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La troisième voie

Sommaire:
Introduction: Le cataclysme social
Chapitre 1: L'explosion du chômage
Chapitre 2: La crise des valeurs
Chapitre 3: La montée de l'étatisme
Chapitre 4: Le choc de la mondialisation
Chapitre 5: Le modèle national
Chapitre 6: La méthode du MNR
Chapitre 7: L'ordre social
Chapitre 8: L' échange régulé
Chapitre 9: Le marché libre
Chapitre 10: En finir avec la bureaucratie
Chapitre 11: Libérer l'entreprise
Chapitre 12: Rendre l'argent aux Français
Chapitre 13: La fraternité française
Chapitre 14: La protection sociale
Chapitre 15: La nouvelle participation
Chapitre 16: Juguler le chômage
Chapitre 17: Retrouver l'expansion
Conclusion: Le choix de la France


Chapitre 16

Juguler le chômage

Les mesures préconisées par le Mouvement national républicain dans le cadre du nouvel ordre économique et social sont de nature à rétablir dans notre pays le plein emploi au bout de sept ans. Cet assainissement de grande ampleur ne résultera cependant pas d'actions spécifiques consistant à créer des postes de travail comme on ouvre des postes budgétaires dans les collectivités publiques. Il naîtra de l'ensemble des initiatives prises par ailleurs pour assurer le redressement de l'économie nationale et le retour à la croissance. Ainsi la voie alternative proposée par le mouvement national permettra de juguler le chômage et donc de sortir de la crise.

On achète bien les emplois

En revanche, la méthode choisie par l'établissement. qui consiste à mener une politique mondialiste et étatiste par ailleurs génératrice de chômage et à prendre dans le même temps des dispositions pour créer artificiellement des emplois, est totalement absurde. L'explosion du nombre des chômeurs n'est-elle pas en effet la conséquence logique et inéluctable de la politique économique poursuivie depuis des années ? Quant aux actions menaces pour susciter la création de nouveaux postes de travail, elles relèvent davantage des pratiques de la propagande que d'une démarche économique efficace et fondée. Ainsi en est-il des aides à l'embauche qui constituent à ce jour l'essentiel de l'action du gouvernement en matière de création d'emplois. Partant de l'idée qu'il serait plus utile de payer un chômeur à travailler dans une entreprise plutôt que de le rémunérer à ne rien faire en lui versant des indemnités de chômage, la classe politique en est venue à subventionner les employeurs pour qu'ils recrutent. Un peu comme si les emplois pouvaient s'acheter auprès des firmes industrielles ou de services et comme si le chômage pouvait être réduit pour peu qu'on y mette le prix.

Il s'agit à l'évidence d'une vision du problème totalement irréaliste, car les chefs d'entreprise n'embauchent que s'ils ont du travail à faire effectuer et nullement parce qu'on leur propose une prime. Certes, lorsqu'ils souhaitent recruter du personnel, ils demandent à bénéficier de l'aide de l'État, ce qui permet au gouvernement de s'approprier le mérite de cette embauche, mais, dans la réalité l'emploi aurait été créé de toute manière, de telle sorte que la prime n'a donc servi à rien, comme l'indique d'ailleurs une étude réalisée par le cabinet de conseil et d'audit Coopers et Lybrand. Selon cette enquête, 4 p. cent seulement des entreprises recrutent en raison des aides accordées par l'État et, à l'inverse, 80 p. cent d'entre elles jugent que les primes ne constituent pas une incitation sérieuse à l'embauche. Il est en effet précisé que, sur l'ensemble des recrutements effectués, 53 p. cent résultent d'un surcroît de travail et 31 p. cent de la nécessité de remplacer un salarié absent, licencié ou démissionnaire. Quant aux autres embauches, elles tiennent principalement à la volonté d'acquérir une capacité et des compétences supplémentaires pour développer l'activité de la société. Les effets des aides à l'emploi sont donc dérisoires, tout simplement parce qu'un employeur ne propose du travail que dans la mesure où l'employé supplémentaire rapporte plus qu'il ne coûte. Or, dans un tel calcul, le montant des aides, à la fois provisoires et limitées, joue un rôle mineur si l'employé n'est pas utile et donc ne rapporte rien.

Pourtant, bien que presque totalement inefficaces, ces primes mobilisent aujourd'hui des masses de crédits considérables et en perpétuelle augmentation. Représentant déjà 89 milliards de francs en l 989, leur montant s'élevait en 1995 à 139 milliards de francs. Et encore s'agit-il là de dotations initiales telles qu'elles sont inscrites dans le budget primitif car, en ce domaine, les prévisions sont souvent dépassées. Ainsi, le Contrat initiative emploi (CIE), qui avait constitué l'un des thèmes principaux de la campagne présidentielle de M. Chirac, pourtant budgétisé pour 11,6 milliards de francs, aura coûté en 1996 plus de 23 milliards. Quant à ses effets, ils auront été si modestes que le gouvernement aura été contraint de réduire le champ d'application du dispositif. Dans le même esprit, plus de 70 milliards de francs ont été dépensés en aides diverses entre 1982 et 1992 pour amortir le choc provoqué par 1'effondrement de la sidérurgie française. Or, d'après le Conseil économique et social, cent quatre mille créations nettes d'emplois ont été réalisées sur la même période dans l'ensemble de la zone concernée, ce qui représente une dépense de 67() 000 francs par poste de travail. Quand on sait que le capital nécessaire à la création d'une PME est de l'ordre de ce montant, on peut s'interroger sur la pertinence d'une telle politique, d'autant que, si les effets positifs se révèlent dérisoires, les conséquences négatives sont indéniables.

Des primes à la précarité

Une étude publiée par la Documentation française sous le titre "Les subventions à l'emploi" montre combien ces prétendues aides à l'embauche provoquent des effets néfastes. Ainsi, il n'est pas rare de voir des entreprises substituer une catégorie de salariés à une autre pour pouvoir bénéficier d'une prime et donc licencier pour embaucher ensuite avec l'aide de l'État. De tels mécanismes conduisent également à fausser le jeu de la concurrence. Ainsi les entreprises subventionnées, bénéficiant d'un avantage de compétitivité, supplantent leurs concurrentes ou étendent leurs parts de marché aux dépens des autres. De leur côté, les sociétés victimes de ces pratiques déloyales sont alors poussées à licencier et, si le chômage ne recule pas, en revanche les emplois subventionnés se substituent aux postes de travail normaux. Ainsi telle municipalité qui faisait effectuer ses travaux de nettoiement par une société privée, dénonce le contrat et décide d'embaucher cinquante CES (Contrat emploi solidarité) pour accomplir le travail. Résultat : l'entreprise est obligée de licencier les trente ouvriers affectés au nettoyage de la ville et de vrais postes de travail se trouvent détruits au bénéfice d'emplois sous-payés et temporaires dont les titulaires, il est vrai, sont désormais les obligés du maire. Avec ces méthodes, l'établissement étend sa clientèle électorale mais, loin de lutter contre le chômage, il développe la précarité.

La pratique des primes tend en effet à augmenter l'instabilité du travail au sein de l'économie française, car, profitant de l'aubaine que représentent les subventions, les sociétés et les collectivités publiques recrutent une main-d'œuvre artificiellement peu chère qu'ils licencient lorsque les primes cessent d'être versées, au besoin pour embaucher ensuite de nouveaux chômeurs susceptibles d'être subventionnés à leur tour. Quand on sait par ailleurs que, par crainte de ne pouvoir débaucher, les entreprises recourent le plus possible aux contrats à durée déterminée ou aux sociétés de travail temporaire, comment s'étonner encore de la montée de la précarité pour les travailleurs français ? Tous les mois, environ trois cent cinquante mille personnes s'inscrivent à l'ANPE à la fin de leur contrat à durée déterminée ou en fin de mission d'intérim, soit 1,6 p. cent de la population active, chiffre bien supérieur à ceux de l'Allemagne (0,4 p. cent) et du Japon (0,5 p. cent).

La politique de prime à l'emploi handicape donc les chômeurs eux-mêmes, puisque non seulement elle ne crée pas de travail, mais elle détruit des emplois stables et augmente la précarité. Elle exerce de surcroît des effets néfastes sur l'économie puisque, coûtant très cher, elle pénalise l'activité productive. Les aides à l'embauche, dont le coût dépasse le montant de l'impôt sur les sociétés, sont en effet prélevées sur la substance des acteurs économiques pour être redistribuées de façon stérile. La politique de l'emploi menée par les gouvernements de l'établissement est donc à la fois inutile et néfaste tant sur le plan micro-économique que macro-économique.

Le rationnement du travail

Il est vrai que, pour réduire le nombre des chômeurs, une autre voie fondée sur le partage du travail est par ailleurs proposée par le gouvernement socialiste après avoir été initiée par une fraction de l'établissement dit de droite, comme le montre par exemple la loi Robien. Reposant sur la conviction que le chômage est inéluctable et qu'il fait désormais structurellement partie du paysage économique de notre pays, cette idée vise à mettre en pratique l'utopie égalitariste propre au socialisme: si le travail est rare, il faut le partager équitablement entre tous et par conséquent réduire la durée légale hebdomadaire de travail des salariés. Une telle conception repose sur une vision totalement pessimiste de l'avenir selon laquelle l'économie française ne serait plus capable de créer de nouveaux emplois. Rien n'est plus faux car, si l'on se place dans la perspective du nouvel ordre économique et social, il n'y a aucune fatalité au déclin et notre pays peut parfaitement retrouver les voies de l'expansion et offrir du travail à tous les Français. La démarche socialiste se fonde par ailleurs sur l'idée fausse que l'emploi serait susceptible d'être divisé et partagé comme un lot de marchandises. Or, le travail n'est, pas plus que la richesse produite par l'économie, une entité figée et fractionnable à volonté. Il est au contraire une réalité subtile, déterminée par les lois de l'économie et que des pratiques artificielles et autoritaires de rationnement peuvent détruire.

A vouloir partager le travail, on risque de le réduire massivement et d'aboutir au résultat inverse de celui qui était recherché. Car, de deux choses l'une, ou la réduction du temps de travail s'effectue avec une diminution proportionnelle de la rémunération, et cette politique vise alors à organiser la régression sociale. Ou elle est mise en pratique sans s'accompagner d'une baisse des salaires, et, dans ces conditions, le chômage aura tendance à se développer plutôt qu'à diminuer. En effet, les coûts de production augmenteront à due proportion et les entreprises, qui supportent déjà des coûts de main d'œuvre trop élevés pour leur permettre d'affronter avec efficacité la concurrence internationale, se trouveront encore plus pénalisées, poussées à licencier et acculées à la faillite. Pour éviter ce désastre, les partisans du partage du travail devraient donc, en toute cohérence, préconiser parallèlement le rétablissement des frontières et le retour à un minimum de protection contre la concurrence sauvage. Mais, comme ce n'est pas la formule qu'ils envisagent, leur proposition relève donc plus de l'utopie que de l'économie.

Il est vrai cependant qu'en raison du progrès technique, on peut, dans bien des secteurs, produire de plus en plus avec de moins en moins de main-d'œuvre. On ne creuse plus les tranchées avec des dizaines d'ouvriers maniant la pelle et la pioche, mais avec une pelleteuse pilotée par un seul homme. Dans les usines automobiles, les robots remplacent progressivement les manœuvres qui travaillaient à la chaîne. L'automatisation et la mécanisation réduisent dès lors les effectifs de salariés, mais est-ce à dire que la diminution du nombre d'heures travaillées pourrait être obtenue par une réduction du temps de travail plutôt que par des suppressions de postes ? Rien ne permet de l'affirmer, car une telle évolution ne serait possible à salaire constant que si le coût de la main d'œuvre restait marginal dans le prix de revient, mais, si tel est le cas, cela signifie que les emplois sont de haute qualification et donc, a priori, peu concernés par ce type de mesure.

Certes, le progrès technologique et les améliorations de productivité permettent d'imaginer que, dans l'avenir, de nouvelles réductions du temps de travail pourront intervenir, comme on l'a vu au cours des décennies précédentes lorsque la durée légale hebdomadaire est passée de quarante-huit à trente-neuf heures. Mais de telles évolutions, par ailleurs souhaitables pour le bien-être des personnes, ne seront pas en elles-mêmes créatrices d'emplois comme le montre les évolutions passées. Le passage progressif de la semaine de six jours à celle de cinq ne s'est pas accompagné, on s'en souvient, d'une augmentation du nombre de postes de travail.

La réduction du temps de travail hebdomadaire, si elle est souhaitable, ne doit donc pas se faire dans l'espoir de créer des emplois, mais en vue d'améliorer la vie des Français. Elle ne peut résulter de mesures autoritaires, mais doit s'opérer progressivement, au fur et à mesure qu'elle deviendra techniquement et économiquement possible. Cette réduction sera l'un des fruits du retour à la prospérité dont l'État pourra ensuite prendre acte en abaissant la durée légale du temps de travail. Mais, dans tous les cas, vouloir créer des emplois en partageant autoritairement le travail est une idée absurde dont la mise en pratique, en augmentant le coût global de celui-ci, aggraverait encore le chômage.

Les postes bradés

La troisième politique, celle préconisée par certains ultralibéraux qui veulent réduire le chômage grâce à la suppression du SMIC et à la baisse des salaires, est tout aussi inconséquente. L'idée est de faire jouer pleinement les lois de l'offre et de la demande sur le marché du travail: puisqu'il y a surabondance d'offre, il faut baisser les rémunérations pour ajuster la demande. Il en résulterait une baisse du pouvoir d'achat des salariés français d'autant plus importante qu'une telle politique devrait également réduire les prestations sociales pesant sur le coût du travail. Elle se révélerait donc totalement antisociale et entraînerait une formidable régression qu'il n'est évidemment pas question d'accepter.

Aucune des politiques de lutte contre le chômage mises en œuvre par les gouvernements successifs ou prônées par les uns ou les autres ne paraît donc en mesure de résoudre le problème. En revanche, la politique économique et sociale du Mouvement national républicain, pour peu qu'elle soit menée pendant un septennat complet, pourra ramener le chômage à un taux proche de 5 à 6 p. cent contre 13 p. cent à présent.

Cette politique ne vise pas, comme le recommande l'établissement, à subventionner les emplois ou à partager le travail, mais entend s'attaquer aux causes mêmes du chômage. Ainsi convient-il de protéger les emplois existants, de réduire le nombre des demandeurs d'emploi, de mieux ajuster l'offre à la demande, de combattre le faux chômage et de susciter la création de nouveaux postes.

La protection des emplois

Si le chômage continue de se développer d'année en année, alors que l'économie française, même en plein marasme, crée des postes supplémentaires, c'est en raison de la destruction des emplois existants qu'il est dès lors essentiel de vouloir préserver. Comme la suppression des postes résulte principalement des faillites et des délocalisations provoquées par la concurrence sauvage, il est du devoir de l'Etat, pour protéger les emplois, de combattre le libre-échangisme mondial et de lui substituer le mécanisme de l'échange régulé. C'est dans cet esprit que sera institué un prélèvement douanier de 10 p. cent en moyenne sur toutes les importations et que la politique du franc fort sera abandonnée.

Ainsi protégés par une barrière douanière et monétaire renchérissant les importations et facilitant les exportations, les emplois français ne seront plus soumis à la destruction ou, à tout le moins, le rythme de leur suppression se trouvera ralenti. Une tendance que viendront encore accentuer des choix stratégiques visant, quand cela est possible, à privilégier les solutions utilisatrices de main-d'œuvre. Ainsi, dans le domaine agricole par exemple, où le nombre d'emplois ne cesse de diminuer, il conviendra de restaurer une agriculture plus saine axée sur la qualité des produits, donc plus extensive et plus utilisatrice de travail humain. De même, le rétablissement de la préférence française, et si possible européenne, en matière de production agricole devrait contribuer à stopper le déclin de l'agriculture nationale.

Une telle politique, visant à protéger les emplois existants, produira des effets bénéfiques sur le marché du travail. En effet, une partie des deux millions d'emplois dont le rapport Arthuis sur les délocalisations annonçait la disparition dans les années à venir pourra dès lors être sauvée et le chômage s'en trouvera réduit d'autant. Que 20 p. cent seulement de ces postes soient préservés et nous obtiendrons, sur la période, une réduction du nombre de chômeurs de l'ordre de quatre cent mille !

Le travail pour les Français

En second lieu, rappelons que le chômage résulte non seulement d'une insuffisance d'offres d'emploi mais aussi d'un excès de demandes sur le marché du travail, lequel est aujourd'hui artificiellement gonflé par la présence massive des immigrés sur notre sol. La politique préconisée par le mouvement national-retour chez eux des étrangers et priorité pour les Français-est donc de nature à réduire la demande d'emploi et par conséquent à faire baisser significativement le taux de chômage.

Cette politique consiste d'abord à faire expulser systématiquement les clandestins et, pour cela, à doter notre pays des moyens juridiques et politiques appropriés. Quant aux immigrés en situation régulière, il convient d'organiser leur retour et, à cette fin, de transformer la carte de séjour, actuellement valable pour dix ans et tacitement renouvelable, en un document valide pendant une année seulement et non automatiquement prorogeable. Dès lors, le titre de séjour des immigrés au chômage ne sera pas renouvelé et tous les étrangers en fin de droits seront amenés à quitter notre pays. Le nombre officiel de ceux-ci est inconnu ou tenu secret, mais il se monte en tout cas à plusieurs centaines de milliers, sans doute plus de cinq cent mille. Par cette seule mesure, le chômage peut d'ores et déjà diminuer d'un chiffre équivalent.

Par ailleurs, la politique de préférence nationale assurera aux Français une priorité d'embauche et, en cas de suppressions collectives de postes, imposera une priorité de licenciement aux étrangers. Dès lors, les emplois occupés aujourd'hui par des immigrés seront progressivement libérés pour être offerts à des Français actuellement au chômage. Cette priorité pour les nationaux, qui permettra de réduire le nombre de nos compatriotes sans travail, pourra être mise en œuvre facilement grâce à deux procédures convergentes, l'une administrative, l'autre fiscale.

Tout employeur souhaitant recruter un salarié étranger devra solliciter une autorisation expresse de l'administration et apporter dans un dossier la preuve qu'il ne lui est pas possible de recruter un chômeur français. Par ailleurs, une taxe de préférence, dont le taux ira croissant à mesure que s'intensifiera la politique de retour chez eux des immigrés, sera perçue sur la masse salariale des employés étrangers. Pareil dispositif permettra d'obtenir des résultats spectaculaires dans la lutte contre le chômage, comme le montrait déjà une étude réalisée en 1991 par M. Pierre Milloz, selon laquelle, sur un million deux cent mille étrangers salariés, un million d'entre eux occupaient des emplois susceptibles d'être assurés par des Français actuellement au chômage. L'instauration de la préférence nationale jointe à l'organisation du retour des étrangers sans emploi serait donc de nature à réduire d'un million le nombre de nos compatriotes sans travail.

Rappelons que cette mesure, qu'appliquent actuellement la législation suisse et celle de nombreux autres pays comme la Côte-d'Ivoire, avait déjà été introduite dans la loi française le 10 août 1932 à l'initiative du député socialiste Salengro. C'est dire si elle est légitime puisque l'instaurer en France serait une façon de prendre modèle sur d'autres Etats particulièrement connus pour leur esprit démocratique ou de rétablir ce qui existait autrefois dans notre pays du fait des partis de gauche. Cette disposition permettrait notamment d'éviter des absurdités, comme, par exemple, celle qui fut révélée lors de l'annonce du plan Juppé sur la sécurité sociale selon laquelle il y aurait en France vingt mille médecins de trop, alors que, quelques mois auparavant, le pouvoir avait régularisé la situation de sept mille cinq cents praticiens étrangers exerçant dans les hôpitaux français ! Notons d'ailleurs que ces derniers, pour la plupart issus du Tiers monde, seraient de surcroît infiniment plus utiles dans leur propre pays où leur profession est très insuffisamment représentée et où la France envoie à grands frais des coopérants sanitaires.

Famille et formation

La réduction du nombre des demandeurs d'emploi sera par ailleurs encore amplifiée par les mesures d'envergure prévues dans le domaine de la politique familiale. Le Mouvement national républicain est en effet partisan d'instaurer le revenu parental pour les mères, éventuellement pour les pères, qui choisissent de se consacrer à plein temps à l'éducation de leurs enfants. Ce faisant, les parents qui décideront de bénéficier de cette allocation seront amenés à quitter leur emploi, libérant ainsi des postes susceptibles d'être occupés par des chômeurs français. Cette mesure, destinée à favoriser les familles et à encourager la natalité, aura donc aussi des effets très positifs sur le marché du travail. Mise en œuvre de façon progressive en commençant par les familles françaises de trois enfants et plus, elle sera appliquée, au fur et à mesure que les financements se dégageront, aux familles comptant deux puis un enfant. Les études montrent que cette mesure est de nature à libérer peu à peu de cinq cent mille à un million d'emplois et à faire baisser le chômage d'autant.

La diminution du nombre des chômeurs sera encore facilitée par une meilleure adéquation entre l'offre et la demande de travail. Aujourd'hui, en effet, un nombre significatif d'emplois restent vacants malgré un taux de chômage élevé, car les insuffisances du système de formation sont telles que beaucoup d'entrepreneurs ne trouvent pas parmi nos compatriotes sans emploi la main d'œuvre qualifiée dont ils ont besoin. La réhabilitation du travail manuel et le recours systématique à l'apprentissage devraient progressivement remédier à ce grave dysfonctionnement économique. En formant elles-mêmes les apprentis et notamment ceux qu'elles embaucheraient par la suite, les entreprises pourraient retrouver les salariés qualifiés qui leur font actuellement défaut. Une telle pratique, encouragée par l'État et encadrée par les organismes professionnels, devrait entraîner une réduction non négligeable du chômage parmi les jeunes Français. On estime en effet à environ quatre cent mille le nombre de chômeurs résultant de cette grave carence de la formation professionnelle et c'est donc d'autant que le chômage pourra être amené à baisser au fur et à mesure que l'apprentissage se généralisera.

Non au parasitisme

Dans le même esprit, il conviendra de pousser au travail les chômeurs indélicats qui, par paresse ou avec la volonté de tricher, rechignent à accepter les emplois qui leur sont proposés. Certes, les Français sans travail vivent, pour la grande majorité d'entre eux, cette situation comme une épreuve et comme un drame personnel, ce qui justifie pleinement la solidarité nationale dont ils bénéficient. Certains n'hésitent pas cependant à considérer leurs indemnités de chômage comme une prestation sociale d'assistance les dispensant de toute activité professionnelle en dehors de celle nécessaire au renouvellement de leurs droits. Il est vrai que, s'agissant des qualifications modestes, les indemnités de chômage, cumulées avec les différentes aides sociales dont ils peuvent bénéficier, assurent aux chômeurs un revenu proche du salaire qu'ils toucheraient en travaillant. Dès lors, certains s'interrogent : "Reprendre un emploi pour gagner 1 000 francs de plus, ça ne vaut pas le coup ! Surtout si le travail est pénible ! Je préfère rester chômeur." Une telle attitude doit être vigoureusement combattue, car il est scandaleux que quelques-uns se fassent délibérément entretenir par ]a société et vivent en parasite des fruits du travail des autres.

Pour mettre un terme à pareille situation, il importe de sanctionner par des mesures répressives les profiteurs du système et de renforcer parallèlement les incitations au travail. Dans cet esprit, la fin du monopole de l'ANPE en matière de placement devrait améliorer l'efficacité de celui-ci et donc mieux adapter les offres aux demandes. Par ailleurs, la politique consistant à relever les bas salaires accentuera progressivement le décalage entre le revenu du travail et le niveau de l'indemnisation du chômage, incitant par là même plus fortement les Français sans emploi à vouloir reprendre une activité. Enfin, une réglementation plus sévère-comme il en existe en Allemagne-sera adoptée, prévoyant que les demandeurs d'emploi qui refusent plus de trois fois de suite un poste correspondant à leur qualification, à leur lieu de résidence et à leur niveau de rémunération, se voient suspendre le paiement de leurs indemnités de chômage.

La croissance créatrice

Enfin, le principal atout permettant de réduire le nombre de chômeurs viendra de la création d'emplois nouveaux liés au retour de la croissance et de la prospérité. Déjà, la priorité donnée au développement des PME, grandes pourvoyeuses d'emplois, devrait accélérer la création de nouveaux postes. La simplification de la réglementation, la suppression des seuils sociaux, l'assouplissement de la législation sur le temps de travail ainsi que la suppression de la taxe professionnelle et la baisse des charges sociales apporteront aux petites et aux moyennes entreprises, mais aussi aux commerçants et aux artisans, un afflux d'oxygène et de dynamisme qui les entraînera dans la voie du développement et donc de l'embauche.

Par ailleurs, l'ensemble de la politique économique préconisée par le Mouvement national républicain favorisera naturellement le retour à la croissance. La baisse des charges et des impôts, qui résultera du plan de compression des dépenses publiques, de la réforme de la protection sociale, ainsi que du retour chez eux des immigrés, redonnera aux entreprises françaises une compétitivité que l'abandon de la politique dite du franc fort viendra encore renforcer. Les consommateurs y gagneront un surcroît de pouvoir d'achat qui contribuera à son tour à redynamiser la production. La croissance pourra alors s'accélérer et dépasser le seuil des 3 p. cent à partir duquel la création nette d'emplois devient substantielle. Il en résultera une réduction du nombre des chômeurs qui, en retour, fera baisser les charges sur les entreprises, ce qui améliorera encore les performances de l'économie française. Une dynamique de développement et d'assainissement viendra ainsi consolider la reprise et le processus de création d'emplois nouveaux.

Le problème résolu

En combinant plusieurs mécanismes importants de réduction du chômage, la politique préconisée par le Mouvement national républicain apporte donc une solution d'envergure au problème que la classe politique s'évertue en vain à résoudre depuis plus de vingt ans. Qu'on en juge: quatre cent mille emplois sauvés, cinq cent mille chômeurs immigrés de retour chez eux, un million de postes de travail libérés pour des Français par des étrangers quittant notre pays, entre cinq cent mille et un million d'emplois débloqués par les effets du revenu parental, trois cent mille emplois nets créés chaque année par la croissance retrouvée, les perspectives de redressement sont à la hauteur du dramatique défi lancé à notre société par l'explosion du chômage. Certes, ces chiffres correspondent à des estimations sommaires et ne sont pas tous nécessairement cumulables mais, par leur ordre de grandeur, ils révèlent néanmoins que le nouvel ordre économique et social peut ramener le taux de chômage autour du seuil de 5 à 6 p. cent de la population active.

Sans doute cette politique ne pourra-t-elle atteindre ses objectifs instantanément. Mais, si ses différentes composantes exigent du temps pour produire leurs effets, elle commencera cependant à mettre en mouvement la spirale vertueuse du redressement dès la deuxième ou la troisième année et, à l'issue d'un septennat, tous ses bienfaits auront été accomplis. Les Français pourront dès lors, avec le plein emploi retrouvé, goûter à nouveau les vertus de l'harmonie sociale et retrouver celles de l'expansion économique.



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