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La France à l'endroit

Sommaire :
Introduction: Le courage de dire non
Chapitre 1: Le monde à l'envers
Chapitre 2: En démocratie surveillée
Chapitre 3: Le rassemblement national
Chapitre 4: L'impératif du renouveau
Chapitre 5: La remise en ordre
Chapitre 6: L'avenir est ouvert
Conclusion: Le temps du réveil



Chapitre 1
Le monde à l'envers


Le désordre ! Sans doute est-ce hélas le mot qui qualifie le mieux l'état de la société française d'aujourd'hui. Une situation qui est bien sûr illustrée de façon dramatique par la montée de la violence et de la criminalité mais qui, plus profondément, résulte de la dégénérescence des règles et des institutions qui fondent notre nation. Comme si le monde avait basculé et que beaucoup des idées bénéfiques qui ordonnaient notre civilisation avaient été refoulées pour laisser monter à la surface des instincts et des attitudes dont l'histoire nous enseigne pourtant qu'ils sont néfastes et même suicidaires.
Tel est le terrible constat que je fais de la société française à l'aube du vingt et unième siècle. Un constat qui ne m'est nullement dicté par la nostalgie du passé. Car, je le sais, le monde évolue, la science et la technologie ouvrent de nouvelles voies, les rapports entre les hommes s'adaptent au cours des choses. Et je me sens en parfaite harmonie avec les exigences de la modernité et du changement. Encore faut-il que le tout s'inscrive dans une démarche d'élévation et de progression pour nos compatriotes et pour la communauté qu'ils forment. Or, c'est hélas un processus inverse de destruction et de régression qui se déroule sous nos yeux.
Et je ne fais pas là référence à des principes abstraits. Car ce qui m'inquiète le plus dans les dérèglements actuels, c'est la détérioration des conditions de vie matérielles et spirituelles des Français. La montée du désordre provoque en effet des troubles très graves dont nos compatriotes sont directement les victimes. Je pense aux atteintes de plus en plus fréquentes à leur intégrité physique ou à celle de leurs biens. Je pense aux nouvelles injustices qui se développent et aux pertes de liberté qui se multiplient. Je pense également à la précarité, à l'appauvrissement, au déracinement, mais aussi à l'effacement de la mémoire, à la perte des repères moraux et à la disparition de toute transcendance.
On me répondra, je le sais, que la situation actuelle de la France paraît bien moins grave qu'elle n'a pu l'être à d'autres époques. Rien à voir par exemple avec ce qu'elle était en juin 1940. Et, pourtant, les difficultés très graves que rencontrent nos compatriotes sont de nature à mettre en cause leur statut de personne au sens le plus noble du terme. De même que les menaces qui pèsent sur notre pays compromettent son avenir en tant que république, en tant que peuple et en tant que nation. Certes, aujourd'hui, tout est amorti par l'édredon de la pensée unique, tout est ramolli par le discours ronronnant du politiquement correct. Mais, lorsqu'on observe la réalité telle qu'elle est vécue par les Français, comment ne pas être saisi par l'inquiétude ?
L'insécurité, par exemple, prend maintenant les allures d'un véritable fléau qui ne cesse de s'amplifier. Le summum a sans doute été atteint au mois de septembre dernier lorsqu'un jeune voyou a déclenché au nom de l'islam une véritable action de guérilla dans la ville de Béziers. Utilisant des armes de guerre, le dénommé Safir Bghiouia s'en est pris aux bâtiments et aux représentants de la république, n'hésitant pas à tuer de sang-froid le chef de cabinet du maire. Le grand public a ainsi pu apprendre que les petits délinquants des cités ont désormais accès aux caches d'armes lourdes disséminées dans les quartiers sensibles de nos villes.
Il n'est pas certain d'ailleurs que nos compatriotes en aient été réellement étonnés, habitués qu'ils sont à voir monter presque quotidiennement cette terrible vague de la violence qui atteint désormais des niveaux que la France n'avait jamais connus. Et je parle là des chiffres réels et non de ceux du gouvernement qui sont sans doute cinq à dix fois inférieurs à la réalité. Car il n'est plus dans notre pays de villes et de villages où l'on soit assuré de pouvoir vivre tranquillement sans avoir à redouter le cambriolage, le racket, le vandalisme, l'agression, le viol ou pire encore.
Or, contrairement à ce que pensent beaucoup de politiciens qui vivent protégés par leur fonction, il ne s'agit pas là d'un problème parmi d'autres. Encore moins de l'expression d'un simple "sentiment d'insécurité" ! Car, enfin, les dirigeants de notre pays ont-ils une idée de la peur et de la souffrance de ceux qui subissent ces fléaux? Savent-ils qu'ils sont marqués dans leur chair et dans leur âme et que c'est leur vie tout entière qui s'en trouve bouleversée ? Ignorent-il que, le plus souvent, les agresseurs ne sont ni retrouvés ni appréhendés ni punis et qu'à la douleur des victimes viennent alors s'ajouter la colère et le sentiment pénible de l'injustice ? Injustice encore aggravée par l'attitude de ces mêmes responsables politiques qui se désintéressent de la souffrance des Français et paraissent se préoccuper davantage du sort des voyous que de celui des victimes.
Et je pense à ce tranquille retraité de Thionville, gendarme exemplaire pendant trente ans, qui s'était adressé à moi pour avoir été mis en détention pendant de longs mois. Son crime : avoir ouvert le feu sur des malfaiteurs qui cambriolaient sa maison et qui, eux, avaient été libérés bien avant lui. J'avais alors été frappé par l'intensité du désespoir et de la colère qui l'habitaient. Comment ne pas comprendre en effet l'amertume et la rancœur de nos compatriotes à l'encontre d'un pouvoir qui les abandonne et qui refuse d'assurer sa mission de protection ?
La situation est d'ailleurs tout aussi dramatique sur le plan économique et social. Alors que le gouvernement nous vante tous les jours les mérites de la mondialisation, beaucoup de nos concitoyens constatent que celle-ci ne les a conduits qu'au chômage, à la précarité ou à l'appauvrissement. La concurrence sauvage orchestrée à l'échelle internationale crée en effet sur notre sol une dangereuse instabilité dont chacun fait hélas les frais dans sa vie quotidienne. Au sein des grandes sociétés, les salariés travaillent dans l'inquiétude permanente d'une restructuration décidée à la bourse de Londres ou dans quelque état-major new-yorkais. Les petites entreprises vivent quant à elles dans la crainte d'un retournement de conjoncture lié à une nouvelle concurrence venue de l'étranger. Les agriculteurs connaissent de leur côté l'angoisse de voir leur vie dépendre des fluctuations des cours mondiaux ou des subventions de Bruxelles. Quant aux membres des professions libérales ou aux employés des services publics, ils sont eux aussi sous la menace de nouveaux règlements ou de nouvelles dérégulations décidés par l'Europe.
Résultat : beaucoup de Français vivent maintenant avec le sentiment quotidien de la précarité et ne peuvent plus construire leur vie normalement. C'est le cas de ces salariés de Moulinex que j'étais allé soutenir dans l'Orne à l'occasion de l'une des nombreuses restructurations de cette entreprise. Je me souviens encore du désarroi de ces ouvrières qui, pour la plupart, avaient bénéficié d'un emploi stable pendant dix ou vingt ans et qui prenaient brusquement conscience qu'il pourrait désormais être supprimé à tout moment. Ce n'était pas seulement leur profession, mais leur vie elle-même qui basculait. Car, pour bâtir, il faut des perspectives et de la stabilité.
Faute de références durables, un grand nombre de nos compatriotes peinent dorénavant à trouver leur équilibre et leur harmonie et voient leur existence se transformer en une lutte perpétuelle pour la survie. Une lutte d'autant plus pénible qu'elle s'accompagne de nouvelles injustices. Car, d'un côté, le groupe très réduit des grands dirigeants déracinés échappe au système socialiste français et trouve la sécurité en s'édifiant une fortune alors que, de l'autre, la grande masse de nos compatriotes, prisonniers du système bureaucratique et fiscaliste propre à notre pays, ne peuvent se constituer un patrimoine, même modeste, pour se prémunir contre la précarité.
Cette précarité économique et sociale est d'ailleurs encore aggravée par la mise en cause des valeurs et des repères traditionnels. Là aussi, les dirigeants de la classe politicienne, au lieu de jouer leur rôle de protecteurs et de gardiens, s'emploient à diluer toujours un peu plus les assises de notre civilisation. Ainsi, tout semble fait par exemple pour dissoudre les familles et les marginaliser. Bien sûr, les Français d'aujourd'hui ne sont plus, comme ceux d'hier, animés par le sens de la pérennité des institutions et de l'intangibilité des engagements, mais rien n'est fait pour les encourager dans ce sens. Rien n'est entrepris pour les aider à consolider les cellules familiales. Aucune grande politique n'est venue les soutenir juridiquement et les aider financièrement.
Aucune préférence ne leur est accordée, bien au contraire. Aujourd'hui, en effet, la priorité du gouvernement va à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels et à l'intégration de leurs associations au sein de l'Union nationale des familles françaises. Le but de la démarche ? Assimiler progressivement les couples homosexuels à une forme de famille comme les autres au même titre que les familles traditionnelles, comme si tout ce qui est marginal devait devenir la norme et tout ce qui est normal devait être marginalisé. Et qu'on ne me fasse pas ici de mauvais procès : entre adultes consentants, chacun est libre de sa sexualité. L'État n'a donc pas à intervenir dans ce domaine qui appartient à la vie privée de chacun. Et le gouvernement n'a pas à encourager ou à institutionnaliser telle ou telle forme de sexualité, surtout si cela se fait au détriment des familles dont la structure et les enfants sont nécessaires à l'harmonie et à l'avenir de notre pays.
Le désordre est donc aujourd'hui particulièrement profond. D'autant qu'un autre facteur de déstabilisation vient encore amplifier le processus, je veux parler du sujet tabou que constitue l'immigration. L'immigration massive et incontrôlée telle que nous la connaissons contribue en effet à détruire notre cohésion nationale et s'attaque directement à notre identité et à nos valeurs. Cause majeure de l'explosion de la criminalité, je rappelle qu'elle aggrave aussi le chômage et vient alourdir le poids de nos charges et de nos impôts.
Mais, soyons clairs, je ne mets pas en accusation les immigrés eux-mêmes qui, pour la plupart, sont eux aussi les victimes de cette politique absurde qui déracine et déstabilise aussi bien les Français que ceux qui viennent chez nous. S'il y a, par exemple, proportionnellement beaucoup plus de délinquants chez les immigrés que parmi les Français de souche, ce n'est évidemment pas en raison de leurs origines. C'est parce qu'étrangers chez nous, ils ne se reconnaissent pas dans nos lois et nos coutumes qu'on a d'ailleurs renoncé à leur imposer et qu'ils ne respectent donc pas. Et, comme ils n'observent pas non plus les leurs, qu'ils ont oubliées ou n'ont pas connues, beaucoup d'entre eux, notamment les jeunes, se replient sur des formes de vie tribales, primaires et violentes, qui constituent, pour eux comme pour notre pays, une régression vers la barbarie.
à cela s'ajoutent les menaces islamistes dont la gravité a été tragiquement démontrée par le monstrueux attentat du World Trade Center. Or, qu'on ne s'y trompe pas, la France est elle aussi directement concernée par ce fléau. Car si, bien sûr, tous les musulmans ne sont pas des terroristes en puissance, il n'y a pas en revanche d'islamisme sans islam, comme il n'y a pas en France d'islam sans immigration. C'est donc elle qui provoque l'implantation sur notre sol de la religion musulmane, laquelle, que cela plaise ou non, constitue à son tour le berceau de l'islamisme. Et je suis abasourdi devant l'incohérence des dirigeants du régime qui expliquent d'un côté vouloir combattre l'islamisme et qui organisent de l'autre le développement de l'islam dans notre pays. En réalité, il est temps d'ouvrir les yeux sur le danger majeur que fait courir à la France l'immigration massive que nous connaissons actuellement.
Car, en dépit des proclamations lénifiantes de la classe politique, l'une des réalités principales de l'immigration ce sont les bandes de voyous qui sèment la terreur dans les cités, les mosquées que l'on construit quand on ferme des églises, les écoles coraniques qui forment les terroristes islamistes, les dépôts d'armes de guerre qui se multiplient dans les cités, les avantages que l'on accorde aux étrangers et que l'on refuse à nos compatriotes. Voilà pourquoi, lorsque les politiciens de gauche comme de droite ne s'intéressent qu'au sort des immigrés, je me tourne d'abord vers mon peuple et, en l'occurrence, vers les millions de Français qui ressentent l'immigration comme une angoisse, une injustice et une frustration.
En effet, face à ce drame aussi, on voit les politiciens du régime se dérober à leur devoir et abandonner les Français à eux-mêmes. Niant l'existence de ces graves problèmes, ils se désolidarisent de leurs compatriotes. Ils se retournent même contre eux et leur expliquent qu'ils ont tort de se plaindre, que les difficultés qu'ils rencontrent n'existent pas ou ne sont que la conséquence normale de l'évolution naturelle des choses et qu'il leur appartient donc d'être modernes et de s'adapter.
Et je suis frappé de constater à quel point les rôles se trouvent aujourd'hui inversés. Le désordre est tel en effet que ce n'est plus le peuple qui fait au gouvernement le procès de ce qui ne va pas, mais des lobbies au pouvoir qui font aux Français le procès de leurs récriminations. Et tout est organisé pour tenter de culpabiliser nos concitoyens, pour leur faire le reproche de leurs sentiments naturels et de leurs colères légitimes. S'ils se plaignent de l'immigration, c'est qu'ils sont racistes. S'ils protestent contre l'insécurité, c'est qu'ils cèdent à des sentiments extrémistes. S'ils restent attachés à leur famille et à la morale traditionnelle, c'est qu'ils sont ringards et réactionnaires. S'ils refusent le mondialisme effréné, c'est qu'ils adhèrent au nationalisme le plus obtus. Et, d'ailleurs, ils ont tort de rester attachés à leur pays, car celui-ci est coupable. Coupable lors de la seconde guerre mondiale, coupable pour la guerre d'Algérie, coupable pour la colonisation. Et tous les grands maîtres de la pensée unique de chercher ainsi à neutraliser le peuple français, en vue d'occulter ses souffrances, ses colères et son mal-vivre. Pourtant, le malaise est bien réel et le désordre très profond puisqu'il touche aux fondements de notre nation.
Il y a d'abord, fait nouveau depuis plusieurs siècles, une crise de notre identité nationale. Crise provoquée bien sûr par la vague migratoire sans précédent que nous subissons depuis près de quarante ans et qui apparaît à certains comme une forme de colonisation à rebours. L'installation de l'islam sur notre sol, la remise en cause de certaines de nos lois et de nos coutumes comme la laïcité, le développement du communautarisme en rupture avec le principe d'unicité de la république jouent à cet égard un rôle déterminant. Mais nous sommes aussi confrontés au processus de dilution de la France dans une Europe elle-même dissoute dans un monde atlantique régi par les États-Unis. Et l'invasion culturelle que nous subissons par le biais de la musique, du cinéma, des modes alimentaires et vestimentaires en provenance d'outre-Atlantique aggrave encore cette crise identitaire que certains cherchent d'ailleurs à théoriser.
L'idéologie mondialiste, serinée à la télévision, à l'école et dans les médias, vient en effet vanter à tout propos le mélange, l'ouverture, le métissage et le grand brassage planétaire. Tout concourt donc à détruire chez nous autres Français la conscience de ce que nous sommes, à nous déraciner, à nous couper de nos origines et de notre culture. Or, quoi de plus important pour une communauté, quelle qu'elle soit, et donc pour une nation, que d'avoir une claire conscience de soi-même ? Les peuples aspirent à l'identité comme les plantes ont besoin de lumière.
Cela me paraît d'ailleurs si vrai que beaucoup de nos compatriotes, se sentant privés de leur identité nationale, cherchent aujourd'hui à retrouver ailleurs cet ancrage si nécessaire à leur épanouissement. Ainsi le régionalisme joue-t-il actuellement le rôle de substitut du patriotisme. Si l'on ne peut plus être fier d'être français, au moins soyons-le d'être corse, breton ou alsacien ! De même, la multiplication des manifestations de réenracinement ou de communautarisme ne fait en réalité que souligner l'ampleur de la crise identitaire qui frappe notre pays. Comment, dans ces conditions, s'étonner des troubles et du désarroi de notre peuple qui ne sait plus clairement qui il est et où il va ?
à ce malaise déjà profond vient s'ajouter hélas une crise économique et sociale de grande ampleur. Car notre société, qui subit depuis des décennies le poids écrasant du socialisme et de l'étatisme, doit maintenant faire face de surcroît aux effets délétères du mondialisme. Une conjonction de maux qui crée une situation nouvelle particulièrement déstabilisante pour les Français.
Notre pays étouffe en effet sous le poids d'une bureaucratie tentaculaire et tatillonne qui bride les initiatives et handicape toute entreprise et toute création. Plus grave encore, les charges, taxes et impôts que nous subissons sont si élevés qu'ils ralentissent l'activité et spolient ceux qui travaillent et qui réalisent. Au point que beaucoup de nos meilleurs cadres, ingénieurs, gestionnaires ou savants s'expatrient vers les États-Unis ou la Grande-Bretagne, privant ainsi notre pays de leur talent et de leur créativité. Mis en place par la classe politicienne dominée par les socialistes, l'étatisme et le fiscalisme conduisent donc notre pays à un appauvrissement financier, intellectuel et scientifique qui pourrait demain se révéler catastrophique. Or, cette situation très préoccupante en elle-même est encore aggravée par l'ouverture à tout va des frontières qui fait subir à notre pays la loi d'airain de l'ultralibéralisme international et soumet notre économie à une concurrence sauvage et impitoyable.
Résultat : beaucoup de nos entreprises, déjà lourdement handicapées par le poids des charges, ne peuvent plus produire sur le sol national. Les sites de production ferment les uns après les autres, les entreprises connaissent des restructurations incessantes et une concentration toujours plus poussée dont je me demande jusqu'où elle ira. Notre économie se trouve ainsi jetée dans l'arène de la compétition internationale tout en devant supporter le fardeau écrasant de la fiscalité et de la bureaucratie socialiste. Autant dire que notre pays cumule de la sorte toutes les difficultés puisque, pratiquant à la fois l'étatisme et l'ultralibéralisme, il se trouve soumis à une idéologie bâtarde et destructrice, que je qualifierais volontiers de socialo-mondialiste.
Encore faudrait-il par ailleurs signaler le caractère libertaire très prononcé de cette idéologie. Car à la crise socio-économique s'ajoute une véritable crise des valeurs. Les traditions, les normes et les principes qui ont contribué à façonner notre civilisation depuis des siècles sont aujourd'hui de plus en plus occultés ou niés quand ils ne font pas l'objet d'un travail de sape délibéré. Honnêteté, respect des autres, liberté d'expression, amour du travail bien fait, goût de l'effort, respect des anciens, sens de la famille, honneur, courage, fidélité, dévouement, altruisme, sentiment religieux, tout ce qui a fait des Français un peuple exceptionnel est aujourd'hui ignoré tant par l'école que par les médias et la société publique. à ce qui exige une discipline individuelle, un engagement personnel, on préfère la communion facile dans les charity-shows télévisés et l'incantation médiatique aux droits de l'homme. Mais, en dehors de "la lutte contre le racisme et l'exclusion", aucune règle morale n'est plus réellement exigée. Je dirais même qu'il est recommandé de s'en libérer.
Toutes les valeurs traditionnelles font d'ailleurs l'objet d'un dénigrement médiatique d'une rare intensité. Chaque soir ou presque, dans des émissions qu'on appelle des talk-shows, des animateurs vedettes organisent sur le petit écran des conversations de café du commerce où le vulgaire le dispute à la provocation. On y voit ces grands prêtres du politiquement correct, tous habillés de noir, également parés d'arrogance et de fatuité, rivaliser dans le laid, le mal et le mensonge. Ne trouve grâce à leurs yeux que ce qui est déviant, marginal et subversif. Pour être bien vu et applaudi du pseudo-public qui les entoure, il vaut mieux ne pas être français et surtout pas de droite. Il est préférable de ne pas être père de famille et encore moins d'afficher un sentiment religieux, sauf s'il s'agit de l'islam ou du bouddhisme. Si l'on est homosexuel militant, c'est mieux, si l'on se drogue, et qu'on le dit, c'est un atout. Et, si l'on est de surcroît beur ou black, c'est parfait ! Il ne reste plus alors qu'à vilipender tout ce qui est moral, traditionnel, familial et national. Certes, ces émissions ne reflètent pas les opinions et le mode de vie de la majorité des Français, mais elles sont très représentatives de la crise des valeurs que nous traversons.
Comment, dans un tel contexte, s'étonner que notre société soit en proie à un désordre dont il n'est guère d'exemple dans notre histoire ? Car, aujourd'hui tout semble inversé : les idées sont à l'envers, les hiérarchies de valeurs retournées, ce qui est bien est mal, ce qui est normal condamnable, ce qui est utile est interdit, ce qui est malsain encouragé.
Ainsi, la justice n'est jamais aussi implacable que lorsqu'elle poursuit un policier. J'avais par exemple été particulièrement ému du sort de ce gardien de la paix de Mantes-la-Jolie que j'étais allé soutenir lors de son procès à Versailles. Le malheureux avait dû faire face à un rodéo automobile sanglant qui avait provoqué le meurtre de l'une de ses collègues et qui l'avait amené à tirer sur une voiture. Par malheur, le conducteur, un jeune du nom de Khaïf, avait été tué sur le coup, et pendant dix ans la justice s'est acharnée sur ce fonctionnaire pour le traîner au bout du compte devant une cour d'assises comme un vulgaire assassin. Malheureusement, cette affaire scandaleuse n'a rien d'exceptionnel car c'est dans tous les domaines de l'activité nationale que l'on assiste aujourd'hui à un véritable renversement de l'ordre naturel des choses. Ainsi les criminels et les délinquants bénéficient d'une totale indulgence mais les policiers n'ont droit à aucune erreur. Sur le papier, les droits de l'homme sont de plus en plus solidement garantis, mais dans la vie le droit à la sécurité est de plus en plus bafoué. Il y a en France de moins en moins d'enfants, mais les familles sont de plus en plus pénalisées. Des pays étrangers comme la Bosnie ou de simples régions comme le Kosovo ont droit à la souveraineté, mais la France en est progressivement privée. Ceux qui travaillent sont de plus en plus spoliés par les impôts, mais ceux qui vivent en parasites reçoivent de plus en plus de subsides. Les immigrés bénéficient chez nous d'avantages qui leur sont réservés, mais les Français, eux, n'ont plus le droit d'être prioritaires en France.
Cette inversion des idées naturelles et légitimes crée un profond désordre qui affecte progressivement l'ensemble des institutions pourtant essentielles à la bonne marche de notre pays. Pratiquement, plus une seule d'entre elles n'est capable d'accomplir correctement la mission qui est la sienne. Et ce ne sont pas les réformes incessantes auxquelles elles sont soumises qui améliorent leur fonctionnement. Au contraire, cette espèce d'obsession du changement, cette idée stupide qu'il faut à tout prix faire bouger les choses ne contribue qu'à aggraver encore la situation et ajoute l'instabilité au désordre.
Car le fait est là : la justice s'occupe de tout sauf de réprimer la délinquance violente, la police est complètement découragée, la médecine et les hôpitaux se tiers-mondisent, la sécurité sociale est en pleine pagaille, l'agriculture en crise permanente, les produits alimentaires sont de plus en plus contaminés, l'environnement ne s'améliore pas, les PME, les artisans et les commerçants étouffent sous les charges et les règlements, les retraités ne sont plus assurés de leur retraite, le franc est supprimé, l'école est gagnée par la violence et l'illettrisme, l'armée réduite à la portion congrue, le service public démantelé. Même la constitution perd sa légitimité au fil des révisions dont elle est l'objet.
C'est ainsi le désordre général qui s'installe partout dans notre pays. Le désordre au sens le plus profond du terme, c'est-à-dire la mise en cause des légitimes hiérarchies, des nécessaires harmonies, de l'indispensable stabilité sans lesquelles une civilisation ne peut s'épanouir. Un désordre qui produit de graves troubles et engendre de terribles injustices pour nos compatriotes. Un désordre qui entraîne notre pays sur la voie redoutable de la barbarie.
Et c'est donc pour m'opposer à ce processus délétère que je me porte candidat à la présidence de la République avec pour principal objectif de remettre de l'ordre en France !


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