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La nouvelle Europe

Sommaire:
Introduction: Le nœud gordien
Chapitre 1: La voie unique
Chapitre 2: Les deux Europe
Chapitre 3: Le nouveau traité
Chapitre 4: La communauté de civilisation
Chapitre 5: La guerre économique
Chapitre 6: La liberté monétaire
Chapitre 7: Le renouveau agricole
Chapitre 8: La volonté de puissance
Chapitre 9: La France en tête
Conclusion: Le retour du possible


Chapitre 5
La guerre économique

Économie, c'est le conflit ! Contrairement a l'idée habituellement répandue, le développement de la production et des échanges, loin de créer la paix et l'harmonie parmi les nations, instaure entre elles le rapport de force et l'affrontement. Dans ces conditions, malheur a ceux qui renoncent a se battre, tels les responsables bruxellois, manifestement plus préoccupés de mettre en oeuvre un programme idéologique que de faire gagner l'Europe par tous les moyens. Malheur surtout aux pays du vieux continent qui s'en trouvent affaiblis et dont les peuples subissent concrètement les conséquences désastreuses de cette déplorable attitude. Pour conjurer cette funeste perspective et rétablir la prééminence économique de l'Europe, il est donc nécessaire de changer de stratégie et de relever le défi de la guerre économique. Tel est l'objectif de l'Europe des nations.

Un affrontement mondial

Plus encore qu'hier, le monde est aujourd'hui le champ clos d'une grande conflagration économique et sociale. Les affrontements, les appétits de puissance et de richesse, les rivalités entre les hommes et les nations, qui autrefois se soldaient par des guerres souvent sanglantes, semblent actuellement être déplaces sur le terrain de la production et des échanges. S'il est donc vrai que les conflits, mis a part quelques exceptions, ne se traduisent plus par des combats militaires, les batailles économiques qui remplacent ceux-ci n'en sont pas pour autant moins après et moins violentes. Le discours propre au monde marchand se fait d'ailleurs l'écho de cette brutale réalité puisque le vocabulaire qu'il utilise est maintenant directement emprunte du langage militaire. On parle d'offensives ou de représailles commerciales, d'attaques sur les monnaies et de raids boursiers. Il est question de conquête de marche, de position dominante, de déroute financière et d'arsenal de mesures.
Parce qu'elle a pour objet de gérer la rareté et que celle-ci crée chez les hommes des rivalités et des antagonismes, économie est déjà, par essence, source de conflits. Mais cette réalité est actuellement exacerbée par le phénomène de mondialisation, la concurrence sauvage qui en résulte et la situation d'instabilité qu'elle instaure.
Des lors, la compétition se généralise a l'échelle de la planète entière, donnant lieu, en l'absence de toute régulation, a un véritable affrontement mondial. Certes, il n'y a pas de morts, car on ne se bat pas a coups d'obus ou de bombes, mais les armes utilisées, dérégulation, délocalisation, restructuration, font néanmoins des victimes par millions. Ce sont les travailleurs qui perdent leur emploi, les salaries dont on baisse le revenu, les citoyens qui vivent l'angoisse de la précarité et ceux qui sont plonges dans la misère.

Boeing et Aérospatiale

Or, l'Europe de Maastricht, totalement déconnectée de la réalité, applique son propre programme comme si de rien était, semblant ignorer superbement la nature conflictuelle de cette très grave situation. Elle fait preuve, a égard de ses partenaires, d'une naïveté et d'une faiblesse désarmante, comme s'il n'y avait pas de rapports de force ni intérêts antagonistes. Tout se passe pour elle comme s'il s'agissait d'appliquer studieusement la doctrine économique qu'elle s'est choisie. Que ses adversaires enfreignent allègrement les règles qu'elle respecte de son cote scrupuleusement ne parait pas l'émouvoir. Que les accords qu'elle signe, par exemple, avec les Etats-Unis soient déséquilibres a son détriment la laisse indifférente. L'Europe de Maastricht ne fait pas la guerre économique, elle applique des traites. Elle n'évolue pas dans la réalité du système marchand, elle demeure dans le monde virtuel du droit. Elle ne se bat pas pour des intérêts, elle défend des principes.
Ainsi, par exemple, lorsque la société française Aérospatiale et l'italien Alenia ont décide de racheter l'avionneur canadien De Havilland pour constituer le premier pole mondial de construction d'avions court courrier, la Commission de Bruxelles a décide d'interdire ce rapprochement au motif qu'il assurerait au nouveau groupe une position dominante sur le marche mondial. A contrario, les instances maastrichiennes se sont montrées totalement impuissantes a s'opposer a la fusion des américains Boeing et Mac Donnell-Douglas. Une fusion qui a pourtant donne naissance a un groupe colossal contrôlant près de 70 p. cent du marche mondial de l'aérospatiale. Tout l'esprit de l'Europe bruxelloise se trouve ainsi révèle a travers cette double attitude : d'un cote elle entrave le développement d'une authentique puissance européenne, de l'autre elle se soumet sans condition a l'hégémonie américaine.

Les deux dérives

Incapables de défendre avec pragmatisme les intérêts européens, les instances bruxelloises ne mènent pas la guerre économique au profit des pays d'Europe. On peut même se demander si, loin de servir les Etats membres, elles ne jouent pas contre eux au bénéfice de leurs adversaires. En tout cas, l'Europe de Maastricht accumule des contradictions qui toutes se retournent au désavantage des économies européennes.
Pour renforcer efficacité du système économique européen, les responsables bruxellois ont entrepris deux grandes séries de reformes, essentielles a leurs yeux. D'un cote le démantèlement des protections douanières, de l'autre l'harmonisation des réglementations. Dans le but de créer le grand marche unique, ne fallait-il pas en effet supprimer tous les obstacles aux échanges, qu'ils soient douaniers ou réglementaires ? Mais, dans la mise en oeuvre de ce programme, deux graves dérives se sont produites qui obèrent considérablement les intérêts économiques de l'Europe.

Le tarif dérisoire

La première a consiste a démanteler non seulement les protections entre les pays de la Communauté, mais aussi celles entre l'Europe et le reste du monde. Au nom de l'Union douanière et du Marche unique, il fallait en effet que les Etats suppriment leurs frontières économiques. Mais ce décloisonnement du marche intérieur devait avoir pour contrepartie l'instauration d'un tarif douanier extérieur commun permettant de contrôler les échanges extracommunautaires et de créer une véritable préférence européenne.
Le démantèlement des frontières intérieures sera effectivement réalise, mais le dispositif de protection extérieure, s'il a bien été formellement instaure, aura été totalement vide de son sens. Aujourd'hui, en effet, ce tarif, dont le taux est déjà insignifiant, fait l'objet de tant de dérogations qu'il a perdu toute réalité et c'est désormais une franchise douanière totale qui prévaut dans la plupart des cas. Des accords bilatéraux ou multilatéraux ont été passes avec d'innombrables pays, notamment d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et d'Amérique du Sud (Mercosour). La clause de la nation la plus favorisée, par laquelle tous les pays peuvent obtenir les mêmes avantages que celui d'entre eux qui jouit des meilleures conditions, a joue ensuite de façon systématique pour généraliser les baisses tarifaires. Enfin, les négociations du GATT, ou l'on a vu la Commission de Bruxelles accepter sans résistance, sinon même avec complaisance, les exigences qui lui étaient présentées, puis la création de l'OMC sous l'égide des Américains, ont parachève cette ouverture quasi totale des frontières de l'Europe au mépris de ses intérêts.

L'obsession normative

La seconde dérive résulte de l'obsession normative qui affecte la Commission de Bruxelles, laquelle, au nom de la nécessaire harmonisation des textes nationaux, a progressivement secrète une bureaucratie tentaculaire encore plus tyrannique que les administrations nationales. Certes, les fonctionnaires européens sont beaucoup moins nombreux que ceux qui servent le gouvernement français. Mais les employés de la Commission sont tous des cadres de conception quand la plupart des fonctionnaires français accomplissent des missions d'exécution. C'est donc plus de quinze mille personnes qui se trouvent occupées a plein temps pour rédiger des projets de règlements, de directives ou de recommandations.
D'ailleurs, les résultats sont la : en une année, tandis que le parlement français vote une centaine de lois, la Commission de Bruxelles fait adopter plus de sept mille textes. Et encore la comparaison est-elle faussée, car, du cote national, les lois portent sur tous les sujets propres a la vie d'une nation alors que, du cote de la Communauté européenne, l'essentiel des règlements concerne le système de production et d'échange. C'est dire si le carcan bureaucratique de l'Europe pèse lourdement sur les économies nationales.

L'alourdissement fiscal

Et, comme toujours dans les systèmes étatisés, l'administration suscite un alourdissement perpétuel des ponctions fiscales. L'Europe bruxelloise ne fait pas exception a cette règle et dispose déjà d'un budget global de six cents milliards de francs, dont près de cent a la charge de la France, ce qui représente le tiers de l'impôt sur le revenu. Pire encore, ces prélèvements augmentent très rapidement puisqu'ils ont double de 1988 a 1997, période pendant laquelle le budget de l'Etat progressait beaucoup plus modérément. Aujourd'hui, les institutions maastrichiennes constituent donc, en France, la collectivité la plus active dans l'accroissement de la pression fiscale. C'est d'ailleurs la que réside l'un des paradoxes les plus surprenants de l'entreprise bruxelloise, puisqu'elle utilise des méthodes en totale contradiction avec ses objectifs affiches. Pour la Commission, l'idéal de l'organisation économique repose en effet sur les principes du libéralisme, voire de l'ultraliberalisme. Dérégulation des services publics, suppression des obstacles aux échanges, destruction des systèmes de prix garantis, interdiction des subventions étatiques, privatisation des organismes sociaux, tels sont les buts que poursuit officiellement l'appareil bruxellois. Or, pour instaurer pareil système, il a recours a une administration, une fiscalité et une réglementation de plus en plus lourde. Sous prétexte de libéraliser, on bureaucratise !

Etatisme et mondialisme

Ces errements des instances bruxelloises sont particulièrement pénalisants pour les pays européens puisqu'ils font supporter a leurs économies une double contrainte a la fois mondialiste et étatiste. D'un cote, on les expose sans la moindre protection a une concurrence sauvage implacable et, de l'autre, on les accable sous le poids d'une bureaucratie supplémentaire extrêmement pesante. Comment la situation des acteurs économiques européens ne s'en trouverait-elle pas affaiblie, alors même que le libre-échangisme mondial les place dans l'obligation d'aligner a la baisse leurs prix de vente sur ceux de leurs concurrents étrangers, lesquels supportent des charges beaucoup moins lourdes que les leurs ? Sans compter que, dans le même temps, ils doivent augmenter leurs prix de revient pour parer aux conséquences de la réglementation européenne dont l'impact financier est de plus en plus écrasant pour les sociétés.
Gravement handicapées par cette contradiction, les entreprises françaises et européennes se trouvent des lors prises au piège. Les grands groupes qui disposent déjà d'une large assise internationale et de moyens généraux puissants peuvent généralement faire face a cette funeste situation. Mais tel n'est pas le cas des petites et des moyennes entreprises qui assurent pourtant près de 50 p. cent du chiffre d'affaires global des sociétés françaises.
Ainsi, telle société de conditionnement industriel du poisson se verra contrainte de réaliser des travaux considérables pour mettre ses installations aux normes techniques imposées par Bruxelles. Mais, dans le même temps, elle devra affronter la concurrence de sociétés extra-europeennes qui écouleront a bas prix leurs conserves sans subir le moindre droit de douane, alors même que, dans leur pays d'origine, leurs installations ne sont soumises a aucune exigence technique et sanitaire. Résultat : l'entreprise nationale sera acculée au dépôt de bilan ou a la delocalisation. Dans les deux cas, elle créera donc, malgré elle, de nouveaux chômeurs, a moins qu'elle ne diminue les salaires de ses employés pour tenter de survivre.
Accumulées a l'échelle macro-économique, ces situations individuelles totalement absurdes expliquent la montée du chômage, la baisse du niveau de vie et le marasme social que connaissent la France et beaucoup de ses voisins.

Relever le défi

La encore, la Commission bruxelloise, loin de servir les intérêts européens, semble se retourner contre eux et agir comme si elle voulait favoriser les économies étrangères. Sans doute ne faut-il pas aller aussi loin ni accuser les instances maastrichiennes de duplicité ou de trahison, car la vérité est ailleurs. En réalité, si l'Europe de Bruxelles semble ne pas oeuvrer au bénéfice des nations qui la composent, c'est tout simplement parce que sonobjectif est autre. Elle ne travaille pas contre les Etats membres, elle agit pour l'intégration des pays du continent, intégration européenne aujourd'hui, mondiale demain. Que ce projet soit ou non utile aux patries d'Europe, elle n'en a cure, car son but est celui de l'idéologie mondialiste et son mode d'action celui des traites. Toute autre réalité, notamment celle des nations, des peuples et de leurs intérêts, lui est étrangère.
Cette conception de l'Europe et de son action économique est donc insupportable pour qui reste préoccupe par le sort des Français et par le destin de notre pays. C'est pourquoi l'Europe des nations veut rompre avec cette absurde vision et concevoir une coopération économique européenne qui prenne en compte la réalité du monde d'aujourd'hui. Et, comme cette dernière est dominée par la compétition forcenée entre les nations et par l'affrontement de leurs systèmes de production et d'échange, la nouvelle Europe ne peut avoir qu'une ligne de conduite consistant a relever le défi de la guerre économique avec la volonté de la gagner. Il n'est donc pas question pour l'Europe des nations de s'enfermer dans des carcans juridiques ou de se soumettre a une idéologie. Sa démarche doit être pragmatique et entièrement sous-tendue par la guerre qu'il importe de mener. Il lui faut pour cela définir une stratégie, établir des défenses, renforcer son armement et concevoir une offensive.

Le socle de la puissance

S'agissant de la stratégie, il convient en premier lieu de mobiliser la puissance économique de l'Europe. Si, en effet, la planète est le théâtre d'un affrontement général des systèmes de production et d'échange, le rapport de force entre les nations joue un rôle déterminant. Il importe donc d'en prendre conscience, de renforcer au maximum le potentiel de la nouvelle Europe, de le mobiliser pour faire prévaloir ses intérêts et pour gagner la guerre économique. Et c'est la que se situe la principale justification de l'Europe des nations.
Beaucoup de pays européens ont en effet une dimension économique aujourd'hui trop limitée pour s'imposer facilement dans le monde. Aussi leur alliance, en leur apportant la force collective qu'ils ne parviennent pas toujours a atteindre en restant isoles, ne peut que leur être très profitable.
Il convient donc de conserver le principe du grand marche unique et de le mettre au service de la puissance européenne. Déjà pratiquement réalise, cet ensemble constitue en effet le socle de la force économique du vieux continent. Par son marche de plus de trois cent soixante-dix millions d'habitants, son niveau de vie moyen de 115 000 francs parmi les plus élevés du monde, son PIB global de 42 600 milliards de francs, le premier de la planète avec celui des Etats-Unis, l'Europe actuelle dispose d'ores et déjà de tous les atouts nécessaires pour s'imposer comme la première puissance économique mondiale. Encore faut-il que les éléments de cette force considérable ne restent pas inemployés comme c'est le cas aujourd'hui avec les instances de Bruxelles. La stratégie de l'Europe des nations doit donc viser a achever, défendre, renforcer ce grand marche unique et surtout a utiliser la puissance qu'il représente au service des pays européens.

Le boulet et le bouclier

La nouvelle Europe doit, en second lieu, mobiliser la force des acteurs économiques et, pour ce faire, adopter une politique diamétralement opposée a celle de Bruxelles. Alors que les instances maastrichiennes livrent le système économique européen a une concurrence sauvage venue d'au-delà des mers et l'écrasent sous une réglementation tentaculaire, l'Europe des nations se propose au contraire d'alléger cette bureaucratie et de procéder a une régulation des échanges entre le continent et le reste du monde. Alors que le système actuel entrave les entreprises et les expose a une compétition déloyale, le projet d'une nouvelle Europe vise a les débarrasser de leurs handicaps et a leur assurer un minimum de protection sur le marche intérieur. Dans un cas, on attache un boulet au pied des combattants et on leur retire leur bouclier. Dans l'autre, on les libère et on les protège.
Pour mettre en oeuvre cette stratégie, l'Europe des nations doit d'abord rétablir ses lignes de défense économique et instaurer, pour ce faire, un minimum e protection a ses frontières extérieures.

Les vases communicants

Actuellement, l'ouverture quasi intégrale de l'espace économique européen au reste du monde fonctionne en effet selon le principe des vases communicants. Elle pousse a un nivellement mondial et, l'Europe étant plus riche que le reste de la planète, conduit a un transfert de la substance économique de notre continent vers d'autres pays du monde. Ainsi s'expliquent les delocalisations d'entreprises, la desindustrialisation de régions entières et la disparition de nombreux secteurs industriels en France et en Europe. Or, ces phénomènes, non seulement provoquent une perte de potentiel économique, mais compromettent l'indépendance des nations. Quand un ensemble de pays ne produit plus sur son sol l'essentiel de ce qui est nécessaire a la vie de ses habitants, il perd son autonomie et les peuples qui le composent voient leur échapper une grande partie de leur libre arbitre. Que l'Europe cesse de fabriquer des bateaux, des ordinateurs, de l'acier ou des composants électroniques de pointe et elle se trouvera en situation de subir la volonté des autres.
Il ne suffit donc pas de justifier le libre- échangisme mondial par le taux de profit des grands groupes ou par l'indice de couverture de la balance commerciale, il importe d'en mesurer les conséquences sur le destin des nations, mais aussi sur le bien-être des peuples. Or, au plan social, force est de constater que cette mondialisation a outrance déstabilise profondément les sociétés traditionnelles, constituant une cause majeure de chômage, de stagnation du pouvoir d'achat, de précarité pour les salaries et de misère pour les plus pauvres. Déstabilisation particulièrement malsaine qui crée ainsi de graves injustices et détruit l'harmonie parmi les peuples du continent.

La riposte commerciale

On ne peut donc pas vouloir défendre les intérêts des nations d'Europe et de leurs populations et supporter passivement la concurrence sauvage et déloyale qu'instaure le libre-échangisme mondial. Il faut donc accepter le principe d'une protection économique et d'une régulation des échanges. Principe d'ailleurs d'autant plus justifie qu'il est préconise par des personnalités aussi éminentes que le Prix Nobel d'économie Maurice Allais et qu'il est d'ores et déjà discrètement mis en oeuvre par des pays aussi influents que les Etats-Unis et le Japon. Chacun en effet sait quelles difficultés rencontrent les industriels européens pour vendre leurs produits sur le marche nippon. Et tous ceux qui exportent outre-Atlantique savent qu'ils sont en permanence sous le coup de mesures protectionnistes susceptibles d'être prises unilatéralement par Washington. La législation américaine dispose en effet, notamment dans un texte baptise super 301, de tout un arsenal de guerre commerciale allant de l'interdiction d'un produit jusqu'aux représailles contre le pays exportateur.
L'Europe des nations doit donc imiter la démarche des Etats-Unis et répondre a un triple impératif. Il lui faut en premier lieu se doter d'un dispositif de riposte commerciale comparable a celui de Washington. Certes, l'Europe de Maastricht dispose bien, dans son écheveau inextricable de textes, d'un mécanisme qui répond a cet objet, mais il n'est pratiquement jamais applique. Et pour cause, il est d'une lourdeur paralysante et ne peut être déclenche que par les entreprises victimes de pratiques déloyales ! Entreprises que la Commission bruxelloise considère toujours avec beaucoup de méfiance et auxquelles elle répond avec une infinie lenteur et une grande réticence. La encore, il est essentiel de modifier l'esprit et la lettre du dispositif communautaire actuel pour que les instances européennes se sentent dorénavant en charge de la protection économique de l'Europe et puissent réagir avec rapidité et efficacité chaque fois que des offensives commerciales néfastes et destructrices sont lancées contre l'industrie des pays européens.

Des écluses aux frontières

Plus important encore, la nouvelle Europe doit relever son tarif douanier extérieur commun afin de renforcer la protection permanente de l'économie européenne. Pour autant, il ne s'agit pas, bien évidemment, d'en revenir a une forme obsolète du protectionnisme tel qu'il a été pratique dans le passe et d'ouvrir la voie a une surenchère de droits de douane arbitraires et de plus en plus élevés. Loin de cette conception autarcique, l'Europe des nations mettra en oeuvre un mécanisme nouveau et résolument moderne, fonde sur le principe des écluses douanières. Est-il en effet normal que les produits européens soient mis en concurrence sans aucune compensation avec ceux de pays ou les salaires sont dérisoires et les préoccupations sociales ou écologiques totalement absentes ? Aussi, pour corriger ces graves distorsions, un système de taxes aux frontières pourra être instaure dont les taux seront calcules de façon objective, par pays et par produit, en fonction des différences existant entre les nations d'exportation et l'Europe.
Si donc le coût de la main-d'oeuvre incorpore dans un article d'importation est nettement inférieur a ce qu'il représenterait si ce produit était fabrique dans un pays européen, une taxe d'un montant correspondant a cette différence pourrait lui être appliquée. Tel est le principe de l'écluse douanière : elle n'entrave pas le commerce mondial, mais elle rétablit la loyauté de la concurrence. Ce système d'écluse, qui serait ainsi installe entre l'Europe et le reste du monde, assurerait donc une juste protection de l'économie européenne. Et quoi de plus légitime pour des dirigeants politiques et des instances étatiques ou inter-étatiques que d'assurer la protection de la communauté dont ils ont la charge ?

La régulation des échanges

D'autant que l'Europe des nations ne se contentera pas de ces mesures unilatérales de protection. Elle se fera par ailleurs le promoteur d'une régulation multilatérale des échanges commerciaux. Sachant que l'augmentation du tarif douanier extérieur commun et l'instauration d'un arsenal de riposte commerciale peuvent être jugées contraires a certaines dispositions des traites internationaux, comme le GATT, la nouvelle Europe sera amenée a les mettre en cause et a proposer, en leur lieu et place, un autre schéma d'organisation des relations économiques internationales. Actuellement, les Etats-Unis tentent d'imposer, sous couvert du nouvel ordre mondial, un schéma qui, malgré son apparence libérale, s'apparente a bien des égards a la loi de la jungle. L'Europe des nations en revanche devra proposer un autre modèle qui ne repose pas sur la brutalité du laisser faire, laisser passer intégral et qui substitue au libre-échangisme mondial le principe de la régulation des échanges.
Cette conception des relations commerciales a l'échelle de la planète consisterait a établir entre chaque ensemble de nations économiquement homogène un système écluses douanières du type de celui dont la nouvelle Europe entend se doter. Système qui pourrait d'ailleurs être garanti par une organisation internationale du type OMC. Des lors, le commerce mondial pourrait se développer sans détruire la stabilité économique et sociale des différents pays du monde, a la manière dont les écluses permettent le passage des bateaux sans troubler l'équilibre des différents plans d'eau.

Défense et harmonie

Toutes ces initiatives offriront a notre continent une ligne de défense dans la guerre économique internationale, mais elles contribueront aussi a stabiliser le système des échanges mondiaux, permettant ainsi a l'Europe, tout en défendant ses intérêts, d'oeuvrer a une meilleure harmonie de la planète. C'est pourquoi, contrairement a l'opinion des conformistes de l'établissement, un tel projet n'a rien d'utopique, car il rencontrerait l'assentiment d'un grand nombre de pays. De plus, l'Europe, d'ores et déjà première puissance commerciale du monde, pourra aisément mener a bien ce qu'une nation isolée serait incapable de réaliser. Et, pour peu bien sur qu'elle accepte d'affronter les Etats-Unis d'Amérique, rien ne s'opposera vraiment a ce qu'elle puisse faire prévaloir son point de vue. Ainsi, munie d'un instrument de défense efficace pour soutenir la guerre industrielle et commerciale qui fait rage a l'échelle de la planète, la nouvelle Europe pourra renforcer son armement économique et donc favoriser les entreprises européennes en allégeant les charges et la bureaucratie qu'elles subissent.

Pour adoucir l'agonie

Dans cet esprit, il lui appartient d'abord de mettre un terme a l'interventionnisme débride qui se développe actuellement sous l'impulsion de Bruxelles et qui conduit la Commission a multiplier les motifs et les procédures de soutien financier aux entreprises, aux associations ou aux collectivités locales européennes. Qu'il s'agisse de venir en aide aux secteurs économiques sinistres par la mondialisation ou de rééquilibrer le territoire européen en aidant les régions les plus pauvres, l'Europe de Maastricht intervient, par le biais de crédits de plus en plus importants, dans la vie nationale des pays membres.
Ainsi, les fonds structurels et les fonds de cohésion, qui constituent deux des principaux leviers de cette politique d'intervention, représentaient en 1975 seulement 6 p. cent des dépenses communautaires, alors qu'ils s'élèvent aujourd'hui a près de 25 p. cent d'un budget lui-même en forte croissance. L'Europe de Maastricht s'est donc laissée entraîner, comme l'Etat français, dans la spirale de l'interventionnisme. Incapable de créer les conditions d'un développement économique harmonieux, elle multiplie les aides, les primes et les subventions et les accorde sans compter a d'innombrables collectivités ou secteurs agricoles et industriels afin d'adoucir l'agonie a laquelle elle les a condamnes par l'ouverture a tout va des frontières.

L'interventionnisme aboli

Avec l'Europe des nations, ce mécanisme absurde pourra prendre fin, car la protection du marche européen évitera la destruction systématique de secteurs industriels importants et rendra donc inutile pour partie cet interventionnisme malsain. Quant a l'ensemble des fonds structurels et des divers budgets d'aides et de subventions, il sera soumis a l'application du principe de subsidiarite et donc purement et simplement transféré a l'échelon national. Qui en effet serait mieux place que l'Etat ou ses collectivités territoriales pour apprécier l'opportunité de telle ou telle subvention ? Des aides équivalentes a celles de l'Europe sont d'ailleurs, dans la plupart des cas, déjà versées par les gouvernements nationaux, sans compter que ces primes sont financées par des crédits verses a Bruxelles par les nations. On tourne donc en rond, et l'échelon bruxellois, sans rien apporter, ne fait qu'introduire un degré supplémentaire de bureaucratie. Il en résulte pour les acteurs économiques européens un surcroît de contraintes et de charges. Comme tout système de redistribution, celui de l'Europe maastrichienne est en effet particulièrement onéreux et donne lieu a des gaspillages parfois choquants. Ainsi, par exemple, les avis du comité des régions charge d'évaluer efficacité des fonds structurels coûtent au contribuable la bagatelle de 400 000 francs la page.
Certains feront cependant valoir que ces mécanismes permettent d'assurer un minimum de solidarité entre les pays les plus riches et les pays les plus pauvres de l'Union et qu'a ce titre, ils doivent donc être maintenus. Pareille objection n'a cependant pas de sens, car, si ces transferts ne sont pas illégitimes au sein d'une communauté de nations, ils doivent s'effectuer globalement par des virements budgétaires au niveau des Etats. La nouvelle Europe se verra donc refuser toute capacité a verser la moindre subvention a qui que ce soit, de façon que l'interventionnisme financier européen prenne définitivement fin et que la Communauté puisse réduire son budget et contribuer ainsi a alléger le fardeau fiscal des acteurs économiques du vieux continent.

La bureaucratie arrêtée

Quant a la bureaucratie réglementaire, elle doit faire elle aussi l'objet d'un coup d'arrêt décisif. Tentaculaire et tatillonne, elle s'attaque en effet a tous les domaines de l'activité humaine, enserrant la vie de chaque nation dans un écheveau de textes complexes et exigeants qui créent pour les acteurs économiques des contraintes juridiques et des charges financières intempestives. Par son caractère autoritaire et jacobin, elle conduit a une uniformisation absurde qui mutile les spécificités nationales et détruit sans raison des traditions souvent ancestrales. Comment accepter, par exemple, l'idée que la Commission puisse interdire, par un simple règlement, la fabrication de dizaines de fromages qui font la richesse de notre tradition culinaire ? Et que dire du projet bruxellois de modifier le système des appellations contrôlées pour les grands vins de notre terroir ?
Bien qu'absurdes, de tels projets trouvent, dans les enceintes de l'Europe maastrichienne, des avocats pour justifier cette prolifération réglementaire par la nécessite de faire disparaître tous les obstacles aux échanges et toutes les distorsions de concurrence. C'est dire si l'obsession uniformisatrice des responsables bruxellois peut donner lieu a des aberrations, car, a l'évidence, cet objectif intégration ne justifie pas n'importe quelle mesure. Pour assurer une parfaite concurrence entre les producteurs de vin, est-il légitime de détruire ce qui fait la spécificité des grands crus de Bordeaux ou de Bourgogne ? Bien sur que non ! Mais, s'il existe des harmonisations judicieuses et d'autres qui ne le sont pas, qui doit en décider ? Dans le système actuel, ce sont les technocrates de Bruxelles qui disposent de ce pouvoir et qui l'exercent de façon autoritaire et arbitraire. Avec la nouvelle Europe, ce seront de nouveau les Etats qui assumeront cette responsabilité.

Les réglementations convergentes

Parmi les deux méthodes susceptibles être utilisées pour mettre en harmonie les marches européens, il faut a l'évidence rejeter celle actuellement pratiquée par la bureaucratie bruxelloise, car elle passe par la multiplication de règlements contraignants. En revanche, il convient d'adopter celle propre a l'Europe des nations qui consiste a mettre les réglementations elles-mêmes en compétition. Dans un marche unique ou les produits circulent librement, les Etats ne peuvent plus en effet développer leurs réglementations sans tenir compte de celles de leurs voisins. De ce fait, les gouvernements seront donc naturellement portes dans chaque domaine a rapprocher leur législation de celle du pays d'Europe le plus performant. Ainsi pourra-t-on aboutir, avec pragmatisme et par des ajustements progressifs, a une harmonisation entre les nations autrement plus légitime que celle décrétée par Bruxelles. Harmonisation par ailleurs très bénéfique car elle résultera d'une saine émulation issue des réalités nationales et elle n'interviendra que dans les domaines ou elle est vraiment nécessaire. La question des fromages français ne se posera plus.
De plus, avec cette méthode de réglementation concurrentielle, les textes ne seront plus dictes par les lobbies mais soumis a la pression des peuples. Aujourd'hui, en effet, les règlements européens sont souvent rédigés par les syndicats professionnels du secteur concerne, et généralement par le plus puissant d'entre eux qui impose son projet aux fonctionnaires comme aux députés européens. Dans la mesure ou le système actuel est centralise, hiérarchisé et autoritaire, il est en effet relativement facile aux groupes de pression de parvenir a leurs fins, car il leur suffit de convaincre un nombre limite de personnes bien placées dans l'appareil bruxellois. Avec les principes de fonctionnement propres a la nouvelle Europe, il ne sera plus possible de recourir a ce mécanisme malsain, la réglementation commune ne pouvant des lors résulter que de décisions convergentes des institutions nationales. Ce sont alors les peuples eux-mêmes qui joueront auprès de leurs élus le rôle déterminant.

La pression démocratique

Un tel système présente donc des avantages considérables. Il donne un coup d'arrêt décisif a la prolifération réglementaire bruxelloise, il interdit les harmonisations absurdes, il fait émerger de la base le meilleur texte possible et réduit a néant l'influence malsaine des lobbies.
Certains feront valoir que ce processus est par trop démagogique et qu'il ne permettra pas d'imposer la réglementation qui serait nécessaire a l'intérêt général. Ainsi, par exemple, pour favoriser leurs entreprises face a leurs concurrents européens, certains Etats pourraient être tentes de ne pas leur imposer les contraintes nécessaires a la protection de l'environnement ou a la défense de l'hygiène publique. Cette objection est en réalité sans valeur, car elle ne tient pas compte de la pression des opinions publiques et ignore totalement les principes de la démocratie. Dans un pays ou la légitimité populaire est respectée, l'intérêt général se trouve incarne par l'Etat, et le gouvernement comme le parlement ont précisément pour fonction d'exprimer les aspirations de la population, quelles que soient par ailleurs les contraintes économiques. Il est donc faux de penser que les impératifs de compétition passeront toujours et systématiquement avant le bien-être de la population. Des lors, la méthode d'harmonisation concurrentielle prévue pour la nouvelle Europe sera a la fois viable et légitime et pourra donc être mise en oeuvre avec profit dans tous les secteurs de la production et des échanges.

L'offensive économique

Ainsi donc, en mettant un terme a l'interventionnisme financier et a la réglementation autoritaire, l'Europe des nations pourra-t-ele libérer les acteurs économiques des contraintes et des charges supplémentaires que Bruxelles fait peser sur eux et donc les renforcer dans leur aptitude a mener le combat économique international. La nouvelle Europe se trouvera alors réellement en mesure de passer a l'offensive dans le secteur de la production et des échanges. Offensive dont l'initiative appartiendra aux acteurs économiques eux-mêmes, mais qui se déploiera selon trois axes principaux définis par l'Europe des nations.
En premier lieu, il conviendra de veiller a ce que la constitution des grands groupes internationaux s'opère sur le critère de l'appartenance européenne. La mondialisation favorise en effet des concentrations industrielles, financiers ou commerciales de grande ampleur qui se développent a l'échelle de la planète sans aucune considération d'appartenance nationale. Ainsi un groupe allemand s'alliera avec un américain pour combattre une firme anglaise qui elle-même cherchera l'appui des Japonais. S'il s'agissait pour chacune des entités européennes d'augmenter son potentiel en absorbant de la substance économique étrangère, de telles pratiques seraient légitimes puisqu'elles déboucheraient en l'occurrence sur la formation de deux super groupes, l'un allemand, l'autre britannique. Mais tel n'est pas en général le cas et, bien souvent, lors de ces regroupements, les sociétés continentales se placent elles-mêmes sous la tutelle de firmes extra-europeennes. Avec la nouvelle Europe, ces stratégies apatrides seront découragées et tout sera fait pour que les groupes européens conservent leur identité et, le cas échéant, fusionnent entre eux plutôt que de se soumettre a l'étranger. Il s'agit donc d'adopter une conception, non pas juridique, mais pragmatique des intérêts continentaux, dans le but de renforcer l'appareil de production et d'échange proprement européen.

La conquête des marches

Dans cet esprit, il convient également d'engager une stratégie plus volontariste de conquête des marches tant intérieurs qu'extérieurs. Ainsi, il faudra encourager les firmes européennes, stimulées par les mesures de débureaucratisation et de régulation du commerce international, a regagner une partie appréciable du marche intérieur actuellement abandonne aux sociétés extra-europeennes. Cette offensive sera soutenue par le développement des mécanismes de préférence européenne qui devraient être progressivement mis en place dans tous les secteurs d'activité. Sur les marches extérieurs, les dirigeants de sociétés devraient être pousses a adopter un comportement de solidarité entre Européens face aux forces économiques extérieures au continent. Si une firme française ou allemande voit un contrat lui échapper, qu'elle favorise son concurrent européen plutôt que américain ou le japonais ! De même, s'il faut s'associer pour remporter un marche, que les entreprises du vieux continent s'entendent entre elles plutôt que de se combattre avec l'appui de sociétés étrangères !
Enfin, l'offensive économique de la nouvelle Europe doit porter sur les secteurs de pointe ou les pays du vieux continent sont encore beaucoup trop absents. De même qu'elle a réussi avec succès a contrer l'hégémonie américaine dans l'industrie de l'aviation et des lanceurs de satellites, l'Europe doit maintenant prendre l'initiative dans l'informatique, les télécommunications, l'électronique grand public et dans tous les domaines lies a la haute technologie. La encore, les entreprises a mener doivent être décidées de façon pragmatique sans qu'aucun tabou idéologique n'interdise telle ou telle méthode si elle se révèle efficace. Rappelons en effet que le succès d'Ariane n'est devenu possible que le jour ou les Etats se sont préoccupés du projet, l'ont finance et ont pris les décisions nécessaires a sa réussite. La nouvelle Europe ne devra donc pas, a l'instar de celle de Bruxelles, rester passive dans le domaine des industries de pointe, mais au contraire lancer l'offensive pour s'imposer avec force dans tous ces secteurs stratégiques.

Gagner la guerre

Ainsi réorganisées, l'Europe et la France pourront engager la guerre économique mondiale. Et, pour peu qu'elles passent a l'offensive, qu'elles mobilisent leur puissance, qu'elles rétablissent les lignes de défense de leur marche et qu'elles renoncent a l'interventionnisme bureaucratique et financier, elles sont assurées de multiplier les succès. Pour mener a bien ce combat, elles peuvent en effet, grâce a l'Europe des nations, rassembler entre leurs mains tous les atouts techniques nécessaires. Encore faut-il qu'elles sachent pourquoi elles se battent. Le combat économique n'est pas en effet déconnecte du combat culturel, et les Européens ne l'emporteront que s'ils reprennent conscience de ce qu'ils sont et de la nécessite d'imposer leurs vues et leurs modèles.
C'est pourquoi la nouvelle Europe pourra réussir la ou Bruxelles a échoué, car, en s'appuyant sur la commune civilisation des Européens, elle redonnera a la bataille économique tout son sens et aux acteurs du système de production et d'échange une finalité qui les dépasse. Avec la nouvelle Europe, la guerre économique sera aussi une bataille pour la civilisation.



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