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La troisième voie

Sommaire:
Introduction: Le cataclysme social
Chapitre 1: L'explosion du chômage
Chapitre 2: La crise des valeurs
Chapitre 3: La montée de l'étatisme
Chapitre 4: Le choc de la mondialisation
Chapitre 5: Le modèle national
Chapitre 6: La méthode du MNR
Chapitre 7: L'ordre social
Chapitre 8: L' échange régulé
Chapitre 9: Le marché libre
Chapitre 10: En finir avec la bureaucratie
Chapitre 11: Libérer l'entreprise
Chapitre 12: Rendre l'argent aux Français
Chapitre 13: La fraternité française
Chapitre 14: La protection sociale
Chapitre 15: La nouvelle participation
Chapitre 16: Juguler le chômage
Chapitre 17: Retrouver l'expansion
Conclusion: Le choix de la France


Chapitre 6

La méthode du MNR

La France n'est pas acculée à la faillite économique et à l'explosion sociale. Certes, de très fortes pesanteurs semblent bloquer totalement son économie, au point qu'un véritable sursaut sera nécessaire si elle veut sortir de l'impasse où l'ont fourvoyée les responsables politiques. Mais notre pays dispose de nombreux atouts et, contrairement à ce que laissent entendre ses dirigeants, une voie alternative s'ouvrira à lui dès lors qu'il adoptera la stratégie de redressement et le modèle de développement que propose le Mouvement national républicain.

Encore faut-il sortir des schémas marqués par le fatalisme que véhicule l'établissement. Soumis au diktat de la pensée unique et du politiquement correct, ce dernier considère en effet qu'une seule politique économique serait possible et que la France n'aurait d'autre choix que de suivre la triste voie qu'il lui a tracée. En d'autres termes, le champ du possible se serait totalement rétréci sous la pression des contraintes internationales et, ainsi privé de toute marge de manœuvre, le gouvernement français ne pourrait donc qu'observer et au mieux accompagner les évolutions néfastes qui s'imposent à lui. Cette vision quasi déterministe de la situation n'est pas conforme à la réalité, car l'étendue des possibilités est infiniment plus vaste que ne le prétendent les dirigeants de la classe politicienne et les moyens existent pour fonder une vraie politique de redressement.

Atout France

La situation de notre pays est en effet loin d'être désespérée, car la France dispose de positions solides, d'atouts incontestables et d'un appareil économique dont les fondements restent sains. Malgré la dégradation du système éducatif, la qualification de sa population est encore remarquable, en particulier au niveau supérieur. Les ingénieurs et les cadres français conservent un savoir-faire de tout premier ordre qui s'exprime notamment par leur créativité et leur faculté d'adaptation. Est-ce un hasard si ce sont les Français qui dirigent, avec le succès que l'on sait, le projet pourtant européen de la fusée Ariane ? Quant à la main d'œuvre qualifiée, elle fait honneur à notre pays où s'activent encore des centaines de milliers de travailleurs bien formés, consciencieux, d'un niveau et d'une capacité d'initiative souvent supérieurs à ceux de leurs concurrents étrangers. Sans doute est-ce la raison pour laquelle Hewlett Packard, par exemple, exporte depuis notre pays une production de haute technologie.

En France, la créativité est par ailleurs loin de s'être tarie. Aux découvertes scientifiques nombreuses, il convient d'ajouter la liste non négligeable des succès technologiques et des réussites industrielles que sont le TGV, Airbus, les centrales nucléaires. Notre appareil industriel compte beaucoup de fleurons qui illustrent la capacité de la France à réussir dans la compétition mondiale. Airbus Industrie est en position de concurrencer Boeing. Bouygues s'affirme comme le numéro un mondial du bâtiment et des travaux publics. Michelin est le champion international du pneumatique. Dans le secteur des services, la France est aujourd'hui le premier exportateur au monde après les Etats-Unis, avec une valeur exportée de 101 milliards de dollars contre 17() pour les Américains, alors que le rapport de population entre les deux pays est de un à cinq. De manière globale, nos entreprises ont su relever le défi de la compétition et effectuer des progrès de productivité qui les placent actuellement devant les sociétés américaines et permettent, malgré les handicaps considérables qui leur sont infligés, de réaliser des performances à l'exportation. Ainsi, les prouesses accomplies dans les pires conditions par notre appareil de production et d'échange démontrent que la France demeure un pays riche, créatif, dynamique, plein de ressources et de savoir-faire. Comment ne pas en conclure qu'il suffirait d'une bonne politique pour provoquer un développement extraordinaire de l'économie nationale ?

Sans oukases ni tabous

Tel est l'objectif du Mouvement national républicain, dont la stratégie repose d'abord sur un changement d'état d'esprit. Aujourd'hui, en effet, un conformisme insupportable pèse sur les intelligences, même les plus brillantes, et les soumet à la censure de la pensée unique. Cette attitude, contraire au sens critique et à la liberté d'esprit, deux traits séculaires et emblématiques de la mentalité française, doit être rejetée si l'on veut examiner la réalité avec détachement et objectivité. Le libre-échangisme mondial est-il vraiment, dans sa forme actuelle, aussi bénéfique qu'on le dit ? La politique du franc fort répond-elle effectivement à une nécessité ? Le poids de l'Etat est-il réellement si difficile à réduire ? La France ne peut-elle absolument pas se dégager des contraintes européennes liées à Maastricht ? La présence sur notre sol d'une immigration massive est-elle vraiment une "chance" pour notre pays ? Autant de questions qui doivent pouvoir être posées sans soulever de tollés et débattues sans qu'une réponse affirmative, imposée comme un dogme, vienne empêcher toute réflexion.

Face à la déroute économique et à la régression sociale qui plongent des millions de Français dans l'angoisse et la misère, l'heure n'est plus au respect des oukases idéologiques, mais à la recherche de la méthode originale qui permettra à notre pays de connaître un sursaut salvateur C'est là la démarche du Mouvement national républicain qui entend ouvrir une voie nouvelle au milieu des décombres laissés par l'établissement.

La politique de l'illusion

Les deux politiques menées successivement aussi bien par la droite que par la gauche ont en effet lamentablement échoué. Pendant des années, les gouvernements ont pratiqué une politique de soutien à l'activité, dite de relance, assurant, au prix d'un taux d'inflation élevé, le développement de l'Etat providence. La redistribution massive des revenus, l'augmentation des prestations sociales et l'accroissement du nombre de fonctionnaires impliquaient une augmentation constante des dépenses publiques qu'il était plus facile de financer par la planche à billets que par l'impôt. Les politiciens pouvaient ainsi accorder aisément des subventions qui ne correspondaient à aucune création de richesse et donner l'impression que l'économie était en mesure de distribuer au-delà de ce que produisaient le travail et l'épargne.

Cette politique de l'illusion se trouvait de surcroît légitimée par les théories économiques de Keynes selon lesquelles l'accroissement artificiel de la demande devait stimuler la production et engendrer la croissance. Fort de cette caution doctrinale, les politiciens se sentaient autorisés à augmenter sans cesse les dépenses publiques et, ce faisant, à creuser les déficits budgétaires et à grossir démesurément la dette publique. De nombreux acteurs économiques tiraient d'ailleurs beaucoup d'avantages de cette dérive puisque l'inflation, s'accompagnant de faibles taux d'intérêt réels, leur permettait d'obtenir des financements bon marché. Lorsque les moyens financiers ainsi dégagés étaient consacrés à des investissements productifs, l'économie nationale en retirait un bénéfice indéniable. Ce n'était malheureusement pas toujours le cas, une grande partie de cet argent facile étant vouée à des opérations malsaines dont notre appareil de production et d'échange récolte maintenant les fruits amers. On peut citer à ce propos la spéculation immobilière : pratiquée avec frénésie dans les années quatre-vingt, elle a créé pour les banques et les compagnies d'assurance un portefeuille d'actifs sans valeur qui obère aujourd'hui leurs bilans et freine leur dynamisme. Et que dire de ces personnes privées qui, grisées par la facilité des prêts à la consommation, se sont laissé surendetter dans des proportions telles qu'il a fallu promulguer une loi pour dénouer des situations souvent dramatiques ?

Comment d'ailleurs ne pas voir un pitoyable parallélisme entre le comportement de ces ménages imprudents et celui de l'État, l'un et l'autre s'abandonnant à l'euphorie d'une aisance factice tout en hypothéquant l'avenir sur lequel ils se fondaient ? Il est vrai que cette politique, qui s'appuyait sur une économie en expansion depuis les lendemains de la Seconde Guerre mondiale, n'a pas entraîné d'effets par trop néfastes avant la fin des années soixante-dix Il n'en demeure pas moins que l'inflation consiste, selon la formule d'Antoine Pinay, à subventionner des dépenses qui ne rapportent rien avec de l'argent qui n'existe pas et qu'à recourir dans la durée à cette pratique de faux semblants, les gouvernements ont accumulé des handicaps qui se sont révélés catastrophiques lorsque, sous la pression de l'idéologie mondialiste, la concurrence internationale s'est brutalement intensifiée Comment dès lors s'étonner du résultat final de cette politique qui se traduit par des déficits généralisés, un endettement considérable, un chômage massif et une croissance réduite, autant de fléaux dont notre pays est aujourd'hui la victime ?

Déflation ?

Certes, la conjoncture a changé et le recours à l'inflation n'est plus de mise. Comme le souligne Henri Lepage, la France serait même entrée depuis 1992 dans une phase de déflation. Ainsi, en 1995, le niveau réel des prix à la consommation a baissé puisque le loger taux d'inflation constaté s'explique par la hausse de deux points de la TVA et par l'augmentation des tarifs publics. De même, la généralisation des rabais, que l'indice officiel prend mal en compte, conduit les prix réels des produits soumis à la concurrence à baisser significativement. Telles sont les conséquences d'un retour à des pratiques financières plus saines qui, à proprement parler, n'ont pas été choisies par les politiciens, mais leur ont été en quelque sorte imposées par les faits.

La mondialisation des marchés financiers rend en effet plus difficile le recours à la planche à billets. Un gouvernement qui se laisserait aujourd'hui tenter par cette pratique pour relancer son économie provoquerait immédiatement une réaction des opérateurs financiers internationaux destinée à contrecarrer son initiative car, avec les nouveaux outils d'analyse et de prévision, l'informatique et les moyens modernes de communication, les marchés peuvent anticiper les effets d'une poussée inflationniste et s'en prémunir en vendant leurs avoirs dans la monnaie considérée, plaçant ainsi les pouvoirs publics dans l'obligation de relever aussitôt les taux d'intérêt et de renoncer à leurs velléités inflationnistes sous peine de courir à la catastrophe.

Ajoutons qu'avec l'intensification et la dérégulation de la concurrence internationale, le pays qui s'engagerait de façon solitaire dans la voie de l'inflation à-tout-va serait durement pénalisé dans la bataille commerciale. Ses produits verraient leur prix augmenter à l'exportation alors que le coût des marchandises importées baisserait en valeur relative sur le marché intérieur. L'activité économique nationale s'en trouverait donc gravement affectée.

Enfin, le poids de l'État dans l'économie française a atteint une limite qu'il paraît difficile de dépasser et l'on voit mal comment les gouvernements qui voudraient de nouveau recourir à l'inflation pourraient continuer à la financer par un accroissement du déficit budgétaire et un alourdissement de la dette publique, a]ors que ces derniers s'élevaient déjà respectivement en 1995 aux montants records de 350 et 3 166 milliards de francs.

L'inflation est par ailleurs mécaniquement neutralisée par les effets du libre-échangisme mondial. Ce dernier, conformément au principe des vases communicants, provoque en effet une pression à la baisse des salaires comme à la diminution des prix. Il exerce donc une poussée déflationniste. Un phénomène qui fait partie de la nouvelle donne économique dans notre pays et qui n'est pas en soi négatif lorsqu'il s'agit de la baisse des prix, car déflation ne signifie pas dépression et n'empêche pas la croissance. C'est du reste dans une configuration de ce type que le capitalisme du XIXe siècle a permis le décollage industriel de la France et des grands pays développés. Il en va cependant différemment de la baisse des salaires qui résulte du mécanisme diabolique de licenciement, de chômage et de retour à un emploi moins rémunéré ou à une préretraite. Cette déflation des salaires, outre qu'elle est socialement insupportable' bride le ressort de l'économie en poussant au pessimisme des salariés de plus en plus nombreux à se voir en futurs licenciés. Elle doit donc être combattue en s'attaquant aux causes réelles du chômage.

Quant à la déflation des prix, elle durera, selon Henri Lepage, le temps nécessaire au dégonflement de la "bulle spéculative" créée par trois décennies de tricherie. Déjà, les particuliers et les entreprises ont commencé à se désendetter. Les grands groupes passent par pertes et profits leurs avoirs sans valeur, se débarrassent de leurs encours douteux ou de leurs canards boiteux. Il en va de même des ménages qui ont diminué leur consommation courante pour reconstituer leur épargne dont le taux atteignait en 1996 le chiffre record de l4 p. cent du revenu disponible. Quant à l'État et aux collectivités publiques, ils devront tôt ou tard adopter ce comportement réaliste. Tel n'est cependant pas le cas dans l'immédiat, car les gouvernements actuels, après avoir dû abandonner les politiques inflationnistes, semblent incapables de définir une nouvelle stratégie cohérente et bénéfique.

La soumission aux contraintes

Sur le plan des objectifs, la politique de l'établissement s'apparente à celle d'un bon élève puisqu'elle a longtemps visé tout à la fois à baisser les impôts, à réduire les déficits, à désendetter la France, à déréguler, à désétatiser et à jouer le jeu de la concurrence internationale tout en diminuant le chômage, en conservant le franc fort, en préservant la sécurité sociale et le niveau des salaires. En réalité, ce catalogue de bonnes intentions présenté par les gouvernements qui se sont succédé depuis 1973 à la tête de notre pays ne constitue pas une politique et ne se trouve d'ailleurs pratiquement pas suivi d'effets. Les impôts, les déficits et la dette publique augmentent, la sécurité sociale s'effrite, les salaires sont tirés à la baisse et le chômage se développe.

La politique effectivement menée est en réalité fort éloignée de celle qu'affiche le gouvernement. Elle comporte cependant une logique secrète, que l'on peut décrire comme la gestion hiérarchisée des contraintes, et qui pour ne pas être positive, n'en est pas moins rigoureuse. Les dirigeants de l'établissement acceptent en effet toutes les contraintes imposées à notre pays et les gèrent au mieux de leurs possibilités. Les premières auxquelles le pouvoir se soumet avec empressement nous viennent de l'étranger, elles résultent de l'ouverture aux marchés mondiaux et de la construction de l'Europe. A cet égard, la France s'affirme comme un bon élève du GATT et de Maastricht: les frontières sont grandes ouvertes et le franc reste fort. Les contraintes d'ordre intérieur passent quant à elles au second plan et sont donc mal respectées : effritement de la protection sociale, dégradation du niveau de vie, détérioration de la paix sociale. Pour ce qui concerne les autres objectifs, baisse des impôts, diminution des déficits et surtout réduction du chômage, nos dirigeants se sont révélés incapables de les atteindre, car tous ces impératifs sont incompatibles les uns avec les autres. On ne peut en effet à la fois supprimer les frontières et maintenir le pouvoir d'achat des travailleurs les moins rémunérés, réduire le chômage et ne pas toucher à l'étatisme tout en jouant le jeu de la concurrence sauvage. La contradiction majeure qui en résulte ne peut donc se dénouer qu'à travers de graves dérèglements tels que la dégradation des finances publiques sur le plan économique et l'explosion du chômage dans le domaine social.

En acceptant de se soumettre aux contraintes externes avant de satisfaire aux impératifs d'ordre interne, les dirigeants de l'établissement apportent la preuve qu'ils ont choisi délibérément de sacrifier l'intérêt national aux objectifs mondialistes d'intégration européenne et internationale. Et, malgré leurs dénégations permanentes, ils montrent que le chômage n'est pour eux qu'une variable d'ajustement dont il s'agit seulement de gérer au mieux les effets négatifs. Une logique qui révèle également l'absurdité et la nocivité de la politique menée par le gouvernement puisque, soumise à des contraintes contradictoires, elle ne peut que conduire à la faillite financière et à l'explosion sociale.

Les deux impasses

Face à une telle situation et malgré la dictature de la pensée unique, deux voies alternatives sont timidement proposées par certains membres de l'établissement.

La première consiste à rejouer la partition de la relance inflationniste. Acceptons l'inflation, nous dit-on, empruntons pour stimuler l'activité, abandonnons le franc fort, renonçons aux critères de Maastricht et retrouvons la croissance. Une telle politique, surtout si elle ne remet pas en cause l'ouverture des frontières, est aujourd'hui condamnée à l'échec. Elle se heurterait en effet à la contrainte de la concurrence internationale et à l'état désastreux des finances publiques. L'augmentation des prix annihilerait les effets d'une dévaluation du franc et pénaliserait notre appareil productif face à l'étranger. Quant au relâchement budgétaire, il provoquerait des déficits immédiats tellement insupportables qu'il conduirait à la catastrophe. D'ailleurs, de telles aventures ont déjà été tentées par M. Mauroy puis par M. Rocard. Malgré des circonstances plus favorables que celles d'aujourd'hui, elles se sont fracassées sur la question des déficits publics et de la concurrence extérieure et se sont terminées par un retour aux pratiques antérieures. Gageons que, si pareille politique était de nouveau lancée, elle se solderait comme les précédentes par un échec. Echec d'autant plus retentissant que la situation actuelle est particulièrement préoccupante.

L'autre solution avancée, cette fois dans les rangs des économistes ou des chefs d'entreprise de l'établissement, relève de l'optique ultralibérale et vise à imiter la politique menée en leur temps par Mme Thatcher et M. Reagan. Ses partisans font valoir que le taux de chômage intolérable qui frappe actuellement la France n'est pas dû à un excès de libéralisme mais à une insuffisance de ce dernier. Ils soulignent que notre pays a maintenu des réglementations incompatibles avec le libre-échangisme, comme par exemple le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) ou le système étatique d'assurances sociales obligatoires. Supprimons ces contraintes, disent-ils, et le chômage reculera ! Cette conception, parfaitement cohérente sur le plan théorique, a permis, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, d'obtenir des résultats concrets qui peuvent la légitimer. En Amérique, grâce à une politique de ce type, huit millions d'emplois ont été créés en quatre ans et le taux de chômage a été limité en 1996 à 5,2 p. cent. Quant à la Grande-Bretagne, qui subissait, il y a encore dix ans, une crise pire que celle qui sévit en France, elle connaît en 1996 un taux de chômage de 7,4 p. cent seulement.

Ce genre de politique conduit donc à d'indéniables succès pour ce qui concerne la création d'emplois, mais entraîne en contrepartie une régression sociale dont le prix à payer est particulièrement lourd. Ainsi, aux États-Unis, 13 p. cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et, chez nos voisins anglais, les rémunérations sont actuellement celles de la misère pour un grand nombre de salariés modestes. A titre d'exemple, Mac Donald propose des salaires horaires de 26,50 francs en Grande-Bretagne et de près de 40 francs dans notre pays. L'état sanitaire de la population anglaise est en général moins bon que le nôtre et la société s'y montrait jusqu'à présent plus dure encore, car la compétitivité, l'efficacité et la rentabilité primaient toute autre considération. Adoptée dans notre pays, cette démarche ne contribuerait donc qu'à aggraver la situation déjà dramatique dans laquelle se trouvent nombre de nos compatriotes. Elle est dès lors à rejeter, car elle aboutirait à des résultats opposés aux buts recherchés. Le Mouvement national républicain veut en effet sortir notre pays du marasme social et non l'y plonger davantage.

Certains, il est vrai, peuvent répliquer que la poursuite de la politique actuelle créera les mêmes problèmes sociaux qu'aux États-Unis. Le système français, qui conduit en effet à la multiplication des pauvres sans travail, est-il réellement préférable au modèle américain où la pauvreté est massive avec un taux de chômage réduit ? Les pauvres oisifs (idle poor) de notre pays n'ont-ils pas moins de perspective que les pauvres actifs (working poor) américains ? Et si l'on prend le pourcentage de chômeurs en France, ne se rapproche-t-il pas de celui des pauvres aux États-Unis ? De ce fait, la politique de l'établissement ne serait-elle pas totalement absurde puisqu'elle débouche sur une régression sociale aussi grave que celle des pays anglo-saxons sans que l'économie en retire le moindre bénéfice ? Sans doute cette analyse est-elle particulièrement pertinente pour condamner la voie suivie par la classe politique, mais elle ne saurait servir de justification au choix d'une politique ultralibérale à l'américaine. Le Mouvement national républicain n'entend pas se résigner à l'abaissement social de notre peuple, quelles que soient par ailleurs les contreparties positives qui pourraient en résulter.

La troisième voie

Quelle peut être, dans ces conditions, la voie à suivre ? S'il n'est pas d'exemple antérieur ou extérieur à imiter, il convient donc d'imaginer une démarche nouvelle adaptée à la réalité française et aux objectifs politiques du modèle national. Telle est l'ambition de notre mouvement dont la stratégie repose sur une idée simple.

Pour sortir notre pays de l'impasse, nous pensons qu'il faut faire sauter une partie des contraintes dont l'accumulation bloque totalement la situation et qu'il sera alors possible de redonner à la France une marge de manœuvre suffisante pour relancer la machine économique.

En schématisant, l'économie française se trouve aujourd'hui prisonnière d'un système d'équations sans solution. Il est en effet impossible, contrairement à ce que prétend la classe politique, d'assurer à la fois l'ouverture des frontières, la réduction du chômage, le maintien du niveau de vie et celui de la protection sociale. On peut certes laisser grandes ouvertes les frontières et diminuer le nombre des sans emplois, mais alors le niveau des salaires et la qualité de la sécurité sociale baisseront. C'est la solution ultralibérale. On peut aussi tenter d'empêcher cette dégradation des rémunérations et jouer le jeu de la concurrence internationale, mais alors le chômage augmentera. C'est la politique choisie par l'établissement.

L'idée du Mouvement national républicain consiste à rejeter ces deux options pour retenir la troisième voie possible, celle qui se propose de réduire le chômage, de maintenir le niveau de vie et de protection sociale et donc de ne pas accepter l'ouverture à-tout-va des frontières. En d'autres termes, il s'agit de prendre en compte les contraintes économiques telles qu'elles se présentent. Quand on ne peut pas tout avoir, il faut trancher et le Mouvement national républicain entend procéder par référence à l'intérêt national en choisissant de défendre d'abord la prospérité des Français.

Dans la réalité, le problème apparaît bien sûr plus complexe qu'à travers le modèle simplifié qui vient d'être évoqué, mais la logique de notre mouvement demeure, qui consiste à trancher le nœud gordien des contraintes incompatibles. Le navire de l'économie française étant échoué, il faut briser certaines des forces qui le maintiennent immobilisé afin de le remettre à flot, de lui donner de l'erre et de lui permettre ensuite de reprendre le bon cap. La stratégie de redressement du Mouvement national républicain consiste donc à faire disparaître le maximum des contraintes qui bloquent actuellement notre économie.

Celles-ci sont au nombre de six.

Briser le carcan extérieur

La première est celle de la concurrence sauvage venue de l'extérieur, qui amplifie le chômage et tire les salaires vers le bas. Pour lever cette hypothèque, il conviendra de dénoncer la logique du libre-échangisme mondial et de proposer une régulation du commerce international. Certes, il n'est pas question de faire obstacle aux échanges et encore moins d'amener notre pays à se replier sur lui-même dans une démarche autarcique. Mais il faut rétablir un minimum d'ordre et de réglementation pour permettre aux échanges commerciaux de se poursuivre sans que, pour autant, les économies et les systèmes sociaux des nations développées s'en trouvent déstabilisés. A cette fin, la France devra proposer un modèle d'organisation du commerce mondial qui ne soit plus fondé sur la concurrence sauvage et la loi de la jungle, mais sur des écluses douanières à établir entre les ensembles économiques et sociaux homogènes, afin d'en préserver la stabilité. Dans l'immédiat, et de façon plus pragmatique, notre pays jettera unilatéralement les bases de ce nouveau système par l'instauration d'un prélèvement douanier exceptionnel et provisoire de 10 p. cent en moyenne sur toutes les importations. Cette mesure allégera la pression de la concurrence internationale, limitera les délocalisations et la baisse des salaires. De plus, elle donnera aux finances publiques une marge de manœuvre supplémentaire de l'ordre de 120 milliards de francs de recettes nouvelles.

La deuxième contrainte à lever est également d'ordre externe. Il s'agit en effet d'abandonner la politique du franc fort qui crée une astreinte inutile et coûteuse pour l'économie nationale. L'objectif n'est pas de recourir à une sous-évaluation délibérée de la monnaie, mais de la laisser flotter pour qu'elle s'établisse à sa juste valeur. Ni franc fort, ni franc faible, un franc juste. De la sorte, notre devise cessera d'être surévaluée et les produits français y gagneront en compétitivité sur les marchés internationaux pendant que les importations étrangères s'en trouveront renchéries d'autant. Une telle initiative pourra de plus être réalisée sans craindre l'effet pervers d'un retour à l'inflation, dans la mesure où la conjoncture déflationniste écarte tout risque en ce domaine. Gageons par ailleurs que le franc ne deviendra pas pour autant une monnaie faible, mais retrouvera simplement un niveau conforme à l'état de l'économie française, cessant dès lors de constituer un handicap pour notre appareil de production et d'échange. Dans ce contexte, le projet de monnaie unique devra donc être purement et simplement abandonné, voire remis en cause s'il est déjà engagé. Et, pour achever de reprendre la maîtrise de l'outil monétaire indispensable au redressement économique, l'indépendance de la Banque de France sera supprimée, conformément à la formule de Napoléon pour qui la Banque centrale devait être " dans la main de l'Etat, mais pas trop ".

Ce changement de politique monétaire permettra de surcroît d'abandonner définitivement la pratique des taux d'intérêt élevés. Maintenus pendant plusieurs années à un haut niveau pour soutenir artificiellement le cours du franc, ces taux ont pénalisé les acteurs économiques français, constituant ainsi une contrainte néfaste. Il est en effet absurde d'avoir établi une étroite connexion entre les taux d'intérêt français et ceux de l'Allemagne. Ces derniers sont longtemps restés fixés à un niveau élevé pour combattre l'inflation résultant du coût de la réunification, alors que la France, qui ne connaît pratiquement plus de hausse des prix, aurait dû baisser ses taux significativement dès le début des années quatre-vingt-dix. Pour ne pas l'avoir fait, elle a vu son chômage s'accroître encore davantage, alors que les Britanniques, qui à la même époque ont déconnecté la livre du mark, ont réussi un redressement spectaculaire. La France devra suivre cette voie et, avec une devise qui trouvera naturellement son niveau d'équilibre, les taux d'intérêt à court terme pourront être ramenés au niveau de l'inflation réelle, augmenté du taux de croissance, c'est-à-dire à la valeur d'équilibre des taux selon la théorie économique. Quant aux taux à long terme, ils s'établiront à un niveau correspondant à la confiance des épargnants dans le dynamisme retrouvé de l'économie française. Cette politique d'argent bon marché facilitera le financement des investissements productifs et allégera d'autant la charge de la dette publique et privée. Là encore, de nouvelles marges de manœuvre seront conquises au bénéfice du redressement économique.

La logique vertueuse

Au plan interne, il conviendra de faire disparaître une troisième contrainte, celle qu'exerce sur l'économie nationale la population immigrée installée sur notre sol. A cet égard, la politique préconisée par le Mouvement national républicain visant à organiser le retour dans leur pays d'origine des étrangers non européens lèvera le handicap très lourd que constitue leur présence pour un rétablissement des équilibres fondamentaux. Leur départ allégera la charge qu'ils font peser sur les comptes de la nation, provoquera une détente sur le marché de l'emploi et entraînera, en quelque sorte mécaniquement, une baisse du chômage et une limitation des déficits budgétaires et sociaux. Cette mise en cause de la contrainte migratoire agira donc comme un levier permettant, par une action de nature non économique, de casser la spirale régressive dans laquelle est engagé notre système de production et d'échange.

En schématisant, on peut en effet considérer que les mécanismes actuels de la société française s'apparentent à un cercle vicieux : plus le chômage se développe, plus il coûte cher en prestations et plus il nécessite de ponctions fiscales et sociales pour financer celles-ci. Or, plus le poids des charges s'accroît, moins l'économie est performante et plus le nombre de chômeurs augmente. Le retour des immigrés dans leur pays constitue donc un moyen de rompre cette chaîne infernale puisqu'il permet de réduire le chômage indépendamment même de ses causes économiques. Dès lors, le nombre des sans emplois diminuant, le coût des indemnisations baissera lui aussi et les charges qui en découlent s'en trouveront réduites. L'économie en sera revivifiée et le chômage ira en diminuant. On aura ainsi substitué au cercle vicieux de la régression une logique vertueuse de redressement.

Bloquer les dépenses

La quatrième contrainte, celle de l'étatisme, est sans doute paradoxalement moins facile à relâcher, car, pour obtenir des résultats en ce domaine, il faut pouvoir exercer un effort soutenu pendant une période suffisamment longue. Aussi convient-il d'imposer aux bureaucraties étatiques, sociales et locales, une "contre-contrainte" qui les place dans l'obligation absolue de réduire leur budget. En l'occurrence, il s'agit de les obliger à respecter une règle simple mais impérative consistant à bloquer les dépenses globales en francs courants, ce qui conduirait celles-ci à rester constantes en valeur nominale alors que les rentrées fiscales augmenteraient de leur côté au rythme de la croissance et de l'inflation. Il serait ainsi dégagé entre les recettes et les dépenses une plus-value représentative d'une économie budgétaire en valeur réelle. La masse des dépenses publiques était en 1995 de 2 100 milliards de francs pour la protection sociale, de 1500 milliards pour l'État et de 600 milliards pour les collectivités locales, soit au total 4 200 milliards. En tablant sur une inflation moyenne d'environ 2,5 p. cent et une croissance du même ordre, cette politique abaisserait en sept ans le poids des charges publiques de 450 à 500 milliards de francs en valeur relative. Une telle diminution des engagements financiers de la puissance publique ferait passer le taux des dépenses publiques par rapport au PIB en dessous de 40 p. cent et donnerait ainsi à l'État une marge de manœuvre supplémentaire pour assainir les finances publiques et baisser les impôts.

Un nouveau souffle

Quant à la cinquième contrainte à lever, elle est d'ordre psychologique et social. Les gouvernements sont en effet paralysés par la crainte des troubles sociaux et, pour limiter la montée des mécontentements, renoncent trop souvent aux réformes qu'ils avaient pourtant prévues. La situation s'en trouve dès lors bloquée et le redressement empêché. Aussi devrons-nous susciter un grand élan national en rupture avec la logique délétère qui prévaut actuellement. Si les acteurs sociaux n'acceptent pas les sacrifices qu'on leur demande, c'est bien parce que les responsables de l'établissement les manipulent ouvertement de façon éhontée. En effet, pendant les campagnes électorales, ces derniers multiplient les déclarations lénifiantes et démagogiques et promettent d'entreprendre des réformes d'envergure. Une fois parvenus au pouvoir, ils se contentent de réformettes pour lesquelles ils demandent à nos compatriotes des sacrifices importants sans que pour autant la situation connaisse la moindre amélioration. Pour imposer aux acteurs sociaux la perte de certains de leurs avantages acquis, il faut pouvoir leur prouver qu'un tel renoncement est bénéfique pour la communauté, car, si le sacrifice qu'on leur demande leur paraît stérile et inutile, comment leur en vouloir de le refuser ?

Il convient donc, pour inverser cette logique absurde de la démagogie et de l'impuissance, de tenir aux Français le discours du courage et de la vérité. Il faut leur fixer des objectifs ambitieux, les appeler à l'effort, au dépassement de soi, les placer devant les défis à relever, leur demander de participer à une œuvre historique de renaissance et invoquer leur fierté d'être français. Bref, un puissant enthousiasme collectif doit porter la nation toute entière à se mobiliser et donc à retrouver confiance en elle-même, à reprendre foi dans son destin et à nourrir l'espoir de son redressement. Mis en confiance par un pouvoir politique qui aura retrouvé l'autorité, inspirera le respect et tracera une voie claire et audacieuse de retour à la prospérité, les acteurs sociaux pourront être rassurés quant à l'utilité des réformes entreprises et accepter en conséquence certains sacrifices ou la remise en cause de certains acquis. La situation sera dès lors débloquée par un vaste mouvement d'assentiment populaire qui pourra d'ailleurs se concrétiser à travers un référendum faisant du projet de redressement national l'affaire et le choix de tous.

Sortir de Maastricht

Ce courant populaire à lui seul ne suffira cependant pas pour sortir totalement notre pays de l'immobilisme politique qui paralyse actuellement ses réactions de survie. Il faudra lever une sixième contrainte, d'ordre institutionnel celle-là : l'Europe de Maastricht. Si en effet notre pays reste soumis aux mécanismes de fonctionnement propres à l'Union européenne, il ne retrouvera pas la marge de manœuvre nécessaire pour se dégager des cinq contraintes précédentes. Il conviendra en conséquence de provoquer une renégociation des traités européens. Au préalable, la France devra prendre plusieurs initiatives unilatérales de rupture. Pour remettre en cause le système juridique bruxellois, une réforme constitutionnelle rétablira explicitement la supériorité du droit français sur le droit européen. Dès lors, plus aucune décision européenne ne pourra être imposée dans notre ordre juridique interne sans avoir d'abord été transformée en une loi française. Les accords de Schengen seront par ailleurs dénoncés et les frontières rétablies afin de marquer la volonté de la France de reprendre le contrôle de sa souveraineté territoriale. Enfin, sur le plan économique, deux actes d'une portée majeure seront décidés : la sortie du processus de la monnaie unique et l'instauration du prélèvement douanier exceptionnel de 10 p. cent.

Ces mesures étant prises unilatéralement par la France, le fonctionnement de l'Union européenne s'en trouvera affecté et il s'ensuivra à n'en pas douter une crise politique d'une certaine ampleur. Il appartiendra dès lors à notre pays de prendre l'initiative et de proposer des solutions permettant à l'Europe de retrouver des principes de fonctionnement qui satisfassent l'ensemble des États membres et plus particulièrement la France et ceux de nos partenaires qui l'auront rejointe dans ses positions. Ces principes ne pourront que donner une plus grande souplesse de fonctionnement aux institutions européennes et contribuer à mieux assurer le respect dû aux nations. Ces principes devront prévoir notamment la mise en œuvre de l'Europe "à la carte", les décisions à l'unanimité, le rétrécissement du champ de compétence de l'Union, la hiérarchie des préférences et la clarification du fonctionnement des institutions en ramenant la Commission au rang d'une simple administration.

Dans ce nouveau cadre, l'appartenance à l'Union ne serait plus une contrainte pour la France. Fondée sur le principe de la coopération et non plus sur celui de l'intégration, l'Europe cesserait de paralyser les énergies pour devenir un instrument de puissance et un atout pour la politique de redressement économique de la France.

Les moteurs du développement

Lever la contrainte de la concurrence sauvage et du franc fort, faire sauter celles de l'immigration, de l'étatisme et de la paralysie gouvernementale et se dégager de la tutelle de Maastricht, la première étape de la stratégie du Mouvement national républicain apparaît bien en rupture totale avec la pseudo-politique menée par l'établissement. Alors que les gouvernements politiciens se laissent acculer à l'impuissance, le mouvement national fait le choix lucide de relâcher six des contraintes majeures qui bloquent actuellement l'activité économique de notre pays. Ce faisant, il rend à cette dernière les marges de manœuvre nouvelles dont elle a besoin pour que s'engage son redressement. Encore faut-il que celui-ci puisse se nourrir d'une dynamique de croissance. C'est ce que propose le Mouvement national républicain à travers la deuxième étape de sa stratégie, laquelle vise à rallumer les principaux moteurs du développement économique.

L'appareil productif, le premier d'entre eux, doit donc être encouragé et favorisé. Aussi convient-il de mettre en œuvre un plan de grande envergure au bénéfice des entreprises françaises, et tout particulièrement des PME, afin qu'elles retrouvent, elles aussi, les capacités d'action nécessaires à leur croissance. Suppression des réglementations tatillonnes dont elles sont victimes, réalisation d'une réforme fiscale destinée à réduire le poids de leurs charges, élaboration d'un programme de mesures propres à faciliter leur accès au crédit et aux capitaux, telles sont les principales mesures qu'il faut prendre très rapidement si l'on veut que le tissu des PME, qui constitue aujourd'hui le principal pôle de création d'emplois, retrouve son dynamisme.

Le système éducatif devra parallèlement recouvrer son efficacité pour redevenir un agent du développement. La priorité sera donnée à l'apprentissage qui devrait constituer un enseignement à part entière comme en Allemagne. Ce dernier pourra ainsi former les jeunes gens qui sombrent actuellement dans le chômage et fournir aux entreprises la main d'œuvre qualifiée et adaptée dont elles ont besoin.

Enfin, il est essentiel, pour le retour à la croissance, que les Français soient à nouveau motivés par le travail, la créativité et l'entreprise. Cette aspiration renaîtra dès que le redressement, produisant ses premiers effets, ramènera la confiance et l'espoir. Elle sera encouragée de surcroît par une amnistie fiscale qui favorisera le retour des capitaux français actuellement exilés à l'étranger et, plus encore, par l'annonce de la réforme des impôts qui sera entreprise conjointement avec l'assainissement des finances publiques. Cette refonte devra aller dans le sens de la simplification et inverser le poids relatif des différentes impositions. Pour favoriser le travail et la production, aujourd'hui lourdement pénalisés, les prélèvements publics devront demain taxer plutôt la consommation et la spéculation. Ils devront surtout être considérablement allégés de telle façon que l'argent reste dans les mains des Français et des entreprises, ce qui motivera puissamment les acteurs économiques.

Le social sans le socialisme

Cette stratégie de redressement devra cependant se déployer sans attenter à la protection sociale de nos compatriotes Car le mouvement national entend non seulement maintenir cette dernière, mais améliorer le niveau de vie des Français, des plus modestes en particulier. l~e façon emblématique, le SMIC sera donc conservé et même revalorisé. C'est là un point, en effet, sur lequel les ultralibéraux ont raison : une telle disposition est incompatible avec le libre-échangisme international. Mais le Mouvement national républicain tire de ce constat la conclusion inverse : il maintient le SMIC et rétablit les frontières.

Dans le même esprit, la politique sociale sera par ailleurs amplifiée, mais totalement revue dans ses fondements. Il s'agira en effet de la reconstruire sur des bases radicalement différentes de celles que l'idéologie marxiste lui a données. La gauche se fixe pour objectif d'intensifier la redistribution des revenus et de multiplier les allocations d'assistance de toute sorte. Le Mouvement national républicain, quant à lui, veut permettre à un nombre croissant de Français de vivre dignement du fruit de leur travail sans avoir à quémander des aides auprès de l'État. Car le vrai progrès social ne réside pas dans le développement des prestations, il consiste à les rendre inutiles en élevant les bas revenus.

Par ailleurs, le Mouvement national républicain entend appuyer sa politique sociale sur la notion de préférence, notion elle aussi totalement étrangère aux socialistes, et pourtant essentielle à l'épanouissement des communautés qui fondent les solidarités naturelles. Aussi, la préférence nationale doit représenter pour les gouvernants une exigence morale à l'égard de nos compatriotes aussi forte que celle qui pousse un père à aider d'abord ses propres enfants. Elle confère donc à la nation une dimension de communauté solidaire qui n'existerait pas sans elle. Et c'est une notion comparable qui doit permettre à la famille de redevenir le premier cercle de solidarité naturelle. Aussi faut-il la réhabiliter en instaurant une préférence familiale qui devra se traduire concrètement dans les lois, mais aussi dans les flux financiers de la nation. Toujours à contre-pied de la gauche qui assimilait la propriété au vol, le Mouvement national républicain utilisera le développement des patrimoines comme un puissant levier de promotion sociale. Chaque Français devra pouvoir acquérir un bien, même modeste, et le transmettre intact à ses enfants. Enfin, la protection sociale, débarrassée de ses archaïsmes hérités de la gauche, bénéficiera de réformes d'envergure propres à assurer sa pérennité.

Audace et réalisme

Ainsi, malgré les terribles pesanteurs qui condamnent à l'impuissance les dirigeants de la classe politique, il demeure possible d'imaginer une voie assurant le redressement économique et social de notre pays. Cette stratégie vise à dégager la France des contraintes qui la bloquent, à rallumer les moteurs du développement économique et à relancer le social sans le socialisme. Une stratégie audacieuse puisqu'elle a pour ambition de maintenir la France en pointe dans le jeu économique mondial tout en rétablissant l'emploi, en maintenant la protection sociale et en élevant le niveau de vie. Mais la méthode ne manque pas pour autant de réalisme, car le redressement ne pourra être obtenu qu'au prix de décisions originales et courageuses.

Elle ouvre la voie à un mode de développement nouveau fondé sur l'organisation équilibrée de l'ordre social, de l'échange régulé et du marché libre.



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