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L'Alternative nationale

Sommaire:
Introduction: Le mur
Chapitre 1: Le retour du politique
Chapitre 2: Le combat pour les valeurs
Chapitre 3: La liberté pour le peuple
Chapitre 4: L'impératif d'identité
Chapitre 5: La préférence pour la vie
Chapitre 6: Le renouveau du savoir
Chapitre 7: Du travail pour les Français
Chapitre 8: Le social par la fraternité
Chapitre 9: De l'harmonie pour le pays
Chapitre 10: La sécurité dans la cité
Chapitre 11: La grandeur pour la nation
Conclusion: Le printemps de la France



Chapitre 5
La préférence pour la vie

La famille, creuset de cette valeur sacrée qu'est la vie humaine, constitue l'un des fondements de notre nation. Qu'elle se disloque, et cette dernière périclite. N'est-ce pas en effet de ses parents que l'on reçoit d'abord son identité et son héritage ? N'est-ce pas la famille qui assure spontanément la transmission des valeurs, des traditions et des normes sans lesquelles la civilisation s'étiole puis disparaît ? N'est-ce pas aussi dans le milieu familial que chacun fait l'apprentissage de la vie, de la morale, de ses droits et de ses devoirs ? N'est-ce pas cette cellule irremplaçable qui permet aux jeunes enfants de comprendre d'où ils viennent, qui ils sont et comment ils se situent dans l'espace et dans le temps ? Premier maillon où se nouent les liens les plus étroits de la solidarité humaine, la famille offre à chacun de nous protection et sécurité. Lieu privilégié d'épanouissement des sentiments d'amour et d'affection sans lesquels les hommes dépérissent psychiquement, la famille est bien le cœur de notre édifice de civilisation.
Aujourd'hui, hélas, ces foyers de vie et de culture que représentent les familles se désagrègent dans l'indifférence générale, et notre pays connaît un hiver démographique sans précédent.
La France, on le sait, n'assure plus depuis longtemps le renouvellement de ses générations et, si notre population continue néanmoins de s'accroître, c'est principalement en raison de l'immigration et des naissances d'enfants étrangers. Les enquêtes officielles de l'INSEE nous fournissent sur ce plan des chiffres inquiétants. L'indicateur de fécondité, c'est-à-dire le nombre d'enfants par femme en âge de procréer, est tombé pour l'année 1995 à 1,6 , compte tenu de la natalité d'origine étrangère. Or le seuil en deçà duquel la population cesse de se renouveler est de 2,1 ! C'est dire la gravité de la situation. Notre pays ne connaît plus les enfants. Aux yeux de beaucoup de nos compatriotes ils apparaissent même aujourd'hui comme une charge excessive ou un fardeau dont il vaut mieux ne pas s'encombrer. Tout est d'ailleurs le plus souvent organisé comme si les familles n'existaient pas. De plus en plus négligés, nos descendants sont aussi de moins en moins nombreux, sans que pour autant les autorités gouvernementales semblent s'en inquiéter. Personne ne dit rien, personne ne fait rien.
Plus grave encore, c'est dans une sorte d'apathie totale que nos dirigeants assistent au démantèlement de la famille, fléau qui ne semble pas les préoccuper davantage que la dénatalité proprement dite. Et pourtant les chiffres révèlent une évolution implacable. Le nombre des mariages décroît, celui des divorces augmente et on compte désormais une séparation pour trois unions. Le nombre des familles dites monoparentales dépasserait aujourd'hui le million. Quant à la procréation, désertant progressivement le cadre de la cellule familiale traditionnelle, elle devient le fait de couples non mariés, quand elle ne prend pas des formes carrément anti-naturelles.
Ce dramatique éclatement de la famille est évidemment la conséquence du relâchement général du système de valeurs qui, dans le passé, assurait la pérennité des engagements individuels et la continuité de l'organisation sociale. Mais, là encore, la puissance publique, loin de prendre la tête de la résistance à cette évolution, l'a au contraire accompagnée, facilitée, voire encouragée. Ainsi la modification des lois et des règlements est-elle allée dans le sens d'une pénalisation croissante des familles. Pendant des années, il a été bien souvent plus profitable, au plan fiscal et social, de vivre en concubinage plutôt qu'en couple marié et il est financièrement plus avantageux de ne pas avoir d'enfant que d'élever une famille nombreuse. La politique familiale, à laquelle l'État consacrait en 1946 40 p. cent des dépenses de sécurité sociale, représente aujourd'hui moins de 10 p. cent du budget social de la nation. Ce qui signifie qu'en l'espace de deux générations, notre pays, qui dévoluait près de la moitié de ses ressources sociales aux familles, et donc à son avenir, ne leur réserve plus aujourd'hui que le dixième de ses moyens.
Abandonnée financièrement, la famille est de surcroît victime d'un vaste mouvement d'opinion antifamilial auquel le pouvoir et les médias ont accordé un large soutien. C'est ainsi que l'État s'est engagé dans le parrainage de campagnes comme celles relatives à la contraception et à l'avortement menées par le Planning familial, organisme qui, dénaturant sa mission d'information, s'est fait l'agent d'une opération de propagande visant à dévaloriser la maternité et la famille. Quand on sait que les régimes totalitaires ont toujours été hostiles à la famille, au point souvent de chercher à la détruire, on ne peut que s'inquiéter devant l'acharnement de l'établissement contre l'institution familiale et s'interroger sur la véritable nature de notre actuel système politique. Qualifiée de structure réactionnaire et bourgeoise, la famille fait en effet obstacle aux entreprises hégémoniques des dictatures qui préfèrent trouver en face d'elles des individus isolés, déracinés et malléables plutôt que des groupes soudés et autonomes.
Aussi sommes-nous partisans d'une politique familiale d'envergure qui favorise le retour de la vie et l'épanouissement des personnes.
A nos yeux, la vie humaine présente un caractère sacré et constitue le bien le plus précieux, tant du point de vue des personnes que sur le plan collectif. Qu'il s'agisse des relations entre les nations ou de la terrible compétition qui oppose les peuples et les civilisations, chacun peut le constater, seule finalement la vie pèse vraiment. Si le monde européen a conquis la planète entière, c'est parce qu'il disposait d'une supériorité technique et culturelle qui le poussait à l'expansion, mais aussi parce qu'il était doté d'une vitalité démographique extraordinaire qui lui a permis de peupler des continents entiers comme les Amériques ou l'Australie. Dépourvus aujourd'hui de cette indispensable vitalité, nous courons de très graves dangers. Aussi nous faut-il retrouver cette force de vie qui nous a portés dans les époques glorieuses de notre passé. Et, il faut en être convaincu, ce renouveau démographique est possible. Naguère pays sans enfants, la Suède, par exemple, ne connaît-elle pas actuellement un regain de natalité spectaculaire dont la France pourrait s'inspirer ?
La politique familiale, pour nous d'abord subordonnée à l'impératif nataliste, passe par un retour au respect de la vie. Il appartient donc à l'État d'affirmer clairement le caractère sacré de la vie humaine et d'agir pour faire respecter ce principe essentiel. Partant de là, la généralisation de l'avortement apparaît inacceptable et il convient alors de rompre avec la banalisation de cette pratique qui doit redevenir un acte médical d'exception. Aussi est-il indispensable de remettre en cause le remboursement de l'IVG par la Sécurité sociale et de décourager systématiquement le recours à l'avortement. Faut-il aller plus loin ? Opposés à toute idée d'avortement non thérapeutique, nous savons cependant, en tant que responsables politiques, qu'il ne serait pas possible actuellement de mettre fin à cette dérive déplorable par le seul biais de méthodes autoritaires et répressives. En revanche, nous sommes convaincus que notre conception en ce domaine recueillera progressivement l'assentiment de tous, au fur et à mesure que seront réhabilitées nos valeurs traditionnelles et à condition que soient multipliées les dispositions en faveur des femmes ayant une grossesse non désirée.
L'instauration de l'adoption prénatale répond à cet impératif de défense de la famille et de la vie. Cette pratique offre en effet à des couples stériles la possibilité d'adopter avant l'accouchement un enfant non désiré par sa mère, enfant à qui seront dès lors conférés les droits de la naissance légitime. D'une manière plus générale, il paraît essentiel d'assouplir encore la législation qui régit actuellement l'adoption. Celle-ci en effet, malgré la loi Mattei, demeure si rigide que, d'un côté, beaucoup d'enfants abandonnés ne sont confiés à aucune famille tandis que, de l'autre, de nombreux couples désirant adopter un enfant finissent par y renoncer ou par accueillir un jeune étranger. Une situation absurde qui doit trouver sa solution dans une simplification des procédures et un raccourcissement des délais.
Cependant, cet effort en faveur du respect de la vie et de la procréation ne portera ses fruits que s'il est accompagné de mesures permettant d'améliorer la situation matérielle des familles. De ce point de vue, il faut commencer par instaurer le revenu parental.
Actuellement, nombre de mères de famille exerçant une activité professionnelle n'ont pas choisi de travailler à l'usine ou au bureau parce qu'elles s'y épanouiraient, mais parce que le budget familial exige qu'elles apportent une contribution financière sous la forme d'un deuxième salaire. Elles n'ont ainsi pas le temps de se consacrer pleinement à l'éducation de leurs enfants et renoncent souvent à agrandir leur famille autant qu'elles l'auraient voulu. L'instauration du revenu parental doit corriger cette injustice en permettant aux mères de famille françaises - éventuellement aux pères - de choisir librement, sans contraintes financières, entre l'exercice de leur profession et l'éducation à plein temps de leurs enfants. Celles ou ceux de nos compatriotes qui décideront de se vouer exclusivement à leur mission éducatrice bénéficieront à cette fin d'une rémunération, au moins équivalente au SMIC, que l'État prendra en charge.
Ce revenu sera assimilé à un salaire et ouvrira donc aux mères de famille qui ne travaillent pas le droit à la Sécurité sociale, à la retraite et à la formation professionnelle. Il leur conférera un véritable statut par lequel leur utilité sociale sera enfin reconnue financièrement et juridiquement. Sur le passeport et les cartes d'identité, la mention "sans profession" pourra dès lors être remplacée par la formule "profession : mère de famille". La création de cette allocation est à nos yeux essentielle car elle aura plusieurs effets bénéfiques. Tout d'abord, elle conduira de nombreuses mères de famille à quitter leur emploi, et les postes ainsi libérés pourront être occupés par des chômeurs français qu'il n'y aura plus lieu d'indemniser. Cette mesure aura aussi le mérite - et ce n'est pas le moindre - de contribuer à mieux souder les familles car les mères, étant alors en mesure de jouer à nouveau à part entière leur rôle d'éducatrice, pourront mieux encadrer leurs enfants et les protéger plus efficacement de la drogue et de la délinquance. Enfin, les familles s'agrandiront car cette mesure sera conçue pour inciter fortement les parents à mettre au monde au moins trois enfants. Le revenu parental sera en effet versé pendant trois ans après la naissance du premier et du deuxième enfant, et jusqu'à la dix-huitième année du dernier enfant si la famille compte trois enfants ou plus. L'institution du revenu parental aura donc le triple intérêt d'entraîner une augmentation spectaculaire de la natalité, de consolider les familles et de réduire le nombre des chômeurs, des drogués et des délinquants.
On peut dès lors se demander pourquoi une mesure aussi bénéfique est à ce point critiquée et caricaturée. Chaque fois en effet que le Mouvement national républicain avance cette proposition, il est accusé de vouloir renvoyer les femmes dans leurs cuisines. Or tel n'est évidemment pas notre objectif qui consiste au contraire à offrir aux mères une liberté nouvelle. Il n'est certes pas question d'empêcher ni même de dissuader de travailler celles qui le veulent. Mais pourquoi faudrait-il, à l'inverse, comme le font les esprits faux de l'établissement, chercher à détourner ces femmes de leur tâche d'éducatrice ? A la fois rétrograde et dangereuse, cette attitude hostile au revenu parental relève donc de l'idéologie totalitaire, celle qui veut détruire la famille. Si le travail peut être une activité noble, l'éducation des enfants en est une autre au moins aussi épanouissante. Qui, d'ailleurs, pourrait affirmer qu'un emploi à la chaîne ou une tâche harassante devant un écran d'ordinateur, aussi utiles soient-ils, seraient plus valorisants pour une femme que son rôle de mère ? Ajoutons enfin à l'intention de nos détracteurs que cette mesure, si elle concerne principalement les femmes, ne les vise pas exclusivement puisque ce revenu parental sera accessible également aux pères.
La reconnaissance sociale et matérielle des familles exige par ailleurs que les allocations familiales soient rétablies à leur juste niveau. Détournées en effet de leur objectif légitime depuis de nombreuses années, elles ne sont plus désormais qu'une prestation redistributive parmi d'autres, alors qu'elles devraient assurer l'égalité du niveau de vie entre ceux qui ont la charge de mineurs et ceux qui ne l'ont pas. Or, aujourd'hui, les allocations familiales, d'ailleurs cumulées avec toutes les autres petites prestations destinées aux familles, sont devenues dérisoires au regard de ce qu'elles étaient après la guerre. Actuellement, la politique familiale ne couvre que 15 p. cent des dépenses qu'entraînent les enfants contre 65 p. cent en 1946. Il faudra donc revaloriser ces allocations familiales afin qu'elles prennent à nouveau en charge une part significative du coût représenté par les enfants, quitte à moduler cette couverture de façon à voir se créer de plus en plus de familles de trois enfants.
Enfin, le dernier volet de la réhabilitation financière des familles consiste dans le prêt familial au logement. Aujourd'hui, le coût des maisons ou des appartements constitue souvent un frein à l'agrandissement de la famille. Il est donc essentiel de faire sauter ce verrou. A cette fin, nous donnerons à tout couple marié la possibilité de bénéficier d'un crédit total pour l'achat de son logement et un différé d'amortissement de trois ans lui sera accordé lors de chaque naissance, période au cours de laquelle l'État prendra à sa charge les intérêts du prêt. Cette mesure d'envergure lèvera la plupart des obstacles que les familles rencontrent aujourd'hui lorsqu'elles veulent acquérir un logement.
Notre politique familiale est d'envergure, mais elle est possible, à condition qu'elle devienne une priorité de l'État. Là encore, tout est affaire de volonté politique et, pour l'afficher clairement, nous prendrons de surcroît deux mesures à caractère institutionnel.
La première consiste à instaurer une préférence familiale qui assure juridiquement aux couples mariés un traitement fiscal et social systématiquement plus avantageux que celui dont jouissent ceux qui vivent en concubinage. Une priorité qui, à nos yeux, ne s'impose pas seulement pour des raisons morales, mais comme l'application d'une logique politique soucieuse de favoriser la famille et la natalité. Sans compter qu'elle répond aussi à un impératif de justice. Car, le mariage impliquant des devoirs auxquels doivent correspondre des droits, il est normal que ceux qui refusent les contraintes de l'union légale ne bénéficient pas des avantages qui s'y rattachent.
La famille doit par ailleurs être mise à l'honneur dans notre loi fondamentale. En effet, alors que la constitution de la IVe République prévoyait que "la nation assure à la famille les conditions de son développement", le texte de 1958 semble ignorer totalement ce qui s'impose selon nous comme une obligation. Il importe là encore de redonner toute sa place à la cellule familiale en lui assurant une reconnaissance institutionnelle et en inscrivant le principe de la préférence familiale dans le texte de notre loi fondamentale.
Véritable impératif de vie, cette politique qui constitue à nos yeux une priorité absolue exige que tout lui soit subordonné. Intimement persuadés que notre peuple ne pourra affronter victorieusement les multiples dangers qui le guettent et l'impitoyable compétition à laquelle se livrent les nations que s'il est nombreux, jeune et fort, convaincus également qu'au fond d'eux-mêmes nos compatriotes attendent de leurs dirigeants de grandes décisions novatrices, nous mettrons en œuvre une politique familiale ambitieuse et généreuse à laquelle, nous n'en doutons pas, les Français se rallieront sans réserve.



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