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L'Alternative nationale

Sommaire:
Introduction: Le mur
Chapitre 1: Le retour du politique
Chapitre 2: Le combat pour les valeurs
Chapitre 3: La liberté pour le peuple
Chapitre 4: L'impératif d'identité
Chapitre 5: La préférence pour la vie
Chapitre 6: Le renouveau du savoir
Chapitre 7: Du travail pour les Français
Chapitre 8: Le social par la fraternité
Chapitre 9: De l'harmonie pour le pays
Chapitre 10: La sécurité dans la cité
Chapitre 11: La grandeur pour la nation
Conclusion: Le printemps de la France



Chapitre 9
De l'harmonie pour le pays

L'harmonie est l'une des qualités propres à notre civilisation. De tout temps notre nation a trouvé ses formes d'expression les plus achevées dans l'équilibre et la mesure, dans cette aptitude toute particulière à marier en un même élan des éléments apparemment opposés : la force et la douceur, la nature et la cité, le beau et l'utile, le communautaire et le personnel. Douce France, disait-on dès la Renaissance, et pourtant grande et forte France fermement affirmée au fil des siècles. N'est-ce pas d'ailleurs ce qui émane de l'héritage que nous ont légué nos ancêtres ? Les châteaux si harmonieux du bord de Loire, les villages baignés de soleil des coteaux de Provence, les monuments majestueux de Paris, les lignes élancées des cathédrales de Champagne, les bocages tant travaillés de Normandie, les côtes déchiquetées de Bretagne, les forêts profondes de Picardie, toutes ces richesses naturelles et architecturales sont là pour témoigner que l'harmonie est une qualité permanente de notre patrimoine et de notre territoire. Aussi celle-ci doit-elle être cultivée comme un don divin non seulement dans le domaine des valeurs, de la morale et du spirituel, mais également dans les réalités tangibles de la nature, des campagnes et des villes.
Or, aujourd'hui, l'harmonie est brisée. Maîtrisant mal le pouvoir que leur donnent la science et la technique, les gouvernements de notre pays, gagnés par la démesure et les effets destructeurs de la société matérialiste, ont rompu l'équilibre de notre territoire et de notre environnement. Les villes se sont enlaidies en sécrétant, comme un tissu cancéreux multiplie les cellules monstrueuses, des quartiers informes et déracinés où le mal vivre est endémique. Quant aux campagnes, elles se vident de leurs habitants et les terres retournent à la jachère comme après une dramatique épidémie. Fleuves et rivages ont perdu leur pureté, l'air que nous respirons s'est chargé de souillures, la nature a été mutilée par le béton ou les produits chimiques. Les hommes en ont été atteints dans leur santé et même dans leur équilibre psychique. Voilà pourquoi le retour de l'harmonie dans la nature, les campagnes et les villes, est devenu un objectif politique de première importance à nos yeux.
D'autres parleraient d'écologie. Pourquoi pas ? L'écologie s'intéresse à la sauvegarde du milieu naturel propre à l'épanouissement de la flore, de la faune et de l'espèce humaine. Il s'agit là d'un impératif de conservation de notre patrimoine naturel essentiel au retour de l'harmonie et donc parfaitement conforme à la philosophie politique qui nous anime. Cet impératif écologique s'inscrit d'ailleurs pleinement dans le combat du Mouvement national républicain pour la défense de notre identité car cette dernière ne fait qu'un tout. Elle constitue un patrimoine ethnique, culturel, mais aussi naturel. Il nous faut donc être attachés à la préservation de la nature et de notre territoire comme à la défense des valeurs de notre civilisation ou de notre peuple.
Cette disposition se révèle d'autant plus nécessaire que l'homme n'est pas un être abstrait. Doué d'une réalité charnelle et temporelle, il est enraciné dans un sol et n'existe qu'au sein de la nature dont on ne peut le séparer. A toutes les époques, il a cherché à dominer cette dernière, à l'exploiter et à la façonner. Depuis la chasse et la cueillette de la préhistoire, en passant par les grands déboisements du Moyen Age, jusqu'aux percées autoroutières d'aujourd'hui, l'homme a toujours voulu soumettre la nature. Et, en agissant ainsi, il est dans son rôle s'il assume les devoirs que lui confèrent ses droits : l'homme peut soumettre la nature à condition de la protéger.
Le retour à l'harmonie implique donc que, dans ce domaine également, le nécessaire et légitime impératif de protection soit remis à l'honneur. Pour ce faire, l'homme doit renouer avec les lois fondamentales de la nature, comprendre que celle-ci comporte également une part de sacré et qu'à ce titre il doit la respecter. Aussi a-t-il le devoir de veiller à la sauvegarde de la nature et d'entreprendre de réparer tous les dommages qu'il lui a causés au cours des dernières décennies. Les techniques pour y parvenir sont connues et doivent donc être mises en œuvre à grande échelle. Certaines d'entre elles, qui font appel aux connaissances scientifiques les plus avancées, devront être encouragées car le respect de la nature n'implique pas, comme le voudraient certains, le retour au passé, la réintroduction du char à bœufs ou la remise en service des moulins à vent. Nous croyons au contraire que la science et la technique, loin d'être des ennemis de la nature, peuvent la servir. C'est seulement leur utilisation perverse qui a porté atteinte à l'harmonie de notre environnement, mais, employées à bon escient, elles permettent à l'homme de maîtriser les pollutions de toutes sortes et contribuent au rétablissement des nécessaires équilibres écologiques.
C'est à cette tâche qu'il conviendra de se consacrer avec beaucoup plus d'ardeur qu'aujourd'hui pour réduire massivement les pollutions de l'air et de l'eau, faire disparaître les déchets, limiter le bruit et les atteintes aux sites naturels. Notons cependant qu'un tel effort représente un coût important qui doit être financé notamment par les industriels. Or cette contribution n'est possible pour eux que dans le cadre du nouveau protectionnisme, faute de quoi la cimenterie installée sur la rive sud de la Méditerranée, qui pollue de ses poussières corrosives tout son environnement, sera toujours plus compétitive que telle autre parfaitement propre implantée près de Marseille. L'impératif écologique exige la protection économique. Ainsi domestiquées, les sciences, les techniques et l'économie pourront-elles œuvrer à reconstituer les équilibres naturels.
Mais l'écologie au sens strict ne peut suffire à rétablir l'harmonie dans notre pays. Déjà, au sein des campagnes, pourtant par définition proches de la nature, d'autres moyens sont à mobiliser pour conjurer les effets funestes des programmes agricoles conduits depuis plusieurs années par l'Europe bruxelloise. Au nom d'une agriculture intensive jugée plus rentable, les technocrates ont poussé au remembrement, à l'utilisation massive d'engrais minéraux et de pesticides, provoquant ainsi la ruine des sols. Sous couvert de productivité, ils ont, dans le même temps, organisé un nouvel et massif exode rural qui est en train de vider nos campagnes et de retirer la vie de nos villages. Le phénomène est spectaculaire : au cours des dix dernières années, la population agricole française est passée de quatre à trois millions de personnes, ce qui représente cinq cent mille emplois perdus. Dans les villages, les commerces disparaissent, les services publics sont déplacés et, lorsque les vieux meurent, les maisons sont fermées définitivement. Dans les champs, les jachères sont encouragées et les exploitations cessent leur activité les unes après les autres : soixante mille de moins en deux ans.
Cette politique de mort menée dans les campagnes est intolérable. Car le monde rural assure trois fonctions essentielles.
La première consiste évidemment à produire ce dont nous avons besoin pour notre subsistance. Or, aujourd'hui, en raison du Gatt et de la Politique agricole commune, l'agriculture française doit réduire ses productions alors même que les importations agricoles, notamment en provenance des États-Unis, augmentent. Situation à la fois absurde et insupportable : comment, en effet, une grande nation comme la France peut-elle accepter de se mettre en état de dépendance pour des denrées aussi essentielles que l'alimentation de sa population ? Il apparaît vital que l'agriculture française soit à nouveau en mesure d'assurer l'autosuffisance alimentaire de notre pays.
La seconde fonction du monde rural est liée au maintien des terroirs car, ne nous leurrons pas, la nature sauvage n'existe plus en France depuis des siècles. Tous nos paysages ont été façonnés au fil des générations par la sueur et parfois le sang de nos paysans. Qui, se promenant dans nos campagnes, n'a pas été frappé de constater que la moindre parcelle de terroir est le fruit du travail des hommes, au point que chaque coteau, chaque vallon, porte un nom qui remonte à la nuit des temps ? Et l'on voudrait que nos paysans rompent avec cette tradition et mettent un terme à cette occupation multimillénaire de notre sol ! Ce serait là une régression inconcevable. Les paysans sont les gardiens de nos terroirs, les jardiniers de nos paysages et ils doivent le rester.
Quant à la troisième fonction, elle révèle encore plus importante car elle touche, à travers l'harmonie du territoire, à l'équilibre psychologique de notre peuple. Il serait en effet absurde que chez nous toute la vie se concentre dans les villes, surtout lorsqu'on connaît les problèmes qui s'y développent. Notre nation a besoin de l'équilibre que lui procure le monde paysan, porteur de valeurs indipensables à l'harmonie mentale et spirituelle de nos concitoyens. Chaque peuple aspire à être enraciné dans un territoire et, en France, nous le sommes collectivement par le truchement du monde rural implanté dans nos terroirs. Et si ce lien entre le peuple et son sol venait à se rompre, notre patrie risquerait de s'étioler comme un arbre dont on a coupé les racines. Aussi est-il nécessaire de maintenir la vie dans les campagnes et même de l'y développer.
Une politique d'envergure est donc à mener pour lutter contre la désertification rurale. A cet égard, on peut certes favoriser systématiquement la création d'activités dans les villages. En outre, il est probable que l'essor des techniques de communication les plus modernes rendra possible le déplacement à la campagne de nombreux emplois. Mais l'essentiel n'est pas là, car le dépérissement des zones rurales résulte de la mort de l'agriculture et, en l'état actuel des choses, la vie ne renaîtra pas dans les campagnes si l'on ne sauve pas l'activité agricole coûte que coûte.
Pour y parvenir, il faut commencer par mettre en cause la Politique agricole commune de Bruxelles. Aujourd'hui, en effet, la Commission européenne cherche à aligner les prix des denrées agricoles sur les cours des marchés mondiaux et, quand on sait que ceux-ci sont fluctuants car manipulés par les spéculateurs et qu'ils s'établissent toujours en dessous des prix de revient de notre agriculture, on comprend pourquoi les choses vont si mal. Si nos paysans doivent vendre leurs produits moins cher qu'ils ne leur coûtent, comment leurs exploitations ne péricliteraient-elles pas ? La première mesure à prendre consiste donc à rétablir les frontières pour les produits agricoles, de façon à protéger notre marché et à y garantir un niveau de prix permettant à nos agriculteurs de vivre décemment du fruit de leur travail comme c'est déjà le cas en Suisse et en Norvège. De plus, grâce à la préférence nationale et communautaire qui mettra un terme aux importations sauvages, nos agriculteurs retrouveront de larges débouchés intérieurs susceptibles d'assurer l'écoulement de la surproduction et le maintien de notre autosuffisance alimentaire.
Enfin, c'est le principe même du système agricole français qu'il faut modifier si l'on veut privilégier partout la qualité par rapport à la quantité. Cet impératif s'impose d'abord pour des raisons écologiques et de santé publique. Lorsque l'on maltraite la nature, elle se venge. Lorsque l'on transforme les vaches herbivores en animaux carnivores, elles deviennent folles et contaminent les hommes. L'augmentation artificielle des rendements porte atteinte à la qualité sanitaire des produits qui, pour certains, finissent par devenir dangereux pour la consommation. N'est-ce pas le cas par exemple de la fabrication du lait ou de la viande massivement stimulée aux hormones ? Mais l'avantage de la qualité sur la quantité est aussi d'ordre économique. A quoi sert-il en effet de produire à grands coups d'engrais cent quintaux à l'hectare, si le blé ainsi récolté n'est pas panifiable et ne peut être vendu qu'à vil prix ? A l'inverse, une production de qualité, même en quantité limitée, est d'un meilleur rapport financier pour l'exploitant car elle permet de réduire, par exemple, la consommation intermédiaire d'engrais et de pesticides, à la fois coûteuse et polluante, et, dans le même temps, de vendre la récolte à un meilleur prix, les denrées de qualité se vendant plus cher. Il convient donc, à l'abri de nos frontières, d'encourager le développement d'une agriculture douce qui privilégie la qualité et qui, ce faisant, limite la production et améliore les revenus des agriculteurs. Tels sont, selon nous, les moyens à mettre en œuvre pour sauver l'activité agricole en France tout en sauvegardant le monde paysan et en rétablissant l'harmonie dans nos campagnes.
Il convient par ailleurs de rechercher dans les villes aussi une meilleure harmonie pour nos compatriotes car les agglomérations, et surtout les grandes métropoles, n'offrent plus la qualité de vie que leurs habitants sont en droit d'en attendre. Aux difficultés liées aux transports, au bruit, à la pollution, s'ajoutent les effets du déracinement propre à l'immigration, de la peur engendrée par l'insécurité et de la déprime que favorise un urbanisme laid et déshumanisé. Autant de mécanismes funestes qui ne relèvent cependant pas de la fatalité et peuvent être inversés par une action volontaire des pouvoirs publics. A cet égard, il convient d'abord, dans le cadre d'une politique efficace d'aménagement du territoire, de stopper le développement des mégapoles pour favoriser celui des villes moyennes, petites collectivités qui, étant davantage à l'échelle de l'homme, peuvent lui offrir les conditions d'une vie plus équilibrée et plus harmonieuse.
Dans les grandes villes, ce sont essentiellement les banlieues et les cités dites sensibles qui créent les plus graves difficultés, aussi est-ce à ce niveau, c'est-à-dire à la racine, que les problèmes doivent être abordés. La réalité est simple : les banlieues connaissent une crise majeure parce qu'elles sont peuplées en majorité d'immigrés et que s'y développent donc tous les maux liés à l'immigration, le déracinement culturel, le chômage, la délinquance, la drogue et la violence ethnique. Or, que fait l'établissement politicien face à cette situation particulièrement inquiétante ? Adepte de la technique de l'autruche qui consiste à se mettre la tête dans le sable pour ne pas voir la réalité, il prône la politique dite "de la ville", politique purement matérialiste qui consiste à réhabiliter à grands frais des immeubles qui sont à nouveau dégradés avant même la fin des travaux, à multiplier les stages, les activités sportives, éducatives et ludiques pour les jeunes désœuvrés qui retournent à la délinquance passé le seuil de la maison de quartier. Il encourage la création de commerces ou de lignes d'autobus qui sont pillés ou rackettés dès leur ouverture. Et, pour couronner le tout, il demande aux policiers de cesser d'être répressifs et de rechercher l'amitié et l'estime des jeunes loubards. Ignorant délibérément les données objectives du drame des banlieues, traitant les effets et non les causes, l'établissement ne parvient évidemment pas à résoudre le problème. Tout au plus évite-t-on, avec la complicité tacite des dealers et des imams, une explosion de violence généralisée. Car, pour le reste, les choses s'aggravent sans cesse et ces quartiers basculent dans la barbarie.
La politique que nous préconisons est d'une toute autre nature. Elle vise d'abord au retour des immigrés dans leur pays d'origine et donc à la diminution progressive du nombre des étrangers, et en particulier des clandestins, dans les cités. Un tel processus permettant de traiter le problème à sa racine, ces banlieues pourront dès lors être progressivement reconquises par la civilisation. Moins les immigrés seront nombreux, plus la politique de dévolution des logements HLM à leurs occupants français pourra prendre de l'ampleur. Ainsi ces quartiers changeront d'allure car les Français qui y seront devenus propriétaires veilleront au respect des immeubles et des espaces verts. La population se stabilisera, s'enracinera et une véritable vie de quartier s'instaurera peu à peu ; dans le même temps, les cités pourront être réinsérées dans la ville. En effet, une fois la sérénité et la sécurité revenues, activités et commerces réapparaîtront et des opérations architecturales d'embellissement y seront menées pendant que les immeubles les plus laids seront démolis.
Nous sommes à cet égard partisans de promouvoir une architecture douce et enracinée en rupture avec la pratique des années écoulées. Conçues selon les préceptes fous de la charte d'Athènes, les constructions réalisées dans les décennies qui ont suivi la guerre ont gravement attenté à la beauté de nos villes. Ce n'est pas pour rien que Salvador Dali dénommait cette architecture brutaliste l'"architecture d'autopunition". Par la ségrégation des activités, la suppression des rues, des places et des façades, par le choix de formes géométriques infantiles et par l'échelle des bâtiments en rupture avec les quartiers traditionnels, M. le Corbusier et ses collègues apprentis sorciers ont brisé l'harmonie de nos cités que des siècles avaient pourtant réussi à créer et à conserver. Il faut donc bannir cet urbanisme fou fondé sur la conception de la "dictature de l'angle droit" et lui substituer, comme le font déjà certains hommes de l'art, une architecture douce qui, par le choix des formes, des couleurs et des volumes, respecte la dimension de l'homme et les contraintes de l'environnement. Une architecture qui soit résolument contemporaine car notre époque doit elle aussi développer son propre style, un style qu'à l'instar de nos ancêtres, elle doit pouvoir imbriquer dans des constructions anciennes.
De façon plus générale, la beauté ne nous paraît pas relever du superflu mais correspondre au contraire à une nécessité d'ordre vital, indispensable à l'œuvre civilisatrice à laquelle nous devons nous consacrer. Renouant avec la tradition, notre civilisation doit redevenir bâtisseuse et multiplier les constructions nouvelles ayant un effet d'embellissement. Il ne faut pas craindre d'édifier des monuments : même s'ils ne sont pas utiles au sens économique du terme, leur existence se révèle indispensable à la beauté et à l'équilibre de nos cités.
Telle est, nous semble-t-il, la politique à mener pour rétablir l'harmonie dans nos villes et nos campagnes. Comme toutes les autres actions à entreprendre, elle vise à faire reculer la barbarie et progresser la civilisation.



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