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Deuxième partie : la France à nouveau
Chapitre 1: Les Valeurs

Sommaire :
Préface de Bruno MEGRET
I - Le projet : un III° millénaire pour la France et l'Europe
II - Le programme : la France à nouveau
III - Les propositions : pour l'avenir du peuple Français


Pour que vive la France

II - Le programme :
Chapitre 1 : Les valeurs
Chapitre 2: L'identité
Chapitre 3: La souveraineté
Chapitre 4: L'Europe
Chapitre 5: L'économie
Chapitre 6: Le travail
Chapitre 7: L'Etat
Chapitre 8: La fraternité
Chapitre 9: L'agriculture et l'environnement
Chapitre 10: L'école
Chapitre 11: Les familles
Chapitre 12: L'ordre et la sécurité
Chapitre 13: Les libertés

 

Chapitre 1

LES VALEURS




Nobles et exigeantes, les vertus propres à notre civilisation occidentale ont de tout temps eu pour effet d'élever les hommes et les peuples. Ce sont elles qui ont permis à la France de se forger le destin exceptionnel qui est le sien.
Façonnées par l'esprit de liberté et de transcendance, pétries de volonté d'action et de conquête, de sens de l'éthique et du devoir, de goût pour la compétition et la connaissance, d'aspiration à l'harmonie et au dépassement de soi, elles ont su, mieux que toutes les autres dans le monde, réaliser l'équilibre entre l'épanouissement des personnes et le développement des communautés, entre les impératifs de la vie spirituelle et la maîtrise du monde matériel. Sans ces valeurs, véritable colonne vertébrale de notre civilisation, notre nation se dissoudrait en un agrégat d'individualités désorientées.

La santé mentale de la nation

Aussi, pour le MNR, les valeurs ont-elles un rôle essentiel à jouer dans le redressement de la France dont elles constituent l'armature spirituelle. Or, comme l'affirme Saint-Exupéry, "il importe de sauver l'héritage spirituel, sans quoi la race sera privée de son génie". Ce sont donc leur vitalité, l'influence bénéfique que les valeurs exercent sur les hommes et les communautés, qui garantissent la bonne santé mentale de notre patrie. En revanche, leur remise en cause ou leur abandon portent immédiatement atteinte à l'intégrité et à l'équilibre psychologique de la nation.
Aussi y a-t-il un lien direct entre l'état de la société et la nature des vertus dominantes. Que celles-ci soient exigeantes et exaltent le respect des personnes, le sens de la communauté, le goût de l'émulation, l'honneur, le courage, la quête de la vérité, et le peuple, naturellement, en dehors même du cadre des lois et du pouvoir, sera porté à se dépasser, à exceller, à vivre en paix et en harmonie. Si, à l'inverse, prédominent des anti-valeurs prônant la jouissance, la paresse, l'individualisme, le mensonge et la lâcheté, alors la société sera d'elle-même incitée à se laisser glisser sur la pente de la régression, de la violence et du désordre.
L'observation du passé confirme cette vérité immémoriale. Ainsi Rome a connu, lors des différentes phases de son histoire, cette loi permanente des sociétés humaines. Dans sa période d'expansion, la virtus romaine s'imposait avec une rigueur extrême et chaque citoyen s'efforçait de briller dans l'observation des préceptes qui en découlaient. à l'inverse, la décadence s'est accompagnée d'un relâchement général des mœurs et d'un dévoiement des vertus traditionnelles.

Les leviers de la renaissance

Pour nous, l'enjeu des valeurs se situe donc au cœur de la bataille politique. Car celles-ci ne concernent pas les seuls individus, mais bien la nation tout entière. Comment, en effet, établir une séparation entre l'ordre du politique, qui serait celui du collectif, et le domaine des valeurs, qui relèverait de la sphère du privé? Ces dernières ne sont pas l'apanage d'un choix exclusivement personnel et il n'existe pas de marché des valeurs où chacun sélectionnerait celles auxquelles il se réfère comme on choisit des produits dans un magasin. Une telle vision, relativiste et purement matérialiste, méconnaît complètement la réalité des sociétés humaines. Les valeurs ne peuvent être en effet que communes et partagées et, pour s'affirmer en tant que telles, elles doivent être reconnues.
Aussi le Mouvement national républicain conçoit-il le renouveau des valeurs comme un moyen de la renaissance de notre pays. Certes, il n'est pas question de verser ici dans le moralisme. Notre projet ne vise que le redressement de notre pays et, pour cela, s'appuie sur cet enseignement de l'histoire des civilisations : la renaissance d'un peuple passe par le renouveau de ses valeurs. Une civilisation repose sur une hiérarchie de normes et l'ordre qui en découle est d'autant mieux respecté qu'il se fonde sur des valeurs communément acceptées plutôt que sur des lois imposées par la contrainte. Le MNR veut donc user du levier des valeurs comme d'un outil politique mis au service du redressement national.
Certains objecteront que les valeurs ne se décrètent pas et que, si elles contribuent à pourvoir la nation d'une armature, elles en sont aussi le produit naturel. Il serait donc vain, selon eux, de vouloir redonner vie à des normes que le peuple a laissées dépérir. Sans doute, en effet, les valeurs sont-elles en partie déterminées par la société, mais ce serait une grave erreur de sous-estimer par ailleurs le rôle souverain du pouvoir en ce domaine. S'agissant des valeurs, la fonction des gouvernants est à nos yeux éminente. Car, dans la mesure où leur mission première consiste à assurer la continuité et le progrès de la communauté dont ils ont brigué la charge, il entre dans leurs responsabilités de défendre et de promouvoir les normes fondatrices de cette dernière.

Le combat pour les valeurs

Or, dans ce domaine, la classe politique fait preuve d'une totale impéritie. Non seulement elle se désintéresse superbement de cette question essentielle mais, plus grave, elle contribue concrètement à saper ce qu'elle a pour mission de défendre. Que ce soit sous couvert de libéralisme avancé, de socialisme, de socialo-libéralisme ou de mondialisme, les gouvernements successifs ont, par laxisme ou par esprit doctrinal, implicitement ou délibérément œuvré à la destruction de nos valeurs traditionnelles.
Face à l'effondrement de la natalité et à la désagrégation des familles, le pouvoir n'a réagi que par l'instauration du PACS et par de nouvelles campagnes d'information sur la contraception et l'avortement. Sans compter la pénalisation systématique des familles par la réglementation de l'administration fiscale et de la sécurité sociale. Face à la montée de la violence et de la délinquance, les dirigeants de notre pays ont été incapables de promouvoir les principes d'autorité ainsi que de respect des personnes et des biens et ne se préoccupent que de renforcer les droits des coupables selon un juridisme dévoyé à l'américaine.
Lorsque la pornographie se développe aux yeux de tous et notamment des enfants, l'établissement n'intervient que pour faciliter l'organisation de défilés publics des plus douteux comme la Gay Pride. Il est vrai que la morale la plus élémentaire a été bafouée par la montée de la corruption dans la classe politique. Quant au patriotisme, il a été sciemment ignoré dans les discours publics et administrativement banni des programmes scolaires.
Mais, paradoxalement, il y a peut-être, face à cette situation dramatique, des raisons d'être optimiste, car si l'abandon des valeurs qui ont façonné notre civilisation ne résulte pas seulement d'une dégénérescence propre à notre société, mais aussi et surtout d'actions néfastes commises par les responsables politiques, cela signifie, à l'inverse, qu'un gouvernement ayant retrouvé le sens de sa vraie mission pourra entreprendre avec succès un travail de réhabilitation systématique. Si l'effacement des valeurs n'est pas qu'un phénomène spontané et mécanique de décadence, ce qui a été consciemment détruit par certains pourra être rebâti par d'autres. C'est tout le sens du combat pour les valeurs qu'entend mener au pouvoir le Mouvement national républicain.

Un homme libre et responsable

Ce combat exige d'abord que l'action politique et l'exercice des responsabilités souveraines soient réenracinés dans des principes qui sont à la base de notre civilisation européenne et chrétienne. Rappelons que les dirigeants de notre pays, quels qu'ils soient et quels que soient leur étiquette et leur programme, sont tenus de par leurs fonctions de servir la France et le peuple français. Ils sont là pour rechercher le bien commun de notre nation et doivent se soumettre aux normes qui sont celles de notre civilisation.
Pour nous, l'action du pouvoir doit donc renouer avec la conception exigeante qui est celle de l'homme dans notre civilisation. Celle d'un être libre, responsable de lui-même et de ses actes, dont la vie et la dignité doivent être respectées de la conception à la mort naturelle. Celle d'une personne à part entière qui n'existe pas seulement par ses capacités et ses exigences physiques, mais qui est douée d'une dimension spirituelle. L'homme participe du sacré et ne peut donc pas plus se satisfaire du matérialisme prôné par le socialisme que de l'individualisme véhiculé par l'ultralibéralisme.

Des communautés naturelles et enracinées

L'homme par ailleurs n'existe pas seul, coupé de ses congénères. Il ne s'épanouit qu'enraciné dans des communautés naturelles et organiques, au premier rang desquelles figurent la famille et la nation, communauté des morts, des vivants et des générations à venir. La famille est essentielle pour l'homme européen, car elle est la cellule de base de notre civilisation où chacun prend conscience de l'espace et du temps, du bien et du mal et reçoit avec son éducation un premier legs de notre héritage commun. Quant à la nation, elle lui donne sa place dans l'histoire et dans le monde. Installée sur la terre de ses ancêtres, unie par une langue, une histoire et une culture, elle constitue une communauté de destin qui fait de ses membres les dépositaires d'un héritage exceptionnel. Héritage que nous avons le devoir de préserver et de faire fructifier pour le transmettre à nos descendants.
Aussi est-il vital pour les hommes européens, comme pour les communautés qu'ils constituent, de s'opposer aux entreprises mondialistes de dilution culturelle, de mélange migratoire et de démantèlement des nations et de défendre leur identité pour construire l'avenir dans la fidélité à leur civilisation.

Une civilisation d'ordre et de liberté

La liberté est une autre condition de leur épanouissement car, sans liberté de penser, de s'exprimer et d'agir, il n'y a pas d'initiative ni de responsabilité pour les personnes et donc pas d'harmonie, de force ni de richesse pour les communautés. Aussi récusons-nous toutes les formes de totalitarisme. Celles qui sont connues comme telles dans l'histoire. Mais aussi celles, plus douces en apparence, du politiquement correct et de la pensée unique qui stérilisent l'esprit et entravent la recherche de la vérité. Comme celles, plus ordinaires et plus familières, qui asservissent les citoyens aux contraintes d'un État tentaculaire et omnipotent et réduisent les hommes à la condition d'assistés au mépris de leur dignité et de leur libre arbitre.
Pour autant, cette liberté ne doit pas être confondue avec le laxisme. Elle est en effet aux antipodes de la "libération" chère aux gauchistes qui rend chacun esclave de ses instincts. La liberté, la vraie, impose au contraire la maîtrise de soi et n'a de sens qu'assortie de devoirs et de règles. Car c'est l'anarchie qui tue la liberté quand l'ordre la préserve. Il n'est pas en effet de civilisation sans normes et sans modèles ni de communauté harmonieuse sans ordre, sans autorité et sans hiérarchie. Aussi le MNR veut-il rétablir la prééminence du politique sur l'économique, de l'intérêt général sur les intérêts particuliers, de la volonté du peuple sur les groupes de pression. La justice et la loi doivent s'imposer et ceux qui enfreignent les règles de civilisation doivent être sanctionnés par une peine proportionnelle à l'attachement que l'on porte aux valeurs qu'ils transgressent. Tels sont les grands principes que nous entendons rétablir au fondement de notre nation et sans lesquels aucune action de renaissance ne pourra se développer avec ampleur dans notre pays.

Fiers de notre histoire

Pour y parvenir, le MNR considère comme essentiel de réenraciner notre peuple dans son histoire. La conscience de notre passé constitue à cet égard une exigence primordiale, car elle permettra à notre peuple de renouer avec la fierté de ce qu'il est et à nos valeurs de retrouver leur légitimité et leur lustre. Ce nécessaire travail de mémoire n'est d'ailleurs contesté par personne dans son principe. Mais, curieusement, celui auquel s'attache l'établissement porte exclusivement sur la seconde guerre mondiale et les atrocités commises à cette époque, comme si l'on cherchait à tout prix à rabaisser notre pays qui fut pourtant l'un des vainqueurs de 1945. C'est d'ailleurs à cet exercice indigne que s'est livré M. Chirac qui, au lieu de se comporter en avocat de la France comme sa charge de président de la République l'y obligeait, s'est transformé en procureur et même en juge pour reconnaître à notre pays une prétendue culpabilité dans les déportations perpétrées sous l'Occupation. En se comportant ainsi, il a rompu avec l'attitude constante des chefs d'État qui l'ont précédé, et singulièrement des gaullistes, pour faire passer la France du camp des vainqueurs dans celui des coupables et pour salir l'honneur des Français.
Le MNR considère au contraire que, si rien ne doit être oublié, la mémoire doit porter principalement sur les périodes les plus belles et les plus valorisantes de notre passé, car, chacun le sait, les références historiques ont une fonction pédagogique. Comme l'écrivait Chateaubriand,
"il ne faut présenter au monde que ce qui est beau, ce n'est pas mentir à Dieu que de ne découvrir de sa vie que ce qui peut porter nos pareils à des sentiments nobles et généreux". Ressasser les années les plus sombres c'est rabaisser notre pays, exalter les époques les plus éclatantes c'est pousser notre patrie à se dépasser. D'ailleurs, que dirait-on d'un homme qui ne se souviendrait, parmi ses ancêtres, que de celui qui a mal agi? On s'interrogerait sur sa santé mentale et on rechercherait les causes pathologiques de cette obsession morbide. Sans aucun doute son médecin s'efforcerait de le déculpabiliser en l'invitant à privilégier le souvenir de ses origines les plus prestigieuses. C'est une démarche de ce type que préconise le MNR afin de lever le voile qui semble être tombé sur notre histoire.

Attachés à nos traditions

Notre peuple n'a d'avenir que s'il est enraciné dans son passé. Car nos valeurs ne sont pas seulement l'expression de principes intemporels, mais s'inscrivent dans l'acquis de notre civilisation et nous parviennent comme un héritage. Les traditions, qui sont le précieux produit de l'expérience des générations disparues, revêtent donc une grande importance pour notre pays. Elles constituent un trésor amassé au fil des siècles qu'il faut conserver. Croire que ce patrimoine spirituel nous serait définitivement accordé et qu'il se perpétuerait de lui-même alors que l'État resterait passif et indifférent serait une grave erreur. Au contraire, selon le MNR, les pouvoirs publics doivent agir pour assurer la pérennité de cet héritage en redonnant toute leur place à l'histoire et aux traditions dans la vie de notre cité.

Le devoir du souvenir

Nous voulons donc multiplier les occasions propices à ce travail de mémoire. C'est ainsi que de grandes manifestations publiques peuvent être consacrées à l'évocation d'événements importants de l'histoire de notre nation et faire revivre les heures les plus belles des siècles écoulés, celles qui illustrent le mieux les vertus ancestrales de notre patrie. Ce n'est pas hélas ce qui se pratique aujourd'hui et il est particulièrement choquant que toutes les grandes célébrations organisées ces dernières années par les pouvoirs publics, qu'il s'agisse du bicentenaire de la Révolution, de la Coupe du monde de football ou du passage à l'an 2000, n'aient cherché qu'à exalter le mondialisme, le métissage culturel et ethnique dans une volonté affichée de déracinement. Plutôt que cette entreprise subversive, il aurait été possible, avec les mêmes moyens, de proposer des spectacles tout aussi impressionnants mais visant à magnifier les réussites de la nation française à travers les siècles, les découvertes, les conquêtes, les victoires, et également les grandes figures de notre patrie.
Aussi voulons-nous mettre les techniques de communication de masse au service de la valorisation de nos traditions et de notre passé. Pourquoi ne pas diffuser à la télévision de vastes fresques historiques? Pourquoi ne pas renouer avec des séries romancées plongeant dans l'histoire des siècles écoulés et qui remportent toujours auprès du public un large succès? Quant à l'école, elle doit privilégier l'enseignement de l'histoire, et tout particulièrement celle de notre pays, et leur réserver une place beaucoup plus importante dans les programmes scolaires. Car seule une approche chronologique des faits permettra aux générations futures de remonter aux sources de leur passé et de découvrir les origines et la légitimité des normes qui nous régissent.

L'impératif du sacré

Pour gagner le combat des valeurs, le Mouvement national républicain est par ailleurs partisan de favoriser le retour du sacré. Car, comme l'affirmait Pierre Chaunu, "aucune société ne peut faire l'économie du sacré". De même que les hommes tendent vers un but qui les dépasse, une civilisation a besoin de se donner un sens. Un sens que seul peut lui offrir ce souffle divin qui, transcendant le monde et les réalités matérielles, ordonne les choses, les êtres et les valeurs et leur confère une dimension et une légitimité sans lesquelles tout devient égal et inutile. Comment ne pas constater en effet que le matérialisme, en abolissant le sacré, détruit les valeurs et rabaisse l'individu plus sûrement encore que lorsque celui-ci se laisse dominer par ses instincts? Les peuples européens ont besoin de la terre mais aussi du ciel pour se doter d'un horizon et donc d'une perspective. Qu'on les prive de cette dimension spirituelle et ils dépérissent comme un prisonnier dans une cellule sans fenêtre. Toute entreprise de désacralisation représente donc pour notre pays une mutilation de nos valeurs.

Le respect des convictions religieuses

Or, aujourd'hui, nous assistons à une mise en cause inquiétante du sacré dans toutes les sphères de la société, y compris dans celles qui paraissaient pourtant les moins vulnérables. À commencer par les gouvernements, qui, toutes couleurs politiques confondues, ont facilité, voire encouragé cette évolution néfaste.
Par laxisme, ils ont trop souvent accepté de voir la religion chrétienne tournée en dérision. Ainsi certains films blasphématoires ou certaines publicités plus qu'irrévérencieuses ont-ils bénéficié d'une large promotion. Certes, il ne s'agit pas là d'initiatives de la puissance publique, mais celle-ci n'est pas intervenue, comme elle aurait dû le faire, pour jouer son rôle de gardienne du sacré et imposer le respect des convictions religieuses. On ne peut s'empêcher de penser, a contrario, au scandale que déclencheraient une figure d'imam ou des versets du Coran tournés en dérision sur une affiche. Selon nous, les gouvernants ont le devoir de protéger le sacré issu du christianisme avec au moins autant de zèle qu'ils n'en déploient à l'égard des autres religions.
D'autant que le christianisme a façonné l'identité de notre nation au cours de mille cinq cents ans d'histoire. Que l'on soit croyant ou non, cette réalité fait partie intégrante de notre patrimoine de civilisation. Notre territoire n'est-il pas jalonné de maints calvaires, de chapelles et de cathédrales qui nous rappellent sans cesse la présence du sacré dans nos paysages? Si donc la liberté de culte doit être respectée, il n'est cependant pas question pour nous de laisser le champ libre à une religion étrangère comme l'islam qui se développe sans frein sur notre sol en rupture avec notre identité, nos traditions et nos valeurs.

Pour la noblesse du politique

Dans le domaine du politique également, le sacré est menacé et, là encore, la responsabilité en incombe essentiellement à l'établissement puisque, dans sa pratique de gouvernement, il s'est employé lui-même à désacraliser l'exercice souverain du pouvoir. Or, nous estimons que le gouvernement d'une nation ne se réduit pas, comme on le laisse entendre trop souvent, à une mission de gestion telle qu'on peut l'exercer dans le secteur privé. La France n'est pas une entreprise et les ministres, le Premier ministre, a fortiori le président de la République, incarnent dans l'exercice de leur fonction une réalité qui dépasse largement les actes techniques qu'ils peuvent accomplir quotidiennement. Responsables de la nation et de son destin, investis d'une charge, d'essence suprême, qui doit les conduire à transcender les contingences individuelles pour représenter les aspirations collectives de leur peuple, ils sont censés inscrire leur action dans l'histoire de notre pays.

Or, les dirigeants actuels de la classe politique, ayant totalement perdu de vue ces impératifs, se sont au contraire employés à banaliser le politique et à dépouiller systématiquement leur fonction de tous les attributs qui faisaient le prestige du pouvoir. La mode est de ressembler à tout le monde, de se dévoiler sans pudeur sur les estrades et de se soumettre à toutes les exigences des médias. N'est-il pas en effet très choquant de voir des hommes politiques détenteurs d'une part de pouvoir se laisser aller à des comportements indignes et jouer les saltimbanques dans les médias? Comment dès lors s'étonner que les nouveaux chansonniers de la télévision, tels les Guignols de l'info, les ravalent au rang de simples pitres, contribuant ainsi à saper le prestige qui pouvait leur rester?

Pour le prestige du pouvoir

Il est donc essentiel que les hommes politiques, spécialement ceux qui exercent des responsabilités souveraines, retrouvent la retenue et la distance qui correspondent à leur fonction. L'exercice du pouvoir doit de nouveau inspirer le respect aux citoyens, car, si ceux-ci ne retrouvent pas un sentiment d'estime pour leurs dirigeants, il n'y a plus de réel gouvernement possible. Comment en effet gouverner des citoyens qui n'ont plus que mépris pour leurs dirigeants? "Lorsque les peuples cessent de respecter, ils cessent d'obéir", disait Rivarol.
Le MNR est donc partisan de réhabiliter l'exercice souverain du pouvoir en lui rendant tout son prestige dans la forme et dans le fond. En ce sens, le protocole, les tenues, le faste des manifestations publiques doivent être revus pour rendre à la fonction souveraine le lustre qui doit être le sien et le respect qu'elle doit inspirer. Ainsi, par exemple, l'entrée en fonction du président de la République et des assemblées parlementaires pourrait donner lieu à une cérémonie d'investiture publique et solennelle au cours de laquelle un serment serait prononcé devant la nation.

Bannir la corruption

Mais le prestige de l'exercice du pouvoir renaîtra réellement le jour où les responsables politiques auront retrouvé les chemins de la rigueur et de la vertu. Ceux qui dirigent doivent donner l'exemple. Ce qui implique que la corruption doit être impitoyablement bannie au sein de la classe politique. Sans doute, la nature humaine étant ce qu'elle est, notre pays comptera-t-il toujours des personnages publics indélicats et malhonnêtes. Mais, dans une société saine, les moutons noirs sont exclus du troupeau et les coupables condamnés.
S'ils sont au contraire protégés par leurs pairs et soustraits aux rigueurs de la justice, tous deviennent leurs complices et c'est le système en son entier qui se trouve atteint dans sa légitimité. Se produit alors le scandale suprême : ceux qui font les lois et les appliquent aux autres, loin de montrer l'exemple, s'autorisent à les transgresser. Aussi voulons-nous que tous ceux qui se rendent coupables de tels agissements soient sanctionnés avec la plus grande rigueur. Pour autant, la multiplication des contrôles et des règlements ne suffira pas à éliminer la corruption et à faire renaître la probité. L'assainissement des affaires publiques ne pourra en réalité s'opérer qu'avec la mise à l'écart d'une classe politique corrompue et l'apparition d'une nouvelle élite dirigeante qui fera de l'intégrité une règle de vie.

Pour une morale civique

Dans cet esprit, le combat pour les valeurs préconisé par le MNR passe plus globalement par la réhabilitation de la morale civique. Certains beaux esprits ne manqueront pas de se montrer scandalisés par une telle perspective et chercheront à la discréditer en brandissant le spectre de l'ordre moral. Il n'est bien sûr pas question pour nous d'instaurer quoi que ce soit de tel, mais, sans verser dans le moralisme, il convient cependant qu'en ce domaine, la puissance publique fixe les bornes à ne pas dépasser. L'État n'a pas, comme on le dit trop souvent, à suivre l'évolution des mœurs et encore moins à la précéder dans la décadence. Il doit œuvrer au bien commun de la nation et, s'il lui faut en effet prendre en compte des changements de comportement au sein de la société, nous voulons qu'il le fasse sans porter atteinte aux vertus qui en constituent les fondements et qu'il combatte résolument les évolutions néfastes qui les mettent en cause.
En d'autres termes, le pouvoir souverain n'est pas un simple reflet des idées dominantes. Surtout quand ces idées sont celles de la mode et ne correspondent donc pas aux convictions profondes et durables du peuple. Ainsi, par exemple, est-il anormal que les actions publicitaires contre le sida se voient trop souvent détournées de leur objectif pour se transformer en instrument de propagande dans le domaine des mœurs et que la publicité commerciale puisse sans aucun frein saper les valeurs de notre société par goût du scandale et de la provocation.
Certes, s'il ne revient pas à l'État de jouer les pères-la-pudeur et d'intervenir dans les relations privées entre personnes majeures, nous considérons que sa mission lui impose de garantir la morale publique : tout ce qui porte atteinte à l'ordre public et aux bonnes mœurs doit être prohibé en public.
Par ailleurs, il doit mieux assurer la promotion des règles de morale civique au sein de la société. Ainsi, par exemple, le MNR veut-il rétablir à l'école les cours de morale, car la démocratie, plus que tout autre régime, ne peut se passer de vertus civiques. N'en déplaise aux sceptiques et aux avant-gardistes de tout poil, il est nécessaire d'enseigner aux jeunes enfants des notions simples mais essentielles telles que l'honnêteté, le respect d'autrui, la famille, les valeurs patriotiques, le sens du devoir. La Fontaine, reviens !
Enfin, le combat du MNR pour les valeurs implique le retour des vertus ancestrales qui ont modelé notre civilisation.

Le dépassement de soi

La première d'entre elles est celle du dépassement de soi, du combat, de l'émulation, celle qui incite à la découverte, celle qui conduit à repousser ses propres limites et à mettre en pratique la formule de Bernanos : "On ne subit pas l'avenir, on le fait." Une valeur exigeante qui a permis à nos ancêtres européens d'acquérir toujours plus de connaissances et de découvrir la planète entière. Une vertu qui a fait de notre monde européen la plus grande civilisation que la terre ait connue. Or, cette qualité d'essence prométhéenne se trouve aujourd'hui étouffée dans un monde égalitaire et irresponsable, où les pratiques d'assistance et l'infantilisation s'imposent à tous. Nous voulons donc insuffler à nouveau à la société ce goût de la conquête et de l'entreprise, ce sens de l'émulation et de la lutte. Pour ce faire, le MNR propose que les pouvoirs publics fixent dans tous les domaines des objectifs ambitieux pour que soient exaltés sans complexe les succès et les victoires et que soient récompensés au grand jour les exploits, le mérite et le talent. Admises dans le sport, la compétition et la sélection doivent être rétablies dans l'enseignement, dans les arts, l'administration et la vie professionnelle. Une nation, comme un organisme vivant, est soumise à la compétition et à la sélection. Si nous refusons de régresser, nous devons accepter l'émulation et la lutte.

Les devoirs autant que les droits

Pour recréer cette dynamique de civilisation, il faudra renouer avec les vertus traditionnelles. L'honneur, le courage, le dévouement, le sens du sacrifice et de la fraternité, le respect de la famille, le patriotisme, le civisme, le goût du travail bien fait. Nous voulons que toutes ces valeurs retrouvent en France une place éminente dans la hiérarchie des références sociales, en commençant par celle de l'État et des pouvoirs publics. Sur ce point, la notion de droit, universellement revendiquée, doit elle aussi reprendre sa juste place, qui n'est pas toute la place. Il n'est de droits pour un membre de la communauté nationale qu'assortis de devoirs envers la nation. Pour rétablir ce juste équilibre, le MNR préconise donc de développer largement le sens des responsabilités et de remettre partout en usage des mécanismes sociaux qui placent de nouveau les hommes face à leurs devoirs.

Ressourcer la nation

Ainsi les valeurs qui ont fait la force et la grandeur de notre civilisation pourront-elles reprendre en France toute leur vigueur. Cette vigueur qui a tant contribué au rayonnement de notre peuple et de notre nation. Aujourd'hui, c'est donc dans les fondements de notre civilisation que la communauté nationale doit se ressourcer. C'est là qu'elle retrouvera le génie de notre peuple et puisera l'énergie nécessaire pour s'en montrer digne. Ainsi commence la renaissance d'une nation.



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   La Flamme

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