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L'Alternative nationale

Sommaire:
Introduction: Le mur
Chapitre 1: Le retour du politique
Chapitre 2: Le combat pour les valeurs
Chapitre 3: La liberté pour le peuple
Chapitre 4: L'impératif d'identité
Chapitre 5: La préférence pour la vie
Chapitre 6: Le renouveau du savoir
Chapitre 7: Du travail pour les Français
Chapitre 8: Le social par la fraternité
Chapitre 9: De l'harmonie pour le pays
Chapitre 10: La sécurité dans la cité
Chapitre 11: La grandeur pour la nation
Conclusion: Le printemps de la France



Chapitre 3
La liberté pour le peuple

Du peuple, par le peuple, pour le peuple ; en France, le peuple est souverain. C'est de lui que procède le pouvoir, c'est lui qui décide de son destin et c'est pour lui qu'agissent les gouvernants. Tel est, en tout cas, le principe de la souveraineté dans notre nation, tel est le sens profond de l'institution républicaine, tels sont les fondements de la démocratie en France. Cette dernière, loin de constituer un simple mécanisme constitutionnel qui se définirait par le recours à l'élection, est, bien au-delà de cette mise en forme juridique, l'expression quasi sacrée de la légitimité issue du peuple. Aussi, pour être viable, la République doit-elle se fonder sur la nation souveraine. Et une nation n'est souveraine qu'à condition de se fonder sur un peuple, un vrai, et un peuple en pleine possession de sa liberté.
La démocratie ne peut en effet se réaliser avec une simple collection d'individus sans liens entre eux, et encore moins avec une juxtaposition de groupes ethniques différents ou possédant des références culturelles incompatibles. Il lui faut, pour naître et s'épanouir, le creuset d'un peuple authentique, c'est-à-dire une communauté d'hommes et de femmes qui se reconnaissent mutuellement comme proches les uns des autres par la langue, la culture, la foi, le sang et l'histoire. C'est ce sentiment d'identité commune et de solidarité de destin, et lui seul, qui rend possible l'application des règles de la démocratie. En revanche, dans les pays sans peuple, où coexistent des communautés différentes sinon ennemies, la démocratie n'a jamais pu connaître un développement harmonieux et bénéfique pour tous les citoyens. Qu'il s'agisse du Liban, des pays d'Afrique noire, de l'Afrique du Sud ou des États issus de l'ex-Yougoslavie, partout l'absence de communauté nationale met un frein à l'essor de la démocratie quand elle ne provoque pas de véritables guerres civiles. Comment alors ne pas légitimement craindre de voir nos institutions républicaines dépérir sous les coups d'une immigration massive qui détruirait notre peuple ? Car les lois des sociétés humaines sont implacables : si demain le peuple français devait disparaître pour être remplacé par une mosaïque de communautés différentes organisées selon un modèle pluri-ethnique et multiculturel, la vraie démocratie, celle de la souveraineté populaire, cesserait d'exister. Aussi la politique qui préconise la lutte contre l'immigration et le retour des immigrés dans leur pays d'origine, telle que l'a définie le Mouvement national républicain, apparaît-elle comme la seule capable d'assurer la pérennité de notre République.
Dans le court terme, un autre danger menace nos institutions démocratiques : il s'agit de l'asservissement insidieux du peuple français. Car, si celui-ci n'est plus réellement libre, il perd sa souveraineté, et la République sa légitimité. Or c'est à cette grave dérive que l'on assiste actuellement dans notre pays. Certes, les apparences sont sauvegardées, les élections régulièrement organisées et la constitution formellement respectée. Mais les libertés concrètes des Français se trouvent progressivement étouffées sous la triple pression de la classe politique, des lobbies et de la bureaucratie. Trois institutions qui constituent d'ailleurs ensemble un établissement au sens anglo-saxon du terme, dont les différentes composantes se soutiennent mutuellement pour confisquer peu à peu tous les pouvoirs et se soustraire à la tutelle populaire. La République devient alors oligarchique et les Français, privés de l'exercice de leurs droits légitimes et devenus simples spectateurs dans leur pays, sont condamnés à subir le gouvernement de quelques-uns. Quant au pouvoir, perdant de vue sa mission, c'est-à-dire la résolution des problèmes de la France, il se consacre tout entier au maintien de ses privilèges et de ses positions. Dès lors, la nation périclite car le dépérissement des libertés accélère le déclin.
Il apparaît donc essentiel de rétablir les Français dans toutes leurs prérogatives de citoyens. Car ce n'est qu'en rendant sa liberté au peuple que la nation pourra entreprendre sa nécessaire renaissance. Telle est, en tout cas, la stratégie du Mouvement national républicain, qui, contrairement à ce qu'affirment ses détracteurs, s'est fixé comme objectif prioritaire la libération de nos compatriotes. Il convient donc, dans cette perspective, de les dégager de l'emprise totalitaire de la classe politicienne, des groupes de pression et de la caste bureaucratique.
En premier lieu, il faut remettre le système politique au service des Français. Aujourd'hui, c'est la situation inverse que nous connaissons : le peuple est tenu à l'écart et les partis le manipulent. Les hommes politiques ne sont plus les représentants des citoyens, mais, constitués en caste, ils se cooptent, se protègent mutuellement et se tiennent à l'abri des difficultés que nos compatriotes rencontrent quotidiennement. Sourds aux autres et sûrs d'eux-mêmes, ils se sont coupés des Français. En retour, le peuple, ne se reconnaissant plus en ses dirigeants, se détourne d'eux. Scrutin après scrutin, la classe politique, toutes tendances confondues, perd progressivement sa représentativité. Aux élections européennes, les partis présents à l'Assemblée représentaient 88 p. cent des suffrages exprimés en 1979 ; 75 p. cent en 1984 ; 60 p. cent en 1989 et 47 p. cent en 1994. Plus grave, alors même qu'il détient une majorité écrasante à l'Assemblée nationale, le pouvoir n'est plus majoritaire, et de loin, dans l'opinion. Le RPR et l'UDF, qui disposent en effet de 80 p. cent des sièges de députés depuis 1993, n'ont réuni en 1994 sur leur liste européenne que 12,5 p. cent des électeurs inscrits et 39 p. cent des suffrages exprimés en 1995 sur les deux candidats qui les représentaient à l'élection présidentielle. A cette même date, M. Chirac a été, de tous les présidents de la ve République, celui qui a été élu avec le plus faible score au premier tour puisqu'il n'a reçu le soutien que de 20 p. cent des électeurs. Personne n'ose soulever le problème, et pourtant le pouvoir connaît aujourd'hui une grave crise de légitimité.
De surcroît, la volonté populaire est souvent empêchée de s'exprimer, tant en raison d'un dérèglement des institutions que d'une pratique politicienne dévoyée. C'est ainsi que les instances qui ont pour rôle de préserver nos droits fondamentaux, comme le Conseil constitutionnel, sortent du cadre qui leur a été fixé par la Constitution. Ce dernier, en effet, loin de se contenter de garantir le jeu démocratique, se comporte comme un tribunal idéologique, contrôlant l'opportunité des lois votées par les élus du peuple. Il statue désormais par référence à la Déclaration des droits de l'homme visée par le préambule de la Constitution. Or l'interprétation qu'il en donne est celle de l'idéologie des droits de l'homme, ce qui le conduit à prendre ses décisions en fonction d'une doctrine politique érigée ainsi en idéologie officielle. De ce point de vue, le fonctionnement de nos institutions n'est pas sans rappeler le schéma en vigueur dans la défunte Union soviétique, où la légitimité ne découlait pas de la volonté d'une majorité populaire, mais de sa conformité au dogme. Les Français sont majoritairement favorables au rétablissement de la peine de mort ou à l'instauration de la préférence nationale ? Qu'importe ! Même si les députés votaient ces mesures, le Conseil constitutionnel s'y opposerait, considérant ces lois comme hérétiques.
Les pratiques politiques elles-mêmes sont aujourd'hui souvent empreintes de totalitarisme. Ainsi en est-il de celle, devenue courante, que l'on peut qualifier d'auto-opposition et qui revient de façon récurrente dans la vie publique de notre pays. Elle consiste, pour un membre de la majorité parlementaire ou du gouvernement, à critiquer ce dernier et à mener campagne contre sa politique. Ce fut le cas avant 1995 de MM. Séguin et Pasqua, c'est aujourd'hui celui de M. de Villiers, et d'autres, tels M. Madelin, agiront de même dans l'avenir. Loin d'œuvrer au pluralisme du débat, de tels personnages mettent alors en cause les principes mêmes de la démocratie, car, en développant des thèses contraires à la ligne officielle de leur formation, ils créent la confusion dans leur mouvement qui ne s'exprime plus d'une seule voix sur chaque sujet mais adopte plusieurs positions divergentes selon le porte-parole qui intervient. Or le rôle normal d'un parti est, comme son nom l'indique, de prendre parti. C'est même là sa fonction principale. Si les mouvements politiques se dérobent à cette obligation et acceptent de maintenir en leur sein des personnalités qui se font le champion, lors d'une élection, de propositions contradictoires - pour ou contre Maastricht par exemple -, ils dessaisissent les Français de leurs prérogatives démocratiques. Ces derniers, en effet, ne sont plus en mesure de choisir entre des options claires, incarnées chacune par un parti. Ainsi voter RPR ou UDF aux législatives de 1993 ne permettait pas d'exprimer son choix pour ou contre l'Europe de Maastricht, puisque, parmi les candidats, figuraient à la fois des tenants de l'une ou de l'autre des deux thèses. Résultat : le vote RPR et UDF conduisait à s'en remettre aux responsables de ces partis pour opérer, après l'élection, le choix final entre les différentes options. Là encore, la situation française fait penser à celle des pays totalitaires, où les élections peuvent avoir lieu sans que pour autant les débats soient tranchés par le peuple en cette occasion, les apparatchiks du parti unique se réservant le privilège d'imposer leur point de vue, ailleurs et plus tard, dans les arcanes du pouvoir.
Il est urgent d'interrompre cette dérive oligarchique et totalitaire et de s'employer à restaurer une démocratie plus authentique qui rétablisse le peuple en position de souverain.
Dans cet esprit, il faudra redéfinir avec précision la fonction du Conseil constitutionnel afin qu'il ne puisse plus s'ériger en gouvernement des juges. De même, une réforme en profondeur de la loi électorale qui régit les différents scrutins se révèle indispensable. Un mode d'élection n'est pas en lui-même bon ou mauvais, tout dépend de la configuration politique du moment. Le système majoritaire à deux tours apparaît aujourd'hui néfaste car il prive de représentation un nombre considérable de Français, créant ainsi une double catégorie d'électeurs : les citoyens de première classe, qui sont représentés dans les assemblées de la République, et les citoyens de seconde zone, à qui ce droit est refusé. Dans les conditions actuelles, si l'on veut que le peuple dans son entier soit à nouveau partie prenante dans les décisions souveraines de la nation, il faut rétablir un mode de scrutin à la proportionnelle.
Ces mesures ne sont cependant pas susceptibles à elles seules de rendre aux Français toutes leurs libertés politiques. Un projet d'une autre envergure s'impose, un projet qui permette au peuple de retrouver sa prééminence face à la classe politicienne et lui assure sa suprématie souveraine. C'est le rôle que nous assignons au référendum, dont il convient d'élargir encore le champ d'application afin que les Français puissent se prononcer directement sur toutes les grandes questions qui les concernent, alors qu'ils ne peuvent être aujourd'hui consultés que sur celles liées à l'organisation des pouvoirs publics et, après la réforme Chirac, sur les questions économiques et sociales. Le peuple aura alors la possibilité d'exprimer lui-même son opinion sur tous les sujets. Non seulement sur l'école ou l'avenir de la Nouvelle-Calédonie, mais aussi sur des questions aujourd'hui tabous comme la peine de mort, la préférence nationale ou le retour chez eux des immigrés, questions que le pouvoir actuel, craignant le peuple, semble avoir cherché à écarter du champ référendaire. Ainsi nos compatriotes pourront-ils procéder eux-mêmes aux grands choix que doit faire une nation et imposer tout naturellement leur décision aux groupes de pression et aux censeurs de l'établissement.
Mieux encore, le Mouvement national républicain est partisan du référendum d'initiative populaire, c'est-à-dire celle des procédures qui accorde le plus de prérogatives aux citoyens, justement parce qu'elle n'est pas décidée par le pouvoir sur un sujet qu'il a choisi, mais provoquée directement par le peuple lui-même. Il suffit donc, dans ce cadre, qu'une question rassemble assez de signatures pour être automatiquement soumise à référendum. Une telle pratique est, il faut le souligner, antitotalitaire par excellence, car elle laisse, quoi qu'il arrive, le dernier mot aux électeurs. Il est vrai que certains régimes dictatoriaux organisent des référendums plébiscites, mais, conscients que ce genre de procédure peut les contraindre à disparaître, aucun d'entre eux n'a jusqu'à présent institué le référendum d'initiative populaire. Souvenons-nous des grandes manifestations auxquelles donnèrent lieu en 1984 les entreprises sectaires des socialistes contre la liberté de l'enseignement et de l'immense ferveur qui animait l'impressionnante marche populaire du dimanche 24 juin, à laquelle nous fûmes si nombreux à participer cette année-là. Si le référendum d'initiative populaire avait alors été institué, une simple campagne de signatures aurait permis de procéder à un référendum sur le sujet et d'obtenir le plus démocratiquement du monde l'abrogation de la loi liberticide de M. Savary. N'est-il pas en effet plus démocratique de résoudre un problème dans les urnes plutôt que sur le pavé des rues ? Cette démocratie directe, condition de la liberté du peuple, devrait d'ailleurs être étendue aux collectivités locales, replaçant ainsi les actuels féodaux des régions, des départements et des communes sous le contrôle permanent et direct des Français. Telle augmentation d'impôt excessive, telle mesure dispendieuse, pourrait ainsi être spontanément annulée par les électeurs.
Le Mouvement national républicain est donc sans réserve pour une généralisation de la démocratie directe, instrument le plus propre à rendre au peuple son rôle souverain et la plénitude de ses libertés politiques. Encore faut-il que celui-ci soit informé de façon pluraliste et honnête et qu'il soit en possession de son entière liberté d'expression.
Or, aujourd'hui, en France, la liberté de parole est menacée puisque la classe politique a insidieusement rétabli le délit d'opinion qu'avait pourtant supprimé il y a plus d'un siècle la loi sur la presse du 29 juillet 1881. Selon ce texte, la parole et l'écrit étaient totalement libres et seule pouvait être poursuivie, mis à part la diffamation contre des personnes, la provocation directe au meurtre, au vol et à l'incendie. Désormais, avec la loi Pleven de 1972, aggravée par la loi du communiste Gayssot de 1990, la "provocation" n'a plus besoin d'être directe pour être sanctionnée. Il suffit qu'elle incite non seulement aux crimes et délits précédemment désignés, mais aussi à des sentiments aussi flous juridiquement que la haine ou la violence à l'égard de personnes "à raison de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminées". Avec ces lois récentes, la mention d'un fait objectif, même statistique, celle, par exemple, du taux de délinquance chez les immigrés, peut être interprétée comme un propos susceptible de susciter la peur et donc, de façon indirecte, la haine ou la violence à l'encontre des étrangers. Toute critique de l'immigration fait donc courir à son auteur le risque de subir une condamnation pénale. N'est-ce pas, à l'évidence, le rétablissement du délit à l'encontre des opinions nationales hostiles à l'immigration ?
Ajoutons que la liste des discriminations prohibées incluant non seulement l'appartenance à une ethnie, mais aussi à une nation, la préférence nationale se trouve juridiquement assimilée au racisme. C'est d'ailleurs ainsi qu'elle est stigmatisée par les penseurs de l'établissement, lesquels ont en effet donné à l'idée même de racisme une signification extensive plus compatible avec les objectifs politiques poursuivis. Le dictionnaire définit le racisme comme la doctrine qui prône la supériorité d'une race sur une autre et qui, par extension, autorise toute manifestation d'agressivité verbale ou physique à l'encontre d'une personne en raison de sa race. Chacun peut constater que, selon ces critères, le racisme n'existe pratiquement pas dans notre pays et qu'en tout cas il n'est revendiqué par personne. Aussi les esprits faux de l'établissement donnent-ils de cette notion une définition beaucoup plus large : en application du principe de non-discrimination entre les hommes, est racisme toute forme d'exclusion. Or le patriotisme, qui n'est rien d'autre que l'amour de son pays, implique une préférence certaine pour sa patrie, préférence que les sectateurs des droits de l'homme interprètent comme une exclusion des autres nations, c'est-à-dire comme une manifestation de racisme. On voit comment, de proche en proche, le patriotisme peut être assimilé à une opinion passible de sanctions pénales. Et c'est d'ailleurs à cet amalgame que se sont livrés nombre de politiques et d'observateurs, au lendemain des élections municipales, en accusant sournoisement de vouloir pratiquer le racisme ou la discrimination raciale les maires Mouvement national républicain désireux de mettre en œuvre la préférence nationale dans leur ville.
Sans doute certains jugeront-ils cette analyse surprenante, mais c'est assez naturel de la part de lecteurs non engagés et bien souvent désinformés. Car, en régime dictatorial, les citoyens conservent la liberté pleine et entière de s'exprimer aussi longtemps qu'ils ne critiquent pas publiquement le dogme officiel. De telle sorte que ceux qui ne sont pas partie prenante dans le combat politique ou dans le débat des idées ne se sentent pas directement concernés. C'est exactement ainsi que les choses se passent dans notre pays. Il n'en demeure pas moins que la véritable liberté d'opinion se mesure à la latitude dont on dispose pour contredire les préceptes de l'idéologie dominante. Ainsi, aujourd'hui, en France, nous ne disposons pas de la liberté pleine et entière de critiquer les idées institutionnelles, c'est-à-dire le mondialisme présenté par ses zélateurs comme une certaine conception des droits de l'homme. De même, il n'est pas possible de s'exprimer librement sur certains thèmes comme l'immigration, de prôner la préférence nationale ou, plus globalement, de défendre les thèses nationales et identitaires. Il faut dire aussi que, dans cette chasse aux convictions non conformes, l'établissement est secondé par des chiens de garde féroces aux crocs acérés. Il s'agit des organisations "antiracistes" et des ligues prétendument vouées à la défense des droits de l'homme qui s'emploient à faire régner une terreur médiatique et judiciaire inouïe à l'encontre de tous ceux qui ne tiennent pas les propos autorisés. Tous ces lobbies, qui bénéficient de considérables appuis politiques, aussi bien journalistiques que judiciaires et financiers, imposent à l'ensemble de la société française une censure extrêmement pesante.
La libération du peuple passe donc de toute évidence par le retour à la liberté d'expression.
Face à cette situation alarmante, la première mesure à prendre est sans conteste l'abolition des lois Pleven et Gayssot, seule susceptible de rétablir pleinement dans notre pays l'indépendance de pensée, d'écriture, de parole et de recherche sans laquelle il n'y a pas de démocratie ni de renaissance possible. Dans le même esprit, pour libérer nos compatriotes de l'insupportable joug que fait peser sur eux cette police de la pensée exercée par les groupes de pression antiracistes, il conviendra de remettre ceux-ci à leur place. Mais sans, bien entendu, attenter au droit des Français de se réunir en associations pour promouvoir leurs idées et essayer de faire prévaloir leurs convictions. Il s'agit là en effet de libertés fondamentales et d'une activité de caractère civique qui doit être respectée, voire encouragée. Il importe cependant que chacune de ces organisations ne pèse pas plus dans notre vie publique que ce qu'elle représente dans la société. Or les lobbies "antiracistes" et les ligues qui défendent prétendument les droits de l'homme, de même que les syndicats politisés et autres mouvements de ce type, jouissent de privilèges financiers et institutionnels qui leur confèrent un poids illégitime car sans commune mesure avec leur représentativité réelle. Ces organisations se verront donc privées de toutes les subventions qu'elles reçoivent actuellement de l'État et des collectivités locales. Seules, en effet, les associations s'abstenant de toute prise de position politique ou idéologique pourront espérer bénéficier de fonds publics. Il s'agit là d'un principe de laïcité qui doit s'imposer à tous ceux qui reçoivent une aide de l'État. En matière de ressources financières, ces groupements n'auront donc plus à leur disposition que les cotisations versées par leurs adhérents ou les dons qu'ils réussiront à collecter. Ainsi chacun d'entre eux ne pèsera plus que ce qu'il représente réellement.
Dans le même esprit, les privilèges institutionnels que se sont arrogés les groupes de pression seront par ailleurs abolis. Privés de la loi Pleven et de la loi Gayssot, les comités qui prétendent combattre le racisme, tels le MRAP ou la LICRA, n'auront plus les moyens juridiques de poursuivre ceux dont les idées ne leur paraissent pas conformes à l'idéologie qu'ils prônent. Ramenés au rang de simples associations militantes, ils cesseront, tout en conservant leur propre liberté d'expression, de mettre en péril celle des autres. De même, les syndicats perdront le monopole de représentativité qui leur a été indûment concédé et la libre compétition deviendra la loi pour les élections professionnelles. Ainsi amputées d'avantages qu'elles avaient acquis de manière illégitime, tirant leurs forces du seul nombre de leurs adhérents, des organisations comme la CGT ou la FEN verront l'impact de leurs actions partisanes se réduire considérablement.
De telles mesures d'assainissement permettront à l'évidence aux Français de retrouver leur liberté d'expression, gage du retour à la souveraineté populaire.
Cette libération devra cependant être complétée par des initiatives importantes dans le domaine des médias, principaux vecteurs de diffusion des idées.
Les médias détiennent en effet aujourd'hui un pouvoir exorbitant. Jamais un groupe aussi réduit n'aura autant influencé un nombre aussi considérable de personnes. Pour l'ensemble du monde télévisuel, ce sont seulement six directeurs de chaînes, une cinquantaine de directeurs de programme et à peine deux mille journalistes qui déterminent ce que doivent savoir cinquante-huit millions de Français. Le scandale n'est pas que ce pouvoir, "incontournable", existe, mais qu'il ne soit assorti d'aucun contrepoids, d'aucune sorte de règles et de contrôles.
Il est donc temps de reconnaître que les médias constituent dans notre pays le quatrième pouvoir. Après l'exécutif, le législatif et le judiciaire, le pouvoir médiatique est à inscrire dans le cadre même de la Constitution, afin que les principes de son fonctionnement y soient précisés. Il en résultera pour la profession de journaliste un statut prestigieux, comparable de ce point de vue à celui de magistrat ou de haut fonctionnaire. En contrepartie, l'exercice de ce métier d'exception sera soumis à des garanties de compétence et de moralité, ainsi qu'à un code de déontologie qui sera formalisé au même titre que celui qui régit la profession d'avocat. Il faudra également instaurer une haute juridiction qui aura pour mission la régulation du système médiatique. Juridiquement compétente et assurée d'une totale indépendance, cette institution aura la charge de veiller notamment au respect des impératifs de pluralisme et d'objectivité dans le traitement de l'information. Elle devra aussi s'assurer que les règles d'organisation des médias et de protection des individus sont observées, et que les programmes ne compromettent ni la sécurité, ni la cohésion, ni les valeurs fondatrices de la nation. Elle pourra en outre se saisir elle-même des irrégularités commises, et les personnes physiques ou morales qui s'estimeraient lésées par un média auront la possibilité de se pourvoir devant elle. Investie d'une autorité constitutionnelle et composée de magistrats spécialisés de haut niveau, cette juridiction représentera donc le nécessaire et principal contrepoids au pouvoir médiatique. Elle pourra se saisir des faits, directement ou sur plainte, et prononcer des jugements qui s'imposeraient à la hiérarchie des chaînes. Telles sont les conditions du rééquilibrage des pouvoirs dans notre démocratie, condition du retour à la vraie liberté d'expression.
La libération du peuple, pour être réellement complète, exige par ailleurs que soit démantelée la bastille bureaucratique. Celle-ci, en effet, en enserrant la vie nationale dans un carcan de fer, rabaisse les Français au rang de simples assujettis, décourage leurs initiatives et les spolie du produit de leur travail. Qui ne constate pas aujourd'hui dans sa vie quotidienne les méfaits de l'inflation législative et réglementaire et les excès en tout genre de la bureaucratie ? Qui, parmi nos concitoyens, n'a pas eu envie un jour de se révolter contre l'inquisition fiscale ou la partialité des autorités publiques ? Revoir complètement la machine administrative française apparaît bien comme une nécessité absolue.
La réforme doit s'appuyer sur un principe simple, celui du retour aux fonctions régaliennes de l'État. Il appartient au pouvoir central de se concentrer sur ses compétences essentielles, c'est-à-dire celles qui sont liées à l'exercice de sa fonction souveraine : sécurité, justice, diplomatie, protection de l'identité nationale, préservation de la cohésion sociale et des grands équilibres économiques et financiers. Pour le reste, il doit se décharger sur le secteur privé ainsi que sur les collectivités locales et les corps intermédiaires.
Il est primordial que l'État se dégage massivement du secteur de l'économie pour rendre aux Français leur liberté dans ce domaine. A cet égard, il convient d'alléger considérablement les charges et les impôts qui pèsent de façon excessive sur les acteurs économiques et de simplifier leur réglementation devenue au fil du temps tentaculaire et tatillonne. Il importe par ailleurs de désétatiser les entreprises nationalisées qui n'assurent pas un service public. L'intervention étatique doit devenir l'exception et la liberté s'imposer comme la règle. Quant aux prérogatives non régaliennes ne relevant pas du secteur économique que l'État s'est octroyées, elles seront confiées pour la plupart aux collectivités locales. En effet celles-ci, parce qu'elles offrent, par leur nombre important, leur dimension réduite et leur indéniable autonomie, un cadre privilégié dans lequel nos compatriotes peuvent exercer concrètement leurs libertés et donner libre cours à leur besoin de responsabilité et d'engagement civique, ont leur rôle à jouer dans la libération du peuple français. Les collectivités territoriales sont donc à favoriser et leurs compétences à développer.
Enfin, il convient, dans le même esprit, de redonner vie aux corps intermédiaires. Les Français, qu'ils soient citoyens, contribuables, assurés ou épargnants, se trouvant souvent isolés et désarmés face à une bureaucratie écrasante, il importe de conforter toutes les organisations qui ont précisément pour mission de les représenter et de les défendre. Qu'il s'agisse, par exemple, des organismes sociaux, des mutuelles, des coopératives, des syndicats, des ordres professionnels ou des chambres de commerce et d'industrie, des chambres de métier ou d'agriculture, tous ces corps intermédiaires doivent être revitalisés et modernisés. A condition toutefois qu'ils redeviennent vraiment représentatifs dans leur mode de désignation et retrouvent le sens de leurs responsabilités à l'égard de leurs mandants. L'État pourra alors leur déléguer des compétences nouvelles : déontologie, réglementation, délivrance de diplômes ou d'habilitations, contrôle technique, par exemple, et leur redonner ainsi un poids supplémentaire. Certes, les corps intermédiaires remplissent déjà, au moins partiellement, ces missions, mais il est nécessaire d'accroître notablement leur rôle, tout en les dégageant de la tutelle de l'établissement politique. Ainsi pourront-ils servir les Français en s'affirmant, tels des contrepoids, face à la bureaucratie.
Tels sont les grands axes de la politique à suivre pour rendre sa liberté au peuple. C'est en jugulant les débordements totalitaires de la classe politicienne, des groupes de pression et de la bureaucratie que les Français pourront recouvrer la plénitude de leurs libertés, qu'il s'agisse des libertés civiques, de la liberté d'expression ou des libertés économiques. Un impératif essentiel, car il conditionne à nos yeux la possibilité pour la France de reprendre son élan civilisateur.
Nous vivons aujourd'hui dans un système de totalitarisme mou, où la démocratie est confisquée, la liberté d'opinion bridée et le peuple étouffé par la technocratie. Dans le même temps, le pouvoir doute de lui-même. Déconnecté des réalités, il apparaît sclérosé, impuissant, vénal et corrompu. N'est-ce pas là, toute proportion gardée, une version molle de la situation qui prévalait dans certains pays de l'Est avant la chute du communisme ? Or, si le mur de Berlin est tombé en une nuit, l'établissement français ne pourrait-il pas s'effondrer d'un coup ?



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