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L'Alternative nationale

Sommaire:
Introduction: Le mur
Chapitre 1: Le retour du politique
Chapitre 2: Le combat pour les valeurs
Chapitre 3: La liberté pour le peuple
Chapitre 4: L'impératif d'identité
Chapitre 5: La préférence pour la vie
Chapitre 6: Le renouveau du savoir
Chapitre 7: Du travail pour les Français
Chapitre 8: Le social par la fraternité
Chapitre 9: De l'harmonie pour le pays
Chapitre 10: La sécurité dans la cité
Chapitre 11: La grandeur pour la nation
Conclusion: Le printemps de la France



Chapitre 1
Le retour du politique

La France est une grande nation. Une nation qui, au-delà de son passé glorieux, peut encore prétendre à un avenir prestigieux. Une nation qui, sans douter d'elle-même, peut, aujourd'hui encore, nourrir les plus hautes ambitions et viser aux plus éclatantes réussites, car entreprendre, se dépasser, conquérir, telle fut, telle est sa vocation. Les Français, quant à eux, peuple pétri de talents et de vertus, savent, l'histoire l'a montré à maintes reprises, surmonter les épreuves, s'adapter à la marche du temps et toujours s'affirmer et créer pour se forger un destin.
Aussi comment, nous qui croyons profondément à la pérennité de notre patrie, ne serions-nous pas peinés et inquiets de constater que beaucoup de nos compatriotes, gagnés par un sentiment de résignation et de fatalisme, ne partagent plus cette foi ?
Il est vrai qu'à observer les politiciens, tout semble désormais figé dans cette soumission aux événements qui caractérise les époques de renoncement. Certes, les gouvernements alternent au gré des élections, mais les initiatives qu'ils prennent se ressemblent étrangement, sinon dans les intentions qui les inspirent, du moins dans les effets qui en résultent. Tout est mis en œuvre pour convaincre les Français de l'inéluctabilité de leur destin : les situations seraient devenues si complexes, les contraintes internationales si fortes, l'imbrication des économies si poussée, l'inertie de la société si pesante, que la marge de manœuvre de nos dirigeants se trouverait désormais extrêmement réduite. Plus aucune politique ne serait possible en dehors de celle actuellement suivie aussi bien par la droite que par la gauche. Les uns s'offusquent de cet état de fait et s'en prennent à la société qui serait bloquée, les autres s'en réjouissent, croyant y discerner l'effet naturel et bénéfique de la mort des idéologies. Satisfaits ou non, tous semblent se résigner ; la voie à suivre est toute tracée. De nos jours, en effet, l'action gouvernementale se borne à accompagner les évolutions qui résultent du consensus ambiant et de la pression internationale. Malheur alors à ceux qui ont l'arrogance d'élever des objections ou de proposer d'autres solutions : ils sont rejetés comme hérétiques car seules les politiques officielles ont droit de cité dans les débats. Ainsi en est-il de l'inévitable intégration européenne, de l'indispensable ouverture des frontières, de l'irréversible division internationale du travail, de l'incontournable intégration des immigrés.
Quant aux résultats concrets de ces actions, ils sont tenus pour secondaires. Puisqu'on ne peut agir autrement, tant pis si les problèmes des Français ne sont pas résolus ! Des usines ferment ? Nos concitoyens sans travail sont de plus en plus nombreux ? L'insécurité se développe ? La marée de l'immigration ne cesse de monter et la pauvreté se répand comme une épidémie ? Qu'y faire ? La politique menée est, nous dit-on, la seule possible. Comment dès lors s'étonner que de nombreux Français baissent les bras et se laissent envahir par le désespoir ? Et, surtout, comment ne pas comprendre que le comportement de nos dirigeants est la cause première du désintérêt croissant, voire du dégoût de nos compatriotes à l'égard de la politique ?
Il est vrai que les dirigeants de l'établissement, soucieux de préserver leur réputation et leur position, ont cherché à dégager leur responsabilité en imaginant un subterfuge particulièrement malsain : ils ont inventé la politique du simulacre et des bonnes intentions. Désormais, en effet, les ministres cherchent moins à obtenir des résultats qu'à faire valoir leurs déclarations et leurs initiatives auprès des médias. "Nous avons fait de la lutte contre le chômage la priorité des priorités et nous avons multiplié les mesures pour tenter de le résorber". Et si rien ne s'améliore, ils ne se sentent pas vraiment responsables. Comme le disait naguère M. Balladur, grand maître de cette technique, "le gouvernement a fait tout ce qu'il a pu et tout ce qui pouvait être fait a été tenté". Fervent adepte lui aussi de cette pratique, M. Mitterrand n'a jamais été en reste en ce domaine et, sous sa houlette, nos interventions militaires à l'extérieur ont toujours eu ce caractère de symbole ou de simulacre. En Irak, elles ne pesaient pas mais faisaient illusion. En Bosnie, elles n'ont rien réglé, mais elles ont donné bonne conscience. Et M. Chirac a, de ce point de vue, dépassé en hypocrisie son prédécesseur puisqu'il a multiplié les propositions d'interventions militaires musclées, sachant parfaitement que ses partenaires les refuseraient et qu'il serait donc dispensé de les mettre en pratique, tout en bénéficiant des retombées politiques de son geste par ailleurs gratuit.
Ainsi le pouvoir est-il entré dans l'ère de la politique virtuelle, de celle qui est conduite, non pas pour infléchir le cours des événements, mais pour laisser croire que les dirigeants ont accompli leur devoir. Au résultat, cette pratique gouvernementale ne change donc rien à la réalité concrète. La politique menée reste celle de la soumission et de la fatalité : la France ne décide plus, n'agit plus, elle subit, se résigne et se soumet.
Tel est, selon nous, le problème principal auquel est confronté notre pays en cette fin de siècle. Alors que tous les moyens de l'action demeurent à leur disposition, les hommes politiques se comportent comme s'ils étaient impuissants. Car affirmer que la politique actuelle est la seule envisageable et que tout ce qui pouvait être tenté l'a été est un mensonge. En réalité, le champ des possibilités est beaucoup plus vaste qu'on ne le laisse croire à nos compatriotes et des solutions d'envergure existent qui pourraient être mises en œuvre avec succès. Encore faudrait-il pour cela renouer avec le politique.
En effet, c'est principalement parce qu'il a rompu avec le politique au sens plein du terme que l'établissement qui dirige la France se trouve aujourd'hui si affaibli. Certes, la politique politicienne est omniprésente, avec ses combinaisons, ses lâchetés, ses bassesses et ses abandons, mais qu'a-t-elle de commun avec le politique conçu comme l'exercice souverain du pouvoir dans l'intérêt de la communauté dont on a la charge ? Nos dirigeants ont tout simplement oublié que le propre du politique est l'exercice de la puissance. M. de la Palice ne l'aurait pourtant pas mieux dit : le propre de ceux qui sont au pouvoir est de pouvoir. S'ils ne peuvent rien faire, ils perdent leur légitimité et trahissent leur fonction. Militer en politique, gagner des élections et accéder au pouvoir pour ensuite s'avouer impuissant, telle est la faute majeure des tenants de la classe politicienne.
Pour engager le redressement de la France, il est donc essentiel que son gouvernement soit animé de la volonté d'agir sur la réalité et renoue en conséquence avec le politique. Instrument de puissance par essence, le politique permet à la nation, par la loi et la force légitime, de recouvrer son libre arbitre, d'échapper à la fatalité et de se forger un destin. Il est la clef qui peut rouvrir les portes de l'avenir à notre pays et résoudre les problèmes de nos compatriotes. Cette clef, que la classe politique refuse d'utiliser, le Mouvement national républicain veut en faire l'instrument principal de son entreprise de renaissance. Avec nous, notre patrie retrouvera à coup sûr, le souffle qui lui manque aujourd'hui. En remettant en service ce puissant outil délaissé par nos adversaires, nous pourrons agir là où ils restent impuissants. C'est en ce sens que, par delà la diffamation, le mouvement frontiste représente un formidable espoir pour notre pays.
Il convient donc d'organiser le retour du politique et de le dégager des trois impasses où il s'est fourvoyé à ce jour : l'économisme, le juridisme et le "droit-de-l'hommisme".
Politique et économie constituent deux domaines distincts dotés chacun de leur logique propre. Aussi est-il absurde de ne voir dans la politique qu'un simple instrument de gestion de l'économie comme c'est le cas de nombre d'hommes politiques. Tel président de la République ne prétendait-il pas gouverner la France comme on gère une entreprise ? Comment dès lors s'étonner que, dans la pratique, les grandes questions politiques soient généralement abordées avec les seuls critères de l'économie ? La politique de défense telle qu'elle transparaît dans les livres blancs successifs ne se réduit-elle pas le plus souvent à un pourcentage de PIB et à des programmes financiers de fabrication d'armement ? Quant aux socialistes, n'ont-ils pas cherché à résoudre le difficile problème de l'Éducation nationale par la seule injection massive de crédits supplémentaires ? Bien plus, l'État ne s'est-il pas investi dans le domaine économique au point de prétendre gérer lui-même des entreprises, des banques ou des sociétés d'assurances ? De ce mélange des genres est née la technocratie, institution d'essence hybride, inapte à la gestion économique pure, mais aussi à l'exercice du politique au sens souverain du terme, ce même politique qu'elle a largement contribué à occulter. Chacun sait ce qu'il est résulté de cette dérive : l'État, en s'occupant de tout, accumule les échecs. Se voulant omnipotente, la politique devient impuissante.
Il est donc impératif de dégager le politique de la sphère économique et à cette fin de désétatiser notre société. Il faut alléger les charges, les impôts, les règlements et les contraintes bureaucratiques, et aussi limiter les domaines d'intervention de l'État. Ce dernier, en abandonnant les tâches qui relèvent de la société civile, pourra se consacrer pleinement à l'accomplissement de ses missions souveraines. Il retrouvera dès lors sa force et le politique sa puissance.
Deuxième impasse où s'enferment trop souvent les dirigeants de notre pays : le juridisme. Certes, l'exercice du pouvoir passe par la promulgation de lois qui concrétisent juridiquement certaines décisions du gouvernement, mais le politique ne se réduit pas pour autant à l'élaboration de règles de droit. Souvent, en effet, aujourd'hui, les ministres estiment avoir résolu un problème dès lors qu'ils ont fait voter un texte législatif ou signé un décret. C'est insuffisant, car la difficulté réside généralement dans l'application de la loi et non dans son élaboration. En matière d'insécurité, par exemple, rien ne sert de multiplier les textes, l'essentiel est dans la rigueur avec laquelle on les met en œuvre. Or, à ce jour, moins la législation est appliquée et plus les actes législatifs se multiplient. Sans doute cette pratique répond-elle aux nécessités de la politique du simulacre : si l'essentiel est de faire croire que l'on agit, l'abondance des textes fera illusion. Qu'importe qu'ils soient appliqués ou non puisque l'objectif n'est pas d'agir sur le réel ! Source de complexité et d'opacité, la multiplication des textes ne fait qu'agrandir le fossé qui sépare aujourd'hui les politiques de la réalité. Devenue mouvante et incertaine, la norme est de plus en plus contestée, contournée, au point même de n'être parfois plus appliquée. La loi s'en trouve alors affectée dans sa légitimité et dans son autorité, et le politique affaibli et déconsidéré.
Aussi faut-il limiter le nombre des actes législatifs et des textes réglementaires, mais aussi améliorer la qualité juridique de leur contenu. Une loi a en effet d'autant plus de poids et de chance de se perpétuer qu'elle se limite à l'énoncé de principes généraux et immuables. A cet égard, il convient d'entreprendre une refonte de notre code législatif permettant de rétablir en chaque matière des normes claires et stables que chacun puisse comprendre. Il s'agit là d'une entreprise d'envergure comparable à celle que menèrent en leur temps les légistes de Napoléon. Une tâche sans doute immense mais devenue aujourd'hui indispensable car ce n'est qu'avec un droit plus fort et plus resserré que les lois et les règlements pourront être appliqués avec rigueur et efficacité et que les gouvernements sauront à nouveau user de leur pouvoir.
Encore convient-il également que le politique échappe à l'emprise de l'idéologie des droits de l'homme qui le neutralise et le rend inopérant. Sans doute peut-il sembler paradoxal d'évoquer aujourd'hui les effets néfastes d'une doctrine alors que chacun célèbre la mort des idéologies. Pourtant, notre vie politique est soumise de façon insidieuse à un dogme qui certes ne s'affiche pas comme tel mais présente des caractéristiques comparables à celles du défunt marxisme. L'idéologie des droits de l'homme n'est pas, il est vrai, entourée du même formalisme, mais on y décèle une utopie fondée elle aussi sur une vision déracinée de l'homme. Une utopie qui se propose de supprimer les différences et de lutter contre les exclusions, comme naguère le communisme puis le socialisme prétendaient réduire les inégalités. On recherche aujourd'hui le paradis terrestre dans un monde sans nations, sans frontières et sans races, de même qu'hier on pensait le trouver dans la société sans classes. De rouge le paradis est devenu multicolore. L'ennemi supposé n'est plus le patron ou le bourgeois mais le raciste et, derrière cette interprétation tendancieuse des droits de l'homme, c'est le mondialisme que l'on s'efforce de substituer au marxisme.
Comment ne pas voir que cette nouvelle idéologie qui, pour être molle, n'en est pas moins active, développe dans notre pays une emprise à caractère totalitaire ? Avec sa caste sacerdotale et ses gourous, elle lance anathèmes et excommunications. Pétrifiée, la classe politique française vit aujourd'hui sous son influence comme elle subissait naguère celle du marxisme. Plus grave, parce qu'elle est parée des atours les plus humanistes, parce qu'elle ne porte pas encore la tare d'un goulag, cette doctrine "droit-de-l'hommiste" impose ses tabous et sa loi avec plus de force que la précédente et contamine autant la pseudo-droite que la gauche. Cela est si vrai qu'il est aujourd'hui des questions, comme celle de l'immigration, qu'on ne peut plus aborder sans encourir les foudres des prêtres de cette nouvelle pseudo-religion.
Ainsi notre politique intérieure se trouve-t-elle subordonnée aux oukases de l'idéologie officielle. Les décisions gouvernementales ne sont plus dictées par la seule volonté populaire, mais doivent être soumises au préalable au visa sourcilleux des censeurs du dogme. De même, dans le domaine de la politique extérieure, la promotion des droits de l'homme se substitue progressivement à la défense des intérêts de la France. Résultat : le politique est mis sous tutelle et le champ d'action des gouvernants s'en trouve considérablement réduit. Évoquer le retour des immigrés, proposer de fermer les frontières à tel ou tel produit, remettre en cause le fonctionnement de telle ou telle organisation internationale, voilà qui est désormais impensable. Sacrilège même parce que contraire à la doctrine des droits de l'homme. Ce n'est pas, comme disent les Anglo-Saxons, politically correct.
Une idéologie qui contribue ainsi à rendre le politique impuissant doit être rejetée et il faut donc dénoncer les mécanismes sournois qui ont conduit à ce détournement des droits fondamentaux de l'homme et du citoyen. Tels qu'ils sont visés par notre constitution, ces droits représentent des libertés fondamentales auxquelles nous sommes profondément attachés, à commencer par celles visées dans l'article deux qui stipule que "les droits naturels et imprescriptibles de l'homme sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression". Mais, s'il est vrai qu'à ce titre ils expriment des valeurs essentielles qu'il convient de respecter, ils ne constituent nullement pour autant une doctrine cosmopolite d'organisation du monde à laquelle le politique devrait se soumettre.
Ainsi émancipé de l'idéologie des droits de l'homme et libéré de l'économisme et du juridisme, le gouvernement de notre pays pourra recouvrer et exercer son vrai pouvoir. Cette aptitude ne sera cependant pleinement rétablie que le jour où le sens de l'intérêt national et de la souveraineté française aura lui aussi réapparu.
Il faut en effet rappeler que le propre du politique est en premier lieu la recherche du bien commun. C'est l'intérêt général de la communauté dont on a la charge qui, en n'importe quelle circonstance, doit l'emporter sur toute autre considération. Ainsi, lorsque la situation devient confuse, c'est en fonction de cet impératif que l'homme politique doit s'orienter pour trouver la voie à suivre. La boussole à utiliser est celle de l'intérêt national. Il faut agir, et agir seulement en fonction des avantages que notre pays peut retirer de cette action.
Aujourd'hui, hélas, cette vérité première paraît oubliée. Le président de la République, les membres du gouvernement, les parlementaires, s'ils engagent la politique qui leur semble la meilleure, doivent cependant garder à l'esprit qu'ils ne disposent pas, comme les despotes, d'un blanc-seing absolu et que la latitude qui leur est laissée est limitée par le cadre de la constitution et reste subordonnée à l'obligation de servir la nation. En d'autres termes, le président de la République, quels que soient son programme et son étiquette politique, est élu pour exercer les responsabilités de sa charge. Or celle-ci lui impose de servir les intérêts de la France et des Français. Ce qui signifie, par exemple, que nos dirigeants ne sont pas mandatés, ainsi qu'ils semblent trop souvent le croire, pour assurer l'avènement des droits de l'homme dans le monde, mais pour favoriser l'essor de notre pays. De même, dans les négociations au sein de l'Union européenne, le gouvernement français a le devoir de défendre la cause de notre nation et non de jouer, comme c'est fréquemment le cas, au meilleur élève de la classe européenne en bradant les intérêts de nos compatriotes.
Le retour au primat de l'intérêt national, qui replacera le gouvernement face à son devoir d'action et de résultat en faveur du pays, devra s'accompagner d'une reconquête de la souveraineté.
Si nos gouvernants donnent aujourd'hui l'impression d'être paralysés, c'est en effet aussi parce que la France est dessaisie de sa souveraineté. De plus en plus de décisions naguère prises à Paris par le gouvernement français sont désormais adoptées à New York dans le cadre de l'Onu, à Washington au sein de l'Otan, à Genève par les instances du Gatt, à Bruxelles par la Commission de l'Union européenne, quand ce n'est pas à Londres, à Francfort ou à Tokyo. Si les mesures gouvernementales ne sont plus arrêtées en France par des Français pour des Français, mais en dehors de notre pays dans le cadre d'organisations internationales où siègent une majorité d'étrangers, la France cesse de décider pour elle-même et se trouve placée en situation de subir la volonté des autres. La vie quotidienne est aujourd'hui truffée d'exemples concrets qui illustrent ce propos. Ainsi, lorsque nos pêcheurs menacés de mort économique par la concurrence sauvage venue de l'extérieur demandent au gouvernement de prendre des mesures de protection, celui-ci ne peut que se tourner vers la Commission de Bruxelles qui répond : niet ! Il ne reste plus au premier ministre qu'à octroyer quelques subsides aux malheureux pêcheurs pour adoucir leur agonie. Sur le fond, il est impuissant.
Le retour à la souveraineté est donc une nécessité absolue seule susceptible de rendre au gouvernement de la France les moyens effectifs d'agir et de résoudre les problèmes des Français. Il est vrai que les esprits chagrins jugent cet objectif inaccessible, estimant que nous serions déjà tellement engagés dans le processus supranational que nous ne pourrions plus nous en libérer et que, de toute façon, la France isolée serait condamnée. Ce genre de discours, qui n'est que le fruit des diktats idéologiques ou des lâchetés politiques, paraît dénué de tout fondement. Bien au contraire, il est aujourd'hui possible de remettre en cause les accords du Gatt, de dénoncer ceux de Schengen et de renégocier Maastricht et les autres traités européens. Lorsque, dans les années soixante, le général De Gaulle décida, au nom de la France, de quitter l'organisation militaire intégrée de l'Otan, beaucoup poussèrent alors les hauts cris : la France allait se trouver isolée, elle n'aurait plus de protection, elle perdrait son allié américain. La décision fut néanmoins maintenue, les troupes américaines stationnées sur le sol français évacuèrent le territoire national et le grand quartier général des forces de l'Otan en Europe installé près de Saint-Germain-en-Laye alla s'implanter non loin de Bruxelles. Le ciel ne nous tomba pas sur la tête et aucune des prévisions catastrophiques ne se réalisa. De la même façon, la France, par un acte de volonté, peut aujourd'hui revenir sur des engagements antérieurs et retrouver sa nécessaire et légitime souveraineté. Il y va du retour du politique.
Certes, une telle entreprise n'est pas possible avec des responsables politiques craintifs, soumis et dépourvus de force de caractère. Le retour du politique passe donc aussi par une régénération des élites publiques. Celles qui nous gouvernent aujourd'hui sont rassies, repliées sur elles-mêmes, timorées et ne semblent plus préoccupées que par leur propre maintien. Elles s'auto-reproduisent selon des critères qui privilégient non pas les qualités de caractère mais celles liées au paraître et au faire-valoir. Un phénomène qui s'aggrave avec le renouvellement des générations. En effet, alors que les élites les plus anciennes avaient été sélectionnées par les épreuves de la guerre, celles qui tiennent actuellement les rênes du pouvoir ne sont que les bénéficiaires des coups bas d'appareil et des manœuvres de cour.
Or le politique exige de la trempe et du courage. De toutes les activités humaines, il est une de celles qui demandent un parfait équilibre entre les qualités intellectuelles, morales et de caractère. Le plus apte à réussir est sans doute celui qui a le plus de conviction et de détermination, celui qui sait prendre le risque de tout perdre pour tout gagner. Et celui qui ne sait pas franchir le Rubicon ne vaut rien. En ce sens, le Mouvement national républicain apporte à la France ce qui manque à la classe politique actuelle : de nouvelles générations formées par les épreuves. Pour militer au sein du mouvement national, il faut en effet avoir de solides convictions et être doté d'un caractère trempé, car il s'agit de prendre des coups, de subir la calomnie et la diabolisation, sans recevoir en contrepartie honneurs ou postes. Il en est d'ailleurs beaucoup qui n'ont pas résisté psychologiquement à cette épreuve et sont restés au bord du chemin. La sélection est rude mais efficace.
Aujourd'hui, le désespoir apparaît donc plus que jamais comme une erreur absolue. Ce n'est pas en effet notre société qui serait bloquée, comme le prétendent certains, mais les politiques qui sont devenus impuissants. Pour sortir la France de l'impasse où elle se trouve, il est donc essentiel d'œuvrer au retour du politique et au renouvellement de la classe dirigeante. Sans doute s'agit-il là d'une tâche ardue. Mais ce qui importe, c'est de savoir que l'avenir n'est pas fermé à notre pays. Contrairement à ce que les membres de l'établissement affirment et répètent à nos compatriotes, les remèdes aux maux dont souffre aujourd'hui la France existent et, pour que le pouvoir soit à nouveau capable d'exercer la puissance, il suffit de rétablir le politique dans sa plénitude.
Nous ne sommes donc pas enfermés dans un monde clos. En déchirant les voiles qui masquent la réalité, nous retrouverons les grands espaces de la vraie vie des nations. Notre navire s'est échoué sur un banc de sable. A nous de le renflouer pour qu'il retrouve avec le large toute sa marge de manœuvre. Les Français pourront alors se réveiller avec le sentiment de la liberté retrouvée. Ils entendront de nouveau dans le gréement du navire souffler le vent de l'histoire, et dans les profondeurs de la coque résonner les coups sourds du destin.



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