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Deuxième partie : la France à nouveau
Chapitre 3: La souveraineté

Sommaire

Chapitre 3

LA SOUVERAINETE C'EST LA VIE

 


La France, parce qu'elle est une ancienne nation habituée aux rôles de premier plan, ne peut vivre sans la souveraineté. Son génie l'a poussée de tout temps à intervenir dans le monde et à peser sur son destin. À chaque époque, elle s'est trouvée au cœur des grands événements qui ont façonné l'Europe et le monde, parfois en situation dominante, parfois en position défensive, mais toujours en tant qu'acteur privilégié sur la scène de l'histoire. Aujourd'hui, pour rester fidèle à elle-même, il lui faut de nouveau pouvoir agir en toute indépendance : la souveraineté est pour elle un impératif d'existence.
Sans souveraineté, il n'y a d'ailleurs pas de liberté pour un peuple. Car la souveraineté c'est la capacité d'une nation à jouir de son libre arbitre, à décider elle-même de son avenir, à choisir en toute autonomie sa politique, ses amis et ses ennemis. S'il n'est plus souverain, un peuple court le risque d'être asservi. En tout cas, il ne peut plus que subir ce que d'autres décident à sa place.

Exister à l'échelle de la planète

Aussi, pour rester souveraine, la France doit-elle se battre pour imposer ses vues. Elle ne peut pas se recroqueviller frileusement à l'intérieur de ses frontières. Les seules vertus de l'harmonie interne ne peuvent suffire car la souveraineté est l'apanage des patries à la fois anciennes et puissantes, capables de développer en leur sein un modèle propre d'organisation sociale mais disposant aussi d'assez d'énergie et de prestige pour le faire accepter par d'autres. La France doit donc respirer l'air du grand large et se porter au-delà de l'horizon. Elle ne doit pas oublier qu'elle demeure une grande puissance, sans doute parmi les cinq premières du monde et qu'elle n'a pas vocation à jouer un rôle mineur. Il lui faut donc une politique étrangère pour exister à l'échelle de la planète.
Aujourd'hui, hélas, notre pays semble avoir renoncé à la souveraineté et sa présence dans le monde n'est plus que fantomatique ou symbolique. Avec les dirigeants de la classe politique, elle a cessé d'être un acteur pour n'être plus qu'un figurant sur la scène internationale. Comme chaussés de bottes trop grandes pour eux, ceux-ci, sans doute embarrassés par le passé éclatant de la France, se révèlent incapables de conduire une vraie politique étrangère autonome et se contentent de l'aligner sur celle des autres. Jouets et non plus maîtres des événements, ils se livrent à de pitoyables gesticulations médiatiques et diplomatiques. Incapables d'adopter une position originale, ne sachant plus où réside l'intérêt national, confondant les amis et les ennemis de notre pays, ils ne pèsent plus, ils n'agissent plus, ils n'existent plus.

Maintenir les nations dans l'histoire

Il est vrai que les bouleversements internationaux depuis la chute du mur de Berlin et la montée en puissance des États-Unis semblent donner l'impression à certains que les nations seraient en train de sortir de l'histoire. Avec la disparition de l'Union soviétique et du pacte de Varsovie, la scène mondiale a en effet complètement changé de nature. N'étant plus structurée par l'antagonisme Est-Ouest et l'affrontement idéologique entre le capitalisme et le communisme, la planète a cessé d'être bipolaire. Au contraire, l'émiettement de l'empire soviétique, le réveil des nationalités, le renouveau de l'islam et le développement accéléré de l'Asie tendent à créer un monde multipolaire.
Mais cette évolution, en soi très bénéfique et riche de possibilités pour l'avenir, se trouve aujourd'hui obérée par la domination écrasante des États-Unis d'Amérique et par la montée en puissance de l'idéologie mondialiste. L'ancien affrontement entre le monde libre et le totalitarisme marxiste a ainsi laissé la place à un nouveau clivage entre les tenants du mondialisme et les défenseurs des nations. Or, dans cet antagonisme, la balance penche actuellement nettement en défaveur des promoteurs de nos identités, car les Américains se sont faits les champions de ce projet mondialiste.
Dès lors, pour beaucoup, le chemin semble tracé. Personne ou presque ne résiste à ce nouvel ordre mondial dont la mise en œuvre progresse chaque année un peu plus et qui semble s'imposer à tous comme le cours inéluctable de l'histoire.

Non au nouvel ordre mondial

Idéologiquement néfaste et politiquement funeste, ce projet mondialiste américain va pourtant clairement contre les intérêts des peuples de la planète. Sur le plan des principes, il vise à soumettre les États à un ordre régi par des lois internationales et imposé, le cas échéant, par une force supranationale. Il s'est fixé pour objectif l'affaiblissement des nations et l'uniformisation de la planète.
Aussi, aux yeux de ses propagandistes, tout ce qui favorise la disparition des frontières et des identités, qu'il s'agisse du libre-échangisme commercial, du droit d'ingérence, de la supranationalité ou de la préférence pour les relations multilatérales, doit être considéré comme bénéfique. Le nouvel ordre mondial s'est doté d'une doctrine : les droits de l'homme, d'une loi : les résolutions de l'Onu, d'une cour de justice : le tribunal pénal international, d'institutions : l'OMC, le FMI ou l'Unesco, et d'une armée : les casques bleus ou l'Otan.
Derrière cette machine idéologique et institutionnelle parfaitement huilée, on ne trouve que les États-Unis d'Amérique qui, loin de se soumettre eux-mêmes à ce système, s'efforcent avec succès de le manipuler à leur profit. Désormais seule puissance mondiale, ils pèsent d'un poids déterminant sur la plupart des institutions internationales au point de pouvoir en obtenir ce qu'ils veulent et faire obstacle à ce qui leur déplaît. Politiquement, le nouvel ordre mondial ne constitue donc que l'instrument par lequel les Américains s'efforcent de dominer l'ensemble de la planète.

Pas de soumission aux américains

Aussi est-il particulièrement choquant de voir avec quelle docilité la France et ses partenaires européens se sont ralliés à la politique des États-Unis et à son nouvel ordre mondial et de constater que les dirigeants français n'ont pas compris qu'en entonnant l'antienne mondialiste, ils travaillaient pour d'autres sans aucun profit pour leur propre pays. Comment s'étonner dans ces conditions que la France joue les supplétifs des Américains? À chaque occasion, elle fait chorus avec la Maison-Blanche et emboîte le pas à la "communauté internationale" dans l'observance des sempiternelles résolutions de l'Onu, tout en fournissant docilement son contingent de soldats qui viennent, privés de leur drapeau, s'enliser dans des conflits où ils se demandent à quoi ils servent.
Au sein de cette monstrueuse mécanique internationaliste, les intérêts de la France n'ont pas leur place puisque ce sont les Américains qui donnent le ton et tranchent en fonction de ce qui est utile à leur pays, les Français se contentant de suivre le mouvement et d'appliquer ce que d'autres ont décidé. Aussi, alignée sur cette politique du nouvel ordre mondial, la France joue-t-elle en réalité contre les nations et contre elle-même. Ayant perdu sa souveraineté, au lieu de mener une politique étrangère propre, elle s'est laissé asservir à un projet qui n'est pas le sien et qui ne sert pas ses intérêts.
C'est pourquoi nous voulons rompre avec les errements actuels et jeter les bases d'une vraie politique étrangère qui permette à la France de retrouver sa souveraineté et sa grandeur.

L'intérêt national d'abord

À cet égard, le Mouvement national républicain entend fonder l'action internationale de la France sur trois principes essentiels dont le plus important est la référence à l'intérêt national. Dans le monde complexe de ce début du xxie siècle, la politique extérieure doit être déterminée en toute circonstance par la réponse à une question simple : est-ce bon pour la France? Seul ce qui lui est bénéfique doit être entrepris, tout ce qui lui est néfaste, écarté. Comme en politique intérieure, tel est donc le critère qui, selon nous, doit guider les gouvernants. Un principe qui peut sembler sommaire et dont c'est pourtant la simplicité qui fait la force et l'efficacité.
"La grande politique n'est que le bon sens appliqué aux grandes choses", disait Napoléon. Rien n'est plus vrai s'agissant des relations internationales.

L'indépendance pour la france

Et, dans ce domaine, le MNR veut fixer comme objectif essentiel à notre pays la poursuite de l'indépendance nationale, principe trop souvent oublié ou méprisé de nos jours, mais qui représente pourtant une nécessité impérieuse pour la France. L'indépendance constitue pour un peuple le bien le plus précieux. C'est elle qui lui assure son autonomie et sa sécurité. C'est grâce à elle qu'il est en mesure de choisir son destin et de prendre la route de ses intérêts. Nous voulons donc que la politique étrangère de notre pays se fixe pour première mission d'assurer l'indépendance de la France. D'autant que cet impératif de liberté est aujourd'hui plus facile à réaliser qu'à l'époque de la guerre froide où deux superpuissances se partageaient la domination du monde. Avec la dislocation de l'URSS et l'éparpillement des conflits, la France se trouve plongée dans un univers plus mouvant et plus éclaté où elle dispose d'un poids relatif plus fort et d'une marge de manœuvre plus étendue, capables de lui conférer une plus large autonomie.
Pourtant, nombreux sont ceux pour qui l'indépendance serait désormais une notion dépassée. Ne vivons-nous pas dans un monde interdépendant où chacun dépend des autres et réciproquement? De nos jours, il est vrai, les liens entre les nations sont tellement resserrés qu'aucun pays développé ne peut vivre replié sur lui-même et coupé des autres. Certes, mais faut-il pour autant renoncer à l'indépendance? Évidemment non! Car, s'il est incontestable que l'indépendance par l'autarcie n'est plus possible, rien n'empêche cependant de la conquérir par la puissance. Telle est en tout cas la voie choisie par les grands pays, à commencer par les États-Unis qui, bien qu'en étroite liaison avec le reste du monde, conservent une totale indépendance. En effet, les liens qui existent par exemple entre la France et l'Amérique ne sont plus aujourd'hui, en réalité, que des relations de dépendance s'exerçant au profit du plus puissant. Pour le MNR, l'objectif d'indépendance passe donc par la puissance.

L'impératif de puissance

Cet impératif répond d'ailleurs à la réalité des relations internationales, lesquelles ne consistent pas seulement en un échange harmonieux entre les nations mais également en un affrontement entre des volontés et des intérêts antagonistes. Nous voulons donc que la France soit aussi capable de se placer en situation de supériorité quand elle le peut. Car, loin de se réduire au seul jeu des relations diplomatiques, la politique étrangère doit permettre à notre pays de relever les défis que lui lancent ses adversaires ou ses partenaires. De ce point de vue, la diplomatie n'est que l'un des moyens de la politique étrangère, laquelle doit aussi se développer dans une logique de puissance.
Avec la recherche de l'intérêt national et la préservation de l'indépendance, le renforcement de la puissance constitue la troisième condition que nous nous fixons pour assurer la souveraineté et la grandeur de notre pays. Pour satisfaire à cette triple exigence, encore faut-il que la France se dote des moyens requis par l'ampleur du projet. Et la force militaire est à cet égard pour le Mouvement national républicain une nécessité évidente et impérieuse.

Sauver l'armée française

Or, l'armée française a été délibérément démantelée par les gouvernements successifs, qu'ils soient PS-PC ou RPR-UDF, ainsi que par M. Chirac qui, bien que chef des armées, a aggravé l'affaiblissement de l'appareil militaire de la France. Sous couvert d'une professionnalisation des forces, le pouvoir a en réalité réduit massivement les crédits, diminué les effectifs, dissous d'innombrables unités, différé la plupart des programmes d'équipement, fermé de nombreux arsenaux et démobilisé l'industrie d'armement. Quant aux personnels militaires, ignorés du pouvoir, ils subissent des sujétions de plus en plus difficiles à supporter qui conduisent à une dévalorisation de leur fonction tant sur le plan de leur statut social que de leur rémunération.
Aussi, les forces conventionnelles sont-elles aujourd'hui très largement sous-entraînées, sous-équipées et sous-dimensionnées. Leur potentiel est si réduit que la France serait sans doute incapable de se mesurer seule à un pays de la taille de la Syrie ou de l'Iran. En clair, si rien ne change, la défense de notre pays ne sera bientôt plus assurée. Seule la dissuasion nucléaire, bien qu'affaiblie jusqu'à la limite de la crédibilité, permet encore pour quelque temps de garantir la sécurité du territoire. Mais bientôt, malgré la qualité humaine des hommes et des cadres, malgré leur dévouement et leur professionnalisme, plus rien ne permettra d'éviter le pire.

Faire face aux menaces

L'armée reste pourtant le garant essentiel de la survie, de la souveraineté et de la grandeur de la nation. Nous voulons donc mettre un terme à cette politique suicidaire et criminelle qui consiste à brader notre défense et, dans cette perspective, nous engagerons un effort de grande envergure pour reconstruire l'armée française.
Encore faut-il en revoir entièrement les structures, car la menace a changé de nature. Depuis la chute de l'Union soviétique, elle ne prend plus, heureusement, la forme d'une attaque générale des armées du pacte de Varsovie. Est-ce à dire cependant qu'il n'y a plus aucun péril à l'est? Certainement pas, car, quelle que soit l'amitié qui doit lier la France aux peuples de l'Est européen, le réalisme commande de n'exclure aucune évolution néfaste. La dislocation du bloc communiste a laissé des moyens militaires considérables entre les mains de pouvoirs instables qui peuvent être supplantés du jour au lendemain par des régimes belliqueux et militaristes.
Par ailleurs, une menace nouvelle en provenance du sud se fait jour. Certains pays d'Afrique et du Moyen-Orient représentent en effet aujourd'hui un danger potentiel pour la France et pour l'Europe, danger qui a d'ailleurs déjà trouvé sa concrétisation sous la forme du terrorisme et de l'immigration. De part et d'autre de la Méditerranée, deux mondes antagonistes risquent de s'affronter un jour prochain : le dynamisme démographique et la pauvreté des pays du Sud, conjugués avec la vitalité d'un islamisme conquérant, font peser sur une Europe riche et vieillissante une grave menace qui pourrait prendre demain la forme d'une agression militaire.
Aussi nos forces armées doivent-elles pouvoir répondre avec efficacité à un nouveau type de menaces, moins classiques, plus floues et susceptibles de trouver leur origine aussi bien au sud qu'à l'est, voire sur notre sol ou dans d'autres parties éloignées du monde, en un mot partout où les intérêts nationaux sont en jeu. Le MNR veut donc renforcer le potentiel de notre armée en fonction de deux priorités : l'intervention extérieure et la défense du territoire.

La force d'intervention

Un renforcement et une restructuration importante des forces armées sont aujourd'hui nécessaires si l'on veut que celles-ci soient en mesure d'intervenir avec puissance et rapidité sur notre sol, sur le continent européen ou, au besoin, à des milliers de kilomètres de la métropole. À cette fin, nous voulons substituer aux structures actuelles une force d'intervention polyvalente dotée d'une puissance de feu maximale et d'un système d'information et de commandement performant. Dans sa composante terrestre, cette force devrait être particulièrement bien équipée en hélicoptères de combat, en missiles et blindés. La flotte de chasseurs et de bombardiers doit également être développée de façon significative. Et la marine ainsi que l'armée de l'air doivent être dotées de moyens de transport à grande capacité et à long rayon d'action susceptibles d'assurer de façon autonome l'acheminement de fortes unités de combat à des milliers, voire des dizaines de milliers de kilomètres de notre territoire.
Dans le même esprit, la marine doit être équipée au plus tôt de deux porte-avions nucléaires lui conférant une puissante capacité d'intervention et de présence outre-mer. Quant à l'arme nucléaire stratégique, elle doit rester selon nous le cœur de notre système de défense et, à ce titre, doit être remise à niveau et renforcée. En outre, il conviendra de développer des armes nucléaires miniaturisées, surtout à rayonnement neutronique, pouvant être utilisées ponctuellement non pas en dissuasion contre des cités, mais en défense face à des forces agressives. Enfin, le retour à la puissance militaire exige que notre pays acquière, par une coopération européenne, la maîtrise de l'espace et se dote des réseaux de satellites indispensables aux systèmes de guidage, de transmission et de renseignement.

La protection du territoire

La seconde priorité du MNR concerne la protection et la sécurité du territoire. Il convient pour cela de prévoir la mise en place, en coopération avec nos voisins européens, d'un système de défense anti-missile à la manière du système prévu par les Américains pour protéger leur propre territoire.
Par ailleurs, pour renforcer massivement la défense du territoire, particulièrement sensible tant que seront présentes sur notre sol de fortes communautés étrangères, nous voulons créer une garde nationale susceptible de mobiliser plusieurs centaines de milliers d'hommes. Composée de volontaires assurant un service court d'environ six mois et de réservistes effectuant des périodes d'entraînement régulières, cette force correctement équipée et entraînée aura pour mission d'assurer la sécurité du territoire et des populations. Elle pourra être mobilisée lors des crises graves, mais aussi à l'occasion des catastrophes naturelles ou en cas de dérèglements majeurs des services publics. Constituant des unités militaires à part entière, les escadrons de la garde nationale agiront en liaison étroite avec la gendarmerie dont les effectifs sont par ailleurs à renforcer.
Enfin, nous proposons de créer un organisme nouveau qui aura pour mission la défense des frontières et le contrôle des populations étrangères. Rassemblant sous une même autorité des responsabilités aujourd'hui dispersées entre la Police de l'air et des frontières, les Renseignements généraux et la Direction de la surveillance du territoire, cet organisme se verra assigner pour tâche de rendre les frontières étanches à l'immigration clandestine et de contrôler les étrangers présents sur le territoire national. Ainsi renforcée et réorientée, l'armée française pourra de nouveau jouer un rôle décisif pour la défense et la puissance de la nation.

Les moyens de la défense

Encore faut-il que les moyens financiers soient mobilisés en conséquence. C'est pourquoi le Mouvement national républicain entend mettre en œuvre un plan budgétaire de rattrapage des crédits militaires permettant de retrouver progressivement le niveau qui prévalait dans les années soixante et soixante-dix jusqu'à l'arrivée de
M. Mitterrand au pouvoir. Le budget des armées doit cesser d'être la variable d'ajustement du budget général et la programmation militaire doit être rendue plus réaliste. S'agissant des personnels civils et militaires, le MNR veut qu'ils bénéficient d'une rémunération et d'une considération dignes de leur mission, qu'ils puissent à nouveau agir avec efficacité au service de notre pays et recevoir en retour le soutien du pouvoir et de la nation. Parallèlement, nous voulons préserver l'industrie française de l'armement aujourd'hui menacée et dont l'existence est essentielle à l'indépendance de notre pays et au maintien du haut niveau technologique français. Les entreprises concernées devront être incitées à se restructurer, à développer les technologies adaptées, à rechercher les coopérations et les synergies nécessaires. Leurs activités de recherche seront favorisées et se verront dotées des commandes importantes nécessaires aux armées.
Enfin, la reconstruction de notre appareil militaire resterait vaine si elle n'allait pas de pair avec la modernisation et le renforcement des moyens de collecte du renseignement. Dans un monde de plus en plus dominé par la technologie, celui qui ne dispose pas des informations est handicapé quand il n'est pas purement et simplement disqualifié. Le MNR souhaite donc que la France renforce considérablement ses services de renseignements et les dote au besoin, dans le cadre d'une coopération européenne, des outils les plus modernes, notamment les satellites d'observation et les moyens d'écoute électroniques dont les Américains ont actuellement le quasi-monopole.
Nous considérons par ailleurs que tous ces efforts de redressement doivent être accompagnés d'un renouveau de l'esprit de défense indispensable à l'efficacité de nos armées. Le patriotisme, les valeurs de courage et de service propres à l'engagement militaire seront donc valorisés dans l'esprit public, notamment par le biais des écoles. Quant aux anciens combattants, qui constituent la mémoire vivante des sacrifices consentis par les Français pour leur pays, nous voulons qu'ils connaissent un surcroît de considération.

Sortir de l'otan

Sous ces conditions, l'armée française pourra à nouveau offrir à notre pays la puissance qui lui est nécessaire pour retrouver son indépendance et suivre le chemin de ses intérêts. Encore faut-il que la France se désengage complètement de l'Otan qui constitue aujourd'hui au plan militaire l'instrument principal de la tutelle américaine sur l'Europe. En effet, cette organisation, qui tirait sa légitimité de la menace soviétique contre laquelle elle avait été mise sur pied, a perdu l'essentiel de sa raison d'être lors de la disparition du pacte de Varsovie. Si donc les Américains cherchent à tout prix à préserver cette alliance, c'est qu'elle représente pour eux le moyen privilégié de maintenir l'Europe occidentale sous leur domination. Avec ce dispositif, ils font en effet coup double : ils empêchent la constitution d'une puissance militaire propre aux pays européens et placent les armées du vieux continent sous leur contrôle direct.
Le MNR est donc partisan, pour mettre un terme à cette situation dangereuse, de rompre avec la politique actuelle qui fait de notre pays le supplétif de l'oncle Sam et de dénoncer l'Otan. Que la France et, avec elle, les autres pays du continent se retirent de cette organisation et créent ensemble une alliance militaire européenne!

Créer l'alliance militaire européenne

Une telle alliance permettra en effet de rassembler et de coordonner les forces des États membres sans pour autant mettre en cause leur souveraineté comme c'est le cas avec les initiatives actuelles du genre de l'eurocorps où les armées des nations sont amenées à se fondre en une utopique armée internationale. Le projet que nous proposons procède au contraire de la méthode traditionnelle de l'alliance, déjà pratiquée avec succès lors de la première guerre mondiale par exemple. Outre qu'elle respecte la souveraineté des États et l'intégrité de leurs armées, une alliance permet d'additionner et de coordonner des forces pour combattre ensemble un ennemi commun.
Nous voulons que les forces militaires concernées restent sous l'autorité de leurs gouvernements respectifs qui pourront les utiliser comme ils l'entendent et à leur seule initiative. Ce n'est qu'en cas de menace contre le territoire ou les intérêts d'un pays européen, et à sa demande, que l'Alliance pourra être amenée à jouer un rôle opérationnel en mobilisant et en coordonnant les moyens nécessaires.
On mesure alors le formidable avantage que représentera un tel outil militaire européen. Alors que leurs forces armées conserveront leur caractère national et les prérogatives qui s'y rattachent, les pays européens pourront disposer, globalement, en toute autonomie, d'une puissance militaire comparable à celle des États-Unis. À travers cette alliance, le poids de la France dans le monde se trouvera considérablement renforcé. Avec les nations d'Europe, notre pays recommencera à compter sur l'échiquier international et sera à nouveau en mesure de faire prévaloir ses vues et ses projets.

La cause des peuples

Dès lors, la France disposera d'une plus grande facilité pour prendre des initiatives à l'échelle de la planète. Elle pourra ainsi, après celui de la défense, mettre en œuvre le deuxième volet de la politique de souveraineté voulue par le MNR, volet qui consiste à faire de notre pays le champion de la cause des nations.
Aujourd'hui, en effet, le salutaire et nécessaire réveil des nationalités auquel nous assistons est combattu par les sectateurs du mondialisme qui utilisent l'argument des conflits inter-ethniques survenus en Europe et ailleurs pour tenter de limiter l'indépendance et la souveraineté des peuples. Cette attitude particulièrement hypocrite est destinée en réalité à masquer une démarche hégémonique conduite sous le couvert du nouvel ordre mondial et visant à placer les États sous la tutelle des pays les plus forts. Car, dans la pratique, ce sont les nations faibles qui subissent l'ingérence des nations puissantes et ce sont ces dernières, notamment les États-Unis, qui définissent l'ordre mondial à imposer aux premières. Cette imposture intolérable doit donc être dénoncée et le MNR propose que la France s'en charge en prenant la tête d'une croisade internationale pour le respect de la souveraineté des peuples.

Le nouveau concert des nations

Pour ce faire, nous voulons que la France propose un autre schéma d'organisation internationale, prenant le contre-pied du discours américain. Par voie médiatique et diplomatique, nous voulons qu'elle se fasse l'avocat d'un nouveau concert des nations s'opposant au nouvel ordre mondial. Alors que le projet des États-Unis prône la mondialisation de la planète, l'affaiblissement des nations par leur soumission à des organisations multilatérales et la dérégulation systématique de l'économie mondiale, le modèle français reconnaîtra le fait national comme incontournable, rétablira le principe bénéfique des frontières et militera pour une régulation générale des échanges. Alors que l'un va dans le sens du nivellement et du brassage, l'autre préconisera le respect des différences et des identités.
Concrètement, ce projet français œuvrera pour une régulation des mouvements de capitaux, des échanges commerciaux et des courants migratoires. Nous préconisons dans les trois cas de mettre un terme à une libéralisation excessive pouvant conduire à de graves distorsions, sinon à des conflits majeurs. La France proposera donc d'instaurer des mécanismes de contrôle de ces différents courants d'échange de telle sorte qu'ils ne s'opèrent pas contre la volonté d'une nation et qu'ils cessent de provoquer des déséquilibres humains ou sociaux.

Un peuple sur une terre

Dans le même esprit, le MNR souhaite que la France intervienne là où le mélange des populations et le flou des frontières suscitent des conflits, voire des haines sanglantes comme en Bosnie ou au Kosovo. Mais, au lieu de vouloir faire vivre ensemble, de force, des populations qui ne veulent pas cohabiter, notre pays, fidèle à sa mission, interviendra pour faire prévaloir les critères d'une paix fondée sur le fait national. En effet, ce n'est pas le nationalisme qui suscite les guerres, mais le sentiment national contrarié. On peut le vérifier dans la plupart des conflits récents : tous ont une cause unique qui est le mélange de communautés différentes sur un même territoire. Nous voulons donc, pour que cessent ces affrontements, établir chaque peuple, chaque ethnie, chaque communauté sur un sol qui soit le sien selon le principe : un peuple sur une terre!

La chambre de règlement des conflits

Pour aller plus loin dans la contestation du nouvel ordre mondial et pour mieux asseoir le principe national en Europe, le MNR souhaite par ailleurs que la France prenne une initiative permettant de court-circuiter l'Onu sur le continent européen. Nous proposons dans cet esprit de créer une institution de sécurité collective, appelée Chambre de règlement des conflits, destinée à apporter une solution aux affrontements du type de ceux qui ont fait rage ces dernières années sur le territoire de l'ex-Yougoslavie.
N'est-il pas en effet profondément humiliant de constater que pareils troubles sont l'occasion pour des puissances ou des organisations extérieures à l'Europe d'intervenir au cœur de notre continent? La création d'une instance européenne de règlement des conflits, qui viendra se substituer pour l'Europe au Conseil de sécurité de l'Onu, pourra éviter l'apparition de pareils désordres, à condition qu'elle soit fondée sur une charte garantissant le principe national d'un peuple sur un territoire, prévoyant l'autodétermination des populations, les modifications de frontière par référendum et la protection des minorités.

La france avec les nations

Ainsi, en brandissant l'étendard de la défense des nations, la France sera appelée à jouer un rôle planétaire visant à remplacer le nouvel ordre mondial par un nouveau concert des nations. Une telle entreprise n'est-elle pas dans la droite ligne de sa vocation historique? La France n'a-t-elle pas maintes fois au cours des siècles constitué un modèle pour d'autres peuples ou indiqué la voie à suivre à d'autres nations? Une démarche de cette nature contribuera grandement à la stabilité du monde et au prestige de la France.
En outre, elle fournira à notre pays l'occasion de remettre en cause les institutions internationales néfastes à ses intérêts, sans courir le risque de se retrouver isolé sur la scène diplomatique. En proposant une autre vision de l'organisation du monde et en ralliant à cette cause de nombreuses nations, la France s'attirera la sympathie de plus d'un peuple et gagnera l'appui de nombreux États. Ayant acquis ainsi une dimension internationale considérable, notre pays sera en mesure d'exiger, dans un rapport de force favorable, la modification ou l'abrogation de pratiques internationales aussi contestables que le libre-échangisme mondial ou la supranationalité européenne.

La france sans les états-unis

Pour atteindre cet objectif, la France doit impérativement revoir la nature de ses relations avec les États-Unis d'Amérique. Aussi le MNR veut-il qu'elle rompe le lien de dépendance qui la soumet trop souvent aux décisions de Washington.
Cette émancipation se révèle d'ailleurs d'autant plus indispensable que la société américaine incarne chaque jour davantage le modèle idéologique que notre pays se doit de combattre. En effet, si les Américains peuvent rester à bien des égards des amis de la France, force est de constater que leurs gouvernements se sont faits les chantres de ce mondialisme dont notre pays doit prendre le contre-pied et que leur société se développe selon le schéma cosmopolite que le peuple français refuse chez lui. Un schéma fondé sur l'immigration qui fut pratiqué avec bonheur outre-Atlantique lorsqu'il s'agissait de mêler des populations européennes et chrétiennes, mais qui s'étend maintenant à tous les peuples du monde et provoque l'éclatement d'une société débordée par la violence, la drogue et les tensions ethniques.
Alors même que les États-Unis ne peuvent donc plus constituer une référence pour la France, nous voulons que notre nation se dégage de leur influence. D'autant que les gouvernements américains ne se comportent plus depuis la mort de l'URSS comme des alliés mais souvent comme des concurrents économiques et culturels et parfois comme des adversaires stratégiques, n'hésitant pas, pour affaiblir l'Europe, à favoriser l'islam sur le vieux continent ainsi qu'on a pu le constater en Bosnie et au Kosovo. Leur but est de vassaliser définitivement les pays européens en poussant à la constitution des États-Unis d'Europe conçus à leur image et donc atlantisés.

Pour l'amitié avec les peuples de l'est européen

À l'inverse, la politique étrangère française voulue par le MNR doit chercher à organiser l'ensemble de notre continent en une Europe des nations respectueuse de la souveraineté des États, mais érigée en une communauté de civilisation puissante, indépendante et fière de son identité.
Dans cet esprit nous voulons que la France noue des relations étroites d'amitié et de coopération avec les peuples de l'Europe de l'Est qui, plus que d'autres, ont conservé la flamme du sentiment national et peuvent plus facilement rejeter la tutelle américaine et les principes du nouvel ordre mondial. Ainsi en est-il de la Russie avec laquelle la France devrait pouvoir nouer des liens privilégiés pour contrebalancer la puissance américaine et rééquilibrer l'ensemble européen.
Pour l'entente avec le monde arabe
Notre pays doit aussi se préoccuper d'accroître son crédit en direction des États du Sud, dans le cadre d'une nouvelle politique de coopération. Les pays situés au sud de la Méditerranée représentent, il est vrai, d'incontestables menaces pour la France et pour l'Europe. Aussi est-il nécessaire de prendre les précautions militaires indispensables. Cette légitime vigilance n'implique cependant pas que la France se crispe dans une attitude défensive et hostile.
Bien au contraire, nous souhaitons qu'elle intensifie sa politique de présence au sud, accroisse son aide aux pays moins développés et recherche l'amitié de leurs peuples. En prenant la défense des nations contre le nouvel ordre mondial, la France peut d'ailleurs se trouver naturellement en convergence d'intérêts avec ces pays, et notamment avec les pays musulmans qui eux aussi rejettent le mondialisme américain. Sur ces bases, une nouvelle politique fondée sur l'entente avec les nations du Proche et du Moyen-Orient pourrait être développée avec succès par notre pays.

Pour la coopération avec l'afrique

Plus globalement, nous souhaitons que soit lancée en direction du Sud une politique de coopération rénovée qui doit se fonder non pas sur une prétendue culpabilité coloniale de la France, mais sur le principe du respect mutuel entre États souverains. Elle ne peut donc pas s'appliquer sans discernement au bénéfice de toutes nos anciennes colonies car la France n'a pas à favoriser les pays qui lui sont hostiles, mais se doit d'accorder son assistance aux peuples qui s'affichent comme ses amis et sont prêts à l'aider en retour pour régler le problème de l'immigration selon les méthodes prévues par ailleurs par le MNR.
Sous cette condition, la France pourra s'engager activement sur le continent africain et y mener des actions de coopération respectant l'identité et les traditions des pays concernés. Car, pour rétablir dans ces États les équilibres humains, économiques et sociaux, nous préconisons de les aider à trouver un modèle de développement adapté à leur peuple et à leur culture et non calqué sur les schémas occidentaux. La France n'hésitera cependant pas à intensifier par ailleurs sa présence directe dans ces pays afin d'y assurer le fonctionnement des services essentiels à la population et d'éviter qu'on n'en arrive à des situations à la somalienne ou à la rwandaise.

Pour des alliances dans le monde

Au-delà, le MNR souhaite que la France se constitue dans les autres continents un réseau d'alliances pour défendre ses intérêts, renforcer sa puissance et étendre son rayonnement. En Amérique du Sud et en Asie, où la France est traditionnellement moins présente, nous proposons de choisir quelques pays avec lesquels pourront être développés des liens étroits d'amitié et de coopération. Pour que notre pays ne disperse pas inutilement ses efforts, ces États devront être en nombre réduit mais, pour peu, naturellement, qu'ils y trouvent leur intérêt, ils offriront à la France la possibilité de rayonner puissamment à partir de leur territoire.

La puissance maritime

Afin de donner toute son ampleur à cette politique de puissance et de rayonnement de la France, le MNR souhaite par ailleurs que notre pays mette à profit les atouts qui lui sont propres et qu'il néglige aujourd'hui.
Ainsi, notre nation dispose d'un domaine maritime considérable qui fait de lui potentiellement l'une des toutes premières puissances maritimes mondiales. Aussi voulons-nous doter la France d'une politique capable de valoriser ce patrimoine. À cette fin, nous entendons renforcer la flotte militaire, favoriser, par le régime fiscal dit des quirats, le renouvellement et le développement de la flotte de commerce et encourager les activités de la pêche française. De même, notre pays doit accentuer, sous toutes les latitudes, la mise en valeur de ses richesses maritimes, qu'elles soient piscicoles, minérales ou pétrolières. La France ne doit plus tourner le dos à la mer mais retrouver sa vocation maritime et, avec elle, se forger un nouvel instrument pour assurer son avenir.
l'atout des dom-tom
Dans le même esprit, notre pays doit miser sur ses départements et territoires d'outre-mer dont le destin est lié au sien souvent depuis des siècles. Nous souhaitons donc valoriser ces terres lointaines grâce auxquelles la présence française est garantie dans les Amériques, dans l'océan Indien et dans le Pacifique. Avec elles, la France dispose de points d'appui stratégiques qui peuvent contribuer à son rayonnement et à sa puissance. Aussi ces départements et territoires doivent-ils bénéficier des moyens permettant un meilleur épanouissement de nos compatriotes d'outre-mer. Encore faut-il que les méthodes utilisées soient plus respectueuses des réalités locales et assurent un développement équilibré conduisant les habitants à rester chez eux et à y vivre harmonieusement.

Le rayonnement par la francophonie

Enfin, le MNR veut raviver le sentiment de solidarité qui devrait animer les peuples de langue française à travers le monde, qu'ils se trouvent en Amérique ou en Afrique. Pour ce faire, nous voulons unifier et renforcer les diverses instances aujourd'hui dispersées de la francophonie afin de lui redonner une nouvelle dimension culturelle et politique.
En particulier, nous proposons que la France tisse des liens étroits avec les populations francophones européennes ou d'origine européenne. Le Québec notamment doit être l'objet de toute la sollicitude du peuple français : pourquoi ne pas lui proposer la création de liens institutionnels avec la République dans la perspective de son indépendance? Et pourquoi ne pas établir des relations analogues avec les Wallons? Ou, mieux encore, pourquoi la France ne ferait-elle pas savoir qu'en cas d'indépendance de la Flandre, elle serait prête à accueillir la Wallonie au sein de la nation française?

Le retour de la grandeur

Ainsi, en assurant son indépendance, en reconstruisant son armée, en se faisant le champion de la cause des peuples face aux États-Unis, en militant pour une Europe des nations, en développant une politique de coopération rénovée et en tissant un réseau d'alliances à travers le monde, la France assurera son avenir, développera sa puissance et retrouvera sa souveraineté. Elle se mettra ainsi dans la meilleure position pour défendre ses intérêts, mais, ce faisant, elle œuvrera à la paix du monde et à l'épanouissement des peuples. En un mot, elle renouera avec la grandeur.

 



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