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La Flamme

Sommaire:
Introduction
1ere partie: les instruments du déclin
Chapitre 1: le socialisme nouveau
Chapitre 2: le cosmopolitisme militant
Chapitre 3: le matérialisme triomphant
Chapitre 4: le totalitarisme larvé
2eme partie: les atouts du combat national
Chapitre 5: les mutations politiques
Chapitre 6: la question des valeurs
3eme partie: les leviers du renouveau
Chapitre 7: l’identité
Chapitre 8: la fraternité
Chapitre 9: les libertés
Chapitre 10: la puissance
Chapitre 11: l’action
Conclusion



Chapitre 2
Le cosmopolitisme militant

La France subit les assauts du cosmopolitisme. Et, malgré ses mille cinq cents ans d'histoire et de civilisation, elle est aujourd'hui sur la défensive. La montée de ce fléau est certes favorisée par les évolutions du monde moderne qui poussent à l'uniformisation. Mais, au-delà, elle trouve sa dynamique dans une volonté militante de déracinement et dans une affirmation idéologique quasi expiatoire de dénigrement de soi et de préférence pour l'autre. Résultat: la France est actuellement menacée par une entreprise mondialiste qui nie la nation et rejette toute affirmation de son identité.

Le sida social

Le cosmopolitisme est une sorte de maladie de l'esprit qui conduit à rejeter son identité propre pour se considérer comme citoyen du monde et à regarder l'univers comme sa patrie. Ainsi, Mgr Gaillot, grand militant mondialiste, peut bien se proclamer français, façonné par la culture de son pays, il n'en déclare pas moins: “Je suis [...] attaché à la terre des Droits de l'homme. Cet enracinement me permet de devenir citoyen du monde. Mon village, c'est la planète. J'apprends à devenir frère de tous les hommes. ”

Celui qui, comme l'évêque d'Évreux, est atteint de ce mal finit par voir dans les frontières et les particularismes des instruments de haine ou de conflit et par vouloir la fin des communautés, qu'elles soient nationales, familiales, territoriales ou religieuses. Il exalte le brassage et le melting-pot. Le métissage est pour lui une source de régénérescence et de progrès. Il érige l'ouverture à l'étranger en un dogme fondateur et milite, par le mélange des races et des cultures, pour le gouvernement planétaire et l'unité du genre humain. Comme si le mondialisme était l'horizon incontournable du bonheur de l'humanité!

La psychanalyse, qui connaît bien cette fascination pour l'illimité, c'est-à-dire pour l'indifférencié, qualifie d'“ instinct de mort ” ce mouvement vers l'homogénéisation qui reste, à y bien réfléchir, le contraire du processus de différenciation propre à la vie.

Cette maladie, le cosmopolitisme, a des effets aussi pernicieux que dévastateurs. En instaurant un véritable culte de l'autre, en accueillant sans réserve comme un bienfait systématique tout ce qui vient de l'étranger, elle agit sur la nation à la façon du sida sur le corps humain: elle détruit les défenses immunitaires, celles qui justement permettent à l'organisme de se protéger des corps étrangers indésirables et nocifs.

Or le mal se répand dans les esprits. On nous opposera que, jusqu'à présent, il a fort heureusement épargné l'écrasante majorité de nos concitoyens. Mais il a touché ceux-là mêmes qui dirigent notre pays. Hélas! aujourd'hui, les mots d'ordre officiels, les formules du prêt-àpenser médiatique sont ceux du cosmopolitisme. N'est-ce pas le président de la République en personne qui déclarait récemment: “Tout ce qui vient des autres est bénéfique1”? Or M. Mitterrand, chacun le sait, donne le “la” dans l'établissement politico-médiatique, aussi est-il largement suivi lorsqu'il s'adonne ainsi à la xénophilie, c'est-à-dire à l'amour maladif de l'étranger. Grand prêtre de la religion de l'autre, le chef de l'Etat n'hésite pas à préférer les étrangers aux Français. Ne proclamait-il pas le 14 juin 1986 dans son message aux participants de la “ Nuit de toutes les couleurs ” organisée par SOS-Racisme : “ La première des libertés est celle de l'autre ”? En clair, le président de la République française expliquait aux étrangers que leur liberté lui est plus précieuse que celle de ses concitoyens! Incroyable profession de foi qui installe le cosmopolitisme au cour de la pensée officielle dans notre pays!

Xénomania

Dès lors, comment s'étonner que l'établissement tout entier réponde par le chant doucereux d'un mondialisme militant? M. Ghébali, secrétaire général de SOSRacisme, enfant chéri du régime, peut alors préciser: “ L'avenir de notre société est dans la supranationalité, dans le cosmopolitisme'. ” C'est dans ce contexte que s'inscrit la dérive funeste d'une Education nationale bien peu... nationale lorsqu'elle se propose de préparer docilement les élèves à leur avenir cosmopolite. Bel exemple que ce manuel scolaire de la collection “Autonomie-Solidarité ” de l'éditeur Magnard qui annonce sans vergogne son objectif pédagogique: “ Ce livre est un passeport... pour devenir citoyen du monde. ”

Les médias les plus branchés participent sans retenue à ce vaste élan de mondialisme. Le mensuel Globe, fondé par Bernard-Henri Lévy et Georges-Marc Benamou, n'hésite pas, dans le manifeste de son premier numéro, à étaler son mépris pour l'identité française: “ Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, bérets, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux. Bien sûr, nous avons appris à penser à Vienne, à rock'n roller à Londres, à rêver à Hollywood, à innover à Silicon Valley. ”

Quant au grand public, il n'est pas oublié. Périodiquement, il a droit à des spectacles grandioses au cours desquels est exaltée la vision mondialiste de l'établissement. Panem et circenses. Souvenons-nous du grand défilé nocturne du 14 juillet 1989, sur les ChampsElysées, qui a constitué le point d'orgue des fêtes du Bicentenaire. On pouvait s'attendre à des évocations historiques de l'époque ou, pour rester dans le style “pub ” que semble affectionner Jack Lang, à des “clips ” à la gloire des valeurs de 1789: “ la fin des privilèges, la liberté, la souveraineté du peuple, la citoyenneté ou encore la nation ”. Nous ne vîmes rien de tout cela, et Jean-Paul Goude, le héros et l'organisateur de la soirée, imposa aux Français et aux téléspectateurs du monde entier son hymne délirant au cosmopolitisme avec, comme symbole, une cantatrice noire américaine chantant la Marseillaise. Tout y passa: le métissage des cultures par le biais d'une saynète où le Lac des cygnes était interprété par des danseuses africaines accompagnées de tam-tams; le déracinement ethnique volontairement orchestré par le recours à une majorité de figurants noirs, le mélange des peuples, essentiellement issus du tiers monde, les Français n'apparaissant qu'au début du spectacle sous la forme d'êtres anonymes vêtus de noir, marchant comme des zombies au son des tambours. Le tout baigné d'une musique cacophonique où se confondaient mélopées exotiques et comptines traditionnelles pour créer, par la juxtaposition des mélodies et des rythmes, l'expression sonore de cet hommage officiel au cosmopolitisme triomphant.

L'aspirateur cosmopolite

Pourtant, avant d'être une idéologie militante ou une maladie glorieuse, le cosmopolitisme est la conséquence des évolutions du monde moderne. Que l'on s'en félicite ou que l'on s'en indigne, le développement technologique, par exemple, est un facteur incontestable d'uniformisation planétaire. Plus la technique prend de l'importance dans les sociétés humaines et plus celles-ci ont tendance à se ressembler. La science, étant universelle, conduit à un déterminisme des formes: à un niveau donné de développement, il n'y a pas trente-six façons de construire un avion, une automobile ou... un aspirateur. De surcroît, les voitures nécessitent des routes et des autoroutes qui elles-mêmes conditionnent l'organisation de l'espace et la configuration des villes. De même, des techniques de construction identiques et des contraintes économiques similaires conduisent parfois à des formes architecturales si semblables que les quartiers modernes des grandes villes donnent au promeneur l'impression de ne plus vraiment savoir s'il est à Tokyo, à Chicago, à Paris ou à Francfort. Les techniques conditionnent les méthodes de travail, les appareils ménagers les habitudes de la vie quotidienne. Ainsi se rapprochent des mœurs et des coutumes autrefois si différentes d'un pays à l'autre.

Ces évolutions sont sans doute inévitables: comment en effet envisager de renoncer au progrès scientifique par nostalgie des formes ancestrales? Ce serait d'ailleurs trahir notre appartenance à une Europe où la science et la technique sont, plus qu'ailleurs peut-être, au cour d'une histoire façonnée par cette volonté de dépassement de soi et par cet esprit prométhéen si particulier à l'homo europeanus.

Mondial money

Autre facteur d'uniformisation: l'économie, qui tend à se mondialiser. Les économies d'échelle, le transfert des technologies, le développement du commerce conduisent les industriels à adopter des stratégies qui dépassent les frontières. La logique des entreprises multinationales provoque des regroupements et des restructurations qui débouchent sur des ensembles industriels dégagés de toutes attaches et qui se jouent des limites entre les États. Quant au système financier, en amont de l'industrie, il est encore plus mondialiste! Au fil des décennies écoulées se sont constitués de grands groupes financiers internationaux dont les intérêts transcendent ceux des nations et qui ne connaissent donc plus de réels contrepoids.

Cette structure mondialiste, qui exerce un pouvoir d'orientation sur l'économie internationale, favorise l'uniformisation des communautés nationales en créant des interdépendances et des intérêts croisés. Elle pèse également de tout son poids sur les sociétés où elle jouit de larges pouvoirs dans bien des domaines. Que l'on songe à l'empire de presse de M. Maxwell qui s'étend sur nombre de pays et dont les agences et les journaux contribuent à faire avancer les idées cosmopolites à travers le monde.

De telles évolutions sont contestables et néfastes. Certes, le libéralisme économique est capable de créer des richesses et d'apporter la prospérité, mais il n'est légitimement viable que s'il préserve la vie des communautés nationales dans le respect de leur identité, au lieu de les détruire.

Mickey colonisateur

La question culturelle est encore plus grave. Il faut nous en convaincre, car c'est avant tout de notre culture que nous vient notre identité. Et c'est cet extraordinaire ensemble de connaissances et d'expériences accumulées au fil des générations, ce patrimoine patiemment constitué par les savants et les artistes, qui est offert à l'enfant qui vient au monde. D'un coup, le plus formidable des héritages se présente à lui et le hisse d'emblée, avant même qu'il ait pu agir et parler, au sommet de l'édifice de civilisation construit par ses aïeux. Aussi la culture constitue-t-elle un legs sacré. Lui porter atteinte, c'est s'attaquer à ce que nous sommes et aux potentialités de ceux qui nous suivent.

Or la culture française et européenne subit l'assaut d'une influence délétère qui trouve sa source aux ÉtatsUnis d'Amérique. Cette mise en cause d'une nation, qui a été et qui reste une alliée et une amie de la France, surprend et déroute beaucoup de nos compatriotes. En réalité, parler d'une colonisation culturelle américaine de l'Europe, ce n'est pas s'en prendre aux États-Unis, mais c'est accuser les Européens et leurs gouvernements de n'avoir pas su résister à cette pression dangereuse et de n'avoir pas compris, comme Alain Peyrefitte le notait, que l'“on peut être colonisé, soumis, envahi sans conflit, sans défaite apparente, en pleine paix, d'une manière indolore et insidieuse, et non par des adversaires mais par des amis dont les intentions cependant ne sont pas toujours identiques aux nôtres3 ”.

Pour prendre la mesure de cette invasion culturelle qui ne touche pas principalement les hautes sphères de l'esprit, il suffit de se promener dans les rues, de visiter les magasins, de regarder la télévision. L'influence américaine est omniprésente: nombre de jeunes gens s'habillent de jeans et de sweat-shirts, mangent dans les fastfood, boivent du Coca-Cola, mâchent du chewing-gum, écoutent du rock et se “ shootent” à la “ coke ” pendant que leurs parents regardent sur le petit écran Dallas ou Dynasty, quand ils n'ingurgitent pas la énième rediffusion d'une série B d'outre-Atlantique où leur sont distillés sans nuances les poncifs éculés de la société américaine.

Par-delà les formes, somme toute secondaires et superficielles, de l'american way of life, ce sont d'abord des types humains et des modèles culturels que les ÉtatsUnis exportent chez nous. Mais aujourd'hui cette sousculture rock-Coca s'est largement affranchie de ses initiateurs. Issue d'une société de création récente, dépourvue d'une forte tradition et véhiculant bien souvent des idées simplistes et manichéennes, elle est le prototype idéal des schémas culturels pour société cosmopolite. C'est le sabir des déracinés, le seul langage commun aux “ Beurs ”, aux “ Blacks ” et aux Blancs. Mais c'est aussi un formidable instrument de déstructuration qui ne touche pas que les marginaux.

Ses effets corrosifs ne tiennent pas tant à son pouvoir d'attraction qu'à l'action de la formidable machine commerciale mise en oeuvre pour marteler nos esprits. Actuellement, 30 p. 100 des films projetés dans les salles de cinéma sont français et, parmi les productions étrangères, 50 p. 100 sont américaines. A la télévision, les productions venues des États-Unis fonctionnent comme un rouleau compresseur nivelant les esprits et les mémoires. Interrogez les petits enfants de chez nous: c'est à peine s'ils connaissent les héros de notre histoire, mais ils sont intarissables sur Mickey, Mary Poppins ou Superman.

Le vin ou le Coca ?

Il n'y a aucune fatalité à cette éclipse culturelle dont la responsabilité incombe d'abord à nos dirigeants. Ce sont eux qui, dès 1946, sous la houlette de Léon Blum, ont approuvé les quotas de consommation cinématographique au profit des oeuvres américaines. Scandalisé, Louis Jouvet déclarait alors: “ Désormais, le public va subir les habitudes étrangères qui l'encourageront à une paresse d'esprit avilissante. Notre répertoire dramatique, nos films sont le témoignage de notre civilisation, de notre culture; le méconnaître, c'est abdiquer sa qualité de Français4.”

Quarante ans plus tard, ce sont les mêmes qui ont autorisé et facilité l'installation de Disneyland en Seineet-Marne. M. Fabius, Premier ministre socialiste, et M. Giraud, président RPR de la région parisienne, ont rivalisé de courbettes et de subventions pour permettre l'implantation de ce gigantesque parc de loisirs américain au cour de la France. La société Disney n'aura déboursé que quatre cents millions de francs sur les dix milliards qu'aura coûté le projet! Mais, pour ce prix, elle obtient la maîtrise du contenu culturel du parc. Et, chaque année, ce sont des dizaines de millions d'enfants français ou européens qui viendront visiter Westernland, Mainstreet, NewOrleansquare. Ils repartiront, leur jeune tête pleine des mythes américains, comme s'il n'y avait pas suffisamment de héros, de sagas, de légendes dans l'imaginaire européen pour nourrir les rêves de nos enfants.

Il est vrai que, malgré quelques discours d'ailleurs restés sans effet, la classe politicienne semble indifférente à cet impératif culturel. En juillet 1989, lorsque Claude Autant-Lara, doyen d'âge du Parlement européen, exprima dans son allocution d'ouverture ses inquiétudes face à la menace culturelle américaine, il provoqua le scandale. Réagissant comme s'ils étaient stipendiés par un maître américain, les députés de l'établissement, dans leur quasi-totalité, quittèrent l'hémicycle pour ne pas entendre la vérité qui sortait de la bouche de M. Autant-Lara.

Rappelons-leur ces lignes d'Henri Gobard: “ Les peuples peuvent perdre une bataille et même une guerre et pourtant renaître [...]. Mais, quand un peuple perd sa culture, il n'est plus qu'un troupeau docile qui se précipite vers l'abattoir5. ”

Sans doute n'en sommes-nous pas là, mais comment ne pas voir un symbole dans cette masse de députés tournant le dos à la tribune parce qu'un homme de culture s'y exprime sans fard sur notre identité ?

Donnons alors le dernier mot à ce grand cinéaste français, homme de création qui, au crépuscule de sa vie, lançait à la jeunesse européenne ce pathétique et sympathique appel :

“ Je m'adresse ici à l'instinct de conservation de toutes les jeunesses, s'il leur en reste. Aucun discours, aucun sermon, aucune philosophie, seulement un simple voeu. Un voeu qui peut-être vous semblera dérisoire, mais combien il est symbolique!

Je demande solennellement à tous les jeunes de mon pays, à l'heure des libations, une fois, une seule fois au moins, de renoncer au Coca-Cola et de commander à la place un petit vin blanc de chez nous.

De bien le brandir, de bien lever le verre, de bien le regarder, doré, transparent, de bien le humer avant de le boire. C'est tout.

Si par malheur après cette expérience le Coca-Cola reprenait le dessus, rien ni personne ne pourrait plus rien pour eux. Ce verre serait, alors, celui du condamné6. ”

L'inflation galopante

Peut-être la condamnation viendra-t-elle cependant d'une menace plus grave encore pour notre identité: l'immigration extra-européenne. C'est en tout cas le sujet tabou, celui qu'on ne peut aborder sans déclencher les foudres des grands prêtres de l'idéologie officielle. Ne nous laissons pas intimider et parlons-en clairement et simplement.

La vérité se trouve d'abord dans les statistiques. Et peut-être n'est-ce pas un hasard si les services officiels sont si parcimonieux en chiffres sur l'immigration. Cherchez à connaître la proportion d'étrangers dans les prisons, demandez la part qu'ils occupent en recettes et en dépenses dans le budget de la Sécurité sociale, jamais vous n'obtiendrez de réponse! Le ministère de la Solidarité a cependant, ô miracle, publié en octobre 1989 un document de la Direction de la population et des migrations annonçant une arrivée légale de près de 120 000 immigrés pour l'année 1988. Si l'on ajoute à ce chiffre celui des naissances d'enfants nés de parents étrangers, on constate que l'accroissement annuel de la population étrangère en situation régulière dans notre pays est d'environ 200 000 et, si l'on prend en compte les clandestins, il se situe au-dessus de 250 000 personnes par an.

Ce chiffre est considérable et démontre que les pouvoirs publics ont menti aux Français: l'immigration n'est pas stoppée, elle est, au contraire, selon le titre du Figaro du 20 octobre 1989, “ en inflation galopante”. M. Jean-Claude Barreau, président de l'OMI (Office des migrations internationales) et de l'INED (Institut national d'études démographiques), ne s'en cache d'ailleurs pas: “ Il n'est plus raisonnable de tenir le discours en usage depuis 1974: intégration des immigrés présents, plus de nouveaux immigrés. Un de mes prédécesseurs à la tête de l'OMI [...] disait: ils resteront. Je dirais volontiers : ils arrivent toujours7.” Encore faut-il prendre conscience du fait que les chiffres de l'immigration sont systématiquement mino rés par le jeu du code de la nationalité qui donne chaque année à près de 100 000 immigrés une carte d'identité française. Ainsi disparaissent-ils des statistiques, mais cessent-ils pour autant d'être sociologiquement des immigrés? Aussi le chiffre officiel de 4,5 millions d'étrangers en 1988 sous-estime-t-il considérablement la gravité des problèmes liés à l'immigration: il ne prend en compte ni les clandestins, ni les enfants d'étrangers, ni les naturalisés de fraîche date. Rappelons que le quoti dien France-Soir8, peu suspect de sympathie pour les idées nationales, a estimé, après une enquête minutieuse auprès des services compétents, le nombre des étrangers présents sur notre sol entre six et huit millions.

La France de M. Mamadou

La projection de ces chiffres dans l'avenir donne la mesure réelle du phénomène de l'immigration. Maintenue pendant plusieurs décennies, cette évolution est terrifiante! Au rythme actuel, l'augmentation est de un million tous les quatre ans.

L'une des rares études prospectives réalisées à ce jour, et confiée par le Figaro-Magazine9 au démographe Gérard-François Dumont en 1985, faisait état de treize millions d'immigrés extra-européens pour l'année 2015. Pour mettre en évidence l'importance de ce chiffre, G.-F. Dumont le rapprochait de celui de la baisse de la population française sur la même période de cinquante et un à quarante-six millions d'âmes. Ainsi, selon cette étude, la population non européenne pourrait atteindre près de 30 p. 100 de la population française de souche dès 2015. Pour apprécier ce taux, il faut encore ajouter qu'à cette date la structure d'âge des deux populations conduirait, si rien ne change, à voir naître 373 000 enfants français pour 276 000 enfants non européens. De plus, alors que la population globale installée sur notre territoire stagnerait en dessous de soixante millions de 1985 à 2015, le Maghreb verrait sa population passer dans le même temps de cinquante-trois millions à cent onze millions d'habitants avec, en l'an 2015, dix millions d'enfants de moins de quinze ans pour la France contre quarante-trois millions pour le Maghreb!

Telles sont les perspectives à l'échéance d'une génération: la population non européenne représentant presque le tiers de la population française de souche avec une natalité de trois enfants étrangers pour quatre enfants français et une pression migratoire en provenance du bassin méditerranéen multipliée par deux, en quelque" sorte “ l'Europe submergée ”, pour reprendre le titre d'un livre d'Alfred Sauvy consacré à la question démographique.

En son temps, l'enquête du Figaro-Magazine avait suscité un tollé de protestations. Mme Dufoix, ministre des Affaires sociales, avait reproché à Louis Pauwels d'adopter la “ méthode Le Pen ”, ajoutant: “Cette construction qui rappelle les théories les plus folles du nazisme doit être dénoncée et poursuivie10” Dans le Matin, Max Gallo avait surenchéri: “Un document qui fera date dans l'histoire du racisme de l'après-guerre11 ” Signalons que les projections ci-dessus correspondent à un solde migratoire de cent mille personnes par an, hypothèse haute de l'étude de Gérard-François Dumont. Or, nous l'avons vu, les statistiques officielles reconnaissent qu'il était de cent vingt mille en 1988, assurant a posteriori la validité du travail réalisé.

Philippe Séguin a bien tort de prendre ces chiffres à la légère: “Dans le Figaro-Magazine, je ne lis que les mots croisés, nous disait-il, et je ne lis surtout pas les dossiers sur l'immigration12 ” Nouvelle preuve de la criminelle insouciance de la classe politicienne face au destin de notre peuple. Ces prévisions étant faites sur la base des évaluations actuelles, rien n'interdit, il est vrai, d'expliquer aux Français que des mécanismes régulateurs imprévus pourront intervenir. Souhaitons-le! Mais, devant un problème d'une telle ampleur, aucun homme d'État véritable, aucun citoyen responsable ne peut s'en remettre à l'espoir que les évolutions observées actuellement s'infléchiront spontanément dans le sens souhaité.

Ainsi se présente la question de l'immigration pour qui veut bien regarder la vérité en face! Il ne s'agit pas de savoir si M. Mamadou, ouvrier qualifié, consciencieux et respectueux des lois, peut devenir un bon Français parmi les Français. La question est tout autre: la France peutelle conserver son identité, son unité, ses institutions et la paix civile, avec une population non européenne jeune, nombreuse et en forte croissance?


Un problème colonial


Certes, les tenants du cosmopolitisme nous expliquent que le phénomène de l'immigration n'est pas nouveau et que la France est traditionnellement une terre d'accueil.

Toutes les études historiques13 de référence montrent au contraire que les apports ethniques extérieurs à la France ont été très faibles tout au long de son histoire. En dehors des phénomènes migratoires des XIXe et XXe siècles, il faut remonter au Xe siècle avec les invasions normandes, puis au Ve et au IIIe siècle, pour observer des phénomènes significatifs. Encore s'agissait-il alors plutôt de la venue d'élites politiques et militaires que d'apports de populations à proprement parler.

Quant aux mouvements migratoires de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe, ils provenaient de pays européens, de Pologne ou d'Italie notamment. Les immigrés d'alors partageaient avec nous la même culture, la même religion, la même origine ethnique et, de surcroît, ils souhaitaient ardemment s'assimiler à la population française.

Aujourd'hui, les gros bataillons d'immigrés viennent du tiers monde et principalement d'Afrique. Ils sont majoritairement musulmans et ne s'assimilent pas au peuple français. Cela ne veut pas dire que certains Africains ou certains Maghrébins pris isolément ne puissent y parvenir, mais, collectivement, ils sont maintenant trop nombreux. Prenons garde d'oublier cette règle d'airain: “ Plus grande est la distance culturelle avec la population d'accueil, plus faible est le nombre d'immigrés susceptibles d'être assimilés. ”

D'ailleurs, les chantres du cosmopolitisme militant ne s'y sont pas trompés, puisqu'ils ont substitué le terme d'intégration à celui d'assimilation. Or il y a une différence considérable entre l'assimilation, qui suppose la transformation de l'étranger en Français, et l'intégration, qui signifie l'installation des communautés étrangères sur le sol français. Dans un cas, l'identité nationale est préservée, dans l'autre, elle entre en concurrence avec des identités allogènes et donne naissance à une société multiculturelle. L'intégration des immigrés, c'est la désintégration de la société.

Aujourd'hui, dans notre pays, il n'y a pas assimilation des populations extra-européennes. Dans ces conditions, il n'est donc pas étonnant que les immigrés nordafricains ayant obtenu la nationalité française éprouvent le besoin de se dénommer. S'ils se désignent comme “ beurs ”, c'est bien qu'ils se sentent différents des Français de souche. Lorsqu'ils se présentent à des élections, par exemple aux municipales de 1988, l'association France-Plus les fait inscrire indifféremment sur les listes PC, PS, RPR ou UDF, comme s'ils ne se préoccupaient pas des étiquettes partisanes. La raison en est qu'ils ne se présentent pas en tant que citoyens français pour défendre un programme politique, mais qu'ils veulent se faire élire au titre de représentants de la communauté immigrée au sein des conseils municipaux. Faut-il leur rappeler que la République française est une et indivisible et que chaque élu du peuple est désigné pour représenter tous ses concitoyens et non telle catégorie ethnique ou religieuse? Vouloir faire élire dans les assemblées démocratiques de notre pays des représentants des différentes “ communautés ”, c'est rompre avec le principe de l'unité nationale, c'est s'acheminer selon la logique de l'intégration vers la société multicommunautaire.

Ce phénomène est déjà en cours de développement. A Marseille, dans la banlieue lyonnaise, dans certains quartiers de Paris et de sa région, il se crée des enclaves étrangères où la police ne pénètre pratiquement plus. Ces secteurs constituent des sortes de zones neutres où les lois de la République ne sont plus appliquées, où le trafic et la délinquance se trouvent protégés par les règles qu'imposent les caïds du lieu, quand ce ne sont pas les imams ou les ayatollahs.

A travers ce processus se révèle la véritable nature de l'immigration extra-européenne, celle d'un phénomène de colonisation à l'envers que soulignait Fernand Braudel: “ Pour la première fois, sur un plan national, l'immigration pose à la France une sorte de problème colonial, cette fois planté à l'intérieur d'elle-même14. ”

Le deuxième round

Comme toute entreprise de colonisation, l'immigration se développe par étapes successives. La première phase était celle de l'arrivée des étrangers et de leur installation physique sur notre sol. La deuxième est celle de l'implantation de leur culture, de leur religion, de leur civilisation à l'intérieur de la société française.

C'est pourquoi les immigrés musulmans ne se contentent plus désormais de lieux de culte discrets aménagés dans des locaux privés. Ils veulent et obtiennent des “ mosquées-cathédrales ” installées au cour de nos villes. La revendication du port du tchador dans les écoles a la même signification. Il n'est plus question pour les immigrés de s'adapter aux moeurs françaises: c'est à nous d'adapter les règles de la République aux exigences du Coran. Mais jusqu'où ira-t-on? Car derrière les mosquées il y a les écoles, le clergé islamique, les lois et les coutumes du Coran. Ainsi soit-il! Faudra-t-il, comme ce fut le cas avec le “ droit privé ” au haut Moyen Age, faire coexister un double droit, cette fois le droit français et le droit coranique, et appliquer l'un ou l'autre selon l'appartenance culturelle des personnes en cause?

Mais que restera-t-il alors de la France et de son peuple? Déjà, le sentiment d'appartenir à une même communauté n'existe plus entre Français de souche et Français immigrés.

M. Dupont regarde, comme chaque soir, les informations télévisées. Soudain, il voit surgir sur l'écran une séquence montrant des fanatiques islamiques, le visage crispé de haine, hurlant des appels au meurtre. Sans doute croit-il que ces images ont été tournées à Téhéran, mais on lui explique qu'il se trompe, qu'il s'agit d'une manifestation de protestation contre les Versets sataniques de Salman Rushdie filmée place de la République à Paris. Quant à l'organisateur, il est interviewé à l'écran : il porte la barbe, la coiffure et le manteau islamiques et possède la nationalité française! Quoi de commun entre ces deux citoyens? Qui peut prétendre qu'ils appartiennent à un même peuple? Deux mondes, deux civilisations les séparent.

L'islam, il faut le rappeler, n'est pas seulement une religion, et ceux qui croient pouvoir résoudre les difficultés en s'arc-boutant sur la laïcité de l'État français et en appelant de leurs voeux la création d'une église musulmane de France venant prendre sa place au côté de l'église catholique n'ont pas saisi la gravité du problème. Il n'existe pas en effet dans la religion musulmane de distinction entre le spirituel et le temporel. Les chefs religieux sont également dotés d'une autorité politique et les règles du Coran ont force de loi. La référence à l'islam crée ainsi entre les nations fidèles à Allah des liens beaucoup plus forts que ceux qui existent entre nos pays. En outre, l'islam est plus vigoureux que jamais; il fait montre d'une indiscutable volonté prosélyte et expansionniste et considère l'incroyant comme un ennemi. Comment concilier cette religion avec l'identité française? L'islam est fondateur d'une civilisation qui n'est pas compatible avec la civilisation chrétienne de l'Europe. Où peut alors nous conduire l'intégration sinon aux conflits et au chaos?

Et comment ne pas se méfier des bons apôtres qui aujourd'hui nous vantent les mérites de l'intégration et de la société multiculturelle? Ce sont ces mêmes intellectuels qui, il y a vingt ans, chantaient les louanges de Cuba, de Hanoi et de la Chine de Mao. Ils se sont alors trompés, mais, si aujourd'hui ils se trompent encore, cette fois les victimes ne tomberont pas à l'autre bout de la planète: ce sont les Français qui subiront dans leur chair les conséquences de leurs erreurs.

Les contradictions de M. Hannoun

La France est actuellement l'objet de multiples attaques de grande ampleur qui toutes tendent à diluer son identité et à faire voler en éclats la communauté nationale. Or cette situation n'est pas que la conséquence mécanique des réalités économiques et démographiques du monde contemporain. Car, il faut bien le reconnaître, les membres de l'établissement, ceux dont la mission serait précisément de protéger notre pays, aveuglés qu'ils sont par les idées cosmopolites, encouragent, facilitent et accélèrent ces évolutions néfastes, au lieu de les combattre. La Nouvelle Idéologie Socialiste fait ici la preuve de sa nocivité. Car la montée de l'immigration trouve désormais son principal moteur dans l'obsession antiraciste qui détermine actuellement la politique du pouvoir et le conduit à favoriser l'arrivée et l'installation des étrangers du tiers monde sur notre sol.

Curieux phénomène que cette obsession soudaine de l'intelligentsia à une époque où les idées racistes n'ont jamais eu aussi peu d'écho. M. Hannoun, peu suspect de xénophobie, le reconnaît lui-même dans son rapport sur le racisme: “ Jamais la France n'a été aussi tolérante, la France n'est pas un pays raciste15”

Le verrou identitaire

Pourquoi alors la question du racisme occupe-t-elle artificiellement une place aussi considérable dans le discours public de l'oligarchie? Certes pas par souci philanthropique! Malgré leurs déclarations généreuses, les tenants de l'établissement se préoccupent fort peu du bonheur des immigrés. Ils poursuivent en réalité un objectif idéologique: avec l'“ antiracisme ”, c'est le réflexe identitaire des Français qu'ils veulent détruire.

Étymologiquement, le racisme est l'affirmation de la supériorité d'une race sur une autre. Il peut conduire à l'apartheid et à la haine raciale et susciter l'agression verbale, voire physique. En dehors de quelques manifestations isolées et unanimement condamnées, le racisme, ainsi défini, n'existe pas dans notre pays: aucune personnalité, aucun groupe ne s'y réfère. Aussi les tenants du cosmopolitisme militant cherchent-ils à qualifier de raciste une notion très différente qui non seulement n'est pas condamnable, mais se révèle au contraire bénéfique, dans la mesure où elle assure la préservation des personnalités individuelles et collectives. Il existe en effet en chacun de nous un instinct d'identité, une sorte de réflexe qui nous pousse à protéger notre intégrité et celle du groupe auquel nous appartenons. Lorsque cette intégrité subit des agressions venues de l'extérieur, certains, il est vrai, peuvent avoir des réactions primaires qui relèvent du racisme. Mais la volonté de préserver son identité est quant à elle légitime et ne peut en aucun cas être assimilée à ce dernier.

Ainsi voit-on plus clairement quel est l'objet du discours officiel: en les qualifiant de “racistes ”, on cherche à discréditer des comportements qui sont en réalité des manifestations salutaires de défense des identités. Telle est d'ailleurs l'analyse de Claude Lévi-Strauss, qui n'hésite pas à affirmer: “Rien ne compromet davantage, n'affaiblit de l'intérieur et n'affadit la lutte contre le racisme que cette façon de mettre le terme, si j'ose dire, à toutes les sauces, en confondant une théorie fausse, mais explicite, avec des attitudes communes dont il serait illusoire d'imaginer que l'humanité puisse un jour s'affranchir, ni même qu'il faille le souhaiter16. ”

Remarquons du reste que la meilleure méthode pour mettre fin à tous les phénomènes individuels de racisme véritable consisterait à faire tomber la tension que provoquent les agressions auxquelles est soumise l'identité nationale, c'est-à-dire à inverser les flux migratoires. Mais ce n'est pas là que se situe l'objectif véritable de l'établissement cosmopolite. Sa préoccupation est de faire accepter l'immigration tiers-mondiste et à cette fin de culpabiliser ceux qui s'y opposent. Le réflexe identitaire chez les Français est en effet le principal obstacle à l'installation des étrangers non européens sur leur sol; la prétendue lutte “ antiraciste ” a pour objet de faire sauter ce verrou.

Le racisme anti-français

C'est pourquoi l'antiracisme militant de l'établissement est en réalité un authentique racisme antifrançais17. Comment s'en étonner? L’“antiracisme” a pour objet de briser la résistance naturelle et légitime des Français à la montée de l'immigration et du cosmopolitisme, et le meilleur moyen pour y parvenir consiste à les dévaloriser à leurs propres yeux et à leur donner la honte d'eux-mêmes.

Dans cette entreprise, M. Bernard-Henri Lévy tient une place privilégiée. N'est-ce pas lui qui, dans son ouvrage l'Idéologie française, traîne au banc d'infamie toutes les gloires intellectuelles de la France: Voltaire, Péguy, Renan et même Jaurès? N'est-ce pas dans son livre que se trouvent vilipendés “ces peuples d'autochtones enchaînés à leurs collines, enchaînés à leur clocher18”? Il est vrai que pour cet auteur il n'y a rien “ de plus imbécile, de plus bêtement obscurantiste qu'un nationaliste qui [...] s'attache à retrouver la trace d'un hypothétique génie français19 ”. Cette vision dévalorisante de la France est largement reprise dans les médias avec des images primaires: celle du “beauf” à la manière de Cabu ou des enquêtes de L'Echo des savanes sur les “Cent bonnes raisons d'avoir honte d'être français20”. Et que dire du violeur patriote dans Dupont Lajoie ou de l'assassin tricolore dans le film de Roger Hanin, Train d'enfer? Quant à Eric Ghébali, l'un des fondateurs de SOS-Racisme, c'est en ces termes qu'il justifiait son opposition à la réforme du code de la nationalité: “Cette réforme vise à conforter les élans les plus médiocres des ratés. Elle dit: toi Glandu, toi Dupont, toi Bitru, qui n'es capable de rien ou dont la vie devient chaque jour plus dure, au moins tu es français. C'est là ta gloire, elle doit te suffire21". ” Jaurès disait : “Les pauvres n'ont que la Patrie. ” Le ton a bien changé!

Le complexe de culpabilité

Ces expressions de mépris ne suffisent pas. Les Français devraient, nous dit-on encore, répondre aux côtés des autres grands peuples d'Europe de leurs exactions passées. Il leur faudrait rendre des comptes pour les “ péchés ” commis non seulement pendant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi pendant l'ère coloniale.

Certes, les crimes dont il est question à propos du dernier conflit ont été perpétrés par les nazis, mais on cherche à en rendre complice le peuple français dans son ensemble en exhumant régulièrement de vieilles histoires de collaboration. Quelque terribles qu'aient pu être les atrocités qui ont marqué cette sinistre période de l'histoire européenne, elles ne sont pas uniques. D'autres, hélas, tout aussi dramatiques, ont eu lieu soit avant, soit après la période nazie. Pourquoi leurs responsables ne subissent-ils pas le même opprobre? Les Khmers rouges ont organisé le génocide de deux millions de Cambodgiens. Ils ont été depuis partie prenante dans les négociations pour la paix au Cambodge et M. Dumas, ministre socialiste des Affaires étrangères, s'est assis à la même table de conférence que leurs représentants. De même, les bolcheviques ont organisé à leur arrivée au pouvoir un génocide caractéristique des crimes contre l'humanité puisque des hommes, des femmes et des enfants ont été massacrés en raison de leur seule appartenance à une classe sociale. A quand la création d'un tribunal international, type Nuremberg, pour juger des crimes imprescriptibles commis par les communistes à travers le monde?

Quant à la colonisation, remarquons simplement que cette expansion du monde européen, notamment au XIXe siècle, s'inscrit dans le jeu immémorial des poussées et des reflux des peuples et des nations. Les Arabes ont conquis en leur temps une vaste étendue de terre, les Turcs se sont taillé un immense empire. Les Européens ont certes couvert les plus grandes surfaces de la planète, mais leur colonisation a apporté un minimum de souffrances pour un maximum de bienfaits.

Cette culpabilisation des peuples européens est sans aucun fondement. Et ces incessantes remémorations des seuls crimes ou prétendus crimes commis par les Européens sont hypocrites et malsaines. Sous le prétexte qu'“ il faut se souvenir pour éviter que cela ne recommence ”, c'est le sentiment de culpabilité de nos concitoyens qui est recherché! Ceux qui ont “fauté” doivent se plier à une éternelle expiation... le sanglot de l'homme blanc. Ils n'ont plus de droits, ils n'ont que des devoirs envers le reste de l'humanité. Pascal Bruckner y insistait: “ Le monde entier accuse l'Occident, et beaucoup d'Occidentaux participent à cette campagne: notre responsabilité est affirmée avec indignation, mépris. Aucun discours sur le tiers monde ne peut se terminer ou commencer sans que retentisse ce leitmotiv: l'homme blanc est méchant. Que nous reste-t-il, à nous les fils et petits-fils de ces barbares qui ont écumé terre et mer? A faire toujours et partout notre acte de contrition22. ”

Ainsi établit-on une discrimination morale entre des peuples ou des races. Les premiers ont des droits sur les seconds. Les seconds ont des devoirs envers les premiers. Les premiers sont moralement supérieurs aux seconds. Bref, il s'instaure par ce biais une discrimination antieuropéenne et un racisme antifrançais.

La préférence étrangère

Cette entreprise antinationale ne se contente pas de distiller un discours de dévalorisation et de culpabilisation, elle se traduit concrètement par des discriminations dont les Français sont les victimes.

Dans le même temps où l'on cherche à affaiblir l'identité française, on veut aider les immigrés à conserver ou à retrouver leurs racines culturelles et religieuses. Il n'est pas question de passer les immigrés au moule de la laïcité républicaine comme les jeunes Auvergnats ou les enfants provençaux. Alors que l'Éducation nationale a toujours manifesté la plus grande réticence à enseigner le breton ou le basque, elle déploie des efforts considérables pour permettre l'apprentissage de l'arabe. Ainsi Michel Hannoun préconisait, au nom du gouvernement de Jacques Chirac, de “ banaliser l'enseignement des langues des pays d'émigration dans le secondaire et de le favoriser au niveau du primair23 ”.

Le racisme antifrançais s'inscrit aussi dans les circulaires administratives, il s'insinue dans les programmes des partis politiques de l'établissement. La méthode est simple: elle consiste dans un premier temps à reconnaître aux étrangers les mêmes droits qu'aux Français et dans un deuxième temps à créer des “ inégalités compensatrices ”, c'est-à-dire des avantages réservés aux seuls immigrés.

Ainsi les étrangers ont droit comme les Français au 0,77 p. 100 logement. Mais ils bénéficient également des 0,085 p. 100 instaurés exclusivement à leur intention. Un immigré qui veut créer sa propre entreprise bénéficie de toutes les aides du droit commun prévues pour les Français, mais il jouit de surcroît de fonds spécifiques qui lui sont réservés. La liste pourrait s'allonger à l'infini: les étrangers jouissent d'avantages particuliers en matière de formation professionnelle, d'aide à la réinsertion, de logement en foyers sociaux, sans compter le Fonds d'action sociale alimenté pour près de deux milliards de francs par le budget de l'Etat et les allocations familiales et réservé exclusivement aux immigrés.

Quant au rapport Hannoun proposé par le RPR, il prévoyait le développement de cette politique spécifique: moyens budgétaires accrus au profit des classes d'élèves non francophones, mesures financières pour inciter les propriétaires privés à loger des immigrés, aides pour faciliter leur accession à la propriété, crédits particuliers pour l'éducation de leurs enfants. Propositions malsaines, car de deux choses l'une: ou ces immigrés sont des Français et l'égalité des citoyens devant la loi est alors bafouée par une discrimination selon la race ou la religion, ou ils ne le sont pas et se trouve alors instauré le principe absurde de la préférence aux étrangers. Dans les deux cas, il s'agit concrètement de discrimination antifrançaise.

Le lobby de l'immigration

Cette évolution consternante n'est pas l'effet du hasard. Voulue par la nouvelle idéologie, elle est le fruit d'une action d'envergure menée par un puissant groupe de pression: le lobby de l'immigration, fer de lance du cosmopolitisme militant.

Cette armée de propagandistes dont SOS-Racisme est l'étendard regroupe à des titres divers des partis de gauche et des syndicats parmi lesquels figurent en premier plan le PS, la FEN et la CFDT. On y trouve aussi les organisations prétendant ouvrer pour les droits de l'homme comme le MRAP, la LICRA ou la Ligue des droits de l'homme. Paradoxalement, les organisations d'immigrés y sont minoritaires. Citons néanmoins France-Plus, la FASTI et le CAlF. N'oublions pas les formations animées par les trotskistes gravitant autour de SOS-Racisme, une multitude de petites associations, ainsi que les professionnels de la pétition!

Tout ce petit monde agit en étroite osmose avec le pouvoir. Il reçoit ses subsides de l'État ou de ses prêtenoms. Le concert des “ Potes ”, le 18 juin 1988, coûte-t-il six millions de francs? Le gouvernement versera 1,5 million de francs et Yves Saint-Laurent 2 millions de francs. Quant à France-Plus, elle a reçu du FAS en 1988 476 000 francs pour les “ activités générales ”, 300 000 francs pour une campagne Euro-charter et 95 000 francs pour une commission juridique. En 1989, elle aurait touché 1 500 000 francs du même organisme24.

Les médias ne sont d'ailleurs pas en reste. Toutes les manifestations du lobby de l'immigration reçoivent un très large écho dans la presse, sur les radios et à la télévision. Souvent vont-ils même au-delà, puisque la “Nuit de toutes les couleurs” organisée par SOS-Racisme le 14 juin 1986 a bénéficié d'un “contrat” avec la Cinquième chaîne de près de 2 millions de francs pour la rediffusion du spectacle. Cas unique d'une organisation de propagande se faisant payer par une chaîne de télévision pour disposer de près de deux heures d'antenne.

Fort de tous ces appuis, le lobby de l'immigration joue un rôle considérable dans la diffusion des idées cosmopolites en France. Son efficacité est d'ailleurs d'autant plus grande qu'il avance masqué. Beaucoup de Français ne voient en ses membres que les défenseurs des droits de l'homme et les tenants de la lutte “ antiraciste ” qu'ils prétendent incarner. Ils devraient se méfier, car son nom même trahit la vocation véritable de SOS-Racisme. On dit SOS-Amitié, SOS-Dépannage, SOS-Santé, SOS précède l'action que l'on veut promouvoir. En choisissant SOS-Racisme, M. Désir a révélé son projet véritable. C'est bien pour le racisme qu'il milite: le racisme antifrançais!

Un diplôme honorifique

Ainsi court le feu du cosmopolitisme sur les terres desséchées de l'identité française! Mais que restera-t-il si l'incendie ne peut être maîtrisé?

La nation, le peuple français, la citoyenneté seront détruits. M. Harlem Désir propose-t-il une loi cadre pour l'intégration25? Il s'agit en réalité d'un projet de défrancisation du pays. Il y demande de rendre l'immigration légale pour motifs économiques, d'accorder au rabais la nationalité française grâce à une agence nationale de naturalisation. Il veut également dessaisir les maires de leurs prérogatives en matière de logement et de police afin qu'ils ne puissent plus contrecarrer le processus de colonisation. Le lobby de l'immigration en demande chaque fois davantage, au mépris de tous les principes nationaux. “ Nous voulons l'égalité des droits ”, affirment ses dirigeants. Mais cette égalité existe déjà au sein de la nation française. Elle est même rien n'établirait de différence entre ses membres et ceux qui n'en font pas partie. La nationalité française deviendrait alors une sorte de diplôme honorifique dont le prestige irait en déclinant à mesure que s'estomperait le souvenir de la réalité française.

La leçon d'histoire

Aurait-on pour autant progressé dans l'échelle du progrès humain? Se serait-on rapproché de la paix et de la fraternité universelles que prétendent poursuivre les sectateurs du cosmopolitisme?

Certainement pas, car l'expérience immémoriale nous enseigne une autre réalité bien plus universelle et incontestable celle-là: il n'existe pas dans l'histoire de l'humanité d'exemple de coexistence pacifique et durable entre communautés ethniques ou religieuses différentes. Au Liban, c'est le déchirement. Au Sénégal et en Mauritanie, malgré une même religion, le brassage des ethnies a provoqué le massacre. En Irlande du Nord, la guérilla entre catholiques et protestants se perpétue. Au Sri Lanka, c'est l'affrontement ethnique. En Afrique du Sud, l'histoire hésite entre l'apartheid et la guerre civile. En Israel, juifs et arabes s'entre-déchirent depuis quarante ans. Dans le Caucase où se côtoient Azéris musulmans et Arméniens chrétiens, c'est l'embrasement. Ces conflits ont tous la même origine: la cohabitation de communautés différentes sur un même sol. L'Autriche-Hongrie avait laissé s'instaurer par des migrations internes un enchevêtrement de nationalités sur son territoire. Devenue société multiculturelle, elle a éclaté en 1918. L'Union soviétique, malgré le carcan totalitaire, n'échappe pas à cette règle. Dès que l'étau se desserre, les affrontements ethniques et religieux éclatent. Seule la Suisse a pu faire coexister au fil des siècles différentes populations sur son sol; cette réussite s'explique par l'application continue et scrupuleuse du principe selon lequel chaque ethnie doit disposer en propre d'un territoire.


Choisissons la vie

Face à cette permanence de l'histoire humaine, il faut beaucoup d'arrogance ou de bêtise pour prétendre qu'en France les mêmes causes ne produiraient pas les mêmes effets. Le refus du mondialisme n'est donc pas, comme certains le croient, une option idéologique; c'est simplement une nécessité de survie, car les œuvres du cosmopolitisme, nous les connaissons: c'est le conflit, la guerre civile, le racisme, le chaos et la mort. Choisissons la vie!

1 Colloque “ La France et la pluralité des cultures”, Sorbonne, 18 avril 1987.

2. Le Figaro-Magazine, 28 février 1987.

3 Le Monde, 9 et 10 novembre 1985.

4 Cité par Pierre Bérard, in “ l'Identité européenne”, IFN, 1989.

5. Henri Gobard, la Guerre culturelle. Logique du désastre, Copernie, 1979.

6. Claude Autant-Lara, discours prononcé au Parlement européen le 25 juillet 1989 et publié intégralement dans National-Hebdo, août 1989.

7. Le Monde, 10 octobre 1989.

8. France-Soir, 2 novembre 1989

9. Le Figaro-Magazine, 26 octobre 1985.

10. AFP, 26 octobre 1985.

11. Le Matin, 28 août 1985.

12. Le Figaro-Magazine, 9 novembre 1985

13. Voir, notamment, sous la direction de Jacques Dupâquier, Histoire de la population française, PUF, 1989.

14. Fernand Braudel, l'Identité de la France, tome II, Arthaud, 1986.

15. Michel Hannoun, Rapport sur l'intégration des immigrés, novembre 1987.

16. Claude Lévi-Strauss, le Regard éloigné, Pion, 1983.

17. Consulter à ce sujet: Jean-Yves Le Gallou, le Racisme anti-français, 1988.

18. Bernard-Henri Lévy, l'Idéologie française, Figures, Grasset, 1981.

19. Ibid.

20. L'Écho des savanes, n° 76.

21. Le Figaro-Magazine.

22. Pascal Bruckner, le Sanglot de l'homme blanc, éd. du Seuil, 1983.

23. Miche! Hannoun, op. cit.

24. Passages, n° 20, septembre 1989.



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