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La troisième voie

Sommaire:
Introduction: Le cataclysme social
Chapitre 1: L'explosion du chômage
Chapitre 2: La crise des valeurs
Chapitre 3: La montée de l'étatisme
Chapitre 4: Le choc de la mondialisation
Chapitre 5: Le modèle national
Chapitre 6: La méthode du MNR
Chapitre 7: L'ordre social
Chapitre 8: L' échange régulé
Chapitre 9: Le marché libre
Chapitre 10: En finir avec la bureaucratie
Chapitre 11: Libérer l'entreprise
Chapitre 12: Rendre l'argent aux Français
Chapitre 13: La fraternité française
Chapitre 14: La protection sociale
Chapitre 15: La nouvelle participation
Chapitre 16: Juguler le chômage
Chapitre 17: Retrouver l'expansion
Conclusion: Le choix de la France


Chapitre 13

La fraternité française

Face à la dureté des temps et aux menaces extérieures, l'harmonie sociale de la nation doit pouvoir se fonder sur la fraternité entre les Français. Certes, la cohésion du peuple et la condition de ses membres les plus démunis se trouveront améliorées par le redressement économique du pays qui, en créant des emplois et de la richesse, facilitera le progrès social. Les lois brutales de la production et des échanges ne favorisent cependant pas toujours la justice, la solidarité et l'équilibre au sein du peuple. Aussi apparaît-il nécessaire de mettre en œuvre une politique sociale audacieuse et originale qui passe avant tout par l'avènement de la fraternité française.

Le social par la tradition

Encore faut-il que cette démarche puisse s'accomplir sans pour autant briser les ressorts de l'économie de marché ni réduire les hommes à l'état de sujets dépendants. Il n'est donc pas question de reprendre par d'autres moyens les chemins absurdes empruntés dans le passé par les socialistes. Surtout ne rien engager qui soit susceptible d'alourdir le poids de l'État, d'augmenter les ponctions fiscales ou d'accroître la réglementation, et ne rien entreprendre qui se traduise par une redistribution autoritaire des revenus ou place les individus en situation d'assujettis et de quémandeurs ! En clair, la politique préconisée par le Mouvement national républicain doit tourner le dos aux idées fausses de la gauche et réussir pour la première fois depuis plus d'un siècle à faire du social sans faire du socialisme

Pour parvenir à cette fin, il n'est pas d'autre voie que celle qui consiste à renouer avec les structures et les valeurs traditionnelles qui fondent notre civilisation et qui, de tous temps, ont apporté aux hommes un cadre générateur de sécurité et de solidarité. Aussi faut-il consolider les communautés naturelles que constituent principalement la nation et la famille et donner une réalité tangible aux principes de préférence, d'enracinement et de justice sans lesquels elles ne peuvent se maintenir ni s'épanouir. Voilà le sens concret que le Mouvement national républicain entend donner à sa politique sociale de fraternité française, tant il est vrai que ce sentiment de forte solidarité ne peut se développer en dehors de communautés véritables dont les membres se sentent proches les uns des autres et unis par une relation de commune appartenance. Ainsi en est-il de la famille dont un même sang relie les générations, et du peuple dont une commune ascendance et une même histoire unissent les membres. Les liens de solidarité qui doivent se tisser entre nos compatriotes s'apparentent donc à ceux qui prévalent au sein d'une famille, aussi est-il juste et nécessaire qu'ils prennent la forme d'une authentique fraternité, ainsi d'ailleurs que nous y invite la devise de la République. Parce qu'ils appartiennent à un même peuple, les Français ont le devoir de se comporter comme les frères et les sœurs d'une même famille et d'instaurer entre eux la fraternité nationale.

La richesse des pauvres

La nation, "seule richesse des pauvres" selon la formule de Jaurès, constitue en effet le lieu privilégié où la fraternité peut revêtir pour nos compatriotes une forme concrète. Encore faut-il qu'elle soit inscrite dans la loi, sous la forme de la préférence nationale, et que les Français en France puissent devenir prioritaires par rapport aux étrangers. Quoi de plus normal en effet que de voir les citoyens, qui assument des devoirs particuliers à l'égard de leur pays, bénéficier en contrepartie de droits spécifiques que la nation leur concède en retour à titre exclusif ?

Il s'agit là non seulement d'un impératif de justice mais d'une exigence morale de fraternité, comparable à celle qui s'impose aux membres d'une même famille. Que dirait-on en effet d'un homme qui viendrait en aide à un inconnu mais délaisserait son fils pourtant dans le besoin ? Chacun jugerait sévèrement ce père indigne qui aurait ainsi trahi ses obligations envers les siens. Et puis qu'il constitue une authentique communauté, le peuple français s'apparente à une famille et doit, de ce fait, cultiver des relations de préférence mutuelle entre ses membres. Ainsi les gouvernants qui, en période de chômage généralisé, ne réservent pas en priorité les emplois disponibles aux membres du peuple dont ils ont la charge sont-ils aussi condamnables que le père qui abandonne son fils.

Loin de constituer une manifestation néfaste d'exclusion comme le prétendent les esprits faux de l'établissement, la préférence nationale s'impose au contraire comme une exigence morale qui doit trouver son expression concrète dans la vie quotidienne de nos compatriotes. La politique de priorité aux Français doit donc se traduire dans tous les domaines de l'activité économique et sociale et, au premier chef, en matière d'emploi. A égalité de compétence, les postes disponibles reviendront par conséquent en priorité aux chômeurs français ; de même qu'en cas de licenciement collectif, les étrangers seront les premiers touchés. Une préférence qui se manifestera aussi dans l'attribution des logements sociaux, les appartements HLM devant être affectés en priorité aux demandeurs français. Quant aux prestations familiales et en particulier aux allocations familiales, elles seront exclusivement réservées aux Français, puisque nous nous fixons pour objectif d'encourager la natalité nationale et non d'assurer une rente de situation à des familles étrangères déjà fort nombreuses. De même, les prestations d'assistance seront accordées en priorité aux Français et seulement de façon exceptionnelle et transitoire aux immigrés. De son côté, la prestation qui remplacera le RMI sera exclusivement réservée à nos compatriotes. Aujourd'hui, les finances publiques, et tout particulièrement les budgets sociaux sont lourdement grevés de déficits qui ne cessent de s'élargir. Il y a donc pénurie de crédits, aussi ceux qui subsistent doivent-ils être affectés en priorité aux Français, conformément à l'exigence morale de préférence.

Quant aux étrangers présents en France, ils ne devraient pas pâtir de ces mesures, puisque, en vertu des nouvelles lois sur l'immigration voulues par le Mouvement national républicain, seuls seraient autorisés à demeurer sur le sol français ceux qui pourraient prouver qu'ils disposent de moyens de subsistance légaux et suffisants. Cette mesure parfaitement légitime, car adoptée par la plupart des Etats du monde, conduirait les étrangers nécessiteux à retourner dans leur pays d'origine où ils pourraient être pris en charge par leurs familles et permettrait donc d'instaurer la préférence nationale sans porter gravement préjudice aux immigrés encore présents sur notre territoire.

Fraternité français

Pour les plus démunis de nos compatriotes, la fraternité nationale doit cependant aller au-delà de la seule priorité pour les Français. Aussi le Mouvement national républicain veut-il orchestrer à leur intention un grand élan de solidarité et créer à cet effet un vaste service de fraternité française capable de venir en aide à nos compatriotes en difficulté. Cet organisme aura pour mission de nouer des relations quasi quotidiennes avec les plus défavorisés et de leur assurer le soutien moral, matériel et financier dont ils ont besoin. Il apportera donc, par rapport aux instances déjà existantes, ce supplément de chaleur humaine et ces contacts personnalisés que les organes officiels trop bureaucratisés ne peuvent plus offrir. Le service de fraternité française sera organisé à l'image de la Croix Rouge, œuvrant en faveur des malheureux comme celle-ci intervient auprès des blessés. Il sera animé par des volontaires professionnels ou bénévoles soigneusement sélectionnés et formés pour exercer leur mission, conformément à un code éthique rigoureux.

Il s'agit en effet de créer un véritable corps de spécialistes de l'action humanitaire intérieure, capables d'intervenir au sein de la société, comme une sorte de chevalerie aux règles exigeantes et bénéfiques, pour aider nos compatriotes en difficulté, qu'ils soient chômeurs sans ressources, handicapés, sans domicile fixe, alcooliques~ toxicomanes ou âgés et isolés. Issu du peuple et en contact avec lui, ce service de fraternité française pourra par son exemple et son prestige mobiliser autour de lui de nombreuses bonnes volontés et, par le jeu d'une entraide rapprochée, donner naissance à une vraie solidarité nationale, aussi éloigne de la bureaucratie socialisante que du charity-business de la télévision. Doté de gros moyens et d'effectifs importants, il pourra devenir une arme redoutable contre la pauvreté. le malheur et la marginalité. Encore faut-il qu'il dispose, pour mener sa mission avec efficacité, des instruments nouveaux nécessaires au retour d'une véritable solidarité entre les français.

A cet égard, il conviendra de créer une allocation de fraternité nationale pour remplacer l'actuel RMI dont la formule, par trop laxiste, conduit aujourd'hui à encourager l'immigration et à favoriser la passivité et le parasitisme. Réservée aux Français sans ressources, cette nouvelle allocation, dont le montant pourra être réévalué, sera assortie, pour tous ceux qui sont en âge et en condition physique de travailler, d'une obligation d'activité à temps partiel, activité qui sera proposée par les collectivités locales dans le cadre d'emplois d'intérêt général. Outre les subsides qu'elle dispensera à nos compatriotes les plus pauvres et les plus isolés, une telle prestation aura l'avantage de les amener à se réinsérer dans la société et dans le monde du travail en leur redonnant, ne serait-ce qu'à leurs propres yeux, une utilité et une fonction sociale.

Les personnes sans domicile fixe pourront par ailleurs trouver le gîte et le couvert dans les actuels foyers Sonacotra qui, cessant d'être réservés aux immigrés, pourront, sous la houlette du service de fraternité française, les accueillir et leur fournir toute l'année des places en qualité et en nombre suffisant. Ainsi l'appartenance à la nation conférera à ses membres frappés par le malheur le bénéfice de la fraternité et de la préférence. L'aide sociale cessera dès lors d'être purement administrative et redistributrice pour prendre la dimension humaine d'une solidarité concrète entre membres de la même communauté. Les plus démunis des Français y gagneront non seulement une aide concrète mais aussi le sentiment de ne plus être rejetés, de pouvoir compter sur le cadre protecteur et affectif de la nation et de conserver en son sein place et considération.

Tout comme l'ensemble national, la cellule familiale doit de son côté être renforce et privilégiée, car elle constitue, avant même la nation, la première communauté d'appartenance des individus. A ce titre, elle remplit une fonction d'une importance capitale. C'est en effet par son truchement que se renouvellent les générations, c'est en son sein que s'effectue l'essentiel de l'éducation des enfants, c'est elle qui donne à chacun sa place dans l'espace et dans le temps, c'est enfin par elle que se transmet une grande part de notre héritage de civilisation. Sur le plan social, la famille joue un rôle fondamental puisqu'elle offre à chacun de ses membres un premier cercle de protection. Lorsqu'une difficulté survient, on doit pouvoir compter sur les siens, indépendamment même des mécanismes d'assistance de l'État. D'autant que la famille apporte de surcroît la chaleur de l'affection et de l'amour sans laquelle la vie n'est qu'un pénible cheminement dans le désert. Certes, aujourd'hui, beaucoup de couples se déchirent. Mais cette montée des divorces et des séparations, loin de limiter le rôle de la famille dans l'édifice social, renforce au contraire la nécessité d'une grande politique familiale. Aussi le Mouvement national républicain est-il partisan du principe de la préférence familiale, grâce auquel la famille, cessant d'être pénalisée comme elle l'est actuellement, se verra au contraire encouragée par des avantages économiques et juridiques propres à renforcer sa cohésion et à relancer la natalité française.

Le revenu parental

La principale mesure préconisée par le Mouvement national républicain en ce domaine consiste à instaurer un revenu parental pour les mères ou les pères de famille français. Aujourd'hui, de nombreuses femmes exerçant une activité professionnelle n'ont pas choisi de travail]er à l'usine ou au bureau parce qu'elles s'y épanouissent, mais parce que la situation financière de leur famille exige qu'elles apportent leur contribution sous la forme d'un deuxième salaire. Ce faisant, elles n'ont pas le temps de se consacrer pleinement à l'éducation de leurs enfants et renoncent souvent à agrandir leur famille autant qu'elles l'auraient voulu. L'instauration du revenu parental doit corriger cette injustice en permettant aux mères, et éventuellement aux pères de famille français, de choisir librement, sans contraintes financières, entre l'exercice de leur profession et l'éducation à plein temps de leurs enfants. Celles ou ceux de nos compatriotes qui décideront de se vouer exclusivement à leur mission éducatrice bénéficieront à cette fin d'une rémunération équivalente au SMIC, que l'État prendra en charge.

Assimilé à un salaire, ce revenu ouvrira aux mères de famille qui ne travaillent pas le droit à la sécurité sociale, à la retraite et à la formation professionnelle. Il leur conférera ainsi un véritable statut par lequel leur utilité sociale sera enfin reconnue financièrement et juridiquement. La création de cette allocation est essentielle pour assurer le soutien financier des familles et les inciter à s'agrandir au moins jusqu'au troisième enfant. A terme, le revenu parental sera en effet versé pendant trois ans après la naissance du deuxième enfant et jusqu'à la dix-huitième année du dernier enfant si la famille compte trois enfants ou plus.

La préférence familiale

Cette mesure centrale sera par ailleurs accompagnée de dispositions financières visant à rétablir les allocations familiales dans leur fonction initiale. A l'origine, celles-ci ne visaient pas, comme c'est le cas actuellement, à redistribuer les revenus pour les égaliser, mais à instaurer, à revenus constants, une parité des niveaux de vie entre ceux qui ont des enfants et ceux qui n'en ont pas. Ces allocations devront donc être revalorisées en conséquence et cessées d'être soumises à un plafond de ressources pour que soit rétablie la justice sociale en faveur des familles. Dans le même esprit, le quotient familial servant au calcul de l'impôt sur le revenu devra être déplafonné en priorité de façon que les familles soient les premières à bénéficier de la diminution progressive de ce prélèvement.

Enfin, sur le plan juridique, il convient d'instaurer le principe d'une préférence familiale qui assure aux couples mariés un traitement fiscal et social systématiquement plus avantageux que celui dont jouissent les tenants de l'union libre. Le mariage impliquant des devoirs auxquels doivent correspondre des droits, n'est-il pas normal que ceux qui refusent les contraintes de l'union légale ne bénéficient pas des avantages qui s'y rattachent ? Napoléon disait : "Les concubins se désintéressent de la loi. La loi se désintéresse d'eux. " Sans compter qu'il est bon de créer de la sorte une incitation au mariage, institution elle-même indispensable à l'équilibre de la famille et au retour à une forte natalité.

Le renforcement de la communauté nationale et de la cellule familiale constitue à l'évidence une condition essentielle du rétablissement de l'harmonie sociale. Cependant, le développement de la propriété populaire et l'instauration de la justice sociale ne sont pas moins nécessaires au plein épanouissement de cette harmonie.

La propriété populaire

Offrir à chaque Français la possibilité de se constituer un patrimoine, voici en effet l'un des objectifs prioritaires d'une politique sociale non socialiste. Car la possession d'un bien est d'abord un facteur de stabilité sociale et d'équilibre psychologique. Celui qui possède un patrimoine, même modeste, n'est plus déraciné, il dispose d'attaches matérielles qui lui donnent des repères et parce que son bien peut être dégradé ou saisi, il développe un sens plus aigu de ses responsabilités sociales. En outre, la propriété lui apporte une marge d'autonomie qui le rend moins dépendant du monde extérieur et une sécurité qui le met à l'abri des aléas de l'existence. Aussi faut-il mener une politique en faveur de la propriété populaire permettant aux Français les plus modestes d'acquérir un patrimoine qu'ils puissent transmettre à leurs enfants.

Cette politique concerne en priorité le logement, qui, le premier, assure aux personnes une sécurité et une protection incontestable. Posséder son appartement ou sa maison, c'est en effet avoir la certitude de conserver un toit quoi qu'il arrive et de ne pas tomber dans la détresse de ceux qui n'ont plus de domicile fixe.

Le Mouvement national républicain entend donc proposer aux locataires français de HLM de devenir propriétaires de leur logement grâce à un prêt de l'État dont les mensualités de remboursement seront à peine supérieures au loyer qu'ils payent actuellement. L'aide personnalisée au logement sera réformée en fonction de cet objectif afin de favoriser les Français qui souhaitent acquérir leur appartement. Cette grande politique de propriété populaire améliorera d'autant les conditions de vie des familles françaises aux revenus modestes qu'elle contribuera à résoudre le problème des banlieues. En effet, les candidats à la propriété seront regroupés dans des quartiers homogènes qui s'étendront à mesure que le nombre de postulants augmentera. Or, ces quartiers seront naturellement m~eux tenus et plus agréables à vivre car, habités exclusivement par des propriétaires français, ils connaîtront un style de vie plus normal et plus paisible et feront l'objet de la part de leurs occupants d'une plus grande attention quant à l'entretien des espaces publics et des parties communes. Les banlieues commenceront alors à voir leur situation s'améliorer progressivement à mesure que ces quartiers se développeront au détriment des autres secteurs que les immigrés quitteront par ailleurs pour rentrer chez eux.

S'agissant des logements non sociaux, un effort considérable sera engagé parallèlement au profit des familles françaises. Aujourd'hui, en effet, le coût des maisons ou des appartements constitue souvent un frein à l'agrandissement de la cellule familiale. Pour faire sauter ce verrou, le Mouvement national républicain est donc partisan d'instaurer un prêt familial permettant à tout couple marié de disposer, pour l'achat de son logement, d'un crédit global à long terme sans apport personnel. Crédit qui lui permettra en outre de bénéficier d'un différé d'amortissement de trois ans après chaque naissance et de profiter pendant cette période d'une prise en charge des intérêts par l'Etat. Une mesure d'envergure qui offrira donc à toutes les familles la possibilité effective de devenir propriétaire d'un logement adapté et contribuera largement au développement des patrimoines dans notre pays.

Enfin, cette politique de propriété populaire sera renforcée par la suppression de l'impôt sur les successions en ligne directe. Est-il en effet normal que les parents ne puissent pas transmettre intégralement à leurs enfants des biens qu'ils ont souvent acquis grâce à leur travail et à beaucoup de privations ? Car la spoliation opérée par le fisc sur les héritages est un facteur de déracinement et de désintégration de la société. La possibilité ouverte par le Mouvement national républicain d'acquérir un bien et de ]e transmettre intact à ses descendants permettra, en multipliant les patrimoines petits ou grands, de consolider le tissu social et d'assurer à nos compatriotes un surcroît de sécurité.

A chacun selon son mérite

L'harmonie ainsi créée bénéficiera en outre des effets d'une grande politique de justice sociale, visant à donner à chacun sa place légitime dans la société ainsi que la juste rémunération qui lui correspond. La démarche prônée par le Mouvement national républicain, conformément au principe "A chacun selon son mérite", prend donc le contre-pied de la conception socialiste selon laquelle le progrès social passe par le nivellement de la société et par l'égalité des résultats.

Vouloir mettre tous les hommes sur le même plan, leur attribuer peu ou prou les mêmes revenus quels que soient leur activité, leurs talents, leurs mérites et les services qu'ils rendent, ne débouche pas sur l'équité, mais, bien au contraire, créé une situation de profonde injustice. Injustice d'ailleurs d'autant plus grave que la politique qui résulte de cette volonté égalisatrice s'emploie à persécuter ceux qui exercent leur métier en pleine clarté, mais épargne ceux qui se livrent à des activités marginales, voire illégales. Ainsi, ce sont les gens honnêtes et utiles, comme les chefs d'entreprise ou les salariés, qui se trouvent pénalisés, tandis que parasites et aigrefins peuvent se livrer en toute quiétude à leurs agissements illicites.

Comment alors s'étonner que beaucoup de Français estiment aujourd'hui que le travail ne paye plus ? "Inutile d'aller tous les jours à l'usine ou au bureau pour un salaire de misère ! Mon voisin, qui n'a pas d'emploi, vit beaucoup mieux que moi à coups d'allocations, de combines ou de petits trafics." Un état d'esprit qui semble se développer du haut en bas de la hiérarchie économique. Beaucoup de chefs d'entreprise, confrontés à maintes difficultés, lassés de se battre tous les jours pour produire et ne pas licencier, sont tentés de vendre leur affaire et de placer leur argent pour vivre en rentiers. Le capitalisme spéculatif n'est-il pas plus profitable que le capitalisme productif ? Et si le travail honnête n'est pas récompensé, pourquoi s'entêter à rester à tout prix dans la légalité ? Le travail au noir n'est-il pas plus rémunérateur que les emplois déclarés ? Et, de là à basculer totalement dans l'illégalité, il n'y a qu'un pas que certains franchissent avec d'autant plus de facilité que les règles morales aujourd'hui affaiblies ne les retiennent plus Le petit trafic de drogue ne permet-il pas de vivre beaucoup mieux que le SMIC ? Et les grands de ce monde n'offrent-ils pas le spectacle quotidien de cette grave dérive ? Le journal télévisé nous abreuve de récits de corruption où il apparaît que les plus hauts dignitaires de notre pays ont reçu des pots-de-vin dont les montants donnent le vertige. Et que dire des rémunérations faramineuses servies aux saltimbanques de la télévision, dont les montants aux multiples zéros font la une des magazines ? Comment dès lors ne pas éprouver un profond sentiment d'injustice quand on constate que le travail utile, honnête et bien fait est moins rentable qu'une activité parasite, illégale ou amorale ?

Le SMIC à la hausse

La justice sociale telle que la conçoit le Mouvement national républicain ne passe donc pas par une entreprise de nivellement des revenus, mais par le rétablissement d'une juste hiérarchie des rémunérations selon laquelle, conformément au principe d'harmonie, chacun reçoit en fonction de ses mérites et de son utilité pour la communauté. Encore faut-il qu'un revenu minimum soit assuré à tous de façon que les travailleurs qui assument les tâches les plus simples puissent bénéficier eux aussi d'un salaire leur permettant de vivre dignement sans avoir à quémander à tout propos aide et assistance.
Aussi convient-il de garantir et de relever les bas salaires et d'utiliser à cette fin le SMIC, lequel doit être maintenu et progressivement revalorisé, malgré les vives critiques des ultralibéraux. Car les bas salaires subissent de plein fouet la pression exercée par le libre-échangisme mondial, dont la logique implacable conduit spontanément les rémunérations les plus modiques à se rapprocher inexorablement de celles, souvent dérisoires, des pays en voie de développement. La division internationale du travail crée en effet une concurrence entre la main-d'œuvre française et celle du Tiers-monde, soit directement, par l'intermédiaire des immigrés présents sur notre sol, soit indirectement, par le truchement des échanges commerciaux avec les pays à faible coût de fabrication. Dans les deux cas, les rémunérations sont tirées vers le bas. La compétition économique pousse en effet les entreprises à diminuer leurs coûts toujours davantage, et donc à moins payer leurs employés. De même, la présence sur le marché du travail d'une main d'œuvre peu qualifiée et peu exigeante, que certains emploient souvent sans la déclarer, exerce une pression à la baisse des salaires les moins élevés. Comment, en effet, le SMIC peut-il jouer son rôle de salaire minimum et constituer un levier pour le relèvement des bas revenus quand, en toute illégalité, un clandestin tamoul se "loue" 50 francs la journée auprès des confectionneurs de Paris ? Il convient donc, pour rendre effective la revalorisation des rémunérations les plus basses, de rétablir une protection aux frontières et d'organiser le retour chez eux des immigrés, à commencer par les clandestins. C'est alors, accompagné par le marché, que le SMIC pourra être revalorisé et que s'établira du même coup une nette préférence pour le travail chez ceux qui seraient tentés de se contenter du RMI.

La juste hiérarchie

Cette politique répond de surcroît à la nécessité de lutter contre les injustices en instaurant une hiérarchie des revenus plus équitable. Pour cela, il faut mettre un terme au scandale que représentent le parasitisme et le trafic de l'argent mal acquis. Ainsi la lutte contre la corruption et la répression sévère des crimes et délits économiques répondent-elles aussi à un impératif de justice visant à rendre toute sa valeur au travail honnête. Il faut que les trafics illégaux deviennent de moins en moins intéressants pour ceux qui s'y livrent et les activités légales de plus en plus profitables. Le retour à l'ordre est une composante indispensable de la politique sociale. Dans cet esprit, il conviendra de favoriser financièrement les activités productives et, inversement, de pénaliser les agissements purement spéculatifs. L'idée est simple : il s'agit de donner la meilleure place à ceux qui travaillent et qui produisent, et de faire la chasse à l'argent facile, aux fortunes frauduleuses et à la spéculation.

Quant à la hiérarchie des revenus, elle doit s'établir selon d'autres critères que ceux qui ont prévalu jusqu'à maintenant. Elle ne peut plus être le fruit du principe égalitariste ou le résultat de la loi de la jungle où dominent les aigrefins, elle doit refléter le mérite, le travail et l'utilité de chacun. Tous ceux qui ont fait le sacrifice d'une longue formation et qui assurent des fonctions bénéfiques pour notre pays devraient donc être rétribués en conséquence. Or, actuellement, cette exigence de justice n'est pas reconnue, puisque les membres de certaines professions, magistrats, enseignants, militaires, infirmières, policiers ou agriculteurs, ne perçoivent pas la rémunération à laquelle ils auraient légitimement droit. Il y aura donc lieu de réajuster la hiérarchie des revenus afin que chaque Français puisse retrouver, à travers un juste salaire, sa place légitime dans la société.

Le social sans le socialisme

Ainsi la politique de fraternité française permettra-t-elle de venir en aide à nos compatriotes dans la détresse, mais aussi, et surtout, de les empêcher de sombrer dans la marginalité en leur offrant la possibilité de vivre dignement de leur travail.

En ce sens, I'ordre social préconisé par le Mouvement national républicain innove totalement par rapport aux politiques socialistes, car il se fonde sur une logique fondamentalement différente de la leur. La préférence nationale et familiale, qui vise à consolider nos communautés traditionnelles, est combattue par la gauche sous le prétexte qu'elle serait un facteur d'"exclusion". Le revenu parental, instauré pour renforcer la cohésion des familles, est dénoncé comme une conception rétrograde par ceux qui ont fait leur la triste formule d'André Gide "Familles, je vous hais". Quant à la politique de propriété populaire, elle contrarie de la même façon les préceptes de gauche pour lesquels la propriété s'apparente au vol selon la célèbre maxime de Proudhon. Enfin, la justice sociale fondée sur le principe "A chacun selon son mérite" s'oppose radicalement à la volonté niveleuse de la gauche, toujours désireuse de réduire les inégalités, qu'elles soient légitimes ou non.

Au total, la politique du Mouvement national républicain suit donc une route absolument différente de celle du socialisme. Là où ce dernier a échoué, le mouvement national peut donc réussir, car, contrairement à la social-démocratie, sa démarche respecte les contraintes du réel comme la nature de l'homme et peut donc faire régner la fraternité entre les Français sans handicaper l'économie ni multiplier les prestations d'assistance.

Et lorsqu'elle aura retrouvé sa place éminente dans la société, la fraternité pourra irriguer notre pays de ses effets bénéfiques. Suscitée par la préférence nationale et familiale, consolidée par le développement des patrimoines et le retour à la justice sociale, elle permettra à la France de franchir une première étape vers l'harmonie. La seconde viendra du rétablissement de la protection sociale.



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