La France subit les assauts du cosmopolitisme.
Et, malgré ses mille cinq cents ans d'histoire
et de civilisation, elle est aujourd'hui sur la défensive.
La montée de ce fléau est certes favorisée
par les évolutions du monde moderne qui poussent
à l'uniformisation. Mais, au-delà, elle
trouve sa dynamique dans une volonté militante
de déracinement et dans une affirmation idéologique
quasi expiatoire de dénigrement de soi et de
préférence pour l'autre. Résultat:
la France est actuellement menacée par une
entreprise mondialiste qui nie la nation et rejette
toute affirmation de son identité.
Le sida social
Le cosmopolitisme est une sorte
de maladie de l'esprit qui conduit à rejeter
son identité propre pour se considérer
comme citoyen du monde et à regarder l'univers
comme sa patrie. Ainsi, Mgr Gaillot, grand militant
mondialiste, peut bien se proclamer français,
façonné par la culture de son pays,
il n'en déclare pas moins: “Je suis [...]
attaché à la terre des Droits de l'homme.
Cet enracinement me permet de devenir citoyen du monde.
Mon village, c'est la planète. J'apprends à
devenir frère de tous les hommes. ”
Celui qui, comme l'évêque
d'Évreux, est atteint de ce mal finit par voir
dans les frontières et les particularismes
des instruments de haine ou de conflit et par vouloir
la fin des communautés, qu'elles soient nationales,
familiales, territoriales ou religieuses. Il exalte
le brassage et le melting-pot. Le métissage
est pour lui une source de régénérescence
et de progrès. Il érige l'ouverture
à l'étranger en un dogme fondateur et
milite, par le mélange des races et des cultures,
pour le gouvernement planétaire et l'unité
du genre humain. Comme si le mondialisme était
l'horizon incontournable du bonheur de l'humanité!
La psychanalyse, qui connaît
bien cette fascination pour l'illimité, c'est-à-dire
pour l'indifférencié, qualifie d'“
instinct de mort ” ce mouvement vers l'homogénéisation
qui reste, à y bien réfléchir,
le contraire du processus de différenciation
propre à la vie.
Cette maladie, le cosmopolitisme,
a des effets aussi pernicieux que dévastateurs.
En instaurant un véritable culte de l'autre,
en accueillant sans réserve comme un bienfait
systématique tout ce qui vient de l'étranger,
elle agit sur la nation à la façon du
sida sur le corps humain: elle détruit les
défenses immunitaires, celles qui justement
permettent à l'organisme de se protéger
des corps étrangers indésirables et
nocifs.
Or le mal se répand dans les
esprits. On nous opposera que, jusqu'à présent,
il a fort heureusement épargné l'écrasante
majorité de nos concitoyens. Mais il a touché
ceux-là mêmes qui dirigent notre pays.
Hélas! aujourd'hui, les mots d'ordre officiels,
les formules du prêt-àpenser médiatique
sont ceux du cosmopolitisme. N'est-ce pas le président
de la République en personne qui déclarait
récemment: “Tout ce qui vient des autres
est bénéfique1”? Or M. Mitterrand,
chacun le sait, donne le “la” dans l'établissement
politico-médiatique, aussi est-il largement
suivi lorsqu'il s'adonne ainsi à la xénophilie,
c'est-à-dire à l'amour maladif de l'étranger.
Grand prêtre de la religion de l'autre, le chef
de l'Etat n'hésite pas à préférer
les étrangers aux Français. Ne proclamait-il
pas le 14 juin 1986 dans son message aux participants
de la “ Nuit de toutes les couleurs ”
organisée par SOS-Racisme : “ La première
des libertés est celle de l'autre ”?
En clair, le président de la République
française expliquait aux étrangers que
leur liberté lui est plus précieuse
que celle de ses concitoyens! Incroyable profession
de foi qui installe le cosmopolitisme au cour de la
pensée officielle dans notre pays!
Xénomania
Dès lors, comment s'étonner
que l'établissement tout entier réponde
par le chant doucereux d'un mondialisme militant?
M. Ghébali, secrétaire général
de SOSRacisme, enfant chéri du régime,
peut alors préciser: “ L'avenir de notre
société est dans la supranationalité,
dans le cosmopolitisme'. ” C'est dans ce contexte
que s'inscrit la dérive funeste d'une Education
nationale bien peu... nationale lorsqu'elle se propose
de préparer docilement les élèves
à leur avenir cosmopolite. Bel exemple que
ce manuel scolaire de la collection “Autonomie-Solidarité
” de l'éditeur Magnard qui annonce sans
vergogne son objectif pédagogique: “
Ce livre est un passeport... pour devenir citoyen
du monde. ”
Les médias les plus branchés
participent sans retenue à ce vaste élan
de mondialisme. Le mensuel Globe, fondé par
Bernard-Henri Lévy et Georges-Marc Benamou,
n'hésite pas, dans le manifeste de son premier
numéro, à étaler son mépris
pour l'identité française: “ Bien
sûr, nous sommes résolument cosmopolites.
Bien sûr, tout ce qui est terroir, bérets,
bourrées, binious, bref, franchouillard ou
cocardier, nous est étranger, voire odieux.
Bien sûr, nous avons appris à penser
à Vienne, à rock'n roller à Londres,
à rêver à Hollywood, à
innover à Silicon Valley. ”
Quant au grand public, il n'est pas
oublié. Périodiquement, il a droit à
des spectacles grandioses au cours desquels est exaltée
la vision mondialiste de l'établissement. Panem
et circenses. Souvenons-nous du grand défilé
nocturne du 14 juillet 1989, sur les ChampsElysées,
qui a constitué le point d'orgue des fêtes
du Bicentenaire. On pouvait s'attendre à des
évocations historiques de l'époque ou,
pour rester dans le style “pub ” que semble
affectionner Jack Lang, à des “clips
” à la gloire des valeurs de 1789: “
la fin des privilèges, la liberté, la
souveraineté du peuple, la citoyenneté
ou encore la nation ”. Nous ne vîmes rien
de tout cela, et Jean-Paul Goude, le héros
et l'organisateur de la soirée, imposa aux
Français et aux téléspectateurs
du monde entier son hymne délirant au cosmopolitisme
avec, comme symbole, une cantatrice noire américaine
chantant la Marseillaise. Tout y passa: le métissage
des cultures par le biais d'une saynète où
le Lac des cygnes était interprété
par des danseuses africaines accompagnées de
tam-tams; le déracinement ethnique volontairement
orchestré par le recours à une majorité
de figurants noirs, le mélange des peuples,
essentiellement issus du tiers monde, les Français
n'apparaissant qu'au début du spectacle sous
la forme d'êtres anonymes vêtus de noir,
marchant comme des zombies au son des tambours. Le
tout baigné d'une musique cacophonique où
se confondaient mélopées exotiques et
comptines traditionnelles pour créer, par la
juxtaposition des mélodies et des rythmes,
l'expression sonore de cet hommage officiel au cosmopolitisme
triomphant.
L'aspirateur cosmopolite
Pourtant, avant d'être une idéologie
militante ou une maladie glorieuse, le cosmopolitisme
est la conséquence des évolutions du
monde moderne. Que l'on s'en félicite ou que
l'on s'en indigne, le développement technologique,
par exemple, est un facteur incontestable d'uniformisation
planétaire. Plus la technique prend de l'importance
dans les sociétés humaines et plus celles-ci
ont tendance à se ressembler. La science, étant
universelle, conduit à un déterminisme
des formes: à un niveau donné de développement,
il n'y a pas trente-six façons de construire
un avion, une automobile ou... un aspirateur. De surcroît,
les voitures nécessitent des routes et des
autoroutes qui elles-mêmes conditionnent l'organisation
de l'espace et la configuration des villes. De même,
des techniques de construction identiques et des contraintes
économiques similaires conduisent parfois à
des formes architecturales si semblables que les quartiers
modernes des grandes villes donnent au promeneur l'impression
de ne plus vraiment savoir s'il est à Tokyo,
à Chicago, à Paris ou à Francfort.
Les techniques conditionnent les méthodes de
travail, les appareils ménagers les habitudes
de la vie quotidienne. Ainsi se rapprochent des mœurs
et des coutumes autrefois si différentes d'un
pays à l'autre.
Ces évolutions sont sans doute
inévitables: comment en effet envisager de
renoncer au progrès scientifique par nostalgie
des formes ancestrales? Ce serait d'ailleurs trahir
notre appartenance à une Europe où la
science et la technique sont, plus qu'ailleurs peut-être,
au cour d'une histoire façonnée par
cette volonté de dépassement de soi
et par cet esprit prométhéen si particulier
à l'homo europeanus.
Mondial money
Autre facteur d'uniformisation: l'économie,
qui tend à se mondialiser. Les économies
d'échelle, le transfert des technologies, le
développement du commerce conduisent les industriels
à adopter des stratégies qui dépassent
les frontières. La logique des entreprises
multinationales provoque des regroupements et des
restructurations qui débouchent sur des ensembles
industriels dégagés de toutes attaches
et qui se jouent des limites entre les États.
Quant au système financier, en amont de l'industrie,
il est encore plus mondialiste! Au fil des décennies
écoulées se sont constitués de
grands groupes financiers internationaux dont les
intérêts transcendent ceux des nations
et qui ne connaissent donc plus de réels contrepoids.
Cette structure mondialiste, qui exerce
un pouvoir d'orientation sur l'économie internationale,
favorise l'uniformisation des communautés nationales
en créant des interdépendances et des
intérêts croisés. Elle pèse
également de tout son poids sur les sociétés
où elle jouit de larges pouvoirs dans bien
des domaines. Que l'on songe à l'empire de
presse de M. Maxwell qui s'étend sur nombre
de pays et dont les agences et les journaux contribuent
à faire avancer les idées cosmopolites
à travers le monde.
De telles évolutions sont contestables
et néfastes. Certes, le libéralisme
économique est capable de créer des
richesses et d'apporter la prospérité,
mais il n'est légitimement viable que s'il
préserve la vie des communautés nationales
dans le respect de leur identité, au lieu de
les détruire.
Mickey colonisateur
La question culturelle est encore plus grave. Il faut
nous en convaincre, car c'est avant tout de notre
culture que nous vient notre identité. Et c'est
cet extraordinaire ensemble de connaissances et d'expériences
accumulées au fil des générations,
ce patrimoine patiemment constitué par les
savants et les artistes, qui est offert à l'enfant
qui vient au monde. D'un coup, le plus formidable
des héritages se présente à lui
et le hisse d'emblée, avant même qu'il
ait pu agir et parler, au sommet de l'édifice
de civilisation construit par ses aïeux. Aussi
la culture constitue-t-elle un legs sacré.
Lui porter atteinte, c'est s'attaquer à ce
que nous sommes et aux potentialités de ceux
qui nous suivent.
Or la culture française et
européenne subit l'assaut d'une influence délétère
qui trouve sa source aux ÉtatsUnis d'Amérique.
Cette mise en cause d'une nation, qui a été
et qui reste une alliée et une amie de la France,
surprend et déroute beaucoup de nos compatriotes.
En réalité, parler d'une colonisation
culturelle américaine de l'Europe, ce n'est
pas s'en prendre aux États-Unis, mais c'est
accuser les Européens et leurs gouvernements
de n'avoir pas su résister à cette pression
dangereuse et de n'avoir pas compris, comme Alain
Peyrefitte le notait, que l'“on peut être
colonisé, soumis, envahi sans conflit, sans
défaite apparente, en pleine paix, d'une manière
indolore et insidieuse, et non par des adversaires
mais par des amis dont les intentions cependant ne
sont pas toujours identiques aux nôtres3 ”.
Pour prendre la mesure de cette invasion
culturelle qui ne touche pas principalement les hautes
sphères de l'esprit, il suffit de se promener
dans les rues, de visiter les magasins, de regarder
la télévision. L'influence américaine
est omniprésente: nombre de jeunes gens s'habillent
de jeans et de sweat-shirts, mangent dans les fastfood,
boivent du Coca-Cola, mâchent du chewing-gum,
écoutent du rock et se “ shootent”
à la “ coke ” pendant que leurs
parents regardent sur le petit écran Dallas
ou Dynasty, quand ils n'ingurgitent pas la énième
rediffusion d'une série B d'outre-Atlantique
où leur sont distillés sans nuances
les poncifs éculés de la société
américaine.
Par-delà les formes,
somme toute secondaires et superficielles, de l'american
way of life, ce sont d'abord des types humains et
des modèles culturels que les ÉtatsUnis
exportent chez nous. Mais aujourd'hui cette sousculture
rock-Coca s'est largement affranchie de ses initiateurs.
Issue d'une société de création
récente, dépourvue d'une forte tradition
et véhiculant bien souvent des idées
simplistes et manichéennes, elle est le prototype
idéal des schémas culturels pour société
cosmopolite. C'est le sabir des déracinés,
le seul langage commun aux “ Beurs ”,
aux “ Blacks ” et aux Blancs. Mais c'est
aussi un formidable instrument de déstructuration
qui ne touche pas que les marginaux.
Ses effets corrosifs ne tiennent pas
tant à son pouvoir d'attraction qu'à
l'action de la formidable machine commerciale mise
en oeuvre pour marteler nos esprits. Actuellement,
30 p. 100 des films projetés dans les salles
de cinéma sont français et, parmi les
productions étrangères, 50 p. 100 sont
américaines. A la télévision,
les productions venues des États-Unis fonctionnent
comme un rouleau compresseur nivelant les esprits
et les mémoires. Interrogez les petits enfants
de chez nous: c'est à peine s'ils connaissent
les héros de notre histoire, mais ils sont
intarissables sur Mickey, Mary Poppins ou Superman.
Le vin ou le Coca ?
Il n'y a aucune fatalité
à cette éclipse culturelle dont la responsabilité
incombe d'abord à nos dirigeants. Ce sont eux
qui, dès 1946, sous la houlette de Léon
Blum, ont approuvé les quotas de consommation
cinématographique au profit des oeuvres américaines.
Scandalisé, Louis Jouvet déclarait alors:
“ Désormais, le public va subir les habitudes
étrangères qui l'encourageront à
une paresse d'esprit avilissante. Notre répertoire
dramatique, nos films sont le témoignage de
notre civilisation, de notre culture; le méconnaître,
c'est abdiquer sa qualité de Français4.”
Quarante ans plus tard, ce sont les
mêmes qui ont autorisé et facilité
l'installation de Disneyland en Seineet-Marne. M.
Fabius, Premier ministre socialiste, et M. Giraud,
président RPR de la région parisienne,
ont rivalisé de courbettes et de subventions
pour permettre l'implantation de ce gigantesque parc
de loisirs américain au cour de la France.
La société Disney n'aura déboursé
que quatre cents millions de francs sur les dix milliards
qu'aura coûté le projet! Mais, pour ce
prix, elle obtient la maîtrise du contenu culturel
du parc. Et, chaque année, ce sont des dizaines
de millions d'enfants français ou européens
qui viendront visiter Westernland, Mainstreet, NewOrleansquare.
Ils repartiront, leur jeune tête pleine des
mythes américains, comme s'il n'y avait pas
suffisamment de héros, de sagas, de légendes
dans l'imaginaire européen pour nourrir les
rêves de nos enfants.
Il est vrai que, malgré quelques
discours d'ailleurs restés sans effet, la classe
politicienne semble indifférente à cet
impératif culturel. En juillet 1989, lorsque
Claude Autant-Lara, doyen d'âge du Parlement
européen, exprima dans son allocution d'ouverture
ses inquiétudes face à la menace culturelle
américaine, il provoqua le scandale. Réagissant
comme s'ils étaient stipendiés par un
maître américain, les députés
de l'établissement, dans leur quasi-totalité,
quittèrent l'hémicycle pour ne pas entendre
la vérité qui sortait de la bouche de
M. Autant-Lara.
Rappelons-leur ces lignes d'Henri
Gobard: “ Les peuples peuvent perdre une bataille
et même une guerre et pourtant renaître
[...]. Mais, quand un peuple perd sa culture, il n'est
plus qu'un troupeau docile qui se précipite
vers l'abattoir5. ”
Sans doute n'en sommes-nous pas là,
mais comment ne pas voir un symbole dans cette masse
de députés tournant le dos à
la tribune parce qu'un homme de culture s'y exprime
sans fard sur notre identité ?
Donnons alors le dernier mot à
ce grand cinéaste français, homme de
création qui, au crépuscule de sa vie,
lançait à la jeunesse européenne
ce pathétique et sympathique appel :
“ Je m'adresse ici à
l'instinct de conservation de toutes les jeunesses,
s'il leur en reste. Aucun discours, aucun sermon,
aucune philosophie, seulement un simple voeu. Un voeu
qui peut-être vous semblera dérisoire,
mais combien il est symbolique!
Je demande solennellement à
tous les jeunes de mon pays, à l'heure des
libations, une fois, une seule fois au moins, de renoncer
au Coca-Cola et de commander à la place un
petit vin blanc de chez nous.
De bien le brandir, de bien lever
le verre, de bien le regarder, doré, transparent,
de bien le humer avant de le boire. C'est tout.
Si par malheur après
cette expérience le Coca-Cola reprenait le
dessus, rien ni personne ne pourrait plus rien pour
eux. Ce verre serait, alors, celui du condamné6.
”
L'inflation galopante
Peut-être la condamnation viendra-t-elle
cependant d'une menace plus grave encore pour notre
identité: l'immigration extra-européenne.
C'est en tout cas le sujet tabou, celui qu'on ne peut
aborder sans déclencher les foudres des grands
prêtres de l'idéologie officielle. Ne
nous laissons pas intimider et parlons-en clairement
et simplement.
La vérité se trouve
d'abord dans les statistiques. Et peut-être
n'est-ce pas un hasard si les services officiels sont
si parcimonieux en chiffres sur l'immigration. Cherchez
à connaître la proportion d'étrangers
dans les prisons, demandez la part qu'ils occupent
en recettes et en dépenses dans le budget de
la Sécurité sociale, jamais vous n'obtiendrez
de réponse! Le ministère de la Solidarité
a cependant, ô miracle, publié en octobre
1989 un document de la Direction de la population
et des migrations annonçant une arrivée
légale de près de 120 000 immigrés
pour l'année 1988. Si l'on ajoute à
ce chiffre celui des naissances d'enfants nés
de parents étrangers, on constate que l'accroissement
annuel de la population étrangère en
situation régulière dans notre pays
est d'environ 200 000 et, si l'on prend en compte
les clandestins, il se situe au-dessus de 250 000
personnes par an.
Ce chiffre est considérable
et démontre que les pouvoirs publics ont menti
aux Français: l'immigration n'est pas stoppée,
elle est, au contraire, selon le titre du Figaro du
20 octobre 1989, “ en inflation galopante”.
M. Jean-Claude Barreau, président de l'OMI
(Office des migrations internationales) et de l'INED
(Institut national d'études démographiques),
ne s'en cache d'ailleurs pas: “ Il n'est plus
raisonnable de tenir le discours en usage depuis 1974:
intégration des immigrés présents,
plus de nouveaux immigrés. Un de mes prédécesseurs
à la tête de l'OMI [...] disait: ils
resteront. Je dirais volontiers : ils arrivent toujours7.” Encore
faut-il prendre conscience du fait que les chiffres
de l'immigration sont systématiquement mino
rés par le jeu du code de la nationalité
qui donne chaque année à près
de 100 000 immigrés une carte d'identité
française. Ainsi disparaissent-ils des statistiques,
mais cessent-ils pour autant d'être sociologiquement
des immigrés? Aussi le chiffre officiel de
4,5 millions d'étrangers en 1988 sous-estime-t-il
considérablement la gravité des problèmes
liés à l'immigration: il ne prend en
compte ni les clandestins, ni les enfants d'étrangers,
ni les naturalisés de fraîche date. Rappelons
que le quoti dien France-Soir8, peu suspect de sympathie
pour les idées nationales, a estimé,
après une enquête minutieuse auprès
des services compétents, le nombre des étrangers
présents sur notre sol entre six et huit millions.
La France de M. Mamadou
La projection de ces chiffres dans
l'avenir donne la mesure réelle du phénomène
de l'immigration. Maintenue pendant plusieurs décennies,
cette évolution est terrifiante! Au rythme
actuel, l'augmentation est de un million tous les
quatre ans.
L'une des rares études prospectives
réalisées à ce jour, et confiée
par le Figaro-Magazine9 au démographe Gérard-François
Dumont en 1985, faisait état de treize millions
d'immigrés extra-européens pour l'année
2015. Pour mettre en évidence l'importance
de ce chiffre, G.-F. Dumont le rapprochait de celui
de la baisse de la population française sur
la même période de cinquante et un à
quarante-six millions d'âmes. Ainsi, selon cette
étude, la population non européenne
pourrait atteindre près de 30 p. 100 de la
population française de souche dès 2015.
Pour apprécier ce taux, il faut encore ajouter
qu'à cette date la structure d'âge des
deux populations conduirait, si rien ne change, à
voir naître 373 000 enfants français
pour 276 000 enfants non européens. De plus,
alors que la population globale installée sur
notre territoire stagnerait en dessous de soixante
millions de 1985 à 2015, le Maghreb verrait
sa population passer dans le même temps de cinquante-trois
millions à cent onze millions d'habitants avec,
en l'an 2015, dix millions d'enfants de moins de quinze
ans pour la France contre quarante-trois millions
pour le Maghreb!
Telles sont les perspectives à
l'échéance d'une génération:
la population non européenne représentant
presque le tiers de la population française
de souche avec une natalité de trois enfants
étrangers pour quatre enfants français
et une pression migratoire en provenance du bassin
méditerranéen multipliée par
deux, en quelque" sorte “ l'Europe submergée
”, pour reprendre le titre d'un livre d'Alfred
Sauvy consacré à la question démographique.
En son temps, l'enquête du Figaro-Magazine
avait suscité un tollé de protestations.
Mme Dufoix, ministre des Affaires sociales, avait
reproché à Louis Pauwels d'adopter la
“ méthode Le Pen ”, ajoutant: “Cette
construction qui rappelle les théories les
plus folles du nazisme doit être dénoncée
et poursuivie10” Dans le Matin, Max Gallo avait
surenchéri: “Un document qui fera date
dans l'histoire du racisme de l'après-guerre11
” Signalons que les projections ci-dessus correspondent
à un solde migratoire de cent mille personnes
par an, hypothèse haute de l'étude de
Gérard-François Dumont. Or, nous l'avons
vu, les statistiques officielles reconnaissent qu'il
était de cent vingt mille en 1988, assurant
a posteriori la validité du travail réalisé.
Philippe Séguin a bien tort
de prendre ces chiffres à la légère:
“Dans le Figaro-Magazine, je ne lis que les
mots croisés, nous disait-il, et je ne lis
surtout pas les dossiers sur l'immigration12 ”
Nouvelle preuve de la criminelle insouciance de la
classe politicienne face au destin de notre peuple.
Ces prévisions étant faites sur la base
des évaluations actuelles, rien n'interdit,
il est vrai, d'expliquer aux Français que des
mécanismes régulateurs imprévus
pourront intervenir. Souhaitons-le! Mais, devant un
problème d'une telle ampleur, aucun homme d'État
véritable, aucun citoyen responsable ne peut
s'en remettre à l'espoir que les évolutions
observées actuellement s'infléchiront
spontanément dans le sens souhaité.
Ainsi se présente la question
de l'immigration pour qui veut bien regarder la vérité
en face! Il ne s'agit pas de savoir si M. Mamadou,
ouvrier qualifié, consciencieux et respectueux
des lois, peut devenir un bon Français parmi
les Français. La question est tout autre: la
France peutelle conserver son identité, son
unité, ses institutions et la paix civile,
avec une population non européenne jeune, nombreuse
et en forte croissance?
Un problème colonial
Certes, les tenants du cosmopolitisme nous expliquent
que le phénomène de l'immigration n'est
pas nouveau et que la France est traditionnellement
une terre d'accueil.
Toutes les études historiques13
de référence montrent au contraire que
les apports ethniques extérieurs à la
France ont été très faibles tout
au long de son histoire. En dehors des phénomènes
migratoires des XIXe et XXe siècles, il faut
remonter au Xe siècle avec les invasions normandes,
puis au Ve et au IIIe siècle, pour observer
des phénomènes significatifs. Encore
s'agissait-il alors plutôt de la venue d'élites
politiques et militaires que d'apports de populations
à proprement parler.
Quant aux mouvements migratoires de
la fin du XIXe siècle et de la première
moitié du XXe, ils provenaient de pays européens,
de Pologne ou d'Italie notamment. Les immigrés
d'alors partageaient avec nous la même culture,
la même religion, la même origine ethnique
et, de surcroît, ils souhaitaient ardemment
s'assimiler à la population française.
Aujourd'hui, les gros bataillons d'immigrés
viennent du tiers monde et principalement d'Afrique.
Ils sont majoritairement musulmans et ne s'assimilent
pas au peuple français. Cela ne veut pas dire
que certains Africains ou certains Maghrébins
pris isolément ne puissent y parvenir, mais,
collectivement, ils sont maintenant trop nombreux.
Prenons garde d'oublier cette règle d'airain:
“ Plus grande est la distance culturelle avec
la population d'accueil, plus faible est le nombre
d'immigrés susceptibles d'être assimilés.
”
D'ailleurs, les chantres du cosmopolitisme
militant ne s'y sont pas trompés, puisqu'ils
ont substitué le terme d'intégration
à celui d'assimilation. Or il y a une différence
considérable entre l'assimilation, qui suppose
la transformation de l'étranger en Français,
et l'intégration, qui signifie l'installation
des communautés étrangères sur
le sol français. Dans un cas, l'identité
nationale est préservée, dans l'autre,
elle entre en concurrence avec des identités
allogènes et donne naissance à une société
multiculturelle. L'intégration des immigrés,
c'est la désintégration de la société.
Aujourd'hui, dans notre pays, il n'y
a pas assimilation des populations extra-européennes.
Dans ces conditions, il n'est donc pas étonnant
que les immigrés nordafricains ayant obtenu
la nationalité française éprouvent
le besoin de se dénommer. S'ils se désignent
comme “ beurs ”, c'est bien qu'ils se
sentent différents des Français de souche.
Lorsqu'ils se présentent à des élections,
par exemple aux municipales de 1988, l'association
France-Plus les fait inscrire indifféremment
sur les listes PC, PS, RPR ou UDF, comme s'ils ne
se préoccupaient pas des étiquettes
partisanes. La raison en est qu'ils ne se présentent
pas en tant que citoyens français pour défendre
un programme politique, mais qu'ils veulent se faire
élire au titre de représentants de la
communauté immigrée au sein des conseils
municipaux. Faut-il leur rappeler que la République
française est une et indivisible et que chaque
élu du peuple est désigné pour
représenter tous ses concitoyens et non telle
catégorie ethnique ou religieuse? Vouloir faire
élire dans les assemblées démocratiques
de notre pays des représentants des différentes
“ communautés ”, c'est rompre avec
le principe de l'unité nationale, c'est s'acheminer
selon la logique de l'intégration vers la société
multicommunautaire.
Ce phénomène est déjà
en cours de développement. A Marseille, dans
la banlieue lyonnaise, dans certains quartiers de
Paris et de sa région, il se crée des
enclaves étrangères où la police
ne pénètre pratiquement plus. Ces secteurs
constituent des sortes de zones neutres où
les lois de la République ne sont plus appliquées,
où le trafic et la délinquance se trouvent
protégés par les règles qu'imposent
les caïds du lieu, quand ce ne sont pas les imams
ou les ayatollahs.
A travers ce processus se révèle
la véritable nature de l'immigration extra-européenne,
celle d'un phénomène de colonisation
à l'envers que soulignait Fernand Braudel:
“ Pour la première fois, sur un plan
national, l'immigration pose à la France une
sorte de problème colonial, cette fois planté
à l'intérieur d'elle-même14. ”
Le deuxième round
Comme toute entreprise de colonisation, l'immigration
se développe par étapes successives.
La première phase était celle de l'arrivée
des étrangers et de leur installation physique
sur notre sol. La deuxième est celle de l'implantation
de leur culture, de leur religion, de leur civilisation
à l'intérieur de la société
française.
C'est pourquoi les immigrés
musulmans ne se contentent plus désormais de
lieux de culte discrets aménagés dans
des locaux privés. Ils veulent et obtiennent
des “ mosquées-cathédrales ”
installées au cour de nos villes. La revendication
du port du tchador dans les écoles a la même
signification. Il n'est plus question pour les immigrés
de s'adapter aux moeurs françaises: c'est à
nous d'adapter les règles de la République
aux exigences du Coran. Mais jusqu'où ira-t-on?
Car derrière les mosquées il y a les
écoles, le clergé islamique, les lois
et les coutumes du Coran. Ainsi soit-il! Faudra-t-il,
comme ce fut le cas avec le “ droit privé
” au haut Moyen Age, faire coexister un double
droit, cette fois le droit français et le droit
coranique, et appliquer l'un ou l'autre selon l'appartenance
culturelle des personnes en cause?
Mais que restera-t-il alors de la
France et de son peuple? Déjà, le sentiment
d'appartenir à une même communauté
n'existe plus entre Français de souche et Français
immigrés.
M. Dupont regarde, comme chaque soir,
les informations télévisées.
Soudain, il voit surgir sur l'écran une séquence
montrant des fanatiques islamiques, le visage crispé
de haine, hurlant des appels au meurtre. Sans doute
croit-il que ces images ont été tournées
à Téhéran, mais on lui explique
qu'il se trompe, qu'il s'agit d'une manifestation
de protestation contre les Versets sataniques de Salman
Rushdie filmée place de la République
à Paris. Quant à l'organisateur, il
est interviewé à l'écran : il
porte la barbe, la coiffure et le manteau islamiques
et possède la nationalité française!
Quoi de commun entre ces deux citoyens? Qui peut prétendre
qu'ils appartiennent à un même peuple?
Deux mondes, deux civilisations les séparent.
L'islam, il faut le rappeler, n'est
pas seulement une religion, et ceux qui croient pouvoir
résoudre les difficultés en s'arc-boutant
sur la laïcité de l'État français
et en appelant de leurs voeux la création d'une
église musulmane de France venant prendre sa
place au côté de l'église catholique
n'ont pas saisi la gravité du problème.
Il n'existe pas en effet dans la religion musulmane
de distinction entre le spirituel et le temporel.
Les chefs religieux sont également dotés
d'une autorité politique et les règles
du Coran ont force de loi. La référence
à l'islam crée ainsi entre les nations
fidèles à Allah des liens beaucoup plus
forts que ceux qui existent entre nos pays. En outre,
l'islam est plus vigoureux que jamais; il fait montre
d'une indiscutable volonté prosélyte
et expansionniste et considère l'incroyant
comme un ennemi. Comment concilier cette religion
avec l'identité française? L'islam est
fondateur d'une civilisation qui n'est pas compatible
avec la civilisation chrétienne de l'Europe.
Où peut alors nous conduire l'intégration
sinon aux conflits et au chaos?
Et comment ne pas se méfier
des bons apôtres qui aujourd'hui nous vantent
les mérites de l'intégration et de la
société multiculturelle? Ce sont ces
mêmes intellectuels qui, il y a vingt ans, chantaient
les louanges de Cuba, de Hanoi et de la Chine de Mao.
Ils se sont alors trompés, mais, si aujourd'hui
ils se trompent encore, cette fois les victimes ne
tomberont pas à l'autre bout de la planète:
ce sont les Français qui subiront dans leur
chair les conséquences de leurs erreurs.
Les contradictions de M. Hannoun
La France est
actuellement l'objet de multiples attaques de grande
ampleur qui toutes tendent à diluer son identité
et à faire voler en éclats la communauté
nationale. Or cette situation n'est pas que la conséquence
mécanique des réalités économiques
et démographiques du monde contemporain. Car,
il faut bien le reconnaître, les membres de
l'établissement, ceux dont la mission serait
précisément de protéger notre
pays, aveuglés qu'ils sont par les idées
cosmopolites, encouragent, facilitent et accélèrent
ces évolutions néfastes, au lieu de
les combattre. La Nouvelle Idéologie Socialiste
fait ici la preuve de sa nocivité. Car la montée
de l'immigration trouve désormais son principal
moteur dans l'obsession antiraciste qui détermine
actuellement la politique du pouvoir et le conduit
à favoriser l'arrivée et l'installation
des étrangers du tiers monde sur notre sol.
Curieux phénomène que
cette obsession soudaine de l'intelligentsia à
une époque où les idées racistes
n'ont jamais eu aussi peu d'écho. M. Hannoun,
peu suspect de xénophobie, le reconnaît
lui-même dans son rapport sur le racisme: “
Jamais la France n'a été aussi tolérante,
la France n'est pas un pays raciste15”
Le verrou identitaire
Pourquoi alors la question du racisme occupe-t-elle
artificiellement une place aussi considérable
dans le discours public de l'oligarchie? Certes pas
par souci philanthropique! Malgré leurs déclarations
généreuses, les tenants de l'établissement
se préoccupent fort peu du bonheur des immigrés.
Ils poursuivent en réalité un objectif
idéologique: avec l'“ antiracisme ”,
c'est le réflexe identitaire des Français
qu'ils veulent détruire.
Étymologiquement, le racisme
est l'affirmation de la supériorité
d'une race sur une autre. Il peut conduire à
l'apartheid et à la haine raciale et susciter
l'agression verbale, voire physique. En dehors de
quelques manifestations isolées et unanimement
condamnées, le racisme, ainsi défini,
n'existe pas dans notre pays: aucune personnalité,
aucun groupe ne s'y réfère. Aussi les
tenants du cosmopolitisme militant cherchent-ils à
qualifier de raciste une notion très différente
qui non seulement n'est pas condamnable, mais se révèle
au contraire bénéfique, dans la mesure
où elle assure la préservation des personnalités
individuelles et collectives. Il existe en effet en
chacun de nous un instinct d'identité, une
sorte de réflexe qui nous pousse à protéger
notre intégrité et celle du groupe auquel
nous appartenons. Lorsque cette intégrité
subit des agressions venues de l'extérieur,
certains, il est vrai, peuvent avoir des réactions
primaires qui relèvent du racisme. Mais la
volonté de préserver son identité
est quant à elle légitime et ne peut
en aucun cas être assimilée à
ce dernier.
Ainsi voit-on plus clairement quel
est l'objet du discours officiel: en les qualifiant
de “racistes ”, on cherche à discréditer
des comportements qui sont en réalité
des manifestations salutaires de défense des
identités. Telle est d'ailleurs l'analyse de
Claude Lévi-Strauss, qui n'hésite pas
à affirmer: “Rien ne compromet davantage,
n'affaiblit de l'intérieur et n'affadit la
lutte contre le racisme que cette façon de
mettre le terme, si j'ose dire, à toutes les
sauces, en confondant une théorie fausse, mais
explicite, avec des attitudes communes dont il serait
illusoire d'imaginer que l'humanité puisse
un jour s'affranchir, ni même qu'il faille le
souhaiter16. ”
Remarquons du reste que la meilleure
méthode pour mettre fin à tous les phénomènes
individuels de racisme véritable consisterait
à faire tomber la tension que provoquent les
agressions auxquelles est soumise l'identité
nationale, c'est-à-dire à inverser les
flux migratoires. Mais ce n'est pas là que
se situe l'objectif véritable de l'établissement
cosmopolite. Sa préoccupation est de faire
accepter l'immigration tiers-mondiste et à
cette fin de culpabiliser ceux qui s'y opposent. Le
réflexe identitaire chez les Français
est en effet le principal obstacle à l'installation
des étrangers non européens sur leur
sol; la prétendue lutte “ antiraciste
” a pour objet de faire sauter ce verrou.
Le racisme anti-français
C'est pourquoi l'antiracisme
militant de l'établissement est en réalité
un authentique racisme antifrançais17. Comment
s'en étonner? L’“antiracisme”
a pour objet de briser la résistance naturelle
et légitime des Français à la
montée de l'immigration et du cosmopolitisme,
et le meilleur moyen pour y parvenir consiste à
les dévaloriser à leurs propres yeux
et à leur donner la honte d'eux-mêmes.
Dans cette entreprise, M. Bernard-Henri
Lévy tient une place privilégiée.
N'est-ce pas lui qui, dans son ouvrage l'Idéologie
française, traîne au banc d'infamie toutes
les gloires intellectuelles de la France: Voltaire,
Péguy, Renan et même Jaurès? N'est-ce
pas dans son livre que se trouvent vilipendés
“ces peuples d'autochtones enchaînés
à leurs collines, enchaînés à
leur clocher18”? Il est vrai que pour cet auteur
il n'y a rien “ de plus imbécile, de
plus bêtement obscurantiste qu'un nationaliste
qui [...] s'attache à retrouver la trace d'un
hypothétique génie français19
”. Cette vision dévalorisante de la France
est largement reprise dans les médias avec
des images primaires: celle du “beauf”
à la manière de Cabu ou des enquêtes
de L'Echo des savanes sur les “Cent bonnes raisons
d'avoir honte d'être français20”.
Et que dire du violeur patriote dans Dupont Lajoie
ou de l'assassin tricolore dans le film de Roger Hanin,
Train d'enfer? Quant à Eric Ghébali,
l'un des fondateurs de SOS-Racisme, c'est en ces termes
qu'il justifiait son opposition à la réforme
du code de la nationalité: “Cette réforme
vise à conforter les élans les plus
médiocres des ratés. Elle dit: toi Glandu,
toi Dupont, toi Bitru, qui n'es capable de rien ou
dont la vie devient chaque jour plus dure, au moins
tu es français. C'est là ta gloire,
elle doit te suffire21". ” Jaurès
disait : “Les pauvres n'ont que la Patrie. ”
Le ton a bien changé!
Le complexe de culpabilité
Ces expressions de mépris
ne suffisent pas. Les Français devraient, nous
dit-on encore, répondre aux côtés
des autres grands peuples d'Europe de leurs exactions
passées. Il leur faudrait rendre des comptes
pour les “ péchés ” commis
non seulement pendant la Seconde Guerre mondiale,
mais aussi pendant l'ère coloniale.
Certes, les crimes dont il est question
à propos du dernier conflit ont été
perpétrés par les nazis, mais on cherche
à en rendre complice le peuple français
dans son ensemble en exhumant régulièrement
de vieilles histoires de collaboration. Quelque terribles
qu'aient pu être les atrocités qui ont
marqué cette sinistre période de l'histoire
européenne, elles ne sont pas uniques. D'autres,
hélas, tout aussi dramatiques, ont eu lieu
soit avant, soit après la période nazie.
Pourquoi leurs responsables ne subissent-ils pas le
même opprobre? Les Khmers rouges ont organisé
le génocide de deux millions de Cambodgiens.
Ils ont été depuis partie prenante dans
les négociations pour la paix au Cambodge et
M. Dumas, ministre socialiste des Affaires étrangères,
s'est assis à la même table de conférence
que leurs représentants. De même, les
bolcheviques ont organisé à leur arrivée
au pouvoir un génocide caractéristique
des crimes contre l'humanité puisque des hommes,
des femmes et des enfants ont été massacrés
en raison de leur seule appartenance à une
classe sociale. A quand la création d'un tribunal
international, type Nuremberg, pour juger des crimes
imprescriptibles commis par les communistes à
travers le monde?
Quant à la colonisation, remarquons
simplement que cette expansion du monde européen,
notamment au XIXe siècle, s'inscrit dans le
jeu immémorial des poussées et des reflux
des peuples et des nations. Les Arabes ont conquis
en leur temps une vaste étendue de terre, les
Turcs se sont taillé un immense empire. Les
Européens ont certes couvert les plus grandes
surfaces de la planète, mais leur colonisation
a apporté un minimum de souffrances pour un
maximum de bienfaits.
Cette culpabilisation des peuples
européens est sans aucun fondement. Et ces
incessantes remémorations des seuls crimes
ou prétendus crimes commis par les Européens
sont hypocrites et malsaines. Sous le prétexte
qu'“ il faut se souvenir pour éviter
que cela ne recommence ”, c'est le sentiment
de culpabilité de nos concitoyens qui est recherché!
Ceux qui ont “fauté” doivent se
plier à une éternelle expiation... le
sanglot de l'homme blanc. Ils n'ont plus de droits,
ils n'ont que des devoirs envers le reste de l'humanité.
Pascal Bruckner y insistait: “ Le monde entier
accuse l'Occident, et beaucoup d'Occidentaux participent
à cette campagne: notre responsabilité
est affirmée avec indignation, mépris.
Aucun discours sur le tiers monde ne peut se terminer
ou commencer sans que retentisse ce leitmotiv: l'homme
blanc est méchant. Que nous reste-t-il, à
nous les fils et petits-fils de ces barbares qui ont
écumé terre et mer? A faire toujours
et partout notre acte de contrition22. ”
Ainsi établit-on une discrimination
morale entre des peuples ou des races. Les premiers
ont des droits sur les seconds. Les seconds ont des
devoirs envers les premiers. Les premiers sont moralement
supérieurs aux seconds. Bref, il s'instaure
par ce biais une discrimination antieuropéenne
et un racisme antifrançais.
La préférence
étrangère
Cette entreprise antinationale
ne se contente pas de distiller un discours de dévalorisation
et de culpabilisation, elle se traduit concrètement
par des discriminations dont les Français sont
les victimes.
Dans le même temps où
l'on cherche à affaiblir l'identité
française, on veut aider les immigrés
à conserver ou à retrouver leurs racines
culturelles et religieuses. Il n'est pas question
de passer les immigrés au moule de la laïcité
républicaine comme les jeunes Auvergnats ou
les enfants provençaux. Alors que l'Éducation
nationale a toujours manifesté la plus grande
réticence à enseigner le breton ou le
basque, elle déploie des efforts considérables
pour permettre l'apprentissage de l'arabe. Ainsi Michel
Hannoun préconisait, au nom du gouvernement
de Jacques Chirac, de “ banaliser l'enseignement
des langues des pays d'émigration dans le secondaire
et de le favoriser au niveau du primair23 ”.
Le racisme antifrançais s'inscrit
aussi dans les circulaires administratives, il s'insinue
dans les programmes des partis politiques de l'établissement.
La méthode est simple: elle consiste dans un
premier temps à reconnaître aux étrangers
les mêmes droits qu'aux Français et dans
un deuxième temps à créer des
“ inégalités compensatrices ”,
c'est-à-dire des avantages réservés
aux seuls immigrés.
Ainsi les étrangers ont droit
comme les Français au 0,77 p. 100 logement.
Mais ils bénéficient également
des 0,085 p. 100 instaurés exclusivement à
leur intention. Un immigré qui veut créer
sa propre entreprise bénéficie de toutes
les aides du droit commun prévues pour les
Français, mais il jouit de surcroît de
fonds spécifiques qui lui sont réservés.
La liste pourrait s'allonger à l'infini: les
étrangers jouissent d'avantages particuliers
en matière de formation professionnelle, d'aide
à la réinsertion, de logement en foyers
sociaux, sans compter le Fonds d'action sociale alimenté
pour près de deux milliards de francs par le
budget de l'Etat et les allocations familiales et
réservé exclusivement aux immigrés.
Quant au rapport Hannoun proposé
par le RPR, il prévoyait le développement
de cette politique spécifique: moyens budgétaires
accrus au profit des classes d'élèves
non francophones, mesures financières pour
inciter les propriétaires privés à
loger des immigrés, aides pour faciliter leur
accession à la propriété, crédits
particuliers pour l'éducation de leurs enfants.
Propositions malsaines, car de deux choses l'une:
ou ces immigrés sont des Français et
l'égalité des citoyens devant la loi
est alors bafouée par une discrimination selon
la race ou la religion, ou ils ne le sont pas et se
trouve alors instauré le principe absurde de
la préférence aux étrangers.
Dans les deux cas, il s'agit concrètement de
discrimination antifrançaise.
Le lobby de l'immigration
Cette évolution consternante n'est pas l'effet
du hasard. Voulue par la nouvelle idéologie,
elle est le fruit d'une action d'envergure menée
par un puissant groupe de pression: le lobby de l'immigration,
fer de lance du cosmopolitisme militant.
Cette armée de propagandistes
dont SOS-Racisme est l'étendard regroupe à
des titres divers des partis de gauche et des syndicats
parmi lesquels figurent en premier plan le PS, la
FEN et la CFDT. On y trouve aussi les organisations
prétendant ouvrer pour les droits de l'homme
comme le MRAP, la LICRA ou la Ligue des droits de
l'homme. Paradoxalement, les organisations d'immigrés
y sont minoritaires. Citons néanmoins France-Plus,
la FASTI et le CAlF. N'oublions pas les formations
animées par les trotskistes gravitant autour
de SOS-Racisme, une multitude de petites associations,
ainsi que les professionnels de la pétition!
Tout ce petit monde agit en étroite
osmose avec le pouvoir. Il reçoit ses subsides
de l'État ou de ses prêtenoms. Le concert
des “ Potes ”, le 18 juin 1988, coûte-t-il
six millions de francs? Le gouvernement versera 1,5
million de francs et Yves Saint-Laurent 2 millions
de francs. Quant à France-Plus, elle a reçu
du FAS en 1988 476 000 francs pour les “ activités
générales ”, 300 000 francs pour
une campagne Euro-charter et 95 000 francs pour une
commission juridique. En 1989, elle aurait touché
1 500 000 francs du même organisme24.
Les médias ne sont d'ailleurs
pas en reste. Toutes les manifestations du lobby de
l'immigration reçoivent un très large
écho dans la presse, sur les radios et à
la télévision. Souvent vont-ils même
au-delà, puisque la “Nuit de toutes les
couleurs” organisée par SOS-Racisme le
14 juin 1986 a bénéficié d'un
“contrat” avec la Cinquième chaîne
de près de 2 millions de francs pour la rediffusion
du spectacle. Cas unique d'une organisation de propagande
se faisant payer par une chaîne de télévision
pour disposer de près de deux heures d'antenne.
Fort de tous ces appuis, le lobby
de l'immigration joue un rôle considérable
dans la diffusion des idées cosmopolites en
France. Son efficacité est d'ailleurs d'autant
plus grande qu'il avance masqué. Beaucoup de
Français ne voient en ses membres que les défenseurs
des droits de l'homme et les tenants de la lutte “
antiraciste ” qu'ils prétendent incarner.
Ils devraient se méfier, car son nom même
trahit la vocation véritable de SOS-Racisme.
On dit SOS-Amitié, SOS-Dépannage, SOS-Santé,
SOS précède l'action que l'on veut promouvoir.
En choisissant SOS-Racisme, M. Désir a révélé
son projet véritable. C'est bien pour le racisme
qu'il milite: le racisme antifrançais!
Un diplôme honorifique
Ainsi court le feu du cosmopolitisme
sur les terres desséchées de l'identité
française! Mais que restera-t-il si l'incendie
ne peut être maîtrisé?
La nation, le peuple français,
la citoyenneté seront détruits. M. Harlem
Désir propose-t-il une loi cadre pour l'intégration25?
Il s'agit en réalité d'un projet de
défrancisation du pays. Il y demande de rendre
l'immigration légale pour motifs économiques,
d'accorder au rabais la nationalité française
grâce à une agence nationale de naturalisation.
Il veut également dessaisir les maires de leurs
prérogatives en matière de logement
et de police afin qu'ils ne puissent plus contrecarrer
le processus de colonisation. Le lobby de l'immigration
en demande chaque fois davantage, au mépris
de tous les principes nationaux. “ Nous voulons
l'égalité des droits ”, affirment
ses dirigeants. Mais cette égalité existe
déjà au sein de la nation française.
Elle est même rien n'établirait de différence
entre ses membres et ceux qui n'en font pas partie.
La nationalité française deviendrait
alors une sorte de diplôme honorifique dont
le prestige irait en déclinant à mesure
que s'estomperait le souvenir de la réalité
française.
La leçon d'histoire
Aurait-on pour autant progressé
dans l'échelle du progrès humain? Se
serait-on rapproché de la paix et de la fraternité
universelles que prétendent poursuivre les
sectateurs du cosmopolitisme?
Certainement pas, car l'expérience
immémoriale nous enseigne une autre réalité
bien plus universelle et incontestable celle-là:
il n'existe pas dans l'histoire de l'humanité
d'exemple de coexistence pacifique et durable entre
communautés ethniques ou religieuses différentes.
Au Liban, c'est le déchirement. Au Sénégal
et en Mauritanie, malgré une même religion,
le brassage des ethnies a provoqué le massacre.
En Irlande du Nord, la guérilla entre catholiques
et protestants se perpétue. Au Sri Lanka, c'est
l'affrontement ethnique. En Afrique du Sud, l'histoire
hésite entre l'apartheid et la guerre civile.
En Israel, juifs et arabes s'entre-déchirent
depuis quarante ans. Dans le Caucase où se
côtoient Azéris musulmans et Arméniens
chrétiens, c'est l'embrasement. Ces conflits
ont tous la même origine: la cohabitation de
communautés différentes sur un même
sol. L'Autriche-Hongrie avait laissé s'instaurer
par des migrations internes un enchevêtrement
de nationalités sur son territoire. Devenue
société multiculturelle, elle a éclaté
en 1918. L'Union soviétique, malgré
le carcan totalitaire, n'échappe pas à
cette règle. Dès que l'étau se
desserre, les affrontements ethniques et religieux
éclatent. Seule la Suisse a pu faire coexister
au fil des siècles différentes populations
sur son sol; cette réussite s'explique par
l'application continue et scrupuleuse du principe
selon lequel chaque ethnie doit disposer en propre
d'un territoire.
Choisissons la vie
Face à cette permanence
de l'histoire humaine, il faut beaucoup d'arrogance
ou de bêtise pour prétendre qu'en France
les mêmes causes ne produiraient pas les mêmes
effets. Le refus du mondialisme n'est donc pas, comme
certains le croient, une option idéologique;
c'est simplement une nécessité de survie,
car les œuvres du cosmopolitisme, nous les connaissons:
c'est le conflit, la guerre civile, le racisme, le
chaos et la mort. Choisissons la vie!
1 Colloque “ La France et la
pluralité des cultures”, Sorbonne, 18
avril 1987.
2. Le Figaro-Magazine, 28 février
1987.
3 Le Monde, 9 et 10 novembre 1985.
4 Cité par Pierre Bérard,
in “ l'Identité européenne”,
IFN, 1989.
5. Henri Gobard, la Guerre culturelle.
Logique du désastre, Copernie, 1979.
6. Claude Autant-Lara, discours prononcé
au Parlement européen le 25 juillet 1989 et
publié intégralement dans National-Hebdo,
août 1989.
7. Le Monde, 10 octobre 1989.
8. France-Soir, 2 novembre 1989
9. Le Figaro-Magazine, 26 octobre
1985.
10. AFP, 26 octobre 1985.
11. Le Matin, 28 août 1985.
12. Le Figaro-Magazine, 9 novembre
1985
13. Voir, notamment, sous la direction
de Jacques Dupâquier, Histoire de la population
française, PUF, 1989.
14. Fernand Braudel, l'Identité
de la France, tome II, Arthaud, 1986.
15. Michel Hannoun, Rapport sur l'intégration
des immigrés, novembre 1987.
16. Claude Lévi-Strauss, le
Regard éloigné, Pion, 1983.
17. Consulter à ce sujet: Jean-Yves
Le Gallou, le Racisme anti-français, 1988.
18. Bernard-Henri Lévy, l'Idéologie
française, Figures, Grasset, 1981.
19. Ibid.
20. L'Écho des savanes, n°
76.
21. Le Figaro-Magazine.
22. Pascal Bruckner, le Sanglot
de l'homme blanc, éd. du Seuil, 1983.
23. Miche! Hannoun, op. cit.
24. Passages, n° 20, septembre
1989.