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L'Alternative nationale

Sommaire:
Introduction: Le mur
Chapitre 1: Le retour du politique
Chapitre 2: Le combat pour les valeurs
Chapitre 3: La liberté pour le peuple
Chapitre 4: L'impératif d'identité
Chapitre 5: La préférence pour la vie
Chapitre 6: Le renouveau du savoir
Chapitre 7: Du travail pour les Français
Chapitre 8: Le social par la fraternité
Chapitre 9: De l'harmonie pour le pays
Chapitre 10: La sécurité dans la cité
Chapitre 11: La grandeur pour la nation
Conclusion: Le printemps de la France



Chapitre 8
Le social par la fraternité

Liberté, égalité, fraternité. Dans sa devise, la République française a mis à l'honneur cette valeur aujourd'hui trop méconnue de fraternité. Car qu'est-ce qu'un peuple sinon une communauté d'hommes et de femmes rassemblés par une même origine et soudés par un destin commun qui, à l'instar de la famille, établit des liens de parenté entre ses membres ? Aussi la nation, dans la mesure où elle demeure une réalité charnelle et vivante, se doit-elle de donner à la fraternité une existence concrète et tangible. Il y va de la cohésion du peuple et de sa pérennité. L'exigence de solidarité entre les Français répond donc à un devoir moral d'entraide qui se fonde certes sur le sentiment altruiste d'une forme naturelle de charité à l'égard de son prochain, mais également sur les liens de sang et de destin sans lesquels il n'y a pas de peuple ni de nation. La politique sociale apparaît ainsi comme un impératif à la fois moral et national indispensable à la survie, à l'équilibre et à l'harmonie de notre pays, qui ne peut se concrétiser réellement qu'au travers de la fraternité entre Français.
Aujourd'hui, cette œuvre sociale de fraternité nationale est à construire entièrement car la France connaît une régression sans précédent qui, malgré l'étatisme socialiste, la livre aux vieux démons du capitalisme sauvage, de la misère et de l'égoïsme.
Sans doute certains jugeront-ils cette situation paradoxale, mais les faits sont là. Après deux septennats de pouvoir socialiste, la pauvreté s'est développée, la marginalité a gagné et les injustices se sont aggravées. Certes, les statistiques nous enseignent que la richesse moyenne de la population n'a pas diminué, mais les Français dans le dénuement ou en grande difficulté économique sont devenus beaucoup plus nombreux. En février 1994, selon le Centre d'étude des revenus et des coûts, onze millions de nos compatriotes se trouvaient déjà en état de "fragilité économique et sociale". Quant aux marginaux, ceux que l'établissement désigne du nom d'exclus, ils se sont multipliés au cours de la dernière décennie. D'après une étude de l'INSEE, on compterait six millions de personnes au-dessous du seuil de pauvreté et près de cinq cent mille sans-abri. Circonstance aggravante, la misère s'est accrue alors même que l'individualisme s'affirmait avec cynisme dans les relations sociales et que les signes de l'argent facile envahissaient avec arrogance les écrans des médias. Dès lors le sentiment d'injustice s'est imposé avec une force nouvelle dans l'esprit de beaucoup de nos compatriotes. Un sentiment qui ne résulte pas de frustrations comme celles qu'entretenaient les marxistes à propos des différences de revenus, mais qui est né d'inégalités injustifiées, voire moralement scandaleuses.
Ainsi un grand nombre de Français considèrent aujourd'hui que le travail ne paye plus. "Inutile d'aller tous les jours à l'usine ou au bureau pour un salaire de misère ! Mon voisin d'immeuble qui n'a pas d'emploi vit beaucoup mieux que moi à coups d'allocations, de combines ou de petits trafics." Et le plus grave est que cet état d'esprit semble se développer d'un bout à l'autre de la hiérarchie économique, jusqu'aux chefs d'entreprise dont beaucoup sont gagnés par le découragement. Lassés de se battre tous les jours avec maintes difficultés pour produire et ne pas licencier, certains sont tentés de vendre leur affaire et de placer leur argent pour vivre en rentiers. Le capitalisme spéculatif n'est-il pas plus profitable que le capitalisme productif ? Et si le travail honnête n'est pas récompensé, pourquoi s'entêter à rester à tout prix dans la légalité ? Le travail au noir n'est-il pas plus rémunérateur que les emplois déclarés ? Et, de là à basculer totalement dans l'illégalité, il n'y a qu'un pas, que certains franchissent, hélas, avec d'autant plus de facilité que, les règles morales ayant reculé face aux lois de l'argent, il n'y a plus de barrière pour les retenir. Le petit trafic de drogue ne permet-il pas de vivre beaucoup mieux que le SMIC ? Et les grands de ce monde n'offrent-ils pas le spectacle quotidien de cette grave dérive ? Le journal télévisé nous abreuve de récits de corruption où il apparaît que certains des plus hauts dignitaires de notre pays ont reçu des pots-de-vin dont les montants donnent le vertige. Comment, dès lors, ne pas éprouver un profond sentiment d'injustice quand on constate que le travail utile, honnête et bien fait est moins rentable qu'une activité parasite, illégale ou amorale ?
Autre injustice : nombre de nos compatriotes aux revenus modestes ont l'impression d'être moins bien traités que les étrangers en France. Tout se passe en effet comme si s'était instaurée dans notre pays une forme de préférence nationale inversée, dont les Français seraient les victimes et les immigrés les bénéficiaires. Parce qu'elles ont souvent beaucoup d'enfants, les familles étrangères passent avant les familles françaises dans l'attribution des logements HLM ; pour les mêmes raisons, les immigrés bénéficient fréquemment d'allocations familiales très substantielles alors que les foyers français d'un ou deux enfants ne reçoivent qu'une aumône. Plus grave encore, les mécanismes du FAS, le Fonds d'action sociale exclusivement réservé aux immigrés, créent les conditions financières d'une véritable préférence étrangère. Par ce biais, les immigrés, qui ont déjà accès à toutes les prestations sociales offertes aux Français, se voient en outre attribuer des allocations supplémentaires interdites à nos compatriotes : aides au logement, à la scolarisation des enfants et même à la création d'entreprise. Enfin, les administrations réservent un traitement de faveur aux étrangers au nom d'un préjugé antiraciste. Terrorisé à l'idée d'être accusé de racisme, l'employé cédera devant l'étranger mais restera intraitable face au Français, et cela d'autant plus facilement que les immigrés, parfaitement organisés, connaissent généralement beaucoup mieux leurs droits que nos compatriotes. C'est ainsi que les étrangers obtiennent avec facilité des avantages ou des prestations qui sont refusés aux Français ou ne leur sont tout simplement pas proposés. Aussi se développe-t-il parmi nos concitoyens les moins riches un terrible sentiment d'injustice qui, conjugué avec la marginalité, détruit les liens communautaires et la cohésion sociale de notre pays.
Malgré la redistribution bureaucratique et autoritaire des revenus qu'elle a mise en œuvre, la politique sociale des socialistes, pourtant présentée comme la panacée, a totalement échoué. Loin de renforcer la solidarité entre les Français, elle a exacerbé l'individualisme et donné naissance à l'égoïsme social. Et ce ne sont pas les opérations de propagande médiatique comme les charity-shows de la télévision qui ont pu atténuer le sentiment d'abandon qu'éprouvent les Français en difficulté. Nous sommes entrés dans une société du chacun pour soi où les pauvres sont totalement délaissés. Le peuple s'est métamorphosé en une foule d'individualités isolées.
Il paraît donc urgent d'engager une grande politique sociale capable de corriger les injustices, de rétablir les structures protectrices traditionnelles et d'organiser la fraternité.
A cet égard, la politique préconisée par le Mouvement national républicain se situe aux antipodes des pratiques socialistes. Pour la gauche, en effet, il s'agit d'intensifier les mécanismes de redistribution des revenus et de multiplier les allocations de toutes sortes. Ce procédé, qui a d'ailleurs échoué, est à nos yeux totalement archaïque. Outre qu'il pénalise le système de production, il transforme les Français en assistés sans pour autant secourir la vraie pauvreté. La politique sociale telle que nous la concevons ne doit donc pas chercher à multiplier les allocations, mais permettre à un nombre croissant de nos compatriotes de vivre dignement du fruit de leur travail. Car, en réalité, le progrès ne réside pas dans le développement des prestations sociales comme le croient les socialistes, il consiste au contraire à les rendre inutiles. A cette fin, il faut mener une politique de revalorisation significative des bas revenus et rétablir la justice dans la hiérarchie des rémunérations.
L'amélioration des salaires les plus modestes passe en premier lieu par l'inversion des flux migratoires. La présence sur le marché du travail d'une main-d'œuvre peu qualifiée et peu exigeante que certains emploient souvent sans la déclarer crée une pression à la baisse des salaires les moins élevés. Comment en effet augmenter significativement le SMIC quand un "coolie" pakistanais se "loue" 50 F la journée auprès des confectionneurs du sentier ? Il convient donc, pour que les Français les moins favorisés voient leur rémunération s'améliorer, d'organiser le départ des immigrés et notamment l'expulsion des clandestins.
Cette politique répond de surcroît à la nécessité de lutter contre les injustices en instaurant une hiérarchie des revenus plus équitable. Pour cela, il faut mettre un terme au scandale que représentent le parasitisme et le trafic de l'argent mal acquis. Aussi la lutte contre la corruption et la répression très sévère des crimes et des délits économiques répondent-elles également à un impératif de justice destiné à rendre toute sa valeur au travail honnête. Il faut que les trafics illégaux deviennent de moins en moins intéressants pour ceux qui s'y livrent et les activités légales de plus en plus profitables. Le retour de l'ordre est une composante indispensable de la politique sociale. Dans le même esprit, il conviendra de favoriser financièrement les activités productives et, inversement, de pénaliser les agissements purement spéculatifs. Notre projet est simple : nous voulons donner la meilleure place à ceux qui travaillent et qui produisent et faire la chasse à l'argent facile, aux fortunes frauduleuses et à la spéculation.
Quant à la hiérarchie des revenus, elle doit s'établir selon d'autres critères que ceux qui ont prévalu jusqu'à maintenant. En particulier, nous ne pensons pas que la justice, en la matière, puisse se fonder sur un principe égalitariste. Nous nous situons même aux antipodes de cette idée obsessionnelle des socialistes. Quoi de plus illégitime en effet que de traiter les individus à l'identique si leurs mérites, leurs talents et leur travail sont différents ? Le revenu de chacun doit être proportionnel à ses qualités, à ses efforts et à son utilité pour la société. Tous ceux qui ont dû faire le sacrifice d'une longue formation et qui assurent des fonctions bénéfiques pour notre pays devraient donc être rémunérés et considérés en conséquence. Or actuellement cette exigence de justice n'est pas reconnue. Ainsi les membres de certaines professions comme celles de magistrat, de professeur, de militaire, d'infirmière ou de policier, celles d'agriculteur et de pêcheur, par exemple, ne perçoivent pas le traitement auquel ils auraient légitimement droit. Comment s'étonner dès lors que la grogne s'empare souvent de ces milieux professionnels ? Une grogne bien compréhensible car l'injustice provoque la colère. Il faudra donc entreprendre une action d'envergure afin de réajuster à l'échelle nationale les revenus des Français et de permettre à chacun de retrouver, à travers un juste salaire, sa place légitime dans la société. Telle est la condition première du retour à l'harmonie sociale.
Pour rétablir pleinement la justice, il convient cependant que les Français aient à nouveau le sentiment d'être mieux traités que les étrangers. A cette fin, le Mouvement national républicain entend mettre en œuvre le principe de la préférence nationale, principe qui découle directement de l'existence même de la patrie et qui stipule que les Français en France sont prioritaires par rapport aux étrangers. Quoi de plus normal en effet que les citoyens qui ont des devoirs à l'égard de leur pays bénéficient en contrepartie de droits qui leur sont concédés à titre exclusif par la nation ? Il s'agit là non seulement d'un impératif de justice, mais aussi d'une obligation morale de fraternité nationale. Il est par exemple logique qu'un père donne la priorité aux membres de sa famille. A contrario, que dirait-on d'un homme qui viendrait en aide à son voisin mais délaisserait son fils pourtant dans le besoin ? Chacun jugerait sévèrement ce père indigne qui aurait ainsi trahi les liens préférentiels et sacrés qui doivent unir les membres d'une même famille. De la même façon, si le peuple français est une authentique communauté, il s'apparente à une famille, ce qui implique des relations de préférence au bénéfice de ses membres. Aussi les gouvernants qui, en période de chômage généralisé, ne réservent pas en priorité les emplois aux membres de la communauté nationale sont-ils aussi indignes que le père qui abandonne son fils.
Loin d'être une manifestation néfaste d'exclusion, comme le prétendent les esprits faux de l'établissement, la préférence nationale s'impose donc comme une exigence morale, exigence qui doit se manifester concrètement dans la vie quotidienne des Français.
Ainsi les citoyens deviendront prioritaires dans l'attribution des logements HLM, les emplois disponibles leur seront proposés en priorité, de même qu'en cas de licenciement économique, les Français ne pourront éventuellement être licenciés qu'après les étrangers de même qualification. Les prestations liées au FAS seront par ailleurs supprimées et les allocations familiales, le salaire parental, les aides sociales et le RMI réservés aux nationaux. Ces règles de préférence sont en vigueur dans de nombreux pays du monde, y compris dans la plupart des États africains et maghrébins, sans avoir jamais suscité la moindre campagne d'indignation. Triplement légitime, leur application correspond à l'intérêt national, répond à un impératif moral et résulte du principe de réciprocité avec les pays étrangers. La préférence nationale sera donc généralisée et son principe inscrit dans le texte de notre Constitution.
Outre qu'elle mettra fin au sentiment d'injustice que ressentent actuellement beaucoup de nos compatriotes, la mise en œuvre d'une telle mesure contribuera de surcroît au rétablissement de la cohésion sociale. Si un grand nombre de personnes se retrouvent aujourd'hui isolées et marginalisées dans notre pays, c'est en effet en raison de l'atomisation de la société et de la destruction des communautés naturelles qui autrefois les aidaient à affronter les difficultés de l'existence. Comment d'ailleurs observer sans un serrement de cœur le tragique spectacle de tous ces clochards et de tous ces mendiants qui déambulent dans les rues de nos villes ? Et comment ne pas éprouver l'impression d'une grave régression en constatant que ces malheureux sont pratiquement tous des Français ? Les immigrés en cette matière nous donnent en effet une leçon de solidarité civique : parce que leurs structures familiales et traditionnelles sont encore solides, ils se soutiennent mutuellement et ne laissent aucun des leurs affronter seul la misère et l'adversité.
Aussi la politique sociale du Mouvement national républicain a-t-elle pour objectif de conforter ces communautés naturelles indispensables à l'épanouissement de la solidarité entre les Français. L'une d'entre elles est la nation, qui reprendra toute sa vigueur avec l'instauration de la préférence nationale. Une autre est la famille dont le rôle se révèle essentiel depuis l'origine des temps, puisqu'aux époques où il n'existait aucune forme de sécurité sociale, c'est elle qui assumait les frais liés à la maladie et à la vieillesse. Les parents âgés qui ne pouvaient plus gagner leur vie étaient pris en charge par leurs enfants et, en cas de maladie ou d'accident, la famille faisait jouer la solidarité pour ses membres. Aujourd'hui, ces traditions d'entraide familiale n'ont pas totalement disparu mais la précarité financière des familles les rend souvent incertaines. Aussi est-il indispensable que les familles françaises soient confortées et qu'elles disposent d'un patrimoine, seul véritable moyen pour elles de pratiquer une solidarité efficace et authentique.
La constitution d'un patrimoine pour chaque Français, tel doit être l'un des objectifs prioritaires d'une politique sociale non socialiste. Car, au-delà de tous les mécanismes collectifs, le patrimoine reste la meilleure des assurances contre les aléas de la vie. Sans compter que la possession d'un bien est aussi un facteur de stabilité sociale et psychologique autant qu'un instrument d'enracinement. Celui qui possède un patrimoine, même modeste, surtout s'il s'agit d'un logement, n'est plus totalement dépendant du monde extérieur. Il dispose d'une marge d'autonomie et, parce que son bien peut être dégradé ou saisi, il acquiert également un sens plus aigu des responsabilités sociales. Il est donc nécessaire de mener une politique de promotion du patrimoine populaire permettant aux Français les plus modestes de se constituer un bien qui leur appartienne en propre et, en particulier, d'acquérir un logement. A cet égard, il sera proposé aux locataires français de HLM de devenir propriétaires de leur appartement grâce à un prêt dont les mensualités seront à peine supérieures au loyer. Dans le même esprit, il convient de développer le capitalisme populaire et de mettre à profit la désétatisation des sociétés nationalisées pour distribuer massivement un petit portefeuille d'actions aux familles françaises.
Ajoutons enfin que cette politique de propriété populaire n'a de sens que si les patrimoines ne sont pas démantelés à l'occasion des successions. N'est-il pas en effet immoral, démotivant et absurde que les parents ne puissent pas transmettre intégralement à leurs enfants ce qui est souvent le produit d'une vie de travail et de privations ? La spoliation opérée actuellement par le fisc au travers de l'impôt sur la succession est un facteur de déracinement et de désintégration sociale dont les effets économiques se révèlent par ailleurs funestes. Alors que cet impôt ne rapporte à l'État qu'un pour cent de ses recettes fiscales, c'est l'ensemble des entreprises familiales qu'il déstabilise périodiquement. Combien de petites sociétés ou d'exploitations agricoles ont ainsi disparu parce que les héritiers ne pouvaient pas acquitter les droits de succession sans démanteler leur bien ? L'impôt sur la succession en ligne directe sera donc supprimé.
Au-delà de cette politique de patrimoine populaire, c'est un grand élan de solidarité qu'il est urgent de susciter et d'orchestrer. A cet égard, il convient de créer un vaste service de fraternité française destiné à organiser concrètement la solidarité nationale au bénéfice des Français les plus démunis. Cet organisme aura pour mission de ménager des contacts quotidiens avec les plus défavorisés de nos compatriotes et d'assurer l'octroi et le suivi des aides prévues par les services administratifs des collectivités publiques. Il apportera donc, par rapport aux instances déjà existantes, ce supplément de chaleur humaine et de relation personnalisée que les organes officiels trop bureaucratisés ne peuvent plus offrir. Le service de fraternité française comptera, à l'instar de la Croix-Rouge, des professionnels, des travailleurs sociaux et des bénévoles bénéficiant d'une solide formation. Tous seront au contact direct de leurs compatriotes en difficulté, qu'ils soient chômeurs sans ressources, handicapés, sans domicile fixe, alcooliques, toxicomanes ou âgés et isolés. Ce service de fraternité française constituera le cadre privilégié d'épanouissement d'une vraie solidarité nationale, aussi éloignée de la bureaucratie socialisante que du charity-business de la télévision. Sorte de parrainage, l'entraide "rapprochée" constitue, l'expérience l'a montré, une méthode efficace et sans doute plus bénéfique que les visites administratives des employés de l'aide sociale. Aussi, le service national de fraternité française, doté de gros moyens et animé par de nombreux bénévoles, pourrait-il devenir demain une arme redoutable contre la pauvreté, le malheur et la marginalité. Encore faudrait-il qu'il dispose des instruments nécessaires à l'exercice de sa mission.
A cet égard, la création d'une allocation nationale de solidarité venant modifier l'actuel RMI paraît nécessaire. Cette allocation, réservée aux Français sans ressources et dont le montant pourrait être réévalué, serait assortie, pour tous ceux qui sont en âge et en condition physique de travailler, d'une obligation d'activité à temps partiel, activité qui serait proposée par les collectivités locales dans le cadre d'emplois d'intérêt général. Outre les subsides qu'elle dispenserait à nos compatriotes les plus pauvres, une telle prestation les amènerait à se réinsérer dans la société et dans le monde du travail en leur redonnant, ne serait-ce qu'à leurs propres yeux, une utilité et une fonction sociales.
Les personnes sans domicile fixe pourront par ailleurs trouver le gîte et le couvert dans les actuels foyers Sonacotra qui, cessant d'être réservés aux immigrés, pourront les accueillir et leur fournir toute l'année des places en qualité et en nombre suffisants.
S'agissant des alcooliques et surtout des toxicomanes, on ne peut plus s'en remettre aujourd'hui aux méthodes laxistes : le mal doit être combattu avec vigueur et les malades sauvés, au besoin malgré eux. Des cures de désintoxication obligatoires seront ordonnées par décision administrative dans des centres spécialisés sous contrôle médical. La réinsertion sociale des intéressés sera prise en charge par le service de fraternité française qui leur assurera, avant qu'ils ne trouvent un travail fixe, les bénéfices de l'allocation nationale de solidarité. La drogue constitue en effet aujourd'hui l'un des fléaux les plus graves auxquels se trouve confronté notre pays. Aussi la lutte contre la toxicomanie doit-elle inciter les pouvoirs publics à engager, parallèlement au traitement des intoxiqués, des actions de prévention d'envergure, notamment par le biais de l'école, et surtout à mener une répression impitoyable à l'égard des trafiquants de drogue dont les responsables de réseaux doivent être passibles de la peine de mort.
Enfin, pour ce qui concerne le sida, il faut en revenir à une évidence : la maladie est actuellement incurable et se développe comme une épidémie. Dans l'attente d'un traitement ou d'un vaccin efficace, la seule solution est donc de recourir aux méthodes traditionnelles pratiquées de tout temps en de telles circonstances, c'est-à-dire détecter les personnes atteintes par le virus et les empêcher de contaminer celles qui sont saines. Cette méthode, visant à priver la maladie de tout nouveau terrain d'expansion, est la seule façon de juguler le mal et d'œuvrer à son extinction. Comme le sida nous est venu d'au-delà des mers, des contrôles sanitaires seront donc imposés aux frontières et l'entrée sur le territoire sera refusée aux étrangers qui ne pourraient pas fournir un test récent de séronégativité. Pour les Français, un dépistage systématique est à prévoir afin d'informer de leur état ceux qui sont contaminés et d'éviter qu'ils ne propagent le mal. Il est par exemple absurde que les examens prénuptiaux obligatoires avant le mariage ne comportent pas le test du sida. Dans le même esprit, l'information concernant l'usage des préservatifs devrait au moins être accompagnée d'une campagne d'incitation à la fidélité conjugale. Quant à ceux qui seraient convaincus d'avoir sciemment contaminé leurs partenaires, ils seront poursuivis pour tentative d'homicide volontaire. De telles mesures susciteront peut-être l'indignation de certains esprits conformistes. Qu'importe, puisqu'elles répondent de façon évidente aux exigences de la santé publique. Il convient en effet de remettre les idées à l'endroit, la priorité n'étant pas d'éviter la marginalisation des malades, mais d'empêcher la maladie de se répandre davantage. Tout doit donc être tenté pour que les séropositifs ne contaminent pas ceux qui sont sains. Bien entendu, ces dispositions n'interdisent pas qu'on vienne en aide aux sidéens, bien au contraire, et tout particulièrement à ceux qui ont été contaminés par la faute des autorités politiques et sanitaires. La solidarité nationale doit aussi s'appliquer dans ce domaine sans aucune restriction, tant sur le plan médical que par le biais social.
Pour le reste, il faut sauver le système de protection sociale aujourd'hui au bord de la faillite. Il s'agit là d'un problème financier très difficile puisqu'il porte sur un budget considérable dont les dépenses augmentent plus vite que les recettes. Pour le résoudre, il conviendra d'abord de le scinder en plusieurs éléments qui trouveront chacun leur solution isolément.
Ensuite, nous créerons des caisses spécifiques pour les immigrés. Ceux-ci reçoivent actuellement sous forme de prestations environ cinquante milliards de francs de plus qu'ils ne versent sous forme de cotisations. L'ensemble de notre système social s'en trouve donc lourdement pénalisé car ce découvert est du même ordre de grandeur que le déficit de l'assurance-maladie et doit être supporté par les cotisants et les contribuables français. Des caisses réservées aux étrangers seront donc instituées de façon que leurs comptes soient équilibrés. Les prestations seront les mêmes que celles offertes aux Français, mais les cotisations patronales seront calculées pour couvrir les prestations à verser.
Pour ce qui concerne l'assurance-maladie, des économies devront être recherchées partout où elles sont réalisables. A titre d'exemple, il serait bon de développer massivement l'hospitalisation à domicile qui assure aux malades les mêmes soins que l'hôpital pour des coûts infiniment plus bas. Chaque fois que ce sera possible, cette pratique sera donc mise en œuvre et toutes les solutions décentralisées génératrices d'économies seront systématiquement privilégiées.
Cela étant, des arbitrages entre des besoins qui ne cessent de croître et des moyens qui restent limités seront inévitables. Il nous paraît préférable de demander aux Français de décider eux-mêmes, directement et individuellement, plutôt que de faire le choix à leur place de façon bureaucratique et collectiviste. Pratiquement, il faut donc, dans le cadre d'un régime national commun à tous les Français, assurer à tous une protection obligatoire. C'est la Caisse nationale d'assurance-maladie, devenue organisme d'Etat contrôlé par le Parlement, qui assurerait la gestion du système et son nécessaire redressement. Et, pour le reste, il faut offrir à nos compatriotes la possibilité d'opter pour des assurances complémentaires plus ou moins complètes que des sociétés privées pourraient être amenées à offrir concurremment aux organismes publics.
S'agissant des retraites, le problème principal est celui de l'effondrement démographique. Et le plus important pour le long terme est d'engager une politique nataliste de préférence familiale capable, comme nous l'avons vu, de provoquer une augmentation significative du nombre des naissances. Pour le court terme, il convient là encore, afin de garantir les retraites, de donner aux Français la possibilité d'exercer eux-mêmes les arbitrages nécessaires. C'est dans cet esprit qu'il faut leur rendre la liberté de choisir l'âge de leur départ à la retraite. En créant les conditions qui ont poussé beaucoup de salariés à cesser leur activité à soixante ans, les socialistes ont mécontenté un grand nombre de nos compatriotes et par ailleurs gravement compromis l'équilibre financier des régimes de retraite. L'instauration de la retraite à la carte assainira naturellement la situation, d'autant qu'en complément du système de retraite obligatoire, les systèmes complémentaires facultatifs de retraite par capitalisation seront encouragés.
Sauver la Sécurité sociale, faire renaître la solidarité entre les Français, reconstruire les communautés naturelles qui les protègent, restaurer la justice sociale et rendre la dignité à chacun de nos compatriotes, telles sont les mesures d'envergure qui doivent permettre à la France de devenir une nation sociale. Il s'agit là d'une entreprise sans précédent mais qui s'impose aujourd'hui comme une nécessité vitale si l'on veut rétablir la cohésion fraternelle de notre peuple, son unité, et donc lui rendre sa capacité à forger un avenir pour nos enfants.

 



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