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L'Alternative nationale

Sommaire:
Introduction: Le mur
Chapitre 1: Le retour du politique
Chapitre 2: Le combat pour les valeurs
Chapitre 3: La liberté pour le peuple
Chapitre 4: L'impératif d'identité
Chapitre 5: La préférence pour la vie
Chapitre 6: Le renouveau du savoir
Chapitre 7: Du travail pour les Français
Chapitre 8: Le social par la fraternité
Chapitre 9: De l'harmonie pour le pays
Chapitre 10: La sécurité dans la cité
Chapitre 11: La grandeur pour la nation
Conclusion: Le printemps de la France



Conclusion
Le printemps de la France

"Prenez le chemin qui descend, de toute façon il n'y en a qu'un seul." Tel est, en substance, le message de la classe politique aux Français. Dans ce livre, je me suis efforcé de montrer qu'il en existe un autre : celui qui monte.
Contrairement à ce qui nous est affirmé, il y a bien en effet une autre politique que celle menée depuis des années. Une politique différente, qui prône le redressement par l'audace et le bon sens, une politique qui apporte concrètement des solutions d'envergure à tous les problèmes difficiles posés à notre pays.
Mais, si la voie est tracée et qu'il suffit de la suivre, pourquoi ne pas s'y engager et mettre en œuvre cette politique de renouveau ? Impossible ! nous répondent les esprits faux de l'établissement, tout imprégnés de conformisme et d'arrogance. "Votre projet est sans doute très intéressant. S'il pouvait être appliqué, ce serait peut-être bénéfique pour notre pays, mais tout cela est hors de portée. Même si demain le Mouvement national républicain exerçait le pouvoir, il ne pourrait pas entreprendre le dixième de ce que vous préconisez. Le chemin vers le haut existe peut-être, mais il est impraticable !"
Cette réaction dictée par le scepticisme et le fatalisme qu'on nous oppose, si elle peut se comprendre de la part de certains de nos compatriotes fort éloignés de la chose publique, est en revanche inadmissible venant de responsables politiques de haut niveau. Il ne s'agit pas en effet de savoir si un tel projet de renaissance est possible ou non. Car la vraie politique ne se limite pas à faire ce qui est possible : elle consiste à rendre possible ce qui est nécessaire. Et c'est là que se situe la véritable ligne de clivage entre la classe politicienne et le Mouvement national républicain: ils nous disent "c'est impossible", nous leur répondons "c'est nécessaire". Les membres de l'établissement, au-delà de leurs apparences, sont donc des êtres résignés, frileux ou couards, puisqu'ils se contentent de faire ce qui leur paraît possible car, enfin, d'où un homme d'État tire-t-il sa grandeur sinon, précisément, de sa capacité à refuser cette médiocre limitation et à poser simplement deux questions essentielles : qu'est-ce qui est nécessaire ? Comment le rendre possible ? Ce qui est nécessaire, c'est ce qui vient d'être décrit dans les chapitres précédents, comment le rendre possible, c'est ce que je voudrais exposer maintenant. Car, pour appliquer ce programme de grande envergure, le Mouvement national républicain au pouvoir disposerait de nombreux leviers dont la classe politique est privée ou qu'elle refuse d'utiliser.
Premier levier de renouveau : s'attaquer à la cause et non aux effets des fléaux qui accablent notre pays. Une démarche dont se révèle incapable l'actuelle classe politique qui reste à la surface des choses, soucieuse avant tout d'atténuer les conséquences de ces maux quand elle ne cherche pas tout simplement à les dissimuler. En matière d'emploi, elle s'est contentée d'entreprendre le traitement social du chômage en s'efforçant par ailleurs, au moyen d'artifices statistiques, de réduire le nombre des chômeurs déclarés. Dans le domaine de l'immigration, sa politique se résume à l'incantation antiraciste, ce qui ne peut avoir évidemment aucune influence sur le phénomène. Phénomène dont elle s'efforce de surcroît de dissimuler l'ampleur en occultant les données chiffrées. S'agissant des banlieues sensibles, sa seule préoccupation est de distribuer suffisamment de subventions et d'aides de toutes sortes pour éviter que les tensions ne débouchent sur des explosions. Aucun de ces problèmes n'a été abordé au fond, aucun d'entre eux ne sera donc résolu.
En revanche, le Mouvement national républicain au pouvoir, je crois l'avoir montré, loin d'éluder la réalité ou d'esquiver les difficultés, s'attaquerait aux causes du mal dont souffre notre pays. C'est ainsi par exemple qu'il entend résoudre réellement et durablement la question de l'immigration, non pas en se payant de mots mais en organisant concrètement le retour chez eux des immigrés. Or l'immigration en France est à l'origine de très nombreux drames. Si donc un gouvernement de renouveau national engage une politique de réduction progressive du nombre des immigrés, il améliore aussitôt par contrecoup la situation de l'emploi, celle des banlieues, de l'école et de la protection sociale, de même qu'il réduit l'insécurité et renforce la cohésion sociale et culturelle de notre pays.
Or cette politique pourra être mise en œuvre car le Mouvement national républicain disposera par ailleurs d'un autre levier très puissant auquel les responsables de l'établissement n'osent pas recourir. Je veux parler du peuple. C'est en effet en nous appuyant sur la volonté du peuple et en l'imposant chaque fois qu'elle se sera clairement exprimée que nous pourrons entreprendre les grandes réformes nécessaires au redressement du pays. Le référendum constitue à cet égard un instrument incomparable car, si demain les Français se prononcent majoritairement pour le retour chez eux des immigrés, qui pourra s'opposer à leur volonté ? Or chacun sait que c'est le souhait profond et parfois secret de la plupart de nos compatriotes.
Est-ce à dire que les réformes que nous préconisons devront être imposées à la minorité hostile dans un rapport de force qui pourrait provoquer des déchirures préjudiciables au sein de notre communauté nationale ? Certainement pas, car nous nous emploierons à rassembler et à susciter autour de ces projets de renaissance un large consensus national.
Le combat que nous mènerons pour la réhabilitation des valeurs créera progressivement un climat favorable à la nouvelle politique et changera l'atmosphère où baignent ceux qui, dans les sphères officielles, façonnent l'opinion. Ce qui semble évident aujourd'hui deviendra objet d'interrogations, de remises en question et de critiques. Ce qui paraît impensable actuellement sera considéré demain comme original, intéressant, voire à la mode. Et le basculement en faveur de nos thèses et de notre vision du monde pourra se produire rapidement. S'agissant des idées dominantes, le plateau de la balance penche aujourd'hui du côté de nos adversaires, mais rien ne dit qu'il faille mettre un poids considérable dans l'autre plateau pour renverser le sens de l'équilibre. Je pense pour ma part qu'il suffira de peu de chose pour provoquer ce retournement de tendance et faire apparaître à nouveau nos valeurs comme des évidences communément admises. Nous disposons dans cette perspective d'un atout considérable car le bon sens et les traditions travaillent dans la même direction que nous.
Notre situation actuelle est en effet très différente de celle des marxistes par exemple, qui, pour réussir, devaient essayer d'imposer aux individus une idéologie fumeuse concoctée de toutes pièces par le cerveau d'un penseur déraciné du xixe siècle. Pour nous, il s'agit plus simplement de remettre les idées à l'endroit et de rendre à notre peuple le sens des vérités immémoriales qui de tout temps l'ont guidé. Ce dont il est question, c'est de lui permettre de se retrouver à nouveau en accord avec lui-même, avec ses pensées profondes, ses instincts vitaux et de recouvrer le bon sens qui est le sien. Il s'agit de pousser nos compatriotes à redevenir eux-mêmes et cette tâche est infiniment plus facile que le travail contraire. Chacun d'ailleurs le sent bien, car ils sont innombrables, aujourd'hui, les Français à penser comme nous au fond d'eux-mêmes, mais ils s'auto-censurent, répriment leurs sentiments et, sous la pression sociale du qu'en-dira-t-on, se sentent coupables de les éprouver. Que cesse cette pression et ces convictions actuellement enfouies remonteront aussitôt à la surface pour se faire entendre avec force et devenir à leur tour les idées dominantes. C'est pourquoi nous utiliserons dans notre tâche de renouveau national le levier des traditions. Fruit des expériences maintes fois répétées de notre peuple, elles ne peuvent mentir. En leur rendant une vie et un lustre nouveaux, nous disposerons d'arguments et de moyens supplémentaires pour aider notre peuple à retrouver sa personnalité.
Dans notre œuvre de renaissance, nous pourrons également utiliser trois puissants ressorts qui conduiront comme naturellement les hommes à faire leurs notre vision et nos propositions.
Le premier d'entre eux est celui de l'équité. Rien en effet ne révolte autant les hommes et ne les pousse davantage à l'action que le sentiment de l'injustice. C'est donc en nous appuyant sur ce noble penchant que nous pourrons mener à bien notre politique de réforme. Dans la mesure où son objectif consiste précisément à corriger les iniquités, elle bénéficiera d'un puissant soutien populaire. C'est en effet par souci de justice que nous instaurerons la préférence nationale, mettant ainsi un terme aux situations scandaleuses de racisme antifrançais dont nos compatriotes sont actuellement les victimes. C'est aussi au nom de la justice que sera créé le principe de la préférence familiale pour en finir avec la situation inique aujourd'hui réservée à ceux qui ont des enfants. C'est enfin dans le même esprit que nous prendrons parti pour les honnêtes gens contre les criminels.
De même que nous œuvrerons pour la justice, notre action s'appuiera sur l'impératif de liberté. La politique de renaissance nationale vise en effet à redonner aux Français les libertés qu'ils ont perdues : liberté d'expression pleinement rétablie, libertés civiques retrouvées, libertés économiques restaurées, liberté pour les mères de famille au travers du salaire parental, libertés pour les retraités qui pourront choisir l'âge auquel ils cesseront leur activité. Or ces libertés nouvelles contribueront à remettre notre pays sur la bonne voie, car elles rendront à la communauté des Français son poids légitime. Et dès lors qu'il pourra choisir par lui-même, le peuple viendra spontanément conforter et soutenir le projet qui est le nôtre.
La liberté, mais aussi la fierté, serviront notre projet de redressement national. Les hommes en effet ont besoin de s'élever au-dessus de leur condition, de pouvoir s'identifier à une entité qui les dépasse et les grandisse. Comme, hélas, la société ne leur offre aujourd'hui rien qui puisse les hisser au-delà de leur situation quotidienne, beaucoup de nos compatriotes cherchent à satisfaire cette légitime aspiration en se tournant vers des réalités de substitution comme le spectacle sportif, par exemple, qui leur permet, en soutenant une équipe, de vivre ses succès ou ses échecs. Mais cela reste limité. Notre intention est donc de rendre aux Français cette dimension à la fois collective et idéale qui leur manque en réhabilitant le patriotisme. La nation redeviendra à leurs yeux une communauté à laquelle ils puissent s'identifier et dont ils pourront être fiers. La France ne vaut-elle pas l'équipe de France ? Il s'agira donc d'exalter le sentiment de fierté nationale en faisant prendre conscience à nos compatriotes de la grandeur de notre pays, en ramenant à leur mémoire le souvenir de nos gloires passées, en leur rappelant qui nous sommes, d'où nous venons, quel sang coule dans nos veines. Ils pourront dès lors se rassembler et se mobiliser autour d'une politique de redressement national visant à redonner son rang à la France. Politique qui deviendra la leur et qu'ils voudront voir triompher, comme le dimanche après-midi, devant la télévision, ils veulent que leur équipe l'emporte.
Le Mouvement national républicain pourra réussir là où les autres échouent car il incarnera par ailleurs trois qualités essentielles qui ne semblent plus aujourd'hui caractériser nos dirigeants. Je veux parler du courage, de la volonté et de l'honnêteté.
Dans les périodes tourmentées, c'est à leur courage que l'on reconnaît les hommes d'État et c'est de cette vertu majeure que notre pays a le plus besoin, car les responsables de la classe politique, dont personne ne nie les capacités intellectuelles, paraissent en être largement dépourvus. Sans doute certains d'entre eux échappent-ils à ce jugement, mais, d'une façon générale, nos dirigeants ne montrent guère de courage dans l'exercice de leur fonction. En revanche, ceux qui animent le Mouvement national républicain semblent être dotés de cette qualité essentielle. N'est-ce pas précisément de courage qu'ils ont déjà fait preuve en poursuivant inexorablement leur route, malgré les obstacles dressés sur leur chemin ? Et cette aptitude à tenir dans la tempête n'est-elle pas le gage qu'ils disposeront, une fois parvenus au pouvoir, du courage nécessaire pour gouverner ?
Il en va de même pour la volonté. Ainsi, la classe politique ne cherche pas à imposer ce qui est légitime car voulu par le peuple. Au contraire, elle s'incline toujours devant les lobbies, bat en retraite face aux manifestations de rue ou recule devant les éditorialistes des médias. Refusant de prendre le moindre risque pour elle-même et suivant donc une ligne ondoyante au gré de ce qu'elle croit être le point moyen des forces sociales antagonistes, elle se révèle, par manque de volonté, incapable de conduire une vraie politique, laquelle exige la constance et la durée. Ses hésitations, ses volte-face, ses renonciations enlèvent toute force à ses actions qui finissent par se neutraliser et se soldent par un résultat dérisoire. Les cadres et dirigeants du Mouvement national républicain, en revanche, ont su montrer une continuité dans leur démarche et dans leur combat qui est le signe infaillible d'une volonté inébranlable.
Enfin, au chapitre de l'honnêteté, la classe politique est aujourd'hui totalement discréditée. Les affaires de corruption se sont multipliées, touchant aussi bien les membres du RPR et de l'UDF que ceux du PS et du PC, et les partis traditionnels offrent quotidiennement le triste spectacle d'une caste de privilégiés qui ne songe qu'à défendre ses places et ses prébendes. A l'opposé, le Mouvement national républicain s'honore de cultiver une éthique exigeante du service désintéressé de la communauté. C'est ce qui a conduit ses membres à s'enrôler dans ses rangs alors que beaucoup d'entre eux auraient pu rejoindre les partis de l'établissement pour jouir eux aussi des avantages qu'offrent les positions officielles. Et ce choix constitue pour eux, au-delà même de l'impératif moral, un atout décisif pour gouverner le pays. Car l'éthique du service ne peut que susciter l'adhésion du peuple, alors que la magouille politicienne provoque indifférence et mépris. La reconnaissance des qualités morales des dirigeants est la première condition du soutien populaire. Comment, sinon, créer la confiance et entraîner l'adhésion, comment susciter un vaste élan sans le respect qu'inspirent la vertu, le courage et la volonté ?
Mais le Mouvement national républicain dispose encore d'un atout supplémentaire pour réussir au pouvoir : il est mû par quelques principes simples et féconds. Certains nous en font le grief et tournent nos idées en dérision au motif qu'elles seraient simplistes, voire naïves. Mais c'est précisément la simplicité de nos choix qui donne toute sa force à notre action. Notre pays est plongé dans un monde de plus en plus complexe, agité d'innombrables conflits, un monde en pleine mutation idéologique et géopolitique. Les êtres intelligents qui nous gouvernent pensent qu'il faut donner aux problèmes inextricables qui résultent de ces données nouvelles des réponses subtiles et sophistiquées, et c'est pourquoi, perdus dans leurs conjectures, ils ne font plus rien. Enfermés dans des raisonnements strictement formels, ils n'ont plus prise sur la réalité, sinon ils sauraient que, pour résoudre une question complexe, il faut en politique avoir des idées simples.
A cet égard, le Mouvement national républicain, pour ce qui le concerne, est animé par quelques idées forces. L'intérêt national est de celles-là. Une préoccupation qui, de tout temps, nous sert de boussole pour déterminer le chemin à suivre et nous donne, par rapport à nos adversaires, une assurance incontestable car elle fournit un repère permanent lorsque d'autres ne savent plus où aller ni que faire. Une autre idée fondamentale est liée à l'impératif de protection, lequel exige de toujours prévoir pour envisager le pire et être en mesure de l'éviter. Certains, pour cela, nous comparent à Cassandre mais, en réalité, ils oublient qu'il s'agit là d'une obligation supérieure du politique que nos gouvernements actuels, dépourvus de clairvoyance et donc toujours surpris par les événements, semblent avoir perdue de vue.
Enfin, si le Mouvement national républicain apparaît aujourd'hui le plus apte à exercer les responsabilités du pouvoir, c'est parce qu'il est devenu la principale force de mouvement quand les partis de l'établissement ne sont plus qu'immobilisme et conservatisme. A ce titre, il représente donc pour la France un atout considérable : le mouvement frontiste, riche de valeurs et de propositions, est porteur d'une large vision, d'un projet fécond et d'un programme de grande envergure capables d'assurer la renaissance de notre pays. Ne cherchant pas à prendre une revanche sur le passé, il est résolument tourné vers l'avenir. Il pense qu'il n'est jamais trop tard et que tout ce qui est nécessaire est possible car sa morale de l'action est faite de lucidité et d'optimisme. En ce sens, le Mouvement national républicain incarne un espoir concret, celui de résoudre les problèmes qui se posent à nos concitoyens comme à notre pays et de redonner un destin à la France.
Pourtant les esprits grincheux resteront perplexes et refuseront cet espoir par pessimisme et étroitesse de vue. "Le Mouvement national républicain est peut-être en mesure de résoudre les problèmes de notre pays, s'exclameront-ils. S'il était au pouvoir, sans doute en effet pourrait-il réaliser le projet qu'il préconise, ce qui provoquerait incontestablement un mouvement spectaculaire de redressement et de renaissance. Certes, mais comme il ne parviendra jamais aux responsabilités du gouvernement, cette perspective enthousiasmante n'a pas lieu d'être."
Il est vrai que la situation du Mouvement national républicain dans l'opposition n'est pas facile car il doit affronter une classe politique hostile et omnipotente. L'établissement dispose en effet du pouvoir exécutif, législatif, et aussi, largement, du pouvoir judiciaire. Mais il détient également le pouvoir médiatique, celui de l'argent, des groupes de pression et des syndicats et même le pouvoir local, si l'on excepte les deux grandes municipalités dorénavant gérées par le Mouvement national républicain. Et, comme de surcroît cette classe politique toute-puissante mène contre le Mouvement national républicain une guerre totale, comment pourrait-il espérer réussir ?
Pour appréhender correctement la réalité, il ne faut pas rester à la surface des choses. L'omnipotence des politiciens n'est qu'apparente car, dans la réalité, le système des partis institutionnels, malgré tous les appuis dont il bénéficie, est loin d'être bien portant. Largement compromises dans les affaires de corruption, soumises aux forces centrifuges des querelles internes, dépourvues de vrais programmes, de valeurs et de convictions, les organisations politiciennes de l'établissement courent actuellement le risque de voler en éclats, à la manière de la classe politique italienne, sous le coup d'une opération "mani pulite" à la française. D'ailleurs, nos compatriotes, prenant progressivement conscience de cette triste réalité, se détournent d'elle, comme le montrent les élections où ses scores vont décroissant. Malgré tous ses pouvoirs, la classe politique française perd de plus en plus sa légitimité et n'est plus aujourd'hui qu'un colosse aux pieds d'argile.
Quant aux médias qui, peu ou prou, la soutiennent, ils sont eux aussi de moins en moins crédibles. Toutes les études d'opinion le montrent, les Français éprouvent une méfiance grandissante à l'égard des informations qui leur parviennent par la télévision. Beaucoup sont convaincus qu'on déforme les faits et que les journalistes ne sont pas indépendants. D'ailleurs nos compatriotes n'ont pas oublié de quelle façon on a cherché à les intoxiquer à travers des opérations de manipulation comme celles de Timisoara ou de Carpentras. En bons résistants, ils ont pris l'habitude de corriger la désinformation qu'ils subissent en cessant de prendre pour argent comptant tout ce que leur annoncent les journaux et les médias audiovisuels. En outre, les Français disposent d'autres moyens pour appréhender la vérité car ils peuvent juger par eux-mêmes du monde réel à travers l'expérience qu'ils en ont. Si on leur explique dans les médias que l'immigration n'est plus un problème mais qu'ils voient augmenter le nombre d'étrangers dans le bus qu'ils prennent tous les matins, ils ne seront pas dupes. Aussi, cette connaissance expérimentale que peuvent acquérir nos compatriotes limite-t-elle d'autant les effets de la censure exercée par l'établissement. L'impact politique des médias s'est fortement émoussé.
Si donc la classe politico-médiatique est en voie de décomposition, le Mouvement national républicain, seule force organisée d'alternative, incarne dès lors le mouvement du recours autour duquel pourront venir se cristalliser les forces saines de notre pays. Pour l'avenir, notre potentiel de rassemblement est en effet considérable car, toutes les enquêtes l'ont montré, nos concitoyens approuvent dans leur grande majorité les principaux points du programme du Mouvement national républicain. Même les plus controversés, comme la peine de mort ou la préférence nationale, reçoivent l'assentiment d'une large partie de notre peuple.
Certes, lors des élections, les Français ne se prononcent pas dans les mêmes proportions pour les candidats du courant national, loin de là ! Mais cela s'explique : beaucoup d'entre eux, intoxiqués par la désinformation ou égarés par les provocations de M. Le Pen ne nous reconnaissent pas pour ce que nous sommes. Lorsque le masque tombera, cette osmose entre le peuple et le courant national se manifestera aussi dans les urnes. D'ailleurs, lors du scrutin présidentiel de 1995, les idées nationales ont en réalité rassemblé près de 20 p. cent des suffrages, si l'on ajoute au score de M. Le Pen les 4,5 p. cent obtenus par M. de Villiers sur un programme comparable. Et en avril 1996, une enquête d'opinion réalisée par RTL-Le Monde et la Sofrès révélait que 28 p. cent de nos compatriotes se reconnaissaient dans les grandes idées défendues par le courant national. Nous incarnons donc, avec le soutien potentiel du peuple français, une force considérable qui ne pourra que se concrétiser dans les années à venir.
Cette espérance se trouve d'ailleurs renforcée par le fait que nous sommes portés par les événements. Le monde est en effet travaillé par de profondes mutations, au point que les schémas anciens n'ont plus cours. L'opposition qui prévalait autrefois entre capitalisme et communisme, libéralisme et socialisme, est complètement dépassée dans les faits. Aujourd'hui, le véritable clivage est celui qui sépare les tenants de l'idée nationale de ceux du mondialisme. Or la classe politique s'est plutôt rangée du côté mondialiste. Les responsables des partis institutionnels adhèrent officiellement ou implicitement à ces thèses, soit par choix idéologique, soit par conformisme. Dans le camp des idées nationales, si l'on excepte le Front national qui se complet dans l'éternelle opposition et le plaisir facile de la provocation, il n'y a donc qu'une seule formation politique cohérente, organisée et enracinée : le Mouvement national républicain.
Or le sentiment national a le vent en poupe. Pendant des décennies, un formidable courant s'est manifesté en faveur du marxisme qui semblait promis à une progression sans fin. Puis le balancier de l'histoire s'est immobilisé pour repartir maintenant de plus en plus vite dans le sens opposé, celui des idées nationales et identitaires. Dans l'ancien monde soviétique, c'est le nationalisme qui a renversé le communisme. A l'Ouest et dans notre pays, un basculement comparable pourrait bien se produire.
Le vent de l'histoire a tourné. Autrefois il soufflait contre nous, aujourd'hui il souffle dans notre direction. C'est encore une brise, fraîche et légère, mais elle pourrait bien se transformer en un puissant mistral qui balayera les nuages noirs de notre avenir.
Viendrait alors, avec l'alternative nationale, le printemps de la France.

 

Vitrolles, le 8 mai 1996.



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