Oui. Je dors dès que j'ai un moment pour récupérer. Mais il ne faut pas le répéter.

C'est sans doute votre côté Napoléon



   www.Bruno-Megret.com > Côté privé > Ce qui l'interesse Remonter en haut de page