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La Flamme

Sommaire:
Introduction
1ere partie: les instruments du déclin
Chapitre 1: le socialisme nouveau
Chapitre 2: le cosmopolitisme militant
Chapitre 3: le matérialisme triomphant
Chapitre 4: le totalitarisme larvé
2eme partie: les atouts du combat national
Chapitre 5: les mutations politiques
Chapitre 6: la question des valeurs
3eme partie: les leviers du renouveau
Chapitre 7: l’identité
Chapitre 8: la fraternité
Chapitre 9: les libertés
Chapitre 10: la puissance
Chapitre 11: l’action
Conclusion



Chapitre 5
Les mutations politiques

La politique française est en pleine mutation. Sous la poussée des idéologies du déracinement, les menaces se précisent et les enjeux politiques se clarifient. Des forces anciennes s'étiolent, incapables de relever les défis d'aujourd'hui. Des forces nouvelles s'affirment, plus adaptées aux combats actuels. L'opinion n'en a pas pleinement conscience, mais derrière le brouillage des médias se dessine un nouveau paysage politique.

La vague rose

En 1981, la France avait déjà connu un séisme de grande amplitude. Pour la première fois depuis 1958, la gauche gagnait une bataille électorale de première importance et investissait les institutions de la République.

Pourtant, l'élection de François Mitterrand n'a pas été une victoire socialiste, mais plutôt une défaite de la droite. Aux élections législatives de juin 1981, la vague rose donne au PS une majorité absolue à l'Assemblée nationale. Mais ce succès est obtenu avec un score inférieur de 377 000 voix à celui de 1978 qui avait pourtant maintenu la droite d'alors dans sa position majoritaire. Le raz de marée socialiste du printemps 1981 cache avant tout un effondrement du RPR et de l'UDF.

Le PS chez Gramsci

On a beaucoup écrit sur les raisons de cette défaite. Mais l'essentiel tient en cette formule: le régime giscardien faisait de la gestion économique pendant que la gauche menait le combat idéologique. L'erreur de la droite d'alors est donc celle-là même qu'Antonio Gramsci reprochait aux communistes dans les années vingt: croire que l'on peut conquérir le pouvoir politique sans avoir préalablement investi la société civile.

La gauche socialiste, au contraire, avait parfaitement compris qu'il n'y a pas de majorité politique sans majorité idéologique et qu'avant de gagner la bataille des urnes il faut remporter celle des idées. N'est-ce pas Jacques Attali qui l'affirmait: « L'enjeu de société n'est pas un enjeu économique ni même politique mais fondamentalement culturel' »? Et la gauche ne se privera pas d'investir le domaine culturel. « Dans l'école, à l'université, dans les milieux artistiques et dans la plupart des activités qui diffusent une manière générale de voir et de sentir, qui orientent les moeurs et imprègnent les cours, c'était la gauche qui dominait religieusement », constatait Louis Pauwels, et il concluait: « Les gouvernements de droite n'étaient plus en réalité que des contrepouvoirs aux défenses faibles, tantôt résistant de biais, tantôt cédant ouvertement au pouvoir culturel2. »

Le Canossa idéologique

A l'inverse de la gauche, la droite s'enfermait dans des préoccupations exclusivement économistes. Et, ce faisant, elle se plaçait en situation d'infériorité dialectique. Quels que fussent les succès de sa gestion, ils étaient toujours insuffisants face à une gauche démagogique qui pratiquait sans scrupules la surenchère et n'hésitait pas à dénoncer le RPR et l'UDF comme les responsables des injustices, des inégalités, de la misère et du chômage. Selon la formule de Raymond Aron, « la majorité parlait gestion et l'opposition parlait politique3». Résultat: la droite privée d'un discours idéologique qui lui soit propre en est venue à utiliser celui de son adversaire. Culpabilisée et hypnotisée par la gauche, elle s'est mithridatisée en faisant un peu de socialisme pour éviter beaucoup de socialisme. Hélas, la méthode n'a pas fonctionné comme un vaccin: au lieu d'immuniser le patient, elle l'a infecté.

C'est ainsi que le taux des prélèvements obligatoires dépassa bientôt les 40 p. 100, seuil pourtant défini par M. Giscard d'Estaing lui-même comme marquant le passage au socialisme. Et sur le plan des idées, la droite, faute de doctrine, se mit à flirter avec la gauche. A l'Assemblée nationale, Raymond Barre faisait l'éloge de Jaurès et de Blum. Le président de la République invitait à sa table Glucksmann et Bernard-Henri Lévy. La droite était allée au Canossa idéologique. Elle ne combattait plus le socialisme puisqu'elle en adoptait les valeurs. Elle se comportait désormais comme s'il lui était impossible de dégager une vue du monde globale et cohérente; comme si elle était incapable de produire un point de vue, une éthique, une idéologie ordonnant, au-delà des tactiques politiques, une perspective à long terme susceptible de rallier les adhésions et de faire renaître l'espoir. Et Alain Griotteray de confirmer sans ambages: « Surtout pas de doctrine! tel semblait être le mot d'ordre4. »

Pourtant, dès le lendemain de l'élection de 1981, les causes de l'échec étaient claires: la politique réduite à la gestion, la non-participation au combat des idées, le ralliement aux thèses socialistes, le refus de l'affrontement et l'absence de doctrine.

Vivement demain !

On pouvait alors penser que la défaite conduirait la nouvelle opposition à corriger ses erreurs et que le cataclysme de mai 1981 provoquerait à droite un bouillonnement de réflexions, de remises en cause, d'initiatives et de réformes salvatrices. Cette saine réaction semblait d'autant plus facile que, de leur côté, les socialistes, malgré leur victoire, se heurtaient à de graves difficultés. Il leur fallait, comme nous l'avons vu, adapter leur idéologie à leurs nouvelles responsabilités.

Que se passa-t-il alors? Le gouvernement Mauroy mit en oeuvre le programme archaïque prévu dans les « iøi propositions » de M. Mitterrand. Belle aubaine pour le RPR et l'UDF qui engagèrent aussitôt un combat d'opposition vigoureux et populaire contre les menées socialistes. Celles-ci concernaient essentiellement l'étatisation du secteur économique et social, et c'est donc très légitimement sur ce terrain que la droite engagea le fer contre le PS. Poussée par les milieux économiques, influencée par l'exemple de M. Reagan et de Mme Thatcher et alimentée par certains clubs comme Printemps 86, elle dégagea une doctrine libérale qu'elle érigea en programme politique: privatisation, déréglementation, réduction des charges, recul général de l'État.

C'est dans ce contexte que des élections partielles donnèrent l'avantage à la droite et que les sondages annoncèrent son retour au pouvoir. Est-ce en raison de ces heureuses perspectives? Est-ce par incapacité congénitale? Toujours est-il que le RPR et l'UDF ne poussèrent pas plus loin leur remise en question et se contentèrent d'attendre les élections de 1986. « Vivement demain! » affichaient-ils sur les murs de France.

Leurs propositions économiques ne furent accompagnées d'aucun véritable programme sur les questions de société. Le positionnement idéologique et la reconquête culturelle ne furent pas évoqués et aucune réflexion prospective ne fut menée, pas plus que ne fut définie une stratégie à long terme. L'opposition d'alors ne comprit pas que ses modèles anglo-saxons, Reagan et Thatcher, tenaient leur succès autant de leur attachement aux valeurs traditionnelles que de leur engagement libéral. Une fois de plus, le RPR et l'UDF restèrent sur le terrain strictement économique et social sans se rendre compte que les socialistes organisaient, de leur côté, leur mutation idéologique et lançaient l'offensive sur le terrain moral des droits de l'homme. Une fois encore, la droite classique retardait d'une guerre. Aussi, lorsque la victoire attendue de 1986 arriva, elle ne sut pas l'exploiter et elle commit les deux erreurs majeures qui ont fait basculer la scène politique française.

L'arroseur arrosé

Dès le 2 avril 1986, jour d'ouverture de la nouvelle législature, Jacques Toubon, alors secrétaire général du RPR, lançait à l'intention des députés nationaux : « Messieurs, vous êtes dans l'opposition! » En décidant de limiter sa majorité aux seuls élus RPR et UDF, M. Chirac tombait dans le piège tendu par les socialistes et commettait sa première erreur stratégique.

Car rejeter le mouvement national, c'était engager le processus de diabolisation contre lui. Jusque-là, les critiques venaient essentiellement de la gauche. Elles étaient donc normales comme sont légitimes les attaques verbales entre adversaires politiques. Mais, du jour où le RPR et l'UDF ont commencé à hurler avec les loups socialistes, les critiques ont changé de nature. Se faisant quasi unanimes, elles ne relevaient plus des invectives politiques ordinaires, elles devenaient des anathèmes. « Il n'y a pas de fumée sans feu », dit l'adage populaire, « si tous le disent, c'est que leurs accusations sont fondées: ils ne sont pas fréquentables ». Ainsi la droite institutionnelle est-elle directement responsable du phénomène d'exclusion dont est victime le mouvement national. Mais, de tout l'échiquier politique, c'est elle qui en subit les conséquences les plus néfastes. L'arroseur est arrosé.

En effet, obligée de prendre ses distances avec le mouvement national, la droite classique a dû renoncer à une partie de son programme pour ne pas se trouver en convergence avec lui. Elle a donc été repoussée vers le centre, et même au-delà, puisque, en lançant contre lui des critiques idéologiques analogues à celles de la gauche, elle s'est progressivementrapprochée de cette dernière. Résultat: elle a commencé à perdre ses soutiens et s'est placée dans une impasse électorale, car l'accord avec le mouvement est frappé d'interdit mais, sans lui, il n'y a plus de majorité à droite! Le piège s'est refermé; pour avoir exclu le mouvement national du débat institutionnel, les partis de la droite classique se sont eux-mêmes exclus du pouvoir.

Silence, on enterre !

Pourtant, en cette période critique de la fin de l'année 1986, rien n'était joué. Tout était encore possible pour la droite institutionnelle lorsque M. Chirac a commis sa deuxième erreur, fatale celle-là: début 1987, il capitule devant la gauche et abandonne les réformes de société pour lesquelles il avait obtenu une majorité à l'Assemblée.

Les manifestations de jeunes, largement encadrées par l'extrême gauche, et l'exploitation médiatique de la mort de Malik Oussekine auront raison de la détermination de Jacques Chirac et des convictions du RPR et de l'UDF. Dès ce moment, tout bascule: la loi Devaquet, prétexte des troubles, est abandonnée. Quant aux autres projets, ils sont renvoyés aux calendes grecques sous le prétexte pudique qu'une pause est nécessaire. « Réformes: jeux interdits. Silence, on enterre» titrera l'Express5. De fait, c'est bien d'un enterrement qu'il s'agit, celui du programme électoral de M. Chirac.

Sur le plan économique: fini le libéralisme pur et dur! Les privatisations sont gelées, la déréglementation n'ira pas plus loin. Le discours se retourne, les anciens mots reviennent. Dans une étude6 sur le vocabulaire du Premier ministre, publiée en décembre 1987, on apprend que le terme «social» est le plus utilisé avec celui de «solidarité». M. ChabanDelmas évoque à nouveau la nécessité de faire « la chasse aux inégalités7 » et M. Giscard d'Estaing, toujours friand de formules, évoque quant à lui «le libéralisme à chaleur sociale». Notons d'ailleurs que tous ces propos sont rarement suivis d'effets pour les familles françaises les plus démunies. Quoi qu'il en soit, le RPR et l'UDF reviennent à leurs positions traditionnelles d'avant 1981, mais cette fois ils rencontrent en chemin les socialistes qui, abandonnant leurs anciens oripeaux idéologiques, ont fait route dans leur direction. Laurent Fabius pourra plus tard en tirer l'enseignement et parler d'un «basculement idéologique» en faveur des «thèses sociales-démocrates8». On ne le lui fait pas dire...

En communion avec Harlem

Pourtant, l'essentiel est ailleurs! Il est dans le ralliement de la droite institutionnelle à la Nouvelle Idéologie Socialiste. Pendant les deux années qui les voient au pouvoir, les tenants du RPR et de l'UDF se lancent dans la surenchère cosmopolite. Prétendant ne pas laisser à la gauche le monopole des bons sentiments, ils recommencent en fait les mêmes erreurs qu'avant 1981.

Dès septembre 1987, M. Chirac se fait le chantre d'«une France ouverte, pluraliste etmultiraciale9 ». Il est vrai qu'en 1988 il ira plus loin en précisant: «L'heure est plus que jamais à l'intégration dans la communauté nationale, mais cette intégration, chacun en est conscient, ne doit pas s'accompagner de la perte des identités propres, qu'elles soient culturelles ou religieuses, au risque d'un appauvrissement de notre pays10 » Même les soi-disant « durs » entonnent ce chant. M. Pasqua expliquera à Colmar que « la France est une terre d'assimilation et d'intégration" » et M. Aurillac avouera « être en parfaite communion d'idées avec Harlem Désir sur la nécessité de l'intégration des immigres12 ». Quant aux jeunes du RPR, ils vont encore plus loin, comme Thierry Baudrier, l'un de leurs dirigeants, qui affirme: « Harlem Désir? Il parle notre langage. Je me reconnais dans ce qu'il dit. Mais ce qu'il dit, nous, on le fait13. »

Sur ce point, il a raison. La réforme du code de la nationalité sera abandonnée. Le charter des cent un Maliens restera sans lendemain et le lobby de l'immigration aura droit à tous les encouragements: SOS-Racisme reçoit 350 000 francs de MM. Séguin et Maihure14.
Le MRAP et la LICRA sont subventionnés pour l'organisation d'un colloque sur le racisme. M. Chalandon adresse au Parquet une circulaire incitant les magistrats à prendre l'initiative dans les poursuites contre les actes racistes. MM. Maihuret et Monory prévoient
d'amputer d'un tiers le programme d'histoire des classes de seconde pour y introduire l'enseignement des droits de l'homme. Les socialistes n'auraient pas fait mieux. D'ailleurs, ils ne feront pas mieux que le rapport Hannoun!

Publié en décembre 1987, ce document sur le racisme en France et les moyens de le combattre s'inspire directement de l'idéologie cosmopolite. Il propose de donner aux immigrés des avantages financiers dont les citoyens de souche seraient exclus. D'autre part, il cherche à familiariser les Français avec la culture islamique: introduction de la langue arabe dans les concours administratifs, émissions de télévision sur les cultures africaines. Bref, ce rapport admet et encourage la société multiculturelle prônée par les socialistes. Or ce document recueille l'assentiment du Gotha RPR. Il a été rédigé par le secrétaire national de l'époque aux questions de société. Il a reçu l'approbation de M. Toubon, alors secrétaire général du RPR, et celle de M. Chirac en tant que Premier ministre.
A l'Assemblée, il est ovationné par la quasi-totalité des députés RPR-UDF. Quant à M. Séguin, il assure que «le gouvernement mettra en oeuvre rapidement seize des cinquante-trois propositions du rapport15».

Dès lors, le RPR et l'UDF ont basculé. Ayant rallié l'idéologie cosmopolite du PS, ils se trouvent politiquement neutralisés. Les erreurs d'avant 1981, reproduites à plus grande échelle pour 1988, provoquent le même résultat: la déroute de la droite aux présidentielles.

PPF en recomposition

Ces événements ont cependant des conséquences beaucoup plus importantes que la seule défaite de MM. Chirac et Barre. Ils déterminent ce qu'il est convenu d'appeler dans le jargon médiatique la recomposition du paysage politique français (PPF).

Les erreurs commises par les partis de la droite classique résultent de leur incapacité à déjouer les pièges que leur tend la gauche et à résister à sa pression idéologique. Si M. Chirac a entrepris la diabolisation du mouvement national, c'est par crainte d'être lui-même diabolisé par les socialistes. S'il a renoncé à poursuivre ses réformes, c'est sous la pression de la gauche. S'il s'est rallié aux thèses cosmopolites, c'est parce qu'il n'a pas de doctrine à opposer au socialisme.

Au cours de ces deux années cruciales, ce sont en réalité M. Mitterrand et ses amis qui auront mené le jeu. Sans être au gouvernement, ils auront conservé l'initiative et commencé à engranger les fruits de leur redéploiement idéologique.

En abandonnant ses thèses dures sur la rupture avec le capitalisme et l'étatisme triomphant,en se ralliant aux charmes insipides de la social-démocratie tout en développant un discours nouveau et offensif de cosmopolitisme militant, le socialisme a réussi à modifier à son profit la configuration du champ de bataille politique et à prendre ses adversaires à contre-pied!

De ces bouleversements de grande ampleur, une situation politique nouvelle est en train de naître qui explique les reclassements que l'on constate aujourd'hui.

La forteresse neutralisée

Premier phénomène: le désarroi du RPR et de l'UDF. Il s'explique par leur inaptitude à comprendre la manoeuvre socialiste.

Sur le terrain économique et social, champ traditionnel de leur affrontement avec la gauche, les antagonismes se sont considérablement atténués puisque les deux camps se retrouvent sur des positions sociales-démocrates. Comme le dit M. Séguin: « Il n'y a plus, entre nous, de différences quant aux objectifs, seules certaines méthodes nous différencient. » Fort bien, mais sur l'autre front, sur celui des questions de société, là où le socialisme a lancé sa nouvelle offensive, le RPR et l'UDF, nous venons de le constater, loin de s'opposer au PS, se sont ralliés à ses thèses, pratiquant même la surenchère. La conclusion s'impose: la droite
institutionnelle est politiquement neutralisée. Elle n'incarne plus une véritable alternative idéologique au socialisme. Elle n'a plus d'identité politique. Elle n'a plus de projet qui lui soit propre. En d'autres termes, elle n'a plus de raison d'être.

Elle se comporte comme ces mauvais défenseurs d'une forteresse assiégée qui continuent de se battre sur la face nord, alors que l'assaillant monte à l'assaut de la face sud, et qui laissent l'ennemi envahir la place sans même s'en rendre compte, préoccupés qu'ils sont de repousser une attaque de diversion. Les ténors du RPR et de l'UDF cumulent deux erreurs: les uns continuent de vouloir s'en prendre aux vieilles lunes du socialisme archaïque et multiplient les critiques de détail contre le programme économique du gouvernement, les autres affichent triomphalement leur adhésion à l'idéologie cosmopolite et approuvent globalement la politique du pouvoir en matière d'immigration. Dans les deux cas, ils desservent leur cause. Les uns donnent un coup d'épée dans l'eau, les autres un coup de pouce au socialisme.

La crise des partis de la droite classique ne se réduit pas à celle des hommes ou des structures. Elle est plus profonde, car elle résulte de l'impasse idéologique et politique dans laquelle ils se sont engagés.

L'horreur du vide

Dans le même temps, on assiste à la montée du mouvement national. Cette émergence s'explique facilement: la grande offensive lancée par le socialisme cosmopolite ne trouvant plus pour la contrer l'opposition du RPR et de l'UDF, et la politique, comme la nature, ayant horreur du vide, ce courant s'est développé en occupant leur place sur ce nouveau front.

Le redéploiement idéologique du PS et l'inertie de la pseudo-droite ont ainsi provoqué un renversement dans l'ordonnancement des forces politiques. Autrefois, le combat s'organisait selon l'axe PC-PS contre UDF-RPR sur le schéma: étatisme contre libre entreprise. Aujourd'hui, il est en passe de se réordonner autour de l'axe socialistes contre nationaux sur le thème: tenants du cosmopolitisme contre défenseurs des identités.

Voilà pourquoi le mouvement national existe et se développe. Il occupe dorénavant une position stratégique essentielle. Il ne peut donc pas être ce feu de paille que certains prétendent; sa position sur l'échiquier politique le destine au contraire à devenir une grande force populaire vouée à jouer un rôle déterminant dans les années à venir.

Les fondations sous les décombres

Le troisième phénomène marquant est celui de l'abstention massive aux élections. Certes, le désintérêt des Français à l'égard du vote et de la politique trouve ses racines dans la dégénérescence de la démocratie. Les électeurs, on l'a dit, ont les meilleures raisons de prendre leur distance à l'égard d'un établissement de plus en plus gangrené.

Pourtant, le flottement de l'opinion est sans doute d'abord la conséquence des mutations politiques en cours. Beaucoup d'électeurs ont remarqué que les anciennes oppositions entre le PS, d'une part, l'UDF et le RPR, de l'autre, se sont estompées. Mais ils n'ont pas encore perçu de quelle façon la vie politique va se restructurer et quels seront les nouveaux antagonismes. Ils ont donc devant les yeux un paysage confus et ne discernent pas encore, sous les décombres de l'ancien édifice, les fondations du bâtiment en construction. Indécis et perplexes, ils se réfugient dans l'abstention ou dans ce qui leur apparaît comme délibérément neutre: le parti des Verts.

Notons que le caractère trouble de cette période de transition est encore accentué par les reclassements d'électeurs. Si le mouvement national recueille des voix venant de tous les horizons politiques, y compris de la gauche, c'est justement parce que certains Français qui se sentaient proches du PS ou du PC sur les questions économiques et sociales se trouvent maintenant en accord avec lui sur la question nationale. Cet enjeu devenant progressivement l'axe structurant du débat politique, c'est en fonction de celui-ci qu'ils se déterminent de plus en plus souvent. D'où les transferts de voix.

Ainsi se dessinent les montagnes naissantes, les déserts arides et les marécages brumeux du nouveau paysage politique français. Encore en gestation, celui-ci se précise peu à peu et, pour l'imaginer, il suffit d'évaluer les atouts et les handicaps des forces en présence.

Le colosse aux pieds d'argile Les socialistes sont apparemment en position de force. Tous les pouvoirs constitutionnels sont entre leurs mains. Ils sont à l'Élysée, à Matignon. Ils disposent d'une majorité à l'Assemblée nationale. Des hommes de gauche occupent les postes clefs dans la plupart des institutions: au Conseil constitutionnel, dans les médias, dans les grandes entreprises. Ils bénéficient de relais et de connivences idéologiques dans les grandes féodalités bureaucratiques, enseignantes, syndicales et médiatiques. Sans compter les fameuses autorités morales et le lobby de l'immigration qui ouvrent en osmose avec eux. Pourconsolider encore cet édifice impressionnant, le parti socialiste distille une idéologie aussi conquérante que séduisante puisque maintenant dissimulée derrière le masque des bons sentiments et agitée comme un étendard de ralliement et de consensus.

La forteresse est imposante. Elle paraît imprenable. Pourtant, elle n'est pas sans points faibles.

Touchez pas !

Derrière cette apparence, la gauche n'a plus rien à proposer. Son discours relève davantage de l'incantation et de la pensée magique que d'une construction doctrinale cohérente: en dehors des mesures en faveur des immigrés, il ne débouche sur aucun programme d'action. Plus question de mettre en forme une vision globale de la société susceptible de mobiliser et de faire rêver.

Le socialisme est devenu une force de conservation du système en place. Il n'appelle plus àla « lutte » pour conquérir de nouvelles « avancées sociales », il ne songe qu'à « défendre des acquis ». Lors de l'élection présidentielle de 1 988, M. Mitterrand insistera sur la nécessité de « défendre les acquis de la République, ceux de la démocratie, du socialisme16». Déjà, le manifeste du 17 mars paru dans le mensuel Globe à l'occasion des élections législatives de 1986 s'intitulait d'une manière significative: « Sur quoi nous ne céderons pas ». Les socialistes sont sur la défensive, la mobilisation du « peuple de gauche» devient de plus en plus difficile et se fait en général sur le front du refus avec comme mot d'ordre: « Touchez pas ». La déclinaison est variée: « Touchez pas à la Sécu », « Touche pas à mon pote », « Touchez pas au code ». Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive.

M. Mitterrand est d'ailleurs d'autant plus populaire qu'il ne fait rien. Quant aux concerts rock, aux célébrations officielles et aux éclats médiatiques, ils peuvent encore abuser, mais, derrière les anathèmes contre la xénophobie et les chants sur les droits de l'homme, il n'y a plus qu'un régime de privilégiés qui défend le statu quo.

La génération qui marche à côté de ses pompes

La position des socialistes est d'autant plus difficile que leur nouveau discours idéologique contredit leur comportement et l'attente des forces qui les soutiennent.

Le décalage entre le contenu moralisateur des déclarations publiques et l'attitude concussionnaire d'une partie croissante de l'établissement de gauche passe de moins en moins inaperçu. Thierry Pfister, pourtant lui-même socialiste et ancien collaborateur de Pierre Mauroy, a rédigé un ouvrage qu'il a intitulé de façon évocatrice: Lettre ouverte à la génération Mitterrand qui marche à côté de ses pompes17. Le livre est entièrement consacré à la dénonciation de cette gangrène qui ronge le régime.

Certes, tout est fait pour cacher au grand public les pratiques de l'oligarchie. Pourtant, malgré la complaisance de nombreux médias, les Français commencent à savoir. Et l'opinion publique est toujours plus sévère pour Tartuffe que pour les pécheurs ordinaires.

Par ailleurs, l'idéologie de gauche a toujours été un instrument de contestation sociale; comment ne pas la renier tout en assurant la sauvegarde du système en place? Toute la difficulté des gouvernements socialistes réside dans cette interrogation. Déjà, le pouvoir a connu des conflits avec les catégories sociales qui constituaient jusqu'à présent son socleélectoral. Les membres du corps enseignant, bien que largement embrigadés dans les organisations de la FEN proches du pouvoir, n'ont pas hésité à cesser le travail et à mener la fronde contre M. Jospin, ministre de l'Éducation. Dans l'administration, les employés des impôts, fleuron du militantisme de gauche, ont organisé une grève dure et longue contre le pouvoir socialiste incarné par MM. Charasse et Bérégovoy.
Quant au port du tchador à l'école, il a été l'occasion de graves dissensions au sein du PS et a montré que la nouvelle idéologie cosmopolite du gouvernement pouvait entrer en contradiction avec les principes du socialisme traditionnel.

La force immobile

Plus grave encore, le pouvoir ne peut plus compter sur un réel soutien populaire. D'ores et déjà, les scores électoraux du PS se sont affaiblis. Les élections européennes de 1989 n'ont apporté à la liste de M. Fabius que 24 p. 100 des voix. Dès 1988, aux élections législatives qui faisaient pourtant suite à la victoire de M. Mitterrand, les candidats socialistes ne totalisèrent au premier tour que 34 p. 100 des suffrages.

Sans doute est-on abusé par la position personnelle de M. Mitterrand qui jouit d'une cote de popularité élevée. Mais le socialisme en tant que tel ne semble plus en mesure de susciter de grands élans populaires. Son ambition se tourne dès lors vers la mobilisation et le développement des groupes de pression qui le soutiennent. La Nouvelle Idéologie Socialiste est d'ailleurs conçue avant tout pour séduire les féodalités comme la syndicratie, la médiacratie, le lobby de l'immigration. Celles-ci, en raison de leur puissance dans la société, des réseaux dont elles disposent et de leur pouvoir d'influence sur l'opinion, peuvent encore offrir au parti socialiste des succès de circonstance, mais le courant de fond qui assure l'avenir semble s'être tari. D'ailleurs comment pourrait-il en être autrement alors que le personnage fétiche de la gauche est maintenant incarné par M. Tapie? Que ce soit un homme sans convictions, patron affairiste, spécialiste du licenciement économique et bateleur des médias qui soit aujourd'hui l'étoile montante du PS en dit long sur la dégradation des forces de gauche.

« Le socialisme ne peut se maintenir qu'au prix de ses reniements, qu'au prix de remarquables manoeuvres politiciennes et grâce à l'appui de forces supplétives comme les lobbies et demain, peut-être, le vote étranger [...]. Il n'obtient plus que des victoires par démission, des victoires faciles sur des adversaires complexés et manquant de discernement », observe Didier Maupas, qui conclut: « M. Mitterrand peut bien proclamer sur ses affiches "La France unie est en marche ". Le socialisme, lui, reste pour longtemps encore une force immobile que le mouvement des sociétés dépasse. Ce décalage créera les plus grosses tensions mais ouvrira aussi les meilleures opportunités18.»

On n'est sûr de rien

Gageons que ces occasions ne seront pas saisies par le RPR et l'UDF auxquels il manque maintenant les trois facteurs de la réussite politique: une doctrine, une stratégie, des hommes.

Depuis longtemps, les idées ont déserté les partis de la pseudo-droite. On peut même se demander si les convictions n'y ont pas cédé la place à un simple pragmatisme aussi utilitaire qu'inconsistant. C'est en tout cas le sentiment que donne M. Sarkozy, pourtant député-maire de Neuilly et bras droit de M. Juppé, lorsqu'il s'adresse à l'auteur de cet ouvrage: « Je suis fasciné par M. Mégret, je n'arrive pas à comprendre la certitude qu'il a de détenir le monopole de la vérité. En 1989, autant de systématisme paraît extraordinairement archaïque19.» Faut-il en conclure que M. Sarkozy n'est sûr de rien ? Et, si tel est le cas, au nom de quoi revendique-t-il les suffrages des Français?

Le RPR avait pourtant à l'origine une doctrine ou, à tout le moins, un ensemble deprincipes qui lui venaient du gaullisme. Que sont-ils devenus?

On y trouvait la notion de destin, le refus de la fatalité, l'esprit de résistance et de volonté qui poussait de Gaulle à définir son entreprise comme « une forme contemporaine de l'élan de notre pays ». Que reste-t-il de cette grande idée après la cohabitation, forme de compromission institutionnelle contraire aux principes gaulliens et à l'esprit de la Constitution telle que le fondateur de la ye République l'avait voulue et pratiquée?

Le discours du général de Gaulle faisait aussi référence à la souveraineté populaire, au lien direct entre le peuple et le pouvoir, toutes préoccupations qui impliquent le refus du système des lobbies et le rejet du régime des partis. Le RPR et l'UDF ont abandonné ces beaux principes. M. Chirac lui-même a soustrait la réforme du code de la nationalité à l'appréciation du peuple et de ses représentants en la confiant à une commission irresponsable de prétendus sages. Quant au régime des partis, il s'épanouit comme jamais dans la nébuleuse RPR-UDF. Les querelles d'hommes se multiplient, les tendances s'accentuent, le clientélisme prospère et les apparatchiks font la loi.

Notons enfin pour mémoire la « certaine idée » que se faisait de Gaulle de la nation française. Elle n'était pas pour lui désincarnée mais enracinée dans son identité. Elle était liée à la grandeur, donc à la puissance et à cette perspective historique qui donne du souffle aux entreprises politiques. Qu'en reste-t-il aujourd'hui? Peu de chose puisque ses descendants politiques se sont ralliés aux thèses de l'idéologie cosmopolite!

« Le drame de la mort, je me demande si c'est la mort ou si ce sont les héritiers », s'interrogeait le cardinal d'Espagne de Montherlant20. Peut-être Charles de Gaulle aurait-il pu se poser la même question?

Preuve de la profonde vacuité idéologique du RPR et de l'UDF, ces principes dont Raymond Barre affirme qu'« ils ne sont pas gaullistes [mais] ceux que tout gouvernement doit respecter pour le service du pays» ont été délaissés par ceux dont ils constituaient la seule armature doctrinale. Aujourd'hui, ils n'ont donc plus rien à proposer.

Le triangle des Bermudes

Leur reste-t-il quelque chose à faire? Telle est la question qui vient à l'esprit en méditant sur l'impasse stratégique dans laquelle ils sont engagés. Chacun sait qu'il ne faut jamais se battre contre deux ennemis à la fois, ainsi que l'avait théorisé Clausewitz. Or la droite institutionnelle a ouvert deux fronts et entend mener le combat à la fois contre le parti socialiste et contre le mouvement national. Cette voie est sans espoir, car elle repose sur le postulat que ce mouvement restera sans lendemain. Or il s'est solidement enraciné dans la vie publique française, il a résisté sans moyens à toutes les entreprises de déstabilisation lancées contre lui et, surtout, l'analyse des mutations politiques montre, comme nous l'avons vu, que son émergence n'a rien de circonstanciel ni de transitoire. En d'autres termes, le courant national n'est pas une anomalie politique, mais le fruit naturel d'évolutions irrésistibles. Suivre une stratégie de troisième voie entre le PS et le mouvement national revient donc à se couper définitivement la route vers le pouvoir. C'est s'engager dans une longue traversée du désert qui pourrait bien décimer les troupes et les électeurs, car elle ne débouchera jamais sur la moindre oasis.

L’UDF et avec lui le RPR pourraient alors choisir un autre chemin, celui que leur désignent les «jeunes turcs »: la stratégie centriste. « Jouons la convergence avec les forces fréquentables du PS, écartons chez nous et chez eux les extrémistes, et créons ce grand groupe central que commande la raison. » Comment ne voient-ils pas que cette voie est suicidaire pour les partis de la fausse droite et ne ferait qu'accélérer leur déclin? Elle placerait le conglomérat RPR-UDF, qui pèse encore près de 35 p. 100 du corps électoral, sur un espace politique qui n'a que très rarement représenté plus de 10 p. 100 des Français. Le centre, c'est le triangle des Bermudes. Lorsqu'on l'atteint, on disparaît.

Tel est bien le terrible dilemme stratégique auquel est confrontée la droite institutionnelle: la traversée du désert ou le triangle des Bermudes.

La moitié réduite au quart

Les conséquences de cette situation se sont déjà fait lourdement sentir. Avant 1981, les partis de la pseudodroite représentaient la majorité du pays. Au lendemain des législatives de juin 1981, ils incarnaient encore presque 50 p. 100 des Français. Aujourd'hui, ils se félicitent lorsqu'ils atteignent 29 p. 100 des voix comme aux élections européennes de 1989! Telle est l'ampleur du recul. Le RPR et l'UDF ont changé de catégorie. Auparavant, ils représentaient chacun la moitié de l'électorat hostile à la gauche. Aujourd'hui, c'est seulement en se regroupant qu'ils réussissent à incarner la plus importante des deux moitiés de la droite électorale. L'autre fraction a dû être abandonnée au mouvement national promu irrémédiablement troisième force politique française.

Pour enrayer ce déclin, la droite institutionnelle pourrait encore, il est vrai, imaginer une troisième stratégie: l'entente avec le mouvement national. Pour la réaliser, il lui faudrait au préalable engager un processus de dédiabolisation. Une telle démarche n'est pas impossible. Notons qu'elle se ferait aujourd'hui au bénéfice principal du courant lepéniste. «Si maintenant le RPR et l'UDF parlent comme le mouvement national, c'est qu'il avait raison. » Ses thèses et ses hommes gagneraient un nouveau crédit et sans doute une audience accrue dans l'opinion. Quant aux partis de la droite classique, ils y trouveraient une possibilité sérieuse de retour au pouvoir et la France y puiserait peut-être un espoir d'échapper au déclin.

Les rides sous le maquillage

Mais cette entente est-elle aujourd'hui possible avec Mmes Barzach et Veil ou MM. Noir, Carignon, Baudis, Maihuret, Séguin?

Le regain de la droite institutionnelle ne peut pas venir des personnalités de la génération montante. Elles ont beau s'affirmer à la fois comme héritières et rénovatrices, elles révèlent seulement que la relève en hommes d'envergure n'est plus assurée.

Les « jeunes turcs » du RPR et de l'UDF n'ont qu'un leitmotiv: « Faites au plan nationalcomme nous avons fait dans notre ville. » Mais on ne gouverne pas une nation comme on gère une cité. On ne devient pas président de la République comme on se fait élire maire d'une grande commune. Aucun des chefs d'État de la Ve République n'a d'ailleurs jamais été l'élu d'une métropole. Souvenons-nous de ce moment d'anthologie du mois de juin 1989: Michel Noir en présidentiable à « L'Heure de vérité » expliquant quelles idées-forces les rénovateurs apportaient à la vie politique: « Eh bien, nous proposons par exemple des cours d'histoire de l'art dans les lycées » ou, last but not least, « l'entrée de la Pologne dans la CEE.» Sans commentaire.

En réalité, ces pseudo-rénovateurs n'ont apporté aucune contribution au redressement de leur formation politique: rien sur la doctrine, rien sur la stratégie. Ils n'ont fait qu'accentuer les erreurs de leurs prédécesseurs. Comme eux, ils refusent de désigner et de combattre leur adversaire, comme eux ils affichent un comportement moralisateur et consensuel sans songer à définir leur identité politique propre. Ces hommes ne sont que des fausses valeurs que l'on fait briller artificiellement sous le feu des projecteurs de télévision dont ils sont à la fois les jouets et les victimes. Ils ravalent la façade de la droite institutionnelle, mais l'immeuble qu'elle masque est sur le point de s'effondrer. Eux que l'on présente comme des jeunes alors qu'ils ont déjà atteint l'âge mûr ne sont que les symboles de l'établissement finissant: derrière le fard de leur maquillage de scène, il n'y a que les rides du système dont ils sont le produit.

Une force nouvelle

1981 avait sonné le glas d'une époque. Une ère nouvelle se prépare. Sans doute ne sera-telle pas dominée par les anciennes formations de la Ve République.

Aujourd'hui affaiblies, compromises, prisonnières de leurs appareils et de leurs clientèles, elles sont dépassées par la marche du temps.

L'heure est venue pour une force politique nouvelle.


1. Le Monde, 21 mai 1981.

2. Le Figaro-Magazine, 4 juillet 1981.

3. L'Express, 14 août 1985.

4. « Pourquoi la gauche ? » la Revue des Deux Mondes, septembre 1981.

5. L'Express, 20 février 1987.

6. L Express, 6 décembre 1987.

7. Le Figaro, décembre 1986.

8. Le Monde, 27 novembre 1987.

9. Le Monde, 15 septembre 1987.

10. Le Monde, 13 janvier 1988.

11. Le Monde, 15 septembre 1987.

12. Le Monde, 25 août 1987.

13. Le Monde, 29 août 1987.

14. Le Figaro, 16juin 1986

15. L'Express, 11 décembre 1987.

16. Le Monde, 21 avril 1988.

17. Albin Miche!, 1988.

18. Didier Maupas, l'Idéologie néo-socialiste, CdH, 28 mai 1989.

19. Valeurs actuelles, 26 juin 1989.

20. Henry de Montherlant, le Cardinal d'Espagne, Gallimard, 1960.



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