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L'Alternative nationale

Sommaire:
Introduction: Le mur
Chapitre 1: Le retour du politique
Chapitre 2: Le combat pour les valeurs
Chapitre 3: La liberté pour le peuple
Chapitre 4: L'impératif d'identité
Chapitre 5: La préférence pour la vie
Chapitre 6: Le renouveau du savoir
Chapitre 7: Du travail pour les Français
Chapitre 8: Le social par la fraternité
Chapitre 9: De l'harmonie pour le pays
Chapitre 10: La sécurité dans la cité
Chapitre 11: La grandeur pour la nation
Conclusion: Le printemps de la France



Chapitre 10
La sécurité dans la cité

La paix et la sécurité comptent parmi les fondements de la civilisation. Sans cet ordre bénéfique, plus rien n'est possible, ni le commerce, ni les sciences, ni les arts, car à sa place s'instaure le règne de l'arbitraire et de la force violente. "Quand Syracuse est prise, Archimède est égorgé et tant pis pour le théorème !" Aucune nation ne peut s'édifier ni survivre dès lors que l'insécurité s'abat sur son territoire. Les lois, les valeurs et la morale sont bafouées et se développe alors un processus de régression qui conduit à la barbarie. La question de la sécurité publique ne concerne donc pas seulement la protection des personnes et des biens. Quelle que soit l'importance de cette préoccupation, l'enjeu est encore plus grand car il intéresse l'avenir même de la nation. Celle-ci ne peut en effet s'épanouir que si ses membres voient leurs relations régies par des normes morales et des lois indiscutables et s'il existe une force supérieure et légitime qui puisse les faire respecter. Telles sont les conditions pour que règnent l'ordre et l'harmonie civiques sans lesquels il n'y a plus de nation civilisée.
Or aujourd'hui, en France, la paix civile est menacée. Avec le développement de la délinquance et de la criminalité, notre pays s'enfonce dans un processus régressif de destruction des formes civilisées de la vie sociale. De cinq cent mille dans les années soixante, le nombre annuel des crimes et des délits a atteint les quatre millions dans les années quatre-vingt-dix. Et encore ne s'agit-il là que des méfaits recensés. On sait en effet que beaucoup d'infractions ne sont plus enregistrées car les victimes ne vont même plus porter plainte. Elles en sont dissuadées ou s'en dissuadent elles-mêmes devant l'inutilité de la démarche. Là aussi le pouvoir tente de résoudre le problème en en dissimulant l'ampleur. Pourtant, chacun peut se rendre compte par lui-même de l'importance du mal puisque la délinquance a pénétré notre vie quotidienne. Qui n'a pas été, personnellement ou au travers de l'un de ses proches, victime d'un cambriolage, d'un vol à la tire, d'une agression ou d'un racket ? L'insécurité a envahi notre univers ; dans les villes elle est omniprésente, dans les rues, à l'école, dans le bus, dans le métro.
Les causes de cette évolution catastrophique sont nombreuses. Relâchement général des mœurs, montée de l'immigration et décomposition des cadres traditionnels de la société, autant de facteurs qui ont joué un rôle déterminant dans le déclenchement de ce funeste phénomène. Mais, dans ce domaine comme en beaucoup d'autres, la politique menée depuis plusieurs décennies par les gouvernements de la classe politique n'a fait qu'aggraver la situation. Loin d'intensifier la guerre contre ces fléaux à mesure qu'ils se développaient, les pouvoirs publics ont constamment cédé du terrain, manifestant à l'égard du crime et de la délinquance un laxisme inquiétant.
Cette attitude n'est pas le fruit du hasard ou de la simple négligence. Elle trouve en réalité son origine dans la philosophie pénale qui imprègne l'établissement depuis la fin des années cinquante. Selon cette doctrine dite de la "défense sociale nouvelle" chère à M. Badinter, l'ancien président socialiste du Conseil constitutionnel, les délinquants et les criminels ne sont pas responsables de leurs actes. S'ils volent ou s'ils tuent, ils ne sont pas fautifs, seule est coupable la société qui leur a imposé une enfance difficile ou les a privés de travail ou d'affection. Ainsi en vient-on à nous expliquer que les criminels et les délinquants ne sont au fond que des victimes, au même titre que ceux qu'ils ont agressés ou dépouillés. Les punir sévèrement serait donc injuste car, s'ils sont malades, c'est à leur guérison qu'il faut travailler. D'où la nécessité de privilégier la prévention et la réinsertion, mots d'ordre principaux des doctrinaires de l'établissement. N'ayant pas, à leurs yeux, de réelle justification, la répression doit donc être réduite à sa plus simple expression. Inutile dès lors de construire de nouvelles prisons, de moderniser et de soutenir les forces de police. Il convient au contraire, selon cette logique absurde, de réviser le code pénal dans le sens du laxisme, de limiter les poursuites et de multiplier les remises de peine.
Ainsi, alors même que la criminalité augmentait massivement, la durée effective des peines se réduisait comme peau de chagrin. Pour n'être plus aujourd'hui que de treize ans, en moyenne, pour un crime de sang et de sept ans pour trafic de drogue. La peine de mort dans ce contexte ne pouvait qu'être abolie et remplacée par une peine incompressible de trente ans, laquelle n'est plus que très rarement prononcée. Quant à la petite et moyenne délinquance, elle n'est pratiquement plus réprimée.
Comment s'étonner dès lors que la police soit démobilisée et les citoyens désorientés ? Avec la généralisation de l'impunité pour les délinquants et les criminels, s'est développé en effet un phénomène d'inversion des valeurs qui se révèle profondément choquant. Ainsi, dans les prisons, ce sont les détenus qui ont vu leur sort considérablement amélioré depuis vingt ans, alors que le statut, les conditions de travail et de rémunération des gardiens n'ont été que très faiblement revalorisés. Dans les médias, la moindre bavure policière est montée en épingle et donne l'occasion aux journalistes de placer les voyous sur le même plan que les forces de l'ordre, quand ils ne sont pas présentés purement et simplement comme leurs victimes. Par ailleurs, lorsqu'un Français commet une agression sur un immigré, l'événement fait toujours grand bruit mais, si les rôles sont inversés, l'affaire est étouffée et l'identité de l'agresseur la plupart du temps occultée. Les petits délinquants qui pratiquent le vol à la tire ou le racket, ceux qui agressent ou terrorisent les conducteurs de bus ou les contrôleurs de la SNCF ne sont généralement pas inquiétés. En revanche, chaque fois qu'un Français entreprend de se défendre lui-même, il est poursuivi, jugé et souvent condamné.
Rappelons-nous l'histoire, à cet égard édifiante, des deux boulangères. Celle de Stains meurt des coups qui lui sont donnés par un immigré. Celle de Reims se défend et, dans un geste maladroit d'autodéfense, tue son agresseur étranger. Qu'advint-il de ces deux affaires ? La boulangère de Reims se vit médiatiquement accablée et judiciairement condamnée à payer de lourds dommages et intérêts. Par contre, une couronne de martyr fut tressée à la mémoire de sa victime, dont la famille reçut le soutien de la femme du président de la République. Rien de tel du côté de la boulangère de Stains : aucune autorité ne vint soutenir les siens et son agresseur est aujourd'hui en liberté.
Les Français ont ainsi l'impression que s'est instaurée une justice à deux vitesses : celle qui s'impose aux citoyens normaux insérés dans notre société et celle qui s'applique aux marginaux en rupture avec le système. Les premiers se voient appliquer la loi dans toute sa rigueur et sont impitoyablement poursuivis pour un retard de paiement d'impôt ou pour une contravention de stationnement. Les seconds bénéficient d'une totale indulgence et d'une quasi-impunité, même pour des délits relativement graves. Mais pourquoi s'étonner de cette différence de traitement ? Lorsque seul compte le rapport de force, peut-on encore reprocher à l'employé de la SNCF, surtout s'il est chétif, de contrôler la vieille dame française plutôt que le groupe de loubards agressifs ? Malheur alors à la grand-mère qui a oublié de composter son billet et tant mieux pour les voyous qui ont resquillé.
Mais si les valeurs sont inversées et l'insécurité généralisée, c'est à son tour le fonctionnement de la société toute entière qui se dégrade. N'est-ce pas d'ailleurs ce qu'on peut commencer à observer dans les banlieues de nos villes ? Ainsi dans certaines zones où les forces de police ne pénètrent plus et où la loi n'est plus respectée, les services publics comme la Poste ou l'EDF éprouvent des difficultés à effectuer leur travail, les autobus tombent dans des embuscades, les commerces ferment et l'enseignement dans les écoles devient de plus en plus difficile à assurer.
Cette situation ne peut plus durer : il faut à tout prix rétablir la sécurité. Le Mouvement national républicain au pouvoir considérera cet objectif comme une priorité absolue et mettra tous les moyens en œuvre pour l'atteindre le plus rapidement possible. A cette fin, nous aurons recours à la fois à la prévention et à la répression.
Pour nous, cependant, la prévention ne consiste pas à négocier avec les délinquants pour leur "acheter" la paix civile comme on le fait actuellement avec les jeunes immigrés des banlieues en leur offrant aux frais du contribuable des vacances, des stages, des activités sportives ou de loisir. La vraie prévention passe par l'éradication des causes de la délinquance.
De ce point de vue, le retour des étrangers dans leur pays d'origine ne peut avoir que des effets bénéfiques pour la sécurité. L'immigration génère en effet une délinquance particulièrement importante dans notre pays. Les statistiques sont éloquentes : alors qu'ils ne constituent officiellement que 7 p. cent de la population totale, les immigrés représentent 27 p. cent de la population carcérale, sans compter les binationaux, avec lesquels ce chiffre serait porté à plus de 60 p. cent. Le rappel de ces données, s'il indispose les bonnes âmes de l'établissement, révèle pourtant une réalité irrécusable qui n'a d'ailleurs rien de scandaleux. Si les immigrés violent la loi dans des proportions bien supérieures aux Français, ce n'est pas en raison de leur qualité d'étrangers mais du fait de leur condition de déracinés. Voilà une population qui se trouve coupée de ses attaches, vivant dans un pays dont elle connaît mal les règles et dont elle ne partage pas la morale ! Ne se sentant plus liés par leurs propres lois et n'admettant pas celles du pays où ils résident, les immigrés se croient trop souvent libérés de toute contrainte. Et que dire de ceux qui vivent clandestinement sur notre sol ? Privés d'existence légale, ils ne peuvent survivre que par des pratiques illégales, au mieux le travail au noir, mais bien souvent le vol ou le trafic de drogue. Le retour des immigrés dans leur pays d'origine provoquera donc une diminution considérable du nombre des crimes et des délits.
Dans cette perspective, il conviendra de procéder en priorité à l'expulsion systématique des clandestins et de reconduire hors de nos frontières les délinquants et les criminels étrangers dès leur sortie de prison. Quant à ceux qui viennent d'acquérir la nationalité française, ils seront déchus de leur citoyenneté par application de l'article 98 du code de la nationalité puis expulsés hors de France. Déjà, cette simple série de mesures assainira largement la situation dans de nombreuses villes de notre pays. En outre, beaucoup de ces délinquants étant des multirécidivistes bien connus des services de police, leur départ débarrassera en peu de temps le territoire français des bandes de malfrats étrangers qui l'écument, améliorant ainsi d'un coup la sécurité publique.
Pour le reste, la prévention s'appuiera sur la famille considérée comme un instrument d'éducation et de réenracinement moral. La politique familiale du Mouvement national républicain, qui rend possible la présence de la mère au foyer et favorise l'encadrement des enfants par les parents, contribuera amplement à redonner aux jeunes gens un cadre de valeurs et à prévenir de ce fait la délinquance juvénile. L'école, quant à elle, sera amenée à œuvrer dans la même direction, notamment en retrouvant sa mission traditionnelle de diffusion de la morale civique. Enfin, tous les efforts de réhabilitation de nos valeurs dont nous avons déjà parlé porteront ici leurs fruits au service de la prévention.
Cela étant, le crime ou le délit étant commis, il doit être sévèrement réprimé car la répression est la seconde condition du retour à la paix civile.
A cet égard, il convient de faire prévaloir une philosophie pénale radicalement différente de celle qui anime les idéologues de l'établissement. Une philosophie qui repose sur une haute idée de la personne humaine. Pour nous, l'homme est un être libre qui n'est pas intégralement déterminé par son environnement ou par la société, et qui, en tant que tel, est donc pleinement responsable de lui-même et de ses actes. Il peut faire le bien comme le mal. Aussi, lorsqu'il commet un forfait, doit-il être sévèrement sanctionné par une peine dont la fonction est essentielle à double titre.
En premier lieu, des peines sévères dissuaderont celui qui est tenté par un méfait de passer à l'acte. Contrairement à ce que certains prétendent, la dissuasion est efficace car tous les crimes ne sont pas passionnels et beaucoup de délinquants sont capables de raison. Certains voleurs font même un calcul de rentabilité : "Si je gagne 50 000 F par mois grâce à mes cambriolages et que je ne risque pas plus de six mois de prison tous les cinq ans, cela vaut la peine." Mais si, en revanche, la répression est rigoureuse et le risque encouru de six mois tous les ans, la dissuasion devient effective. D'ailleurs, est-ce un hasard si l'augmentation du nombre des crimes et des délits est allée de pair avec la réduction de la durée moyenne des peines? En réalité, ceux qui contestent le caractère dissuasif de la sanction pénale sont fréquemment de mauvaise foi. Ainsi, parce qu'ils sont partisans du laxisme judiciaire pour des raisons idéologiques, il s'efforcent de dénier toute efficacité à la dissuasion, mais ce sont curieusement les mêmes qui, dans un domaine bien différent, réclament une répression toujours plus féroce contre les chauffards ou contre les auteurs de délits "racistes".
La peine répond de surcroît à une autre nécessité plus fondamentale car plus sacrée : celle de la réparation. Lorsque le crime a été commis, le tort causé à la victime et à la société doit être réparé. Il peut s'agir d'une réparation matérielle sous forme de dommages et intérêts, mais ce qui importe surtout, c'est la réparation morale, indispensable pour que la justice s'exerce pleinement. La transgression des valeurs, des normes et des lois, doit en effet être payée d'une peine réparatrice. C'est en ce sens que la peine de mort se justifie. Car si la peine capitale peut remplir une fonction de dissuasion très puissante, elle revêt, au-delà de cet aspect utilitaire, le caractère d'une nécessité quasi sacrée qui constitue sans aucun doute la principale justification de cette peine.
En effet, l'importance que la société attache aux valeurs se mesure à la gravité des peines qu'encourent ceux qui les bafouent : plus les sanctions sont lourdes et plus les valeurs sont élevées. Si ceux qui agressent une personne n'ont à subir qu'une peine dérisoire, cela signifie que l'intégrité physique des individus ne mérite pas d'être défendue. De même, si ceux qui donnent la mort ne sont pas voués en conséquence à un châtiment terrible, c'est que la vie humaine compte pour peu dans notre pays. Mais, si la vie est sacrée, ceux qui la détruisent doivent encourir la peine capitale.
En outre, la peine de mort est nécessaire aussi pour protéger définitivement la société d'un ennemi public. Lorsqu'on arrête un grand terroriste international, quelle autre peine lui appliquer ? En dehors du fait que l'atrocité de ses crimes justifie amplement la mort, comment croire qu'on pourra le maintenir des décennies en prison ? Ses complices ou ses commanditaires multiplieront les chantages et les attentats pour obtenir sa libération. Et cette perspective est d'ailleurs si réelle qu'aujourd'hui, en l'absence de peine capitale, les gouvernements relâchent les terroristes qu'ils arrêtent ou ne leur infligent que des peines sans rapport avec la gravité de leur faute. Aussi faut-il rétablir la peine de mort pour les crimes les plus odieux : assassinats, grand trafic de drogue, terrorisme.
La répression ne retrouvera cependant toute son efficacité que si est remise en vigueur ce que l'on peut appeller la chaîne de la sanction. Il est en effet essentiel que s'installe dans l'esprit du délinquant ou du criminel potentiel la certitude du châtiment. Or, aujourd'hui, le laxisme est tel que c'est plutôt l'assurance de l'impunité qui s'impose à lui. Si un forfait est commis, il est en effet très probable que son auteur ne sera pas appréhendé. Si, par malheur pour lui, il est arrêté et que le délit ne soit pas trop grave, il a de fortes chances de ne pas être poursuivi et même de retrouver aussitôt la liberté. Si ce n'est pas le cas, il sera jugé, mais la peine sera modeste et, plus grave, elle ne sera que partiellement appliquée. Les obstacles sont tellement nombreux sur le chemin qui mène du méfait à la peine que celle-ci n'a plus aucun caractère dissuasif. C'est donc à une inversion complète des méthodes et des mentalités qu'il faut s'attacher pour renouer la chaîne qui, du délit à la sanction, permet à la répression de redevenir effective.
A cet égard, il faut commencer par renforcer considérablement les moyens de la police pour que ceux qui commettent un crime ou un délit puissent être effectivement appréhendés. Actuellement, les policiers travaillent dans des conditions indignes. Installés dans des locaux vétustes, voire insalubres, souvent privés de moyens informatiques, toujours en sous-effectif, ils doivent faire, parfois sans ordre clair, le "sale boulot", et ne reçoivent en contrepartie ni soutien de leurs chefs ni appui du gouvernement. Pire, à la première occasion, ils sont pris dans le collimateur des médias et désignés comme boucs émissaires. Les forces de l'ordre qui remplissent une tâche difficile et ingrate ont le sentiment justifié d'être à tort les "mal aimés" de la nation. Il importe donc, pour leur rendre la confiance dont ils ont besoin pour accomplir avec le plus d'efficacité possible leur mission, que la puissance publique les soutienne et les dote des moyens les plus modernes. Il faut augmenter les effectifs, améliorer le niveau du recrutement, perfectionner la formation, relever les rémunérations et insuffler un nouvel état d'esprit pour permettre à la police de devenir un véritable corps d'élite. Telle est la condition pour que le premier maillon de la chaîne de la sanction soit rétabli.
Ensuite convient-il de renforcer le second maillon, de façon que les malfrats qui ont été arrêtés puissent être effectivement poursuivis devant la justice. Et cette fois c'est le fonctionnement de l'institution judiciaire qu'il faut améliorer car elle non plus ne dispose pas de ce qui serait nécessaire pour mener à bien sa mission. Les tribunaux sont engorgés, les magistrats, en nombre insuffisant, sont surchargés et privés des moyens modernes de travail. Il est donc essentiel de rétablir la justice à sa place légitime dans notre société. Vouée à une mission sacrée, exerçant le troisième pouvoir de la République, elle ne peut déroger à son rang ni faillir à son office. Il lui faut donc retrouver un train de vie digne de son statut. C'est pourquoi le budget de la justice doit être multiplié par deux, ce qui est possible sans bouleverser l'équilibre des finances publiques, compte tenu du très faible montant des crédits actuellement alloués à ce département ministériel. Avec ce doublement des moyens du ministère de la Justice, il sera possible d'augmenter les effectifs de la magistrature et de doter les tribunaux des moyens de fonctionnement qui leur manquent. Dans le même esprit, les juges devront retrouver la place qui leur revient dans la hiérarchie sociale, ce qui implique une revalorisation de leur rémunération et de leur statut et qu'il leur soit accordé une plus grande indépendance, tant vis-à-vis du pouvoir que des idéologies ou des lobbies partisans.
Une fois la police et la justice réhabilitées, la chaîne de la sanction pourra être intégralement reconstituée. C'est ainsi que les accusés comparaîtront plus rapidement devant leurs juges, ce qui mettra fin aux longues attentes toujours mal vécues tant par les victimes que par les prévenus. Certes, toute justice expéditive est néfaste, mais une justice trop lente comme celle qui est rendue actuellement se révèle également nocive car il importe, pour l'efficacité du jugement, que les crimes commis ne soient pas oubliés quand tombe la sentence. Encore faut-il que les peines prononcées soient plus sévères et que l'échelle des sanctions soit donc redéfinie dans le sens de la répression et couronnée par la peine capitale. Une telle évolution doit par ailleurs aller de pair avec une réduction de la marge d'appréciation des juges dans le choix des peines à infliger. Si, en effet, les coupables ne sont plus victimes de la société mais responsables de leurs actes, ce sont moins les hommes eux-mêmes que leurs méfaits qui doivent être jugés. Dès lors, le caractère subjectif des jugements se trouvant limité, la fourchette des peines prévues par la loi pour chaque crime ou délit peut être resserrée d'autant.
Enfin, pour assurer la complète cohérence de la chaîne de la sanction, il convient que les sentences prononcées soient effectivement appliquées et que les réductions de peine, aujourd'hui dispensées avec laxisme, soient dorénavant nettement limitées. Dans cette perspective, le système pénitentiaire, encore trop vétuste et toujours surchargé, doit être modernisé et de nouvelles prisons sont à construire pour accueillir tous ceux qui devraient être condamnés. Il est en effet absurde que, faute de places disponibles, tous les moyens soient utilisés pour ne pas envoyer les délinquants en prison ou pour les en faire sortir au plus vite. Renoncer aux poursuites, multiplier les peines de substitution, pratiquer massivement les remises de peine, élargir les grâces présidentielles, tout semble bon pour limiter le nombre de prisonniers. Certes, une population carcérale importante n'est pas un signe de bonne santé pour un pays, mais vouloir la réduire artificiellement est aussi absurde que de casser le thermomètre plutôt que de faire baisser la fièvre : l'effectif des détenus diminuera quand le crime reculera. Pour l'heure, il progresse et le nombre des places de prison doit donc augmenter à proportion. De même que la dure condition des gardiens doit être améliorée, tant en ce qui concerne leur rémunération que leur statut.
Ainsi, la chaîne de la sanction se trouvant pleinement rétablie, l'idée bénéfique de la quasi-certitude du châtiment pour les crimes et les délits commis s'inscrira dans l'esprit de tous. La police et la justice étant de nouveau craintes, la peur changera de camp. Elle quittera celui des honnêtes gens pour gagner celui des criminels qui seront pourchassés partout et sans discrimination. Il est en effet intolérable que s'installent dans notre pays des zones d'extraterritorialité où la police ne pénètre plus et où l'ordre ne tient plus qu'au bon vouloir des dealers ou de l'imam. De même, il n'est pas admissible que des catégories de délinquants jouissent d'un préjugé d'immunité, qu'il s'agisse de voyous étrangers ou de politiciens corrompus. La loi devra s'imposer partout et pour tous avec la même rigueur.
Tels sont, à nos yeux, les principes d'une politique capable de restaurer le règne du droit et de l'ordre. Une politique qui fera reculer la barbarie et la décadence car la lutte contre le crime et l'insécurité est un combat pour la civilisation.



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